L'Ordre des Templiers

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Ordre religieux de "moines-soldats" fondé en 1124 pour défendre les pèlerins en Terre sainte, le Temple a profondément marqué les XIIe et XIIIe siècles. Cet ouvrage pratique reprend de façon synthétique les différents thèmes gravitant autour des Templiers (naissance de l'Ordre, procès, trésor templier...), des hommes qui ont fait son histoire (Jacques de Mollay, Philippe le Bel, Guillaume de Nogaret...) et des lieux qui en conservent la trace (vestiges des commanderies en Europe et au Moyen-Orient).
Publié le : mercredi 1 juillet 2009
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EAN13 : 9782296230873
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A
ADieu,à nous:Salutation utilisée entre templiers.
à terme (ad terminum) : Chevalier qui ne rejoignait l’Ordre que
pour une durée déterminée. N’ayant pas prononcé ses vœux, le
chevalier ad terminum n’était pas considéré comme frère de
l’Ordre.
abacus : Bâton pastoral possédé par le maître et se terminant par
une plaque ronde où était gravée la croix pattée. Ce symbole de
commandement fut sans doute introduit sous la maîtrise de
Bertrand de Blanquefort. Il n’en existe que de rares
représentations, par exemple:
EenBelgique, sur la tombe deGérard deVillers ;
Eà Muzillac, sur deux statues au dessus de la porte de la
chapelle ;
EàClisson, sur une pierre tombale.
La règle de l’Ordre prescrit que, devant l’abacus, tous les
templiers devaient se tenir à trois pas, s’incliner et ne jamais le
toucher.
abaque: Planchette munie de boules qui servait de machine à
calculerauxcomptables de l’époque.
abraxas : Mot d’origine perse désignant la divinité, l’abraxas
edevint au II siècle une figure utilisée par les chrétiens à tendance
gnostique, disciples de Basilide. L’abraxas aurait par la suite
perdurécomme objet porte-bonheur.
Au Moyen-Age, l’abraxas se présente le plus souventcomme un
personnageà tête decoq, vêtu d’une robecourte et d’unecuirasse
et reposant sur deux serpents à deux têtes en guise de jambes.
Dans la main gauche, il tient un bouclier rond, ou ovale, où l’on
peut lire I A O ou I A OMEGA. Dans la main droite, il tient un
fouet de type égyptien. Les interprétations de cette symbolique
sont trop diverses pour pouvoir en retenir une.
L’apposition de ce symbole sur le contre-sceau d’André de
Colours, maître en France, accompagné de la mention«Secretum
Templum », représente pourcertainsauteurs une forte présomption
de l’adhésion du Temple à la gnose. Mais il faut préciser que
e el’abraxas était relativement à la mode aux XII et XIII siècles et
qu’il fut également largement utilisé avant et pendant la période
- 5 -templière par des personnages n’ayant aucun lien avec l’Ordre
(sceau descomtes deChampagne ou deMarguerite deFlandre).
absolution:
E des manquements à la règle : Quand un frère avait purgé sa
peine, l’absolution était décidée par le chapitre. Le maître
faisaitcomparaître le fautif et lui déclarait: "Beau frère, nos
frères vous font une grande bonté. Quand bien même, s’ils
l’avaient voulu, ils vousauraient pu tenir plus longtemps en
pénitence, selon les usages de la maison, ils vous lèvent de
terre, mais, par Dieu, gardez-vous aussi bien que s’ils vous
avaient tenu plus longtemps".
E des péchés : Il semble qu’il yait eu parfois confusion entre
l’absolution des manquements à la règle et celle des péchés
et l’on reprocha au maître ou au chapitre de s’arroger alors
un droit qui ne leur appartenait pas. Cette confusion fut
d’ailleurs largement exploitée durant le procès.
Acosse (Liège / Belgique): La maison d’Acosse, citée dès 1253,
dépendait de lacommanderie deStrée.
AdSuccurendum:cf. réceptionadSuccurendum.
Ademari (Guigone):Visiteur enProvence en 1307 (cf. visiteur).
adoubement:cf.chevalier.
Agate (Philippe): Le frère Philippe Agate, dernier commandeur
de Sainte-Vaubourg, après avoir dirigé la maison de Renneville,
avoua, lors des premiers interrogatoires, le reniement duChrist, le
crachat sur la Croix ainsi que l’existence d’une image adorée par
les frères.
En 1310, il refusa une première fois de défendre l’Ordre mais ne
reconnut, devant la commission en 1311, que le reniement et
décrivit les tortures et privations infligéesaux frères enfermésavec
lui.
Agnus Dei (agneau de Dieu) : L’Agnus Dei fut un symbole
couramment utilisé par les templiers. On le retrouvecomme motif
ornemental de clés de voûte dans des chapelles templières et sur
certains sceaux.
agricultur e: Les templiers, sans être à l’origine de l’important
e edéveloppement de l’agriculture aux XII et XIII siècles, y ont
largement contribué, notamment par leur souci d’utiliser des
méthodes performantes, souvent ramenées d’Orient, et par leur
- 6 -volonté de rationaliser leurs exploitations. Ils pratiquaient, entre
autres, l’assolement quadriennal (froment,avoine, légumineuses et
jachère) et modernisèrent les systèmes d’irrigation (cf. vin).
Ahamant (Jordanie): Il est probable que les templiers occupèrent
un château fort de faible importance dans la ville d’Amman (ou
Ahamant)à partir de 1166.
Aigle (Guillaume de l’):Maître enFrance vers 1222.
Aiguaviva :Commanderie espagnole.
Aiguèz e (Gard):Lacommuneabrite les restes dece qui estappelé
la maladrerie des templiers des Gorges de l’Ardèche. Cet édifice,
edont il ne reste que des ruines, sembleavoir servi dès leXII siècle
à l’accueil des frères lépreux. Les vestiges font l’objet de
consolidations depuis 1990.
aiguiller:Tentecarrée du maréchal duTemple (cf. maréchal).
Aillas (Gironde): C’est en raison de ses sculptures ésotériques à
inspiration zodiacale que l’église d’Aillas est attribuée aux
templiers.Rien ne vient prouvercetteaffirmation.
