L'environnement : risque ou précaution ?

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Quelle est la place du risque dans l'environnement ? Devons-nous choisir entre risque et précaution ? Ce numéro d'Impacts expose la notion de biodiversité, l'écologie de la forêt et du paysage au niveau des communautés animales et végétales et l'exemple d'une pollution qui dérange, les marées vertes en Bretagne. Puis, sont abordés la réaction de l'homme calculateur face au risque , le risque et la liberté à travers les mythes fondateurs, l'éthique environnementale, la question des droits et des devoirs et les rapports de l'homme avec la nature.
Publié le : jeudi 1 mai 2003
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EAN13 : 9782296320116
Nombre de pages : 144
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IM PACTS

L'environnement:

risque

ou précaution?

Tome 37 - Année 2003 - N° 1

2003 ISBN: 2-7475-4317-X ISSN : 0019-2899
REVUE TRIMESTRIELLE

@ LHarmattan,

Editée par Les Editions de l'DCa 1, place André Leroy - BP 808 - 49008 ANGERScedex 01 Tél: 02 41 81 66 00 - e-mail: comm@uco.fr et Les Editions LHARMATTAN 5-7, rue de l'Ecole Polytechnique - 75005 PARIS

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Rédaction et Administration 1, place André Leroy - ANGERS Directeur de la Publication: Abbé Pierre HAUDEBERT Conception - Création Service Communication-PAO de l'DCO

I M PACTS

Patrick BLANDIN Michel GODRON Alain MENESGUEN Jean-Louis BOURSIN
/

Chantal Catherine

DELSOL LARRÈRE

Frère LAURENT-NICOLAS

l'environnement:

risque

ou précaution

'/

/

Édition

L'Harmattan
Polytechnique

5-7,

rue de l'Ecole

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SOMMAIRE

L'environnement: risque ou précaution?

Avant-Propos

9

Patrick

BLANDIN

La biodiversité : question scientifique,
problème de société. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13

Michel CODRON Alain MÉNESGUEN

Lécologie et le principe de précaution.

. . . . . . .. .29

Les « marées vertes en Bretagne », une pollution
qui dérange. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .45

Jean-Louis BOURSIN
Chantal DELSOL

rhomme
Risque

calculateur face au risque. . .. . . . . . .. . . .69
et liberté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .79

Frère LAURENT-NICOLASRisque et précaution à la lumière de la parabole
des talents. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .87

Catherine lARRÈRE

Exposé sur l'éthique environnementale.

. . . .. ..105

Bibliographie Jacques ARSAC

Y a-t-il une vérité hors de la science? Un scientifique s'aventure en philosophie. ........121 Modernité de SAINT-JOHN PERSE? Lœuvre poétique de Pierre GARNIER
LÉcole dans Dieu.
«

Catherine Martial

MAYAUX LENGELLÉ

.127 .133

Dominique

BITON

Moi, Augustin

FONTVAN,

instituteur de la République»
Yves FOUGERAT

.137

Le chemin qui marche. Chronique de la Loire et de ses canaux. . . . . ..141

A

vant-propos
Ill' entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour. Puis ilIa loua à des vignerons et partit pour l'étranger» (Matthieu, 21, 33) «C'est comme un hOlnme qui, partant pour l'étranger, appela ses serviteurs et leur confia sa fortune» (Matthieu 25, 14). Une interprétation légitime de ces paraboles est de voir la création comme ce bien confié par le maître à ses serviteurs. Elles précisent ainsi l'idée du Père Teilhard: l'homme est appelé à gérer et développer la création qui nous a été confiée par Dieu. Ces paraboles élargissent la gérance à toute l'humanité. Les scientifiques ont leur part: lutter contre la maladie, la famine, découvrir des sources d'énergie pour les mettre au service de l'homme, faciliter la communication entre les hommes, etc. Mais les politiques, les économistes, les chefs d'entreprise, les agriculteurs ont aussi un rôle dans cette gérance.Tout citoyen a sa part de responsabilité: il est appelé à respecter l'environnement en ne gaspillant pas l'énergie, en choisissant les solutions les moins polluantes, en élisant ses représentants politiques... Ainsi sommes nous tous appelés à gérer la terre, et nous aurons tous à en rendre compte quand le maître reviendra.

On a souvent dit les scientifiques enfermés dans une tour d'ivoire, parfaitement insouciants de ce que leurs recherches pouvaient provoquer dans le monde. C'est une image caricaturale. Les scientifiques se sont toujours interrogés sur la signification de leur activité. Le Père Teilhard de Chardin a fait de nous les continuateurs de l'œuvre de la création, que Dieu nous a confiée. C'est une vision inspirée de l'Ecriture: « Qu'est-ce donc que l'homme,
que tu en gardes mémoire, le fils d'Adam que tu en prennes soucI. A peine le fis-tu moindre qu'un Dieu, le couronnant de gloire et de splendeur. Tu l'établis sur l' œuvre de tes

maIns tout fut mis par toi sous ses pieds» (psaume 8) Plus récemment, des auteurs, comme le Père Caste ou Sylvie Germain, ont mis l'accent sur les paraboles de gérance. Elles nous parlent d'un maître qui s'absente en confiant ses biens à des intendants. A son retour, il leur demande des comptes. «Un homme était propriétaire, et il planta une vigne.

