La formation dans les séminaires en Afrique

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Cette réflexion est une lecture analytique et synthétique de l'oeuvre de formation du clergé réalisée par les Pères blancs en Afrique des grand Lacs. Ces missionnaires du cardinal Lavigerie respecteront-ils le mandat reçu de Rome de fonder des églises locales ? Formeront-ils volontiers des collaborateurs locaux, prêtres ou laïcs ? Quelles sont les lignes pédagogiques qu'ils proposent ?
Publié le : vendredi 1 février 2008
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EAN13 : 9782296192669
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La formation dans les séminaires en Afrique

Du même auteur
Outre des articles publiés dans la revue « Orientamenti pedagogici » (orientations pédagogiques) de cette faculté, l'auteur a publié:

Avec Vittorio GAMBINO, Formare i prebiteri. Principi e linee di metodologia pedagogica, Roma, LAS, 2003. Le sfide dell 'inculturazione in Africa. Riflessione alla luce del Sinodo speciale deI 1994, Rama, LAS, 2007. lnculturare la vita consacrata in Africa. Problemf e prospettfve, Roma,

LAS,2007.

Méthode GAHUNGU

La formation dans les séminaires en Afrique
Pédagogie des Pères Blancs

L' Harmattan

@

L'Harmattan,

2008
75005 Paris

5-7, rue de l'Ecole

polytechnique;

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05123-2 EAN: 978229605123-2

A tous les Pères Blancs qui se sont donnés corps et âme, pour offrir un clergé digne et mûr à l'Afrique, ainsi qu'à tous les formateurs soucieux de préparer des prêtres capables d'évangéliser le monde d'aujourd'hui.

Nous exprimons notre grande reconnaissance à la Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples: c'est sa contribution qui nous a permis de réaliser cette publication. Notre gratitude va aussi à l'archevêque de Bujumbura qui n'ajamais cessé de nous prodiguer son encouragement et son soutien. Nos remerciements vont aussi, d'une façon particulière, à tous les amis et collaborateurs de l'Université pontificale salésienne qui nous soutiennent toujours par leurs conseils et leur amitié.

SIGLES

ET ABRÉVIATIONS

AAS ACCT Afer A.F .E.R.

Al. AMECEA

APB Art. ASS A.T. C.à.d. Can. CEDAF C.E.P .S.I. CERA C.I.C. C.I.P .A. CREDIC

ColI. Dact. Dos. Ed. (Ed.) EM! F.I.U.C. h Hab/Km2 LAS

Acta apostolicae sedis (à partir de 1909) Agence de Coopération Culturelle et Technique African ecclesiastical review Africanae Fraternae Ephemerides Romanae, Bulletin de la Conférence des Missions Catholiques d'Afrique, Roma, nOl en 1932. Et autres (pour une œuvre collective) Association of Member Episcopal Conferences in Eastern Africa, comprenant l'Ethiopie, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, l'Ouganda, la Tanzanie et la Zambie. Archives des Pères Blancs à Rome Article de loi ou d'une constitution Acta Sanctae Sedis (41 volumes, de 1865 à 1908, suivi de AAS) Ancien Testament C'est-à-dire Norme du code de Droit canon Centre d'Étude et de documentation africaine (Bruxelles) [Bulletin trimestriel du] Centre d'Etude des Problèmes Sociaux Indigènes Centre d'Etudes des Religions africaines Codex luris Canonici (Code de droit canon) Centrum Informationis Patrum Alborum Centre de recherches et d'échanges sur la diffusion et l'inculturation du christianisme [31, Place Bellecour69002 Lyon, France] Collection Dactylographié Dossier ou document des Archives des Pères Blancs à Rome Edition ou edizione Responsable principal d'une œuvre de plusieurs collaborateurs Editrice Missionaria Italiana Fédération Internationale des Universités Catholiques Heure Nombre d'habitants par kilomètre carré Libreria Ateneo Salesiano, Piazza dell'Ateneo Salesiano, 1 - 00139 Roma, Italia

Mgr Mns
N° ( ou nO)

N.B. NRSM NRT N.T. ONU p. P. P.A. PAS PDV Polyc. PUF P.U.G. R.P. S.C. SCEAM [s.d.] [s.l.] SMA S.D.N T. U.C.L. UNESCO

V.A. Vol.