Aimard:Frère templier, maître enFrance de 1222à 1223.
Aix-en-Provenc e (Bouches-du-Rhône): Il ne reste rien de la
puissantecommanderie d’Aix, fondée en 1143.C’estàAix, que le
roi de Naples et de Sicile, Charles II, fit brûler en 1308 plusieurs
templiers provençaux.
Aix-la-Chapelle (Allemagne): Les templiers avaient installé leur
commanderie le long des remparts de la première enceinte de la
ville près de la porte deLiège.Il n’en reste rien.
Al-Aqsa: En 1120, Baudoin II octroya aux templiers la mosquée
d’Al-Aqsa.
Cette mosquée était assimilée par les croisés au Temple de
Salomon.Elle se trouvait au sud de l’esplanade, dite "le pavé",au
centre de laquelle on pouvait voir la coupole du rocher (appelée à
tort mosquée d’Omar). Cette esplanade était située elle-même au
centre d’un quartier musulman réaménagé par les croisés (cf.
Jérusalem).Cette mosquée devint résidence royale en 1104 quand
erBaudoin I abandonna la tour deDavid.
Albano (Matthieu d’) : Légat du Pape et président du concile de
Troyes en 1128.
Albon (Pons d’):Maître enFrance vers 1129 et de 1236à 1240.
- 7 -Alemandin (Pierre d’):Commandeur de la maison deMontpellier
au moment du procès, il fut accusé par Hugues de Payraud de
cacher unbaphomet (cf.baphomet).
Alet (Aude): Une vieille maison située sur la plusancienne place
de la ville présente sur ses poutres extérieures decurieux symboles
qu’aucun spécialiste n’a véritablement pu interpréter.
Certains deces signes, notamment les rosaces, se retrouvent dans
les commanderies de Montsaunès et de la Féolette ainsi que dans
le donjon de Chinon, ce qui pourrait accréditer une origine
templière de la maison d’Alet.
Plus étrange encore, la façade de la maison porte l’inscription
"164Z". Or, une inscription très proche, "1643", se retrouve sur
l’église templière de Puyravault en Vendée et encore une fois sur
celle de laFéolette.De même, l’église templière duMas-Deu porte
le signe "164".
Alex(Pons d’):Commandeur deRicherenches de 1300à 1304.
Algars:Sous-commanderie de la maison deMiravet.
Almorol (Portugal) : Le château d’Almorol, installé au milieu du
erTage, fut repris aux maures sous le règne d’Alphonse I et
immédiatementconfiéaux templiers.
La forteresse fut reconstruite en 1171 sous la maîtrise de
GualdimPais. Assiégé en 1190, le château tint bon. Avec le recul
des musulmans,Almorol perdit peuà peu soncaractère stratégique
mais resta d’une grande importance au travers du contrôle des
échanges fluviaux.
alphabet secret:cf.atbash .
erAlphonse I : Roi d’Aragon et de Navarre. En 1134, il lègue par
testament une partie de son royaumeaux templiers (cf.Espagne).
Alvensleben (Frédéric von) : Maître de Hongrie. Les dates de sa
maîtrise ne sont pasconnues.
Alvito(PierreAlvares de):Maître duPortugal de 1212à 1221.
Alziari (Raimbaud d’):Commandeur deRicherenches vers 1304.
Amancey(Doubs): Il ne subsiste de lacommanderie d’Amancey,
efondée au XIII siècle, qu’une chapelle dédiée à Notre Dame de
l’Assomption.
erAmaury I :Frère deBaudoinIII,Amaury régna surJérusalem de
1163à 1173.
- 8 -AmauryII (Amaury deLusignan):Avant d’être roi deJérusalem
de 1198 à 1205, sans avoir pu jamais prendre possession de son
trône,Amaury deLusignan fut roi deChypre.
Ambois e (Indre-et-Loire): L’importante commanderie d’Amboise
fut fondée en 1219.Il n’en subsiste qu’unecave voûtée.
Ambrief (Aisne): La commanderie d’Ambrief fut créée en 1254
grâceà un don de Gérard d’Arcy.Lesbâtiments ontconservéleur
allure médiévale et l’on peut encore voir la grange, l’étable, la
bergerie et une partie du mur d’enceinte.
Amérique : Certains auteurs affirment que les templiers ont
découvert l’Amérique plus de deux cents ans avant Christophe
Colomb.Ils yauraient exploité des mines d’argent.
Cette thèse, repoussée par de nombreux historiens spécialistes de
l’Amérique du Sud, repose néanmoins sur des arguments parfois
troublants:
E la connaissance par les templiers de la route desAmériques
n’est pas impossible puisqu’ils avaient sans aucun doute
récupéré une grande partie desconnaissances en géographie
marine des Phéniciens et que leurs équipages, bretons ou
normands,avaient été encontact étroitavec lesVikings ;
E à l’époque de la montée en puissance duTemple, la monnaie
d’argent, jusqu’alors rare, devint abondante, alors que les
mines d’Europe n’étaient pas encore exploitées ;
E certains détails de bâtiments précolombiens rappellent des
motifs templiers: on y retrouve en effet descroix pattées et,
plus surprenant encore, la statue dite "du moine", sur le site
de Tiahuanacu, est une copie conforme de l’un des apôtres
du portail de la cathédrale d’Amiens. A l’inverse, une
sculpture de la commanderie de Saulce-d’Island (cf. Saulce
d’Island) représente un hommeaux traits indiens.
Même si la thèse de l’exploitation de mines d’argent
sudaméricaines par les templiers resteà prouver, il n’en est pas moins
vrai que Christophe Colomb, presque deux siècles après la
disparition du Temple, a consulté les archives de Calatrava, ordre
espagnol où s’étaient réfugiés des templiers. Il était en outre le
mari de la fille d’un ancien maître de l’ordre des chevaliers du
Christ,ce qui explique lacroix rouge sur sesbateaux.
- 9 -amodiation: Les templiers utilisaient souvent l’amodiation pour
leurs terres éloignées des commanderies, pratique consistant à
céder leur exploitation contre le paiement d’une redevance
périodique.
anastasis: rotonde du Saint-Sépulcre incendiée, mais reconstruite
en 1048 sur l’emplacement du tombeau du Christ (cf. église
templièr e).
Anes (Pedro):Maître duPortugal de 1223à 1224.
Angers (Foulque d’) : Foulque d’Angers fut l’un des neuf
chevaliersà l’origine duTemple.
Angers (Maine-et-Loire): La commanderie d’Angers fut fondée
en 1121 par lecomteFoulqueV.Il en subsiste une tour situéeaux
numéros 3 et 5 de la rue duTempleaucentre ville.
Angles (Charente): Deux documents attestent de l’origine
templière de lacommanderie d’Angles.
Le premier document est un acte passé en 1214 entre le
commandeur des maisons de Châteaubernard et d’Angles et un
certain André Prêtre à propos de moulins situés à proximité de la
maison d’Angles.
Le second document, daté de 1295, est un acte de vente d’un
moulin au templier Hugues de Narzac, commandeur de
Châteaubernard et d’Angles. Outre le fait qu’il précise, comme le
premier, que l’implantation d’Angles est templière, il nous indique
également que la maison d’Angles a toujours été rattachée à
Châteaubernard, sans doute à cause de ses revenus trop modestes
pour entretenir uncommandeur.
Unique vestige, lachapelle se dresseaucentre d’une petite place
qui se trouvait être l’ancien cimetière. Quelques graffitis, sans
doute médiévaux pour la plupart, sont visibles sur les murs sud et
ouest de l’édifice.
Angleterr e:Peuaprès leconcile deTroyes,Hugues dePayens se
rendit lui-même en Grande Bretagne et l’affluence des dons
conduisit très vite à la constitution d’une province réunissant
l’Angleterre et l’Ecosse.
Les droits des templiers d’Angleterre, identiques à ceux de
France, furent fixés par le roi Henri III dans unecharte en date de
er1227 etconfirmés parEdouard I en 1285.
- 10 -Même si les templiers n’assumèrent pas en Angleterre la charge
de trésorier royal, le roi disposait tout de même d’un compte au
Temple deLondres et utilisait fréquemment les services de l’Ordre
dans ses opérations financières.
A la suite desarrestations enFrance, le roiEdouardIIcommença
par protéger les templiers, puis, sous l’injonction du Pape, il les
consigna dans leurs commanderies. Faute d’inquisiteurs puis de
bourreaux, le procès traîna en longueur. A l’issue de longues
procédures, les biens furent confisqués mais les templiers furent
pensionnés. On estime à 150 le nombre de templiers présents en
Angleterre en 1307.
Angoulême (Charente): La commanderie fondée vers 1207, fut
complètement détruite lors du réaménagement des remparts de la
evilleauXVI siècle.
annat e : impôt payéen une fois que la papauté percevait sur le
clergé pour financer les croisades. Les templiers, comme
l’ensemble des ordres militaires, en étaient dispensés.
anonymat: Le plus souvent, les templiers sont restés anonymes:
celui qui rentrait dans l’Ordre abandonnait son nom et se faisait
appeler par son prénom. Seuls les dignitaires échappaient à cette
règle, d’ailleurscommuneaux ordres monastiques.Il fautattendre
le procès et ses interrogatoires pour que l’identité complète de
certains chevaliers soit précisée (encore que les transcriptions de
ces interrogatoires présentent parfois des orthographes voisines
pour une seule et même personne).
Arche d’allianc e : L’Arche d’alliance est le coffre qui contenait
les tables de la loi. Une thèse, défendue par Louis Charpentier et
Roger Luc Mary, voudrait que la véritable mission des templiers
consistât à retrouver l’Arche d’alliance. A l’appui de cette thèse,
cesauteurs présentent lesarguments suivants:
E de 1118 à 1128, malgré leur raison d’être, les templiers ne
participèrent manifestement que très peu à la défense des
lieux saints (leur faible nombre ne suffit pas à expliquer ce
paradoxe) ;
E il semble étrange qu’ilsaient été hébergés dans leTemple de
Jérusalem plutôt que dans un édificechrétien déjà existant ;
- 11 -E des documents de l’époque indiquent qu’aussitôt logés dans
leTemple, ilscommencèrentavant toutechose par déblayer
lesanciennes écuries souterraines sans raisonapparente ;
E dès 1108, Hugues de Champagne avait pris contact avec
Etienne Harding, abbé de Cîteaux. Dès lors, et bien que
l’ordre de Cîteaux n’était pas connu pour sa prédisposition
aux études, les cisterciens se mirent à étudier avec minutie
des textes hébraïques sans doute rapportés par les templiers.
Etienne Harding demanda même l’aide de savants rabbins
deHaute-Bourgogne.
Argentan (Robert d’):Gonfanonier de l’Ordre (cf. gonfanonier),
Robert d’Argentan meurt durant l’assaut de Darbsak (Turquie) en
1237.
Argentières (Hugues d’):Premier maîtreconnu enAngleterre.
Logis de la maison d’Arginy
Argentières (Hautes-Alpes):Lachapelle templière d’Argentières,
dédiée à Saint-Jean, fut sans doute construite sur un site de culte
païen.Elle est située dans une région exploitée par les templiers en
raison de la présence de mines d’argent. La chapelle dépendait
- 12 -d’une commanderie qui passa aux mains des hospitaliers à la
suppression de l’Ordre et qui n’existe plusaujourd’hui.
eArginy (Rhône) : Le château d’Arginy, construit au XIII siècle,
fut la propriété deGuillaume deBeaujeu.Lechâteau, qui présente
encore son donjon et une partie des murs d’enceinte, fut
transformé en ferme agricole et utilisé par la secte du Temple
solaire pendant des années. Le donjon, appelé tour d’alchimie ou
tour des huit béatitudes, est orné de graffitis attribués aux
e siècle, cette commanderie fut l’objettempliers. Dès le XV
d’importanteschassesau trésor.Les premières fouilles entreprises
par la fille deLouisXI se terminèrent par la mort dramatique d’un
ouvrier.La légende locale veut quecelui-ci, descendu seul dans les
souterrains, poussa un cri puis remonta déjà mort, le crâne broyé.
