L'église internationale de Nazareth au Gabon

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Cet ouvrage tente de comprendre la pratique de délivrance et de possession matérielle au sein de l'Eglise Internationale de Nazareth. La souffrance constitue l'axe principal du discours de délivrance fait auprès des fidèles. La délivrance est un support au changement de vie, le moyen de remplacer des modèles qui ne fonctionnent plus. Elle passe par un discours sur la sorcellerie qui s'impose comme une réalité quotidienne de la vie sociale mais également par la guérison divine miraculeuse et l'exorcisme qui fournissent un schéma explicatif majeur de l'environnement social.
Publié le : mardi 1 septembre 2015
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EAN13 : 9782336390413
Nombre de pages : 430
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des Idèles et la motivation de l’éradiquer des travailleurs de Dieu. Cette pratique de délivrance, se présente dans l’imaginaire des Idèles et du
des prières adressées à Dieu. L’Église apporte des solutions spirituelles et
de résoudre des problèmes que rencontrent les Idèles. La délivrance est un
Omar Bongo de Libreville. AfIlié au Laboratoire de
JEANOLIVIERBOULINGUIMOUSSIROU
L’ÉGLISE INTERNATIONALE DE NAZARETH AU GABON
Délivrance et possession matérielle
Eglises d’Afrique
L’Eglise Internationale de Nazareth au Gabon
Délivrance et possession matérielle
Collection « Églises d’Afrique » Depuis plus de deux millénaires, le phénomène chrétien s’est inscrit profondément dans la réalité socio-culturelle, économique et politique de l’Occident, au point d’en être le fil d’Ariane pour qui veut comprendre réellement les fondements de la civilisation judéo-chrétienne. Grâce aux mouvements d’explorations scientifiques, suivis d’expansions coloniales et missionnaires, le christianisme, porté par plusieurs générations d’hommes et de femmes, s’est répandu, entre autres contrées et à différentes époques, en Afrique. D’où la naissance de plusieurs communautés ecclésiales qui ont beaucoup contribué, grâce à leurs œuvres socio-éducatives et hospitalières, à l’avènement de plusieurs cadres, hommes et femmes de valeur. Quel est aujourd’hui, dans les domaines économiques, politiques et culturels, le rôle de l’Église en Afrique ? Face aux défis de la mondialisation, en quoi les Églises d’Afrique participeraient-elles d’une dynamique qui leur serait propre ? Autant de questions et de problématiques que la collection « Églises d’Afrique » entend étudier. Dernières parutions Ilunga KANDOLO KASOLWA,Pour un modèle inculturé de réconciliation en RD CONGO, Une approche chrétienne des pratiques traditionnelles de réconciliation, 2015. Olivier NKULU KABAMBA,La modernisation du pouvoir dans l’église catholique. Défi et atout pour la nouvelle évangélisation, 2015. Godefroid-Léon KHONDE,Inculturation chrétienne du mariage au Congo. Problèmes et perspectives, 2015. Ulrich Ghislain TCHICAYA TCHINIANGA,Godefroy Emile M’Pwati (1928-1995), 2015. Olivier NKULU KABAMBA,L’argent : un impératif pour la nouvelle évangélisation, 2015. Honorine NGONO,financière dans la mission L’autonomie d’évangélisation de l’Église en Afrique. Le cas du Cameroun, 2015.
Jean Olivier BOULINGUI MOUSSIROU
L’Eglise Internationale de Nazareth au Gabon
Délivrance et possession matérielle
© L'HARM ATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07076-6 EAN : 9782343070766
Préface Bien avant les Catholiques, ce furent les Protestants qui investirent l’espace de l’actuel territoire gabonais. C’était en 1842. Les Catholiques arrivèrent deux années plus tard, en 1844. Un nom,Vernaud, est à l’origine du « Réveil » gabonais des années 1935-1937, dont l’une des lointaines manifestations, plus directement liées aux « réveils politiques » qui soufflent en Afrique noire francophone, depuis la chute du mur de Berlin, est au cœur du livre de Jean Olivier Boulingui Moussirou. Un livre important qui enrichit l’archive contemporaine du travail religieux protestant, dans sa composante pentecôtiste en Afrique centrale, et notamment au Gabon.
Dans son étude de l’Église Internationale de Nazareth, Jean Olivier Boulingui Moussirou porte ses analyses sur les pratiques et discours de délivrance qui sont au cœur d’une économie religieuse florissante qu’il ne sépare pas de l’économie matérielle, comme en témoignent les implications théoriques de la notion de « possession matérielle » que mobilise l’auteur.
