L'eucharistie depuis Vatican II

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La dimension sociale de l'eucharistie nous permet d'explorer le rapport entre l'eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne selon l'enseignement du Concile Vatican II, et l'engagement dans la vie quotidienne pour la construction d'un monde plus juste et fraternel. L'ontologie de la substance eucharistique conduit à une éthique de l'engagement et du partage. Une vision dynamique de l'eucharistie peut être d'un apport inestimable pour des communautés chrétiennes d'aujourd'hui.
Publié le : vendredi 15 avril 2016
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EAN13 : 9782140006890
Nombre de pages : 250
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L’eucharistie, dans son essence, comporte une signiIcation sociale. L’amour du
yeux sur les pauvres et les petits auxquels le Christ s’identiIe. L’ontologie de la
Jules Marie BIALO
L’eucharistie depuis Vatican II
Quel apport pour les communautés
chrétiennes d’aujourd’hui ?
Préface de Dieudonné Espoir ATANGANA, Évêque de Nkongsamba
L’eucharistie depuis Vatican II Quel apport pour les communautés chrétiennes d’aujourd’hui ?
Emergences Africaines Dirigée par Magloire KEDE ONANA La collection « ÉMERGENCES AFRICAINES » se propose de renverser des certitudes faciles. Nous sommes convaincus que l’Afrique, longtemps considérée comme en retrait, s’ouvre au monde, et est plus que jamais au cœur des enjeux. Son Histoire ne doit plus s’écrire ailleurs, par des continents eux-mêmes en crise de modèles à proposer/imposer. Une nouvelle génération très entreprenante d’Africains et d’Africanistes existe aujourd’hui, qui problématise et réécrit l’Histoire du continent dans toutes ses facettes, et par une approche multidisciplinaire. Il s’agit de dévoiler une Afrique des « Bonnes Nouvelles » : celle qui, parce que plus ouverte au monde, présente tous ses atouts d’émergence. Dernière arrivée dans la compétition mondiale, l’Afrique est capable d’apporter un élan différent à la mondialisation grâce à son devenir, qui est subordonné à son être. Déjà parus LUCY,Des vieux et les fleurs,2015. Séverin Djiazet Mbou Mbogning,L’accès à la justice au Cameroun, Étude de sociologie juridique,2015. Séverin Djiazet Mbou Mbogning,Réflexions « canoniques » sur les droits de l’Homme au Cameroun et en Afrique,2015. Jules M. Mambi Magnack,Le peuple dans la littérature africaine contemporaine, 2015. Frank Ebogo,La géopolitique de l’eau au Cameroun, 2014. Gérard-Marie Messina et Augustin Emmanuel Ebongue (dir.), Médias et construction idéologique du monde par l’occident, 2014. André-Marie Manga,Didáctica de lenguas extranjeras. Orientaciones teóricas en español, 2014. Marcellin Nnomo Zanga et Gérard-Marie Messina,Pour une critique du texte négro-africain,2014. Alphonse Zozime Tamekamta et Jean Koufan Menkéné (dir.), L’urgence d’une révolution agricole au Cameroun, 2013. Alphonse Zozime Tamekamta (dir.),L’illusion démographique, 2013. Alphonse Zozime Tamekamta (dir.),Propos sur l’Afrique, 2013.
Jules Marie BIALO
L’eucharistie depuis Vatican II Quel apport pour les communautés chrétiennes d’aujourd’hui ?
Préface de Dieudonné Espoir ATANGANA, Evêque de Nkongsamba
Du même auteur : -BIALO J., « Le dimanche en Afrique : une expérience au Cameroun »,Mélanges deScience Religieuse, tome 64, 2007 ; -BIALO J., « L’eucharistie au risque des hommes », Dieu au risque du monde, Paris, L’Harmattan, 2010.
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08901-0 EAN : 9782343089010
PREFACE La question de l’existentiel en lien avec l’Eucharistie est très actuelle et largement débattue. L’auteur a le courage de la reprendre ici à nouveaux frais, partant de l’affirmation, bien connue, du concile Vatican II : « l’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie 1 chrétienne » . Par-delà le dédale historique, documentaire, socio-culturel, théologique, la question de fond semble celle-ci. Que mettons nous entre la source et le sommet ? Source divine où à travers des paroles et gestes testamentaires de Jésus, à travers un rite sacramentel devenu dans l’Eglise le mémorial de sa passion, mort et résurrection, Dieu révèle l’immensité débordante de son amour miséricordieux pour les hommes. Sommet comme vie éternelle et aboutissement holistique de la vie de l’Eglise, et singulièrement, de chacun de ses membres. Vie éternelle déjà tout entière donnée à travers le sacrement. L’entre-deux pose diversement problème. Dans l’entre-deux de la vie quotidienne, sociale, culturelle, professionnelle, politique, idéologique, militante, la foi chrétienne authentique proscrit diverses tares. Entre autres le formalisme religieux déjà fustigé par les prophètes depuis l’Ancien Testament, puis par Jésus. Le pharisaïsme qui en est l’une des formes les plus vicieuses qui se contente de rites vidés de leur contenu existentiel ou de respect scrupuleux des rubriques et des interdits tout en négligeant l’essentiel, la justice, l’amour vrai de Dieu et du prochain. Dans le même sens va toute spiritualité de l’évasion. On chante et l’on danse jusqu'à s’exténuer, faisant de l’église un refuge où l’on oublie les soucis, pour les retrouver ensuite, entiers et inentamés par la perspective vécue dans l’Eucharistie. C’est faire de l’eucharistie comme de la foi chrétienne tout entière un opium du peuple qui ne regarde pas en face les défis de l’histoire, les problèmes existentiels, les questions de justice, de paix et réconciliation, de charité. Du coup, toute conversion comme l’exige en son fond l’Eucharistie, se trouve renvoyée aux calendes grecques. De même, il faut éviter de réduire l’Eucharistie à une dévotion privée, sans dimension communautaire réelle et sans retentissement social. Avec vision verticale uniquement, mais sans axe horizontal. Du pur sacré, qui ne sort point des oratoires, sacristies, tabernacles, confessionnaux. On adore, on prie ou se confesse, mais quand on sort de là, aucune suite, aucun effet. On a vu des gens fuir la provocation, esquiver les tentations ou renvoyer à plus tard une 1 Lumen Gentium n°11 ; cf. Sacrosanctum Concilium n° 10.
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bagarre parce qu’ils venaient de se confesser ou allaient communier puis après, déverser avec rage le fiel et la haine. La vraie messe après la messe ! La problématique de fond, en fait, c’est tout le concile Vatican II en germe, puis prolongé. Peut-on oublier que c’est l’esprit même du concile qui est en jeu ? Aggiornamento général selon le mot d’ordre du saint pape Jean XXIII, pour une Eglise faisant sa mue et désormais ouverte au monde sans cesser d’être elle-même. Une Eglise plus humaine, plus miséricordieuse selon un diagnostic plus récent du pape François. Une Eglise du dialogue œcuménique et interreligieux, plus proche, des générations humaines et de leurs cultures. Plus sensible aux soucis et difficultés de l’humanité actuelle, et affrontant avec elle au quotidien les défis de l’histoire. Une Eglise qui sort des cathédrales, chapelles et autres sanctuaires, retrousse les manches et descend dans la fange avec le peuple de Dieu pour remuer même le fumier et des eaux nauséabondes, afin de frayer un avenir plus radieux pour tous selon les paroles de Jésus à ses disciples, en lien justement avec l’Eucharistie : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14, 16). Une Eglise comme l’aurait souhaitée Jean Marc Ela. Une Eglise qui sache aller jusqu’aux périphéries avec le pape François. C’est dans cet esprit d’ouverture, d’humanisation, d’évangélisation de proximité que par exemple, à côté du latin traditionnel dans son rite depuis de longs siècles, l’Eglise à Vatican II a opté pour la promotion des langues vernaculaires et locales. Plus d’ouverture à toutes les civilisations en termes d’inculturation. Tout cela visait en son lieu à rendre la messe plus compréhensible à tous, plus accessible en tant que mystère, plus vivante et liée comme telle à la vie quotidienne, donc au vécu socioculturel de tout chrétien. Ne rendons pas vaine ces intuitions ni stériles tous ces efforts du Concile pour humaniser, inculturer, « évangéliser » vraiment au sens de la nouvelle évangélisation, très actuelle, le vécu quotidien de l’Eucharistie par l’homme contemporain. Ne continuons pas à faire indûment de l’Eucharistie une catégorie fuyante et sans cesse asymptotique, trop lointaine, hiératique et inaccessible en son mystère même. Alors que par elle, le Christ a voulu mettre Dieu Lui-même à notre portée, et nous diviniser, selon le langage des Pères Grecs. « Ecclesia de Eucharistia vivit », écrit le pape Jean-Paul II. Que notre Eucharistie devienne donc vie quotidienne. Et notre vie, entièrement Eucharistie, ou selon un néologisme, vie eucharistiée. Dieudonné Espoir ATANGANA, Evêque de Nkongsamba
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Liste des sigles par ordre alphabétique A A = décret sur l’apostolat des laïcs «Apostolicam actuositatem» A G = décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise «Ad Gentes» C D = décret sur la charge pastorale des évêques dans l’Eglise «Christus Dominus» D H = déclaration sur la liberté religieuse «Dignitatis humanae» D V = constitution dogmatique sur la Révélation divine «Dei Verbum» D Z = symboles et définitions de la foi catholique «Denzinger Enchiridion Symbolorum» G S = constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps «Gaudium et spes» L G = constitution dogmatique sur l’Eglise «Lumen Gentium» O E = décret sur les Eglises orientales catholiques «Orientalium Ecclesiarum» O T = décret sur la formation des prêtres «Optatam totius Ecclesiae renovationem» P C = décret sur la rénovation et l’adaptation de la vie religieuse «Perfectae caritatis» P G = Patrologie grecque P G M R = Présentation Générale du Missel Romain P L = Patrologie latine P O = décret sur le ministère et la vie des prêtres «Presbyterorum ordinis»
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