La banque dans un système financier islamique

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La finance islamique en 2009 a enregistré une croissance de 29% et ses actifs s'élèvent à 822 milliards de dollars. La première banque islamique a été créée à Londres en 2004. En France, le Sénat a cherché les moyens d'éliminer les obstacles devant les services et les produits de la finance islamique. Le gouvernement français voudrait faire de Paris la capitale de la finance islamique. Mais la crise mondiale a changé la règle du jeu. Voici une explication de la banque islamique et en quoi finance et religion ne constituent pas un paradoxe.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296261174
Nombre de pages : 119
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Sigles et glossaire

Ayat : Verset coranique. B.I. : Banque Islamique. B.I.D. : Banque Islamique de Développement ; Charria : Lois coraniques régissant la vie des musulmans. Coran : Le Livre Saint chez les musulmans. D.M.I. : Dar Al Maal Al Islami. Figh : Ensemble de la jurisprudence islamique. Gharar : Jeu de hasard. Hadith : Les paroles et les actes du prophète Mohammad (PSL) Hiyal : Ruses. Idjma : L’unanimité de l’ensemble des docteurs musulmans. Ijtihad : Littéralement « le fait de se donner de la peine ». En droit islamique le terme technique pour indiquer d’abord l’usage du raisonnement individuel et ensuite, dans un sens plus restreint l’utilisation de la méthode du raisonnement (via Coran, Hadith, Idjma et intellect), pour déterminer les qualifications légales (règles religieuses) en l’absence de textes formels ou d’indices probants. O.C.I. : Organisation de la Conférence Islamique. P.L.S. : Profit and loss Sharing. P.P.P. : Partage du Profit et de la Perte. Riba : L’usure. Sourate : Chapitre coranique. Sukuk : Obligation islamique Sunna : La tradition rapportant les actes ou les paroles du Prophète, ou son approbation tacite de paroles prononcées ou d’actes effectués en sa présence. Ulemas : Savants. Umma : La nation ou la communauté musulmane. Zakat : Impôt islamique, (est analogue à certains égards à la dîme catholique) qui signifie la purification.

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INTRODUCTION

Les banques islamiques représentent incontestablement l’une des formes les plus récentes de l’activité bancaire dans plusieurs pays musulmans. Mais du fait de la spécificité de leurs activités, de leur taille modeste et de leur implantation relativement limitée, elles sont encore peu connues et n’ont pas fait encore l’objet d’études et de recherches approfondies. Pendant longtemps et jusqu’à nos jours, le système bancaire dans les pays musulmans a suscité la méfiance et la réticence des populations, non pas parce qu’il est souvent un héritage de la colonisation, mais surtout parce qu’il heurte l’un des principes fondamentaux de la religion musulmane, à savoir le prêt avec taux d’intérêt. Même si dans tous ces pays, il y a un système bancaire à la manière occidentale, force est de constater qu’il est beaucoup plus subi que voulu. Certes, cette non – adhésion populaire au système s’explique par le niveau du revenu, la faiblesse du capital et le manque d’esprit d’épargne. Beaucoup de musulmans ne viennent pas déposer leur argent, même ceux qui se voient obligés de le faire (pour des raisons d’affaires) s’abstiennent de percevoir les intérêts qui leur sont échus. Ils préfèrent déposer gratuitement leur épargne qu’encaisser un revenu condamné et douteux.1 « On estime qu’une quarantaine de milliards de dollars dorment dans les pays musulmans. Si les banques islamiques pouvaient attirer des couches plus larges de la population qui continuent de regarder avec méfiance les banques de type Occidental, elles pourraient mettre des capitaux au service des placements productifs. »2 La nécessité de collaborer avec les banques ou le système bancaire est devenue une réalité. Cependant, devant le constat général de non – adhésion des populations au système bancaire conventionnel, il devient impérieux de chercher un modèle original qui, tout en se conformant aux principes moraux de ces pays, s’adapte aux nouvelles réalités économiques modernes. C’est dans cet esprit que des études théoriques fragmentaires suivies d’expériences pratiques ont eu lieu et ont donné naissance à un système bancaire islamique. Dans cette étude, il nous appartient donc de montrer tout d’abord les raisons pour lesquelles les pays musulmans ont désiré créer les
AlMisri (R.), Essai d’intégration d’une banque de développement dans une société islamique : les problèmes que posent la conception islamique de l’intérêt, Thèse de sciences économiques, Rennes, 1976, p. 111. 2 Wohlers – Scharf. T, Les banques arabes et islamiques : de nouveaux partenaires commerciaux pour les pays en développement, Etudes du Centre de développement, O.C.D.E., Paris, 1983, P. 63.
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