Les « réveils politiques » des années 1990, années au cours desquelles la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI), conjuguent l’imposition des politiques néolibérales avec les effets déparentélisants des sociabilités familiales et des recompositions ethniques accompagnent les passions des possessions matérielles : l’argent, les biens de consommation ou les « marchandises » possèdent autant les individus que les groupes et prennent la figure des mauvais esprits dont il faut se délivrer.
Les puissantes et dévastatrices passions que déchaînent ces possessions matérielles dans ce nouveau contexte d’ouverture des possibles, constituent un appel d’offre qui submerge le marché des entrepreneurs religieux auquel appartient l’Église Internationale de Nazareth. Et dans la mesure où ces leaders charismatiques puisent dans tous les registres disponibles de l’imaginaire, ils épouseront à la fois les figures de la consultance divinatoire instrumentalisant l’écran télévisuel aussi bien que les ondes radiophoniques (manifestant ainsi leur inscription dans la modernité postcoloniale), que les figures de la réussite matérielle qu’encouragent les politiques néolibérales. Ces personnages iront jusqu’à épouser la figure de leaders politiques, comme l’atteste la candidature remarquée du Pasteur Ngoussi à l’élection présidentielle de 2009, dont l’issue consacrera la puissance politique du clan Bongo, par l’élection de son fils comme nouveau président de la république. Et ceci, au mépris des prophéties du Pasteur Ngoussi, proclamées et diffusées sur l’écran de sa télévision.
Jean Olivier Boulingui Moussirou situe donc moins son travail dans le sillage des analyses de Georges Balandier qui fit des « innovations
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religieuses » en Afrique centrale (Congo et Gabon notamment), des « mouvements politico-religieux » de résistance contre le colonialisme que dans celui de Roger Bastide qui les inscrivit dans le paradigme de l’ « adaptation ». Car, pour Bastide, la thèse de la résistance au colonialisme rendait aveugle sur les processus d’adaptation et d’intégration de ces mouvements dans le nouveau contexte d’ « anomie » dont ces mouvements étaient des symptômes en même temps que des tentatives de régulation.
La « délivrance et la possession matérielle », qui sont au centre du travail d’Olivier Boulingui Moussirou, participent de ce contexte et sont au cœur du travail d’ « adaptation » et de régulation des sociétés dans ce contexte des politiques néolibérales.
Le problème que pose ce contexte, laisse entendre Jean Olivier Boulingui Moussirou, lorsqu’on veut l’appréhender par rapport aux interprétations que les individus font de la « souffrance » qu’il produit (car la « souffrance »est une notion importante de ce livre) est celui des imputations causales en termes de sorcellerie. Or, dans ce travail qui associe délivrance et possession matérielle, la figure du pasteur Ngoussi est exemplaire à plus d’un titre.
En effet, sa trajectoire de vie est très révélatrice sur les enjeux de la délivrance et de la possession matérielle. Il y a, d’abord, le fait qu’il soit passé de l’initié qu’il était à un rite fétichiste traditionnaliste, Ndjobi, à la foi musulmane avant de se convertir à la foi chrétienne. Il y a ensuite les consultations en direct des « souffrances » des individus à Libreville qu’il réalise par l’intermédiaire de la télévision. Il y a encore, le fait que ce pasteur soit un puissant homme d’affaire qui dispose d’une télévision privée qu’il met au service de son travail de délivrance. Il y a enfin, le fait que le capital symbolique du travail de délivrance associé au capital économique de l’homme d’affaires ont conduit le pasteur à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2009, au cours de laquelle il fit de ses « révélations divines » une arme de conquête des esprits des électeurs, jusqu’à ce que le réel des rapports de force politique fasse échec à ces prophéties.
Le travail de Jean Olivier Boulingui Moussirou met à contribution les grands auteurs de l’anthropologie des religions, et notamment de l’anthropologie du pentecôtisme. Du point de vue de l’enquête de terrain, Jean Olivier Boulingui Moussirou a été confronté à une expérience dont les implications sur les principes épistémologiques anthropologique sont fort enrichissantes. Car, en terrain pentecôtiste, il importe de prendre parti ! La logique de la « délivrance » ne fait aucune concession durable avec l’impératif de rupture avec le diable. On n’ « observe » pas chez les
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pentecôtistes, on « participe ». Le chercheur est alors invité à « participer », c’est-à-dire, à se convertir. Pour sortir de l’impasse ainsi posée, Jean Olivier Boulingui Moussirou trouva la solution en puisant dans le registre du discours de son objet : « témoigner ». Son travail servira à témoigner de la grandeur de l’Œuvre ! Et il est incontestable que ce livre témoigne de la grandeur de l’’Œuvre dans ces logiques de possession matérielle associée à la délivrance dans le champ pentecôtiste gabonais.
 Joseph TondaProfesseur Titulaire  Université de Libreville, Gabon.
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