En 1900, lors de nouvelles recherches, un ouvrier eut le pied
écrasé par un piège constitué d’une espèce de meule articulée. De
nouvelles fouilles eurent lieu en 1914 puis en 1950, mais aucun
trésor ne fut jamais trouvé.
Durant le procès, lors des interrogatoires, deuxchevaliers,arrêtés
dans la maison de Mâcon, indiquèrent qu’ils avaient passé la nuit
précédant leurarrestationauchâteau d’Arginy qui n’était pourtant
pas une maison templière (la règle interdisait pourtant aux frères
de passer une nuit dans une maison n’appartenant pas à l’Ordre).
Le motif de leur présence ence lieu ne fut pas précisé.
Autre fait étrange, la propriétaire du château en 1453 n’était
autre que Jacqueline de Chalon, petite-fille de Jean de Chalon,
templier qui indiqua lors du procès avoir vu des chariots quitter
l’enceinte duTemple deParis le 12 octobre 1307.
Arima(ouAreimé):Les templiers reçurent vers 1170 la garde du
château d’Arima, situé à quelques kilomètres au sud de Tortose
(Liban).
Beibar s’empara du château en 1271, juste avant d’entreprendre
le siège du krak des hospitaliers.
S’il n’est pasaussi spectaculaire quebeaucoup d’autreschâteaux
croisés,Arima offrecependant un ensemble remarquableconstitué
notamment de deux basses-cours successives et d’un château à
double enceinte.La premièrebasse-cour estaujourd’hui vide mais
la seconde, à peu près rectangulaire, conserve une tour de
flanquementcarrée.
- 13 -armement : La sobriété imposée aux vêtements s’appliquait
également à l’armement. L’armure était ainsi formée d’une cotte
de mailles double,appelée haubert etcouvrant lecorps des piedsà
la tête ainsi que de chausses également de mailles. Pour se
protéger du frottement des mailles de fer, le templier portait en
dessous un gambison, vêtement de tissu matelassé. Au-dessus de
l’armure, il enfilait une cotte d’armes ou surcôt et le célèbre
manteau, blanc ou noir (cf. manteau). Au heaume jugé trop
étouffant, les templiers préféraient le casque à nasal pourtant plus
ancien.
L’écu, ou targe, était constitué d’une grande pièce de bois en
forme d’amandeà pointeaiguë dont les bords étaient renforcés de
emétal. A la fin du XII siècle il était encore à l’identique des
boucliers normands et protégeait le chevalier des épaules aux
genoux. Mais il se rétrécit peuà peu, pour s’adapteraux tactiques
du combat à cheval et ne dépassait pas 60 cm de haut un siècle
plus tard.Il était frappé de lacroix vermeille.
La lance ferrée, longue de trois mètres, était l’arme essentielle du
combatàcheval.Solidementcalée sous la hancheau moment de la
charge, elle devenait une terrible arme de choc, mais son
maniement réclamait un très longapprentissage (cf.combat).
L’épée, quant à elle, était à double tranchant, la lame creusée
d’une ou deux cannelures centrales afin de l’alléger. Le bout était
arrondi car les coups d’estoc étaient très peu usités à cheval.
Longue d’un mètre dix et pesant environ trois kg, elle se maniaità
une ou deux mains. Lors des combats à pied, les templiers
pouvaient également utiliser une épée pluscourte et pointue.
L’article 38 de la règle interdisait aux templiers l’emploi de
fourreau pour la lance ou l’écu.
armes (blason): Certains dignitaires de l’Ordre possédaient un
eblason distinctif. Ceux-ci n’apparurent qu’à la fin du XII siècle,
d’abordchez les dignitaires de haut rang pour s’étendre peuà peu
aux rangs moins élevés de la hiérarchie. Il semble que les simples
chevaliers et les sergents ne purent utiliser deblason distinctif qu’à
epartir duXIII siècle.
Les armes portées par les dignitaires ne diffèrent pas de celles
portées par les gens du siècle (i.e. ceux n’appartenant pas à
l’Ordre) et respectent les règles de l’héraldique. Elles se
- 14 -distinguent cependant par l’apposition de la croix templière aux
armes familiales.Lesblasons ne pouvant être portés sur les habits
ou sur l’écu, on les retrouve en fait uniquement sur les sceaux
utilisés pour les correspondances ou les actes légaux. Il semble
cependant queGuillaume deChartres (maître duTemple de 1209à
1219) ait fait exception à la règle puisqu’il arborait un étendard
portant sescouleursau siège deDamiette.
armigerie:Ensemble des frères servants et des hommes d’armes.
Arnaldo (Pedro):Maître duPortugal de 1155à 1158.
Arnaud (Guillaume): Maître de la maison de Cahors au moment
du procès,GuillaumeArnaud,aprèsavoir fait desaveuxcomplets,
se rétracta et prit la défense de l’Ordre. L’historien Raynouard
indique qu’il futbrûlécomme relapsàParis.
Arnauld (Guillaume):Maître enAquitaine vers 1201.
Arras (Pas-de-Calais): La commanderie d’Arras était l’une des
plus importantes du nord de la France. Elle fut détruite par un
eincendie au XVI siècle mais conserve cependant de beaux restes
dans le faubourg de Rouville. En 1307, les templiers d’Arras
furent parmi les rares à s’opposer violemment à leur arrestation.
La moitié d’entre eux fut massacrée et lesautres enfermésàParis.
arrestation (des templiers) : Dès 1303, Philippe le Bel trouva le
prétexte pour perdre l’Ordre grâce au témoignage d’Esquieu de
Floyran (cf. Floyran). En avril 1307, le roi et le Pape se
rencontrèrent à Poitiers pour discuter du sujet. Philippe le Bel
communiqua à cette occasion des extraits du dossier monté par
Nogaret. Le Pape promit de s’informer de son côté, tout en
engageant le roi à poursuivre ses investigations et à le tenir
informé.
Jacques deMollay demanda lui-même une enquête papale.Le 24
août 1307,ClémentV fit savoirau roi qu’il ordonnait une enquête,
mais Philippe le Bel comprit très vite que cette réponse était un
moyen de gagner du temps. Il réunit alors à l’abbaye de
Maubuisson unconsistoirecomposé deGillesAycelin (archevêque
de Narbonne et garde des sceaux), le grand inquisiteur Guillaume
Imbert et Nogaret. Ce consistoire interpréta abusivement la
réponse du Pape comme un accord tacite à l’ouverture d’une
enquête royale et décidaalors de l’arrestation des templiers pour le
13 octobre 1307.
- 15 -En cette année, les conditions indispensables au succès d’une
telle opération étaient enfin réunies:
E l’opinion publique était devenue hostile à l’Ordre grâce à
unecampagne decalomnie menée par lesconseillers du roi ;
E lePape étaitaffaibli etassujettiau roi ;
E la gloire duTemple était en déclinaprès l’abandon des états
latins d’Orient.
Nogaret fitalors parveniràchaquebailli une lettrecontenant les
actes d’accusation et la marcheà suivre pour l’arrestation:
E pénétrer préalablement dans la commanderie, sous prétexte
de vérifier la décime,afin d’analyser les défenses ;
E rassembler une troupe suffisante pour que les templiers ne
puissent pas résister ;
E pénétrer en force le jour prévu dans lacommanderie ;
E mettre immédiatement les templiers en état d’arrestation ;
E dresser un inventaire desbiens ;
E mettre en place les mesures permettant la continuité de
l’exploitation du domaine ;
E procéder aux premiers interrogatoires en se servant au
besoin de la question.
L’arrestation eut lieu au même moment dans tout le royaume. A
Paris, Nogaret arrêta lui-même Jacques de Mollay ainsi que 138
chevaliers.Fait étrange, le roi,arrivé très rapidement sur les lieux,
fit ouvrir la tombe de frère Hubert, architecte quiavait imaginé la
tour du Temple de Paris. Il repartit furieux sans aucune
explication. Les raisons de cet épisode sont encore aujourd’hui
inexpliquées.
Les templiers n’opposèrentaucune résistance saufàArras où les
soldats du roi égorgèrent la moitié d’entre eux et à Paris où huit
chevaliers se précipitèrent du haut des tours. Il faut souligner que
lescommanderies d’Occident étaient, pour la grande majorité, peu
armées (les inventaires sont explicites sur ce fait) et isolées. En
outre, la règle templière interdisait de porter les armes contre des
chrétiens. Enfin, depuis la chute de Saint-Jean-d’Acre, l’Ordre
connaissait une véritable pénurie de vocation et il est alors
probable que le nombre de chevaliers et de sergents ne dépassait
- 16 -pas mille individus en 1307. Parmi ceux-ci, beaucoup n’avaient
jamais eu l’occasion de porter lesarmesà l’exception deceux qui
avaient effectué un séjour enEspagne.
Le nombre de prisonniers est difficile à évaluer. La commission
pontificale de 1309 en recensa 546, venus de tout le royaume et
rassemblés dans une trentaine de lieux de détention.Bien qu’il soit
impossible d’avancer une hypothèse chiffrée, il semble évident
qu’un nombre important de templiers ont pu échapper au coup de
filet dont l’Ordre avait dû être averti en raison des liens qu’il
entretenait avec la population. Il ne faut pas, en effet, oublier que
beaucoup de familles comptaient parmi elles des templiers ou des
personnesaffiliéesà l’Ordre.Seul parmi les dignitaires de l’Ordre,
lecommandeur d’Auvergne,HumbertBlanc put s’échapper.Il faut
également souligner la fuite de sept templiers deToulon qui purent
se soustraire aux recherches des troupes royales en se réfugiant
dans une possession qu’ils avaient en dehors de la ville. Après le
coup de filet, il n’est fait mention que d’un seul cas d’évasion. Il
s’agit d’un chevalier qui s’enfuit d’une prisonpoitevine et qui fit
l’objet de recherches importantescar lePape, qui enavait la garde,
ne voulait pas être taxé decompromission.
Artaud:Commandeur d’Avignon et d’Arles vers 1244.
Commanderie d’Arville
- 17 -Arville (Loir-et-Cher) : Plusieurs chartes évoquent l’existence de
elacommanderie dès le début duXII siècle.Celle-ci fut sans doute
fondée sur un vaste domaine forestier par Geoffroy de
Mondoubleau vers 1130.Lacommanderie fut donccréée ex nihilo
mais d’importants travaux de défrichement furent par la suite à
l’origine d’une "ville-neuve" s’appuyant sur la maison duTemple.
Le premier précepteur en futGuillaume d’Arville.
Cette maison semble avoir été un important domaine agricole
orienté vers l’élevage mais également un lieu de refugecomme en
témoignent les vestiges des défenses. A ces deux premières
vocations, il faut également ajouter une troisième fonction: les
templiers tenaient paroisse à Arville, ce qui explique que la porte
principale de la chapelle s’ouvrait vers l’extérieur de la
commanderie.
Si les seigneurs deMontdoubleau furent les premiersbienfaiteurs
de la commanderie, leurs rapports avec l’Ordre s’envenimèrent
peuà peu et il fallut une menace d’excommunication pour ramener
lecalme.
Il subsiste de l’époque templière un porche, une grange aux
dîmes fortement remaniée, deux tours, les écuries et la chapelle.
Celle-ciabonderait de nombreux symboles ésotériques (un pélican
sur le lutrin par exemple).L’ensembleabriteaujourd’hui uncentre
d’histoire des ordres dechevalerie.
Ascalon (Egypte):Le 16août 1153,après un siège de quatre mois
par les croisés, une brèche fut ouverte dans les remparts
d’Ascalon. Suivant leur maître Bernard de Trémelay, quarante
templiers se ruèrent dans la ville. Pendant ce temps, selon
Guillaume de Tyr, d’autres templiers empêchaient les croisés de
pénétrer afin d’être les premiers à piller la ville.A la suite de ce
commentaire, les templiers furent accusés de cupidité. Ilest
pourtant plus vraisemblable d’imaginer que les Turcs se
ressaisirent très vite et jugulèrent la brèche. Dans tous les cas, les
quarante templiers furent submergés puis massacrés et la ville ne
tombaaux mains descroisés que quatre jours plus tard.
En 1270, Baïbars démolit maison par maison la ville d’Ascalon
et fitcombler la radeavec la pierre des remparts.
ascès e : L’ascèse templière est adaptée aux conditions
particulières de moines soldats combattant pour la plupart en
- 18 -Orient. Le templier devait en conséquence s’interdire toute
pratique pouvantaltérer sa santé (cf. repas).
Asco:Commanderie espagnole dépendant deMiravet.
Aslonnes (Vienne): La commanderie d’Aslonnes, bien que
fortement remaniée, montre encore de nombreux vestiges: une
tour, une porte et unechapellebienconservée.
Cha pelle d’Alosnes
assassins : Issus de la secte des ismaéliens (cf. ismaéliens), les
assassins, dirigés par le "vieux de la montagne", s’étaient installés
edans les montagnes deSyrie, dès le début duXII siècle.
En 1173, le vieux de la montagne, de son vrai nom Hasan-i
Sabbâh, sembla vouloir se convertir au christianisme pour mieux
combattre ses ennemis héréditaires, les sunnites de Syrie et de
Perse.
Pour le prix de cette conversion, les assassins réclamaient
l’abandon du tribut qu’ils payaient aux templiers de Tortose.
Malgré les pressions du roi Amaury, le maître du Temple, Eudes
de Saint Amand refusa le marché et les envoyés du vieux de la
montagne furent tués par des templiers de Tripoli. Le roi, furieux
exigea que les templiers soient châtiés. Il pénétra de force dans la
commanderie de Sidon pour se saisir de Gauthier de Mesnil, chef
desassaillants.Amaury décédaavant de pouvoir punirce dernier.
Asperellis (Bernard):Commandeur d’Avignon vers 1294.
Atanulphe:Commandeur deCavaillon vers 1217.
atbash : Pour certains historiens,l’atbash est un code secret qui
fut parfois utilisé par les templiers. C’est le même code qui servit
pour une partie des manuscrits de la merMorte.Si onappliquece
- 19 -codeau mot "baphomet", on obtient le terme "sophia" qui signifie
"sagesse".
On retrouverait trace de l’utilisation de ce code sur l’exemplaire
de la règle détenu à la Bibliothèque Nationale de France. En fait,
les caractères qui apparaissent sur le document ne sont que des
commentaires manuscrits en langue d’oc entrecoupés de formules
pseudo latines et séparés par descroix.On peutainsi distinctement
lire "ceci est mon nom, la sainte trinit é". Ces commentaires sont
difficilement interprétables, mais il semble que l’on soit
simplement en présence de formules incantatoires ou
paraliturgiques.
Croix de l’atbash : Décomposition en lettres :
Athlit (Israël) : Le château d’Athlit, ou Château-Pèlerin, se
dressait au bord du rivage sur un aplomb rocheux entre Haïfa et
l’actuelle Tel-Aviv. Ce lieu stratégique fut occupé dès l’antiquité
par lesPhéniciens.Les templiers y élevèrent une tour dite decasel
eDestroit dès leXII siècle.Celle-ci servit d’ailleurs d’abri pour les
constructeurs duchâteau.
La construction du fort commença grâce à une donation d’un
baron flamand, Gauthier d’Avesnes. Les templiers commencèrent
par couper la presqu’île de la terre. Derrière ce fossé creusé dans
la roche et assez profond pour éviter les sapes, ils élevèrent à
l’aide de pierres géantes un mur épais garni de deux immenses
tours rectangulaires de 30 mètres de long sur 25 de large.Ducôté
de la mer, un mur d’enceinte terminait l’ouvrage en préservant un
- 20 -petit port naturel indispensable en cas de siège. La forteresse en
elle-même comprenait une grande salle voûtée (ornée de têtes de
chevaliers sculptées), une chapelle hexagonale, des casernes, des
magasins, des écuries et un puits.Il n’en resteaujourd’hui que des
ruines.L’accèsau site est interditcar il sert debase militaire.
En 1220, la forteresse n’était pas encoreachevée quand elle subit
victorieusement son premier siège. La garnison atteignait alors
quatre mille personnes, selon les auteurs de l’époque. C’est peu
après queChâteau-Pèlerin devint le siège de l’Ordre.En 1228, lors
d’un voyage vers Jaffa, Frédéric II tenta sans succès de s’emparer
de la forteresse. C’est également à Athlit que naquit Pierre de
France, fils deLouisIX et futurcomte d’Alençon.
En 1265, une nouvelle attaque, menée cette fois par Baïbars prit
la forteresse pour cible. Celle-ci résista mais la ville basse de la
ville fut détruite par les assaillants. Le 14 août 1291, Athlit fut
abandonnée sans combat au moment où les templiers se repliaient
surChypre,après le désastre deSaint-Jean-d’Acre.
Aumont (Pierre d’) : Maître d’Auvergne à l’époque de
l’arrestation des templiers, il aurait été le successeur de François
deBeaujeuà la mort dece dernier.
Autrey-les-Grès (Haute-Saône): La commanderie
d’Autrey-lesGrès fut fondée en 1185. Sa chapelle est devenue l’église du
village. Les fresques que l’on peut yvoir sont d’époque
hospitalière.
Auvergne: La province templière d’Auvergne fut créée entre
1180 et 1190. Cette région ne fit partie du royaume de France
qu’en 1223.
Auzon (Vienne):Lacommanderie d’Auzon fut fondée entre 1330
et 1340.Guillaume deSonnac en futcommandeur.
Restaurée avec beaucoup de soins, la chapelle de l’ancienne
commanderie représente un remarquable exemple de l’art templier
e edans lePoitou.On y trouve des fresques duXIII etXIV siècles.Il
y fut également découvert une statuette habillée en moine et
portant des épaulettesà la romaine, dont on ignore la signification.
Avalleur (Aube): Située au sud de la forêt d’Orient, la
commanderie d’Avalleur naquit en 1167 d’un don fait par lecomte
de Bar-sur-Seine. La chapelle qui subsiste fut construite en 1120.
- 21 -Uncurieux souterrain fut découvertà l’extrémité de lacave voûtée
enbois, sous lebâtiment principal.
Avignon (Vaucluse): En 1150, devant les acquisitions jugées un
peu trop rapides, l’évêque de la ville interdit aux avignonnais de
céder au Temple de nouveaux terrains. Il faudra donc attendre
1174 pour que la maison du Temple d’Avignon figure dans des
actes.Elle était située faceà l’actuelle égliseSainte-Agricole.
Peuà peu les templierscontinuèrent d’accroître leurs possessions
le long du Rhône, notamment grâce à leurs liens avec la
communauté juive.
Mais l’essor duTemple enAvignon ne va véritablement débuter
qu’après le siège de la ville par le roi de France en 1226. La
maison du Temple sera alors officiellement reconnue par les
évêques de la ville. La chapelle, dédiée à Notre-Dame de
Bethléem, fut terminée en 1275.
Ilne reste aujourd’hui des possessions templières que cette
chapelle fortement modifiée et devenue l’égliseSainte-Agricole.
De la communauté templière forte d’environ cent chevaliers au
edébut du XIV siècle, seuls deux membres furent arrêtés et nul ne
saitce qu’iladvint desautres.
Détail de lacha pelle d’Avosnes
- 22 -Avis (ordre d’): L’ordre chevalier d’Avis fut fondé en 1147 par
erAlphonse 1, roi du Portugal, sous la règle cistercienne. La
nécessité de s’unir contre le péril maure et la pauvreté des
chevaliers portugais les conduisirent à se rattacher à l’ordre
espagnol deCalatrava.
Avosnes (Côte-d’Or): L’hospice templier fut fondé au début du
eXIII siècle.
Ayes (Aimé de):Visiteurcismarin (cf. visiteurcismarin) de 1179
à 1188 puis de 1202à 1206.
Aymard (frère):Trésorier duTemple deParis de 1202à 1227.Le
roi lui confia la tâche de procéderà l’intégration de la Normandie
dans le système monétaire français, preuve de la technicité
financière duTemple.Il semble que frèreAymardait également eu
uneautrecharge importante (visiteur,commandeur debaillie...)
- 23 -B
Baghras (Turquie):Lechâteau deBaghras, encoreappeléchâteau
Gaston ou Gastein, était situé dans la gorge de Belen, point
stratégique défendant l’accès à la cité d’Antioche, 26 km plus au
sud. Il fut sans doute la première position templière importante en
Terre Sainte puisque l’Ordre l’acquit dès 1131. C’était un
ensemble massif composé de trois enceintes successives. Les
templiers perdirentBaghras en 1188après la défaite d’Hattin mais
le reprirent en 1216.
Après la chute de Beaufort en 1268, Baïbars s’avança vers
château Gastein. Apprenant cette offensive mais démunis de
moyens de défense suffisants, les chevaliers décidèrent de se
replier sur la Roche-Guillaume. Le commandeur de la place ayant
pris cette décision sans avis de son supérieur, les chevaliers de
château Baghras, en punition, perdirent l’habit pour un an et un
jour.
La citadelle se dresse encore aujourd’hui sur un piton rocheux
aux flancs escarpés, plus particulièrement sur lecôté ouest, sibien
que les défenses ont été surtout établies sur les autres fronts.
Du côté oriental, par lequel se faisait l’accès, se trouvent deux
enceintes dominées par un imposant donjon rectangulaire, le tout
construit en petit appareil. Dans la cour, se trouvent la grande
salle, et les vestiges de lachapellecastrale, encorebienconservés.
Entre la chapelle et la grande salle, on remarque la présence de
chambres souterraines, soutenues par d’énormes piliers. Ces
chambres additionnéesaux nombreuxcorps de logements du reste
du site, permettent de penser que la place pouvait entretenir une
importante garnison.
A noter égalementau sud-ouest du site la présence d’unaqueduc
en partie conservé, qui reliait la forteresse à la montagne d’où
jaillissaient plusieurs sources. Au pied de la forteresse, coule
également une petite source connue sous le nomde fontaine de
Gastin.
bajulus forensis (bailli forain): Il semble que la fonction de
bajulus forensis soit apparue dans la deuxième moitié du
eXIII siècle. Il s’agissait d’une sorte d’inspecteur qui s’assurait du
bon fonctionnement des maisonsau sein d’une même préceptorie.
- 25 -Balantrodoch (Ecosse): La commanderie de Balantrodoch aurait
eété créée dès le début du XII siècle grâce à un don fait à Hugues
de Payen et à André de Montbard lors de leur tournée
enGrandeBretagne. Cette maison serait devenue la maison chevetaine
d’Ecosse.
Baléares : Les templiers prirent une part très active à la conquête
desBaléares par le roi d’Aragon en 1229, etc’estavec leur part de
butin qu’ils installèrent leur première commanderie sur l’île de
Majorque. Très vite les templiers acquirent de nombreux autres
biens. La situation géographique des Baléares sur la route de la
Méditerranée orientale expliquecette forte implantation.
A Palma, le centre de l’autorité templièreavait son siègeau lieu
dit Castello del Temple, situé à proximité des murailles mais les
templiers possédaient également une partie importante du port de
cette ville. Il subsiste d’ailleurs une chapelle templière dans la
ruelle du Temple. Celle-ci, de facture romane, présente, sur ses
arcs intérieurs, des damiers sculptés, faisant, peut-être, référence
aubaucéant (cf.baucéant).
Toujours à Majorque, les templiers possédaient à Pollença une
chapelle dédiée à Sainte-Marie-des-Anges et une maison
importante qui sembleavoirabrité le lieutenant ducommandeur de
l’île mais quiaaujourd’huicomplètement disparu.
Balisy(Essonne):La maison deBalisy ne futachetée qu’en 1288
parJean de laTour.Bien que tardivementacquise, elle devint vite
une commanderie importante dépendant directement de la maison
chevetaine. Elle avait des dépendances à Gravigny, Rouillon,
Plessis-Pommeraie, Ballainvilliers et Epinay-sur-Orge. Il n’en
subsiste qu’unecroix gravée sous un pont franchissant leRouillon.
Balsall (Warwickshire / Angleterre): Il existait une commanderie
àBalsall.
