L'existentialisme chez Gabriel Marcel

De
Publié par

Cet ouvrage a pour objet l'existentialisme chez Gabriel Marcel par opposition à l'existentialisme chez Jean-Paul Sartre. Alors que dans l'existentialisme athée de Jean-Paul Sartre, Dieu aliène la liberté humaine, dans l'existentialisme théiste de Gabriel Marcel, Dieu est le personnage par lequel s'épanouit toute relation intersubjective.
Publié le : jeudi 1 décembre 2011
Lecture(s) : 147
EAN13 : 9782296476011
Nombre de pages : 132
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
LEXISTENTIALISME
CHEZ
GABRIEL
MARCEL
Nous sommes conscients que quelques scories subsistent dans cet ouvrage. Vu l’utilité du contenu, nous prenons le risque de l’éditer ainsi et comptons sur votre compréhension.
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.f
ISBN : 978-2-296-55930-1 EAN : 9782296559301
Père
Pontien
Biajila
Ifumba
L’EXISTENTIALISME
CHEZ
GABRIEL
MARCEL
COLLECTION « PENSÉE AFRICAINE » dirigée par François Manga-Akoa
En ce début du XXIesiècle, les sociétés africaines sont secouées par une crise des fondements. Elle met en cause tous les secteurs de la vie. Les structures économiques, les institutions politiques tels que les Etats et les partis politiques, la cellule fondamentale de la société qu’est la famille, les valeurs et les normes socioculturelles s’effondrent. La crise qui les traverse les met en cause et au défi de rendre compte de leur raison d’être aujourdhui. L’histoire des civilisations nous fait constater que c’est en période de crise que les peuples donnent et expriment le meilleur d’eux-mêmes afin de contrer la disparition, la mort et le néant qui les menacent. Pour relever ce défi dont l’enjeu est la vie et la nécessité d’ouvrir de nouveaux horizons aux peuples africains, la Collection«PENSEE AFRICAINE »participe à la quête et à la création du sens pour fonder de nouveaux espaces institutionnels de vie africaine.
Dernières parutions
Brice POREAU,Extension de la théorie de la reconnaissance. L exemple du génocide rwandais, 2011. Charles Jean Marie MINYEM,Descartes et le développement, 2011. Thierry AMOUGOU,Le Biyaïsme, Le Cameroun au piège de la médiocrité politique, de la libido accumulative et de la (dé)civilisation des mœurs, 2011. Koffi Célestin YAO,Création en contexte, Une pratique plastique aux croisements des cultures,2011. Berthe, LOLO,Schizophrénie, autrement…, 2011. Berthe LOLO, logique et construction des :Les maladies mentales signes et des symptômes, 2011. Jean Claude ATANGANA, Bilan philologique de l’Esquisse d’une théorie de la pratique étude comparée des :de Pierre Bourdieu éditions de 1972 et de 2000,2011. Elie DRO,La part de l’ombre dans la peinture. La poïétique du suspens, de l’Afrique à l’Occident, 2011.
ntrodction générale
Nombreux sont les historiens de la philosophie qui tiennent Gabriel Marcel pour un existentialiste chrétien par opposition notamment à Jean-Paul Sartre, considéré comme le plus grand représentant de l’existentialisme athée.Alors que pour les existentialistes athéesDieu aliène la liberté humaine, dans la mesure où, pour se réaliser pleinement, l’homme n’éprouve aucun besoin de méditation divine ; Marcel tientDieu pour celui par qui s’épanouit toute relation intersubjective.Dieu est le « Toi absolu », le « transcendant », le «Fondement de toute rencontre intersubjective ».Cqu’en Lui et grâce à Luie n’est que l’homme peut se libérer de ses servitudes et, ainsi, être sauvé du néant.Aussi Marcel pense-t-il que le rejet deDieu dans tout processus d’accomplissement de l’homme, loin de conduire à l’épanouissement de ce dernier, ne fait que l’enfoncer dans l’aliénation.Dieu ne lui semble pas une hétéronomie qui s’opposerait à l’autonomie humaine.Bien au contraire, Il constitue le fondement et la condition même de la liberté de l’homme. Une telle approche du rôle deDieu dans l’accomplissement de la destinée humaine n’est pas sans renvoyer au christianisme.Et les lecteurs de Marcel savent très bien que le Dieu dont il parle est le «DieuC La chose n’esthrétien ». d’ailleurs pas surprendre lorsqu’on prend conscience du fait qu’en 1929,Gabriel Marcel se convertissait au christianisme.Et pourtant, au moment où il entrait dans la communauté chrétienne, notre auteur disposait déjà d’une littérature philosophique antérieure à cet événement. Relevons en passant son Journal Métaphysique paru en 1927. Nous fondant sur cette ouverture au christianisme, sommes-nous en droit de penser que la religion chrétienne a exercé un