Monseigneur Manuscrit Numero Nota bene (Notez bien). Nouvelle Revue de Science Missionnaire Nouvelle Revue Théologique Nouveau Testament Organisation des Nations Unies Page/pages Père Préfecture Apostolique Pontificio Ateneo Salesiano (aujourd'hui: Université Pontificale Salésienne de Rome) Pastores dabo vobis, Exhortation apostolique de JeanPaul II sur la formation des prêtres, 1992 Polycopié Presses Universitaires de France Pontificia Università Gregoriana Révérend Père Sacré Congrégation Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar Livre ou document sans date ou année d'édition Livre ou document sans lieu d'édition Société des Missions africaines de Lyon. Société des Nations Tome Université Catholique de Louvain United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation (Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture Vicariat Apostolique Volume

Avant-propos LES MÉTHODES PÉDAGOGIQUES DANS L'HISTOIRE DE L'ÉVANGÉLISATION

Le mouvement d'évangélisation du 19ème siècle dans lequel se situent les Pères Blancs, est caractérisé par une grande centralisation de l'apostolat missionnaire par Rome. Des vicariats et des préfectures apostoliques sont créés, et des délégations apostoliques instituées pour surveiller le travail accompli sur les immenses territoires de mission.1 Les églises que les missionnaires ont fondées sont vivantes, même si elles restent confrontées à beaucoup de problèmes. Le grain semé a porté beaucoup de fruits. Toutes les églises de cette région ont aujourd'hui un épiscopat local et elles possèdent les pourcentages de catholiques les plus élevés du continent africain.2 Au début de ce troisième millénaire, ces jeunes églises d'Afrique fêtent encore le premier. centenaire de leur évangélisation. C'est l'occasion de rendre un vibrant hommage aux missionnaires qui se sont sacrifiés pour que le Christ soit annoncé chez eux et que l'église y prenne racine. N'est-il donc pas juste qu'un homme africain, fruit du travail courageux de ces missionnaires, aille puiser à la source de leur expérience pour montrer les éléments caractéristiques de leur action éducative? L'Afrique a ouvert les portes au Dieu de Jésus-Christ. Elle reste cependant aux prises avec la misère et la faim, les tensions raciales et tribales, et les
1 Les vicaires et les préfets apostoliques sont des prélats (évêques ou prêtres) qui dirigent des territoires d'apostolat comme vicaires ou représentants du pape. Ils sont presque toujours choisis parmi les membres de la congrégation ou institut missionnaire présent sur place. Ils dépendent donc aussi de leurs supérieurs dans l'institut. Ils peuvent donc être changés plus facilement que les évêques diocésains. Ce sont eux qui organisent tout le travail missionnaire sur le territoire qui leur est confié. Ils envoient régulièrement des rapports à Rome (à la Congrégation de la Propagande, aujourd'hui Congrégation pour la propagation de la foi) avec les statistiques des conversions, des baptêmes et des autres sacrements, et le compte-rendu des affaires importantes concernant le vicariat. Quant aux délégués apostoliques, ils ont plutôt le rôle de tenir le Saint-Siège au courant de ce qui se fait dans les vicariats et de régler certains problèmes importants. On pourrait les rapprocher de quelque façon aux nonces apostoliques d'aujourd'hui. Cf 1. BRICOUT (dir.), Dictionnaire pratique des connaissances religieuses, T.4, Paris, Librairie Letouzey et Ané, 1926, Col. 1028 - 1029. 2 Cf. JEAN-PAUL II, Ecclesia in Africa. Exhortation apostolique post-synodale sur l'église en Afiique et sa mission évangélisatrice vers l'an 2000, Cité du Vatican, Librairie Éditrice Vaticane, 1995, n° 37-38. Pour le nombre de catholiques, on a par exemple: Burundi (57,98 % de la population), Congo Kinshasa (50,10 %), Malawi (23,32 %), Ouganda (42,93 %), Rwanda (45,82 %), Tanzanie (23,80 %), Zambie (28,67 %). Cf Nigrizia, 115 (1997) Il, p. 2.