Bannalec (Finistère): Des vestiges de retranchement et de
fortification sontattribuésaux templiers.
bannière:Une trentaine d’hommescommandés par unchevalier.
banque :Lesactivités financières duTemple, par leur variété, leur
caractère parfois innovant et plus encore leur volume, eurent un
impact indéniable sur le développement du négoce dès le milieu du
eXII siècle.
- 26 -Pourtant, les templiers ne furent pas,comme on veutbien le dire,
les banquiers du Moyen-Age car leurs opérations n’eurent rien de
comparable avec celles des banquiers italiens qui financèrent
véritablement les croisades. En effet, à cette époque, la "grande
banque" est née du négoce, et les templiers n’étaient pas
commerçants.
Parfois concurrents, l’opposition entre les banquiers lombards et
les templiers n’a pourtant jamais dépassé le stade d’une naturelle
concurrence vis à vis de certains clients fortunés. Il semble au
contraire qu’ils se soient souventcontre-garantis.
Néanmoins, l’activité financière duTemple fut sanscomparaison
aveccelle desautres ordres monastiques.En premier lieu, dès que
leTemple représenta une forceconséquente et organisée, donc une
certaine forme de sécurité, les gens commencèrent à déposer dans
les commanderies une partie de leurs fonds. Le dépôt pouvait
prendre parfois la forme d’une garantie ou d’un séquestre. Cette
fonction de dépôt n’était cependant pas une spécificité duTemple
puisque celle-ci était déjà remplie par les monastères depuis de
nombreux siècles. Même si les commanderies représentaient une
sécurité plus importante que les monastères classiques, certaines
d’entre elles furent cependant pillées. Ainsi par deux fois, les
huches de lacommanderie deLondres furent misesà sac.
A cette fonction classique de dépositaire s’est vite ajoutée celle
de gestion de comptes, que ce soit pour le Pape, le roi (cf. trésor
royal) ou d’autres personnages moins illustres. Les templiers
s’acquittèrent de cette tâche avec un professionnalisme qui ne fit
jamais défaut et les documents comptables qui sont parvenus
jusqu’à nous montrentbien qu’ilsavaient mis en place une gestion
très proche de celle que l’on connaît aujourd’hui (comptabilité en
partie double, contrôles comptables...). De plus, grâce à leurs
nombreux établissements en Orient et en Occident, ils purent
mettre en place, ou du moins développer, le système de lettre de
change.
Enfin, malgré l’interdiction de l’Eglise de pratiquer l’usure, il est
évident que les templiers eurent très tôt une activité de prêt avec
intérêt. On note par exemple qu’en 1135 les époux Desde
empruntent 50 livres marabotins en vue d’un pélérinage et
engagent, pource faire, leur patrimoine deSaragosse.Pendant leur
- 27 -absence, les revenus de leurs propriétés reviendront aux templiers
et, à leur mort, ces biens leur seront définitivement dévolus. Nous
sommes doncbien en présence d’un prêt hypothécairecamouflé en
deux dons réciproques. Les intérêts souvent masqués, et pourtant
officialisés à travers la fixation de leurs taux par des ordonnances
royales, pouvaient prendre d’autres formes:acquisition de
terrains, cession de droits de commerce, produits de récolte… Il
semble, en outre, que les templiers, particulièrement prudents,
réclamaient une garantie ou une caution pour les prêts les plus
importants.
Bap homet deSaintMerr y
baphomet : Statuette représentant une idole qui aurait été adorée
par les templiers.
Il n’existe aucune preuve de l’existence d’un quelconque culte
rendu à une idole païenne par les templiers et il est vraisemblable
que le mot "baphomet", apparu lors du procès, provienne tout
simplement d’une mauvaise interprétation de la déclaration d’un
- 28 -templier qui dit avoir vu une figure "baffométique" (dérivation de
Mahomet en langue d’Oc),c’est-à-dire démoniaque pour lui.
Ilest également possible que l’objet dont parlent certains
templiers, ne fut qu’un reliquaire. Par exemple, Guillaume de
Pidoye, administrateur et gardien des biens du Temple, produisit
au moment de son arrestation "une figure de femme en argent
dor é" à l’intérieur de laquelle reposaient deux os provenant d’un
crâne et où l’on pouvait lire CAPUT LVIII M. De même, au
village d’Anzehem, en Flandre, se trouve une vieille église
templière dédiéeàSaintJean-Baptiste.Sur l’autel est exposée une
tête debois,barbueavec un manche s’enfonçant dans lecou.C’est
en fait un reliquaire contenant un fragment du crâne de Saint
Jean-Baptiste (cf. Sidon). Il est également intéressant de noter que
etous les procès en sorcellerie du XIV siècle mettent en scène
l’utilisation, par l’accusé, de statuettes ou, du moins, d’objets
démoniaques.
Cependant, le fait que ce ne soient pas les accusateurs qui
parlèrent les premiers de la statuette, mais biencertains templiers,
et notamment ceux de Carcassonne (cf. Montpézat), est asse z
troublant. Fait également étrange, de nombreux aveux font état de
la présence de Hugues de Pairaud lors des cérémonies où la
statuetteaurait étéadorée.
Les descriptions diffèrent très souvent mais l’aspectandrogyne et
la pilosité sont récurrents. Il existe plusieurs sculptures censées
représenter le baphomet mais seule celle de Saint Bris le Vineux
est authentique. Les représentations de Saint-Merry à Paris et de
Sainte-Croix à Provins sont en effet postérieures à la dissolution
du Temple, même si certains affirment que la statuette de
SainteMerry est une reproduction du XVIII siècle d’une statuette plus
eancienne installée au XIII siècle sur la porte méridionale du
transept de Notre-Dame. On retrouve par contre des sculptures
démoniaques sur des édifices templiersàBarbezières enCharente,
àSarlat dans leCantal ouàTemplecombe enAngleterre.
Les tenants de la thèse de l’existence de l’idole ont donné des
interprétations divergentes du termebaphomet:
E Baphé (baptême) et Météos (initiation) : représentation
d’unecertaine forme d’initiationà l’intérieur duTemple ;
E Bap(tiste) et (ma)homet:contraction deJean-Baptiste ;
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