La parabole des talents pose une question supplémentaire, celle du risque. Celui que le maître condamne, c'est celui qui, par précaution, a enfoui son talent dans le sol. Est-ce une invitation à prendre des risques? TIest parfaitement clair que l'homme serait encore dans des cavernes s'il n'avait pas su prendre des risques. Horace a célébré le premier marin: « Celuilà avait les reins ceints de force et de triple airain qui le premier confia un fragile radeau à la mer déchaînée». Lhistoire de l'humanité n'est-elle pas faite de tels risques assumés, de la maîtrise du feu à l'aventure spatiale? Sans risque, peut-on parler de liberté? Si la liberté consiste à choisir entre des solutions qui ne nous compromettent en aucune façon, qui ne comportent aucun risque, peut-on y attacher une valeur quelconque? Nous sommes alors confrontés à une redoutable contradiction. D'une part, parce que des vies humaines sont en jeu, il y a des décisions inacceptables: «tu ne tueras pas». Mais l'immobilisme met aussi des vies en danger. La découverte de la radioactivité a ouvert la route à l'arme atomique. Mais la radiothérapie est une arme efficacecontre certains cancers, elle a sauvé des vies. Faut-il se laisser enfermer dans cette contradiction? Les recherches en génétiq ue peuvent permettre de développer

une thérapie génique contre des maladies insoignablesactuellement, mais elles peuvent ouvrir la voie à l'eugénisme. Les scientifiques peuvent être tentés de renvoyer la responsabilité à d'autres: leurs recherches en génétique n'ont pour but qu'une meilleure connaissance de la procréation, ils ne sont pas responsables de ce que l'on en fera. Lingénieur renverra la balle au commercial, celui-ci au politique. . . Nous sommes tous solidairement responsables. Sans les scientifiques, la pollution par les transports n'existerait pas, sans eux on ne saurait pas que l'oxyde de carbone est un gaz à effet de serre. Le politique quant à lui se trouve devant des décisions qui le dépassent souvent parce qu'elles supposent
des connaissances scientifiques qu'il

n'a pas. Le dialogue entre les décideurs et les experts scientifiques se révèle généralement extrêmement difficile, parce que chacun des interlocuteurs ne maîtrise qu'une partie du problème. Par ailleurs, l'application du principe de précaution est loin d'être systématique. Des milliers de vaches ont été abattues parce que le prion est transmissible à l'homme et a déjà tué quelques personnes. Chaque année, des milliers de personnes sont tuées en France dans des accidents de la route, des dizaines de milliers meurent de tabagisme. Le principe de précau-

tion ne devrait-il pas faire interdire la voiture et le tabac? On peut répondre que chaque personne est libre de choisir un risque, si elle en assume les conséquences. Mais le piéton qui se fait renverser par un automobiliste n'a pas choisi le risque, pas plus que l'asthmatique qui souffre dans un bureau où d'autres fument. Si l'on doit maintenir les émissions de gaz carbonique au niveau actuel, va-t-on interdire aux pays du tiers monde de se développer, et d'avoir des voitures autant que nous-mêmes? Faut-il mettre dans la balance la montée actuelle de la judiciarisation? [expert scientifique ou l'homme politique qui ont opté pour le risque ne se trouveront-ils
pas dans quelques années traînés en

justice ?Le terrorisme fait courir la menace d'une attaque par le virus de la variole. Mais le vaccin contre la variole n'est pas sans danger, les statistiques donnent de un à six morts pour un million de personnes vaccinées. Vacciner tout le monde en France fait courir le risque de trois cents morts, ne pas vacciner expose aux risques d'une terrible épidémie en cas d'attaque terroriste. Comment mesurer le risque devant des questions qui n'ont pas de réponse certaine? Telles sont les questions que nous nous proposons d'explorer ici. Pour ne pas rester dans le vague, des exposés présenteront quelques

problèmes d'environnement. Nous avons éliminé les sujets trop controversés, comme les variations clin1atiques ou les OGM, de peur que leur discussion ne nous entraîne trop loin et ne nous écarte de la question du risque. Nous verrons quelle aide les études statistiques peuvent apporter aux décideurs. Il faut tenter de déterminer pourquoi nous nous sentons aujourd'hui responsables des problèmes d'environnement. Avons-nous des devoirs par rapport à la nature, faut-il parler d'éthique environnementale, comment pourrait-on la fonder? Nous réfléchirons à la place du risque dans notre vie, nous méditerons la parabole des talents. Nous n'avons pas la prétention d'apporter des réponses définitives à toutes ces questions. Nous souhaitons seulement faire progresser la réflexion. Parce que chacun participe à cette gérance de la terre, nous avons tous besoin d'essayer d'y voir un peu plus clair. Dans un état démocratique où les questions d'éthique ne peuvent progresser que par un large
consensus des citoyens, nous avons tous un rôle à jouer en ce domaine. Puissent les réflexions présentées ici nous y aider.
Jacques ARsAC
Correspondant de l'Académie Président des scientifiques des sciences chrétiens

de l'association

La

biodiversité

:

question scientifique, problème de société
Patrick BLANDIN

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