guerres. Elle subit des injustices de toutes sortes et l'exploitation arbitraire de ses richesses naturelles. C'est le continent où il yale plus de violations des droits de l'homme, et où la mauvaise gestion est partout criante. Le prêtre semble être impuissant devant ces situations de misère. C'est pour cela que nous nous posons des questions sur la mentalité qui a toujours accompagné sa formation. Dans les fruits de notre recherche que nous proposons ici, nous allons interroger l'histoire, pour comprendre les lignes méthodologiques suivies par les missionnaires dans la formation du clergé africain. Cette publication n'est cependant pas un manuel de pédagogie. Il a toutefois l'ambition de présenter d'une manière analytique et critique, et suffisamment exhaustive, l'œuvre de formation des futurs prêtres, réalisée par les Pères Blancs dans les séminaires de cette région. Nous voudrions qu'il soit utile à tous les hommes de bonne volonté qui veulent aider l'Afrique à offrir une formation adaptée aux attentes de ses peuples et à leurs préoccupations profondes. Cette étude qui puise beaucoup dans les archives de ces missionnaires est neuve dans son genre, pour ce qui concerne l'Afrique. Elle a aussi l'avantage d'offrir une grande et bonne bibliographie, très utile pour les recherches postérieures. Nous souhaiterions donc, qu'il puisse intéresser les missionnaires d'aujourd'hui. Ils pourront y trouver des orientations ou des indications-guide pour une évangélisation efficace qui n'est pas simple transmission d'une certaine culture jugée supérieure. Nous espérons présenter une analyse qui inspirera tous ceux qui veulent se dépenser pour la formation des prêtres dont l'Afrique a besoin, aujourd'hui. La société des Pères Blancs, ainsi que les familles des missionnaires qui ont œuvré dans la formation du clergé en Afrique, pourront trouver, dans cette contribution, un signe parlant de gratitude. Même les pays qui ont envoyé ces missionnaires ne manqueront pas d'y voir l'expression de grands sentiments de reconnaissance. Il s'agit principalement de la France, nation qui a donné le plus grand nombre de missionnaires à cette partie de l'Afrique. Mais il faut aussi souligner la Belgique, la Hollande, l'Allemagne, l'Italie, le Canada et les États-Unis.3
3 Voici les noms de quelques Pères Blancs grands protagonistes dans l' œuvre des séminaires pour la formation du clergé local en Afrique des Grands Lacs, cités dans ce livre: Le cardinal Lavigerie, fondateur des Pères Blancs; Mgr Livinhac qui est devenu le premier supérieur général; le Révérend Père Voillard, deuxième supérieur général; les vicaires apostoliques: Mgr Jean-Joseph Hirth du Nyanza et au Rwanda, et Mgr Léon Classe au Rwanda; Mgr Guillermain, Mgr Henry Streicher, Mgr John Forbes et Mgr Joseph Georges Édouard Michou en Ouganda; Mgr Joseph Sweens au Nyanza; Mgr François Gerboin, Mgr Oomen et Mgr Jean van Sambeeck à Mwanza enTanzanie ; Mgr Henry Léonard et Mgr Guillaume Trudel à Tabora en Tanzanie; Mgr Burkhard Huwiler à Bukoba en Tanzanie; Mgr Joseph Birreaux qui deviendra plus tard troisième Supérieur général, Mgr Adolphe Lechaptois, Mgr JeanBaptiste Charbonnier, Mgr Léonce Bridoux en Tanzanie toujours; Mgr Victor Roelens et Mgr Auguste Huys au Congo; Mgr Édourd Leys au Kivu au Congo; Mgr Dellepiane, délégué apostolique pour l' Afiique belge; Mgr Julien Gorju et Mgr Antoine Grauls au Burundi; Mgr Étienne Larue et Mgr Alexandre Royen Zambie; Mgr Guillemé et Mgr 12