impact considérable sur la philosophie marcellienne ? Notre questionnement est davantage légitimé par les allégations de Marcel.En effet, se refusant à tout cloisonnement et à toute tentative de faire de sa pensée un système, fût-il l’existen-tialisme, Marcel admet que expressions suivant serait les plus adéquates à traduire ses efforts philosophiques : « néoso-cratisme » où « socratisme chrétien »1.Et à en croire Tiliette, cette dénomination traduit le mieux le mode du philosopher marcelien : « Le libre et esprit de Socrate intérieur à une philosophie d’inspiration chrétienne »2. L’irruption du christianisme dans l’existence marcelienne a-t-elle introduit, par le fait même une innovation dans sa philosophie ? La tentative de solution à cette interrogation permet d’imaginer une double hypothèse.D’une part, il serait possible de penser à une réponse positive.Dans ce cas, on pourrait prétendre que le christianisme revêt un statut particulier dans la pensée philosophique de Marcel, dans la mesure où il se situerait à l’origine du tournant imprimé à sa philosophie.En d’autre termes, il serait loisible de parler de deux philosophies marceliennes, l’une antérieure et l’autre postérieure à son ouverture au catholicisme. D’autre part, la réponse pourrait bien être négative.Et pour cause, la conversion marcelienne n’aurait exercé aucune modification substantielle de la philosophie marcelienne ; elle n’aura constitué qu’un éclairement des intuitions dont vivait déjà notre auteur et ne lui aura permis que d’établir une adéquation entre ses pensées et ses actes.Cette adhésion au christianisme ne consisterait qu’à occuper pour lui une place qui lui était déjà notre comme réservée dans une famille spirituelle, toute prête à l’accueillir.En philosophie d’autres termes, il n’aurait qu’une seule et unique philosophie marcelienne que sa conversion n’a fait qu’éclairer en tant qu’elle était par nature une réflexion philosophique suscitée, soutenue et sous-tendue par la religion chrétienne.Bref, disons que la conversion de
1G. MARCEL Le mystère de l’être I Réflexion et mystèrehP(ehioposil de l’esprit). Paris,Aubier. 1951, p.5. 2X. TILIETTE,Philosophes contemporains ParisDDB, 1962, p. 9.
8
Marcel a inauguré une nouvelle expérience philosophique distincte de la première. Notre méthode dans ce travail est génétique, c’est-à-dire que nous suivrons, dans la mesure du possible, l’ordre historique du développement de sa pensée pour en dégager sa vision philosophique. Pareille méthode entend épouser le mouvement de la pensée même de Marcel en respectant la démarche qui se traduit dans le style, dans l’expression où le langage.Elle nous permet ainsi de respecter le caractère de recherche d’une pensée qui, se voulant une réflexion sur la condition humaine itinérante, ne peut jamais prétendre à l’achèvement.Génétique, notre méthode est aussi analytique.En effet, c’est à travers une lecture attentive et minutieuse des écrits de Marcel que nous entendons dégager l’apport du christianisme à sa philosophie. Dans cette optique, l’effort de sympathie compréhensive à l’égard de cette pensée nous disposera peu à peu à une critique. Génético-analytique, notre méthode est enfin critique étant donné que nous visons à la fin, à apprécier critiquement la pensée de Marcel. Nos investigations s’articuleront autour de quatre chapitres. Le premier tentera de donner quelques considérations générales sur l’existentialisme. Il sera question d’en présenter les caractéristiques majeures et d’en indiquer les figures de proue au nombre desquelles figureGabriel Marcel. Le deuxième chapitre exposera le revirement introduit dans la philosophie de Marcel par sa conversion au christianisme. Ici, nous mettrons en exergue la foi de Marcel avant et après sa conversion.Bien entendu, un examen des raisons qui l’auraient conduit à devenir chrétien s’imposera. Nous aborderons, enfin, la méthode réflexive et le statut de la foi chrétienne dans la philosophie de Gabriel Marcel.Le troisième chapitre, introduisant à la problématique de la dialectique spirituelle de la fidélité, démontrera que le christianisme constitue la toile de fond à partir de laquelle notre philosophe apporte des solutions aux inquiétudes de la société. Notre appréciation critique, tout en soulignant les mérites de notre auteur, mettra à nu les insuffisances de son entreprise.Atravers les problématiques
9
concrètes abordées par Marcel, nous esquisserons une nouvelle dialectique entre le christianisme et les sociétés africaines de telle sorte que le premier féconde les solutions à donner aux problèmes de ces dernières.Evidement, il faudra au préalable établir la philosophicité d’une pareille entreprise. Tel sera l’objet de notre quatrième et dernier chapitre.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.