L'évangile oublié

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L'exhumation avérée du Matthieu araméen - daté de 40/45 - perdu dans nos évangiles canoniques bouscule les idées reçues. Paul, qui écrit ses lettres entre 50 et 65 est donc contemporain des Evangiles et le Livre des Actes des Apôtres doit tout à l'évangile araméen et rien à celui de Luc. Jean, le plus tardivement terminé a pourtant un socle araméen... Ces résultats confirmés par la Linguistique Appliquée, pour surprennants qu'ils puissent paraître ont été lus et approuvés par le Vatican !
Publié le : lundi 1 octobre 2012
Lecture(s) : 3
EAN13 : 9782296983830
Nombre de pages : 67
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4e de couverture

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Religions et Spiritualité

dirigée par Richard Moreau,

Professeur émérite à l’Université de Paris XII

et André Thayse,

Professeur émérite à l’Université de Louvain

 

La collection Religions et Spiritualité rassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus.

La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux.

 

Dernières parutions

 

Fabien VENON, La fin d’un bastion catholique ? Les paroisses de Montréal en crise, 2012.

Philippe BEITIA, Les reliques de la Passion du Christ, 2012.

Matthieu ROUILLE D’ORFEUIL, Histoire liturgique du XXe siècle, 2012.

Alain BARBARIN, Croire en Jésus peut êtreraisonnable. Et si de nombreux événements bibliques s’étaient déroulés autrement…, 2012.

Jean FROIDURE, De Jésus à Constantin. Comment le christianisme est devenu une religion, 2012.

Odile BEBIN-LANGROGNET, De Savoie en Comté. Saint Pierre de Tarentaise, 2012.

Philippe BEITIA, Le Rosaire. Une grande prière de la spiritualité catholique, 2011.

Bernard FELIX, Rencontres avec Jésus, 2011.

André THAYSE, Regards sur la foi à l’écoute de la science, 2011.

Francis LAPIERRE, Saint Paul et les Evangiles, 2011.

Maurice VERFAILLIE, L’Identité religieuse au sein de l’adventisme (1850-2006), 2011.

Philippe BEITIA, Les traditions concernant les personnages de la Bible dans les martyrologes latins, 2011.

Dr Francis WEILL, Dictionnaire alphabétique des psaumes, 2011.

Titre

Francis Lapierre

 

 

 

 

 

 

L’évangile oublié

 

 

 

 

 

 

 

 

LHARMATTAN

Copyright

 

© L’HARMATTAN, 2013

5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

 

http://www.librairieharmattan.com

diffusion.harmattan@wanadoo.fr

harmattan1@wanadoo.fr

 

ISBN : 978-2-296-98383-0

EAN : 9782296983830

PREFACE

Message de la Secrétairerie d’État du Vatican à l’auteur.

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1
Autour des Évangiles de Marc, Matthieu et Luc

Préambule

« La vérité ne saute aux yeux qu’aux esprits préparés », disait Louis Pasteur.

 

J’ai connu ce moment de grâce. Je suis devant mon ordinateur et soudain tout s’éclaire. Je tiens la (une des) clé(s) de la rédaction des Évangiles.

Cela vous tombe dessus comme une apparition ou une révélation. L’évidence s’impose à vous, dictée par les faits.

C’est pour cela que j’exorcise d’entrée la phrase trop souvent entendue :

– Il a ses idées – ou une théorie – sur la rédaction des Évangiles.

 

Rien de plus frustrant que de laisser supposer que vous auriez eu au départ une idée préconçue, que vous auriez voulu justifier en vous appuyant sur quelques exemples judicieusement choisis...

– La vérité n’a que faire de l’ambition ou de la politique. Elle vous saute aux yeux le jour où vous êtes préparés à la recevoir.

– Dans mon cas, la préparation a duré quinze années.

 

Jésus et les évangélistes

Les Évangiles ne sont pas signés par leurs rédacteurs. Vers le milieu du 2e siècle, se dégagent quatre textes que l’Église va dire canoniques : les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean.

« Selon », kata en grec, veut dire : issu de, dérivant ou tombé de, comme un fruit tombe d’un arbre. Mais le fruit ne dit rien de l’arbre et encore moins la tranche de fruit – les textes du dimanche – ne disent ils rien du (ou des) rédacteur(s).

 

Sans informations plus précises qu’une lettre de l’Évêque Papias datée de 130 environ, indiquant que le premier évangile a été écrit par Matthieu dans la langue des Juifs, puis chacun a traduit/interprété (c’est le même mot en grec) comme il le pouvait, les spécialistes ont scruté l’Ancien Testament à la recherche d’indices.

Dans le livre du prophète Jérémie (ch. 36), ils trouvèrent les circonstances de la rédaction d’un document commençant ainsi : En la quatrième année du roi Yoyakîm, la parole que voici s’adressa à Jérémie de la part du Seigneur : Procure-toi un rouleau, et écris dedans toutes les paroles que je t’ai adressées depuis le jour ou j’ai commencé à te parler...

 

Yoyakîm, roi de Juda (609 598), fut un monarque détesté par son peuple parce qu’obligé de lever un impôt de cent talents d’argent et un talent d’or pour se libérer du Pharaon Néko qui l’avait fait prisonnier. Dédaignant son prophète lui conseillant de rester fidèle à Nabuchodonosor roi de Babylone, qui vient de prendre Jérusalem, il brûle avec mépris le document feuille à feuille.

 

Reprenant la même formule : Procure-toi un autre rouleau, Dieu demandera au prophète de réécrire le texte et de l’adresser cette fois ci aux Juifs déportés à Babylone.

De ce récit – et de quelques autres analogues – surgit l’idée que tout texte sacré, inspiré par Dieu, est le fruit commun d’un Dieu dictant sa Parole et d’un copiste inspiré mettant ses mots d’homme (sa langue, sa culture, son époque...) – ici, la déportation des Juifs à Babylone – au service d’une révélation.

Ainsi, un Évangile serait le fruit d’un unique rédacteur élu de Dieu. Cette idée nous a accompagnés jusqu’au vingtième siècle.

Une rédaction par couches successives

L’idée que nos Évangiles pourraient dériver d’un noyau sémitique commun (rédigé par Matthieu le publicain), puis complété par des traditions locales transmises dans d’autres langues (le grec notamment, langue véhiculaire de l’époque) au profit d’autres peuples, n’a pas encore les faveurs de l’enseignement officiel, bien qu’elle ne soit pas en contradiction avec la lettre de Papias !

 

– Mais, répondent les spécialistes, nous ne connaissons les Évangiles qu’à travers des manuscrits ou des fragments rédigés en grec.

 

Dès le début du 20e siècle, l’idée d’un original araméen est déjà présente chez Alfred Loisy qui sera traité de moderniste (pour d’autres raisons), par l’Église de son temps. Elle sera reprise avec moult exemples par J. Carmignac1 et Cl. Tresmontant,2 dans les années 1980, mais sans y intégrer l’idée d’une rédaction en plusieurs phases, ce qui les conduira à une impasse.

Leurs conclusions étant erronées, la critique en profitera pour dédaigner leur travail d’analyse, ce qui était rajouter une erreur aux précédentes !

 

À partir de 1980, trois spécialistes : M. É. Boismard3, F. Neirynk4 et Ph. Rolland5 décidèrent d’unir leurs efforts autour d’une curiosité littéraire : les doublets de Marc.

Dans l’Évangile de Marc en effet, certains épisodes paraissent écrits deux fois. S’agit-il de l’expression orale de conteurs orientaux maniant l’emphase ou bien d’un double récit aux épisodes entremêlés ? Les chercheurs conclurent à un double récit, mais sans penser que l’un pouvait être l’ancêtre de l’autre.

La quête du fil rouge

Elle commence autour de ma vingtième année. Je suis révolté de comprendre que selon l’enseignement officiel, les évangélistes n’ont pas connu Jésus puisqu’ils sont de la génération suivante (70 100). J’admets que l’annonce de l’Évangile ait pu commencer par une longue phase de transmission orale, mais je ne comprends pas lorsque l’on me dit que les lettres de Paul (50 65) sont éclairées d’hymnes de l’Église primitive... Curieuse démarche de cette Église qui rédige en premier le carnet de chants !

Je suis enfin atterré par l’argumentaire officiel, à savoir que l’Esprit saint, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper, est garant de la transmission de la Bonne Nouvelle, car on n’ose même pas parler d’évangile... Imaginez la réaction des non croyants !

 

Le quinze juillet 1985, nous sommes en famille au bord de la mer. Ce jour là, j’achète un gros cahier et commence à lire l’Évangile de Marc en prenant des notes. Ma formation scientifique me conduit à avoir un faible pour l’Évangile de Luc, qui dans une superbe introduction nous annonce que d’autres ont écrit avant lui et qu’il a vérifié ses sources tant écrites qu’orales auprès des témoins de la Parole. Je pense donc aborder Luc trois mois plus tard, après être passé rapidement sur le petit Évangile de Marc, le plus court et croit on, le plus ancien à en juger par son style fruste...

Cinq ans plus tard, j’étais encore en train de travailler sur Marc. Que s’est il donc passé ?

À la première lecture continue de l’Évangile de Marc, alors que je termine le chapitre 6, je prends conscience que les guérisons à Gennésareth (6,53-56)6, ressemblent étrangement à un épisode déjà lu : les guérisons des malades (1,32-34).

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