INTRODUCTION

GÉNÉRALE

Le thème et le but de cette étude
Lors de l'ouverture de l'assemblée spéciale pour l'Afrique du synode des évêques, les pères synodaux ont rendu un hommage vibrant aux missionnaires qui se sont donnés corps et âme pour transmettre la foi chrétienne en Afrique. Ceux-ci ont témoigné d'un dévouement héroïque unanimement reconnu. Plusieurs d'entre eux sont morts de faim, de fatigue, de maladie, de persécution, ou ont connu le danger des brigands à l'exemple de saint Paul (cf. 2 Co 23-28). C'est leur grande croyance dans le Dieu de Jésus-Christ, leur dévouement héroïque, leur amour désintéressé comme nous allons le voir, qui donneront les fruits d'églises mûres que nous cueillons aujourd'hui. L'histoire n'a donc pas le droit de les oublier, comme souligne à juste titre le document final de ce synode, l'exhortation apostolique Ecclesia in Africa du pape Jean-Paul II.4 II faut plutôt revoir le travail qu'ils ont accompli et suivre l'exemple qu'ils ont donné, selon les paroles de la lettre aux Hébreux cité par ce document: « Souvenez-vous de vos prédécesseurs, qui vous ont annoncé la Parole de Dieu, et, considérant la fin de leur vie, imitez leur foi» (Rb 13, 7). C'est le travail que nous nous proposons de faire ici. Nous voulons présenter le courage, l'héroïsme et l'esprit de sacrifice des missionnaires. Nous le faisons en lisant l'œuvre de formation des futurs prêtres dans les séminaires et en exposant les lignes méthodologiques de formation qu'ils ont proposées. Nous voulons rendre hommage, d'une manière forte, à tous les vaillants missionnaires qui ont transmis le message chrétien sur le continent

Dupont au Zimbabwé-Malawi ; beaucoup de recteurs et d'éducateurs dans les séminaires: pour l'Ouganda, il y a les Pères Jean-Joseph Marcou, Franco Michel, Joseph Sallam né a Alexandrie en Egypte en 1877 de famille musulmane, Van Wees, René Lefebvre, Verdaasdonk, Wiggergangs, Terneldeli, Jean Chauleur, Lelong, Viven, Buffard, Viel, Cadet, Pierre Müller, Ter Maat, Fauconni et Roussez le visiteur; pour le Nyanza, il Y a les Pères Riollier, Knoll, Huntziger, Meeuwsen, Vanden Eynde, Vander Sande, Chardaire, Dennefeld, Kuypers, Étienne, Schmitt; pour la Tanzanie, il y a les Pères Joseph Bertsch, Fresch, Jules Bazin, Théophile Avon, Boyer, Drost, Mazé ; à Kipalapala en Tanzanie, les Pères Meeuwsen, Bientz, Jauréguy, Lans, Puel, Majerus, Peters, Bourget le Père visiteur; pour le Congo, on peut citer les Pères Narcisse, Stoop, Coulbois, Smulders, Marquès; pour le Rwanda, il y a les Pères Cornelius Smoor qui enseigna aussi a Kipalapala, Donders, Van Overschelde, Colle, Écomard, De Meire; pour Burundi, le Père D'Hervé, Caminade, Rabeyrin a Mugera. 4 Cf. JEAN-PAUL II, Ecclesia in Africa. Exhortation apostolique post-synodale sur l'église en Afiique et sa mission évangélisatrice vers l'an 2000, Kinshasa, Médiaspaul, 1995, p. 35-38.

africain.5 Toutefois, notre regard va se fixer sur les évangélisateurs de l'Afrique des Grands Lacs, qui portent le nom de Missionnaires d'Afrique ou Pères Blancs. Les Lineamenta au deuxième synode des évêques pour l'Afrique sont déjà lancés.6 Jean-Paul TI avait annoncé ce nouveau rendez-vous ecclésial comme l'occasion de faire un bilan du premier synode. Les églises de cette région ont déjà fêté cent ans d'évangélisation. Toutefois, le nombre de prêtres autochtones reste encore très bas dans certains pays avec une population majoritairement catholique.7 Il y a aussi d'autres problèmes sérieux. Les antagonismes sociaux et politiques à caractère ethnique qui frappent assez souvent des pays de cette région, le Burundi et le Rwanda en particulier, n'épargnent pas les consacrés et les prêtres. Les mésententes et les divisions dans les communautés sacerdotales et religieuses présentent souvent ce caractère ethnique. La responsabilité de cet échec serait-elle à chercher dans la formation actuelle qui ne sait peutêtre pas aider suffisamment à orienter l'humain? La pratique formative de ces Pères Blancs pourrait suggérer des pistes pour résoudre ces problèmes? Notre curiosité intellectuelle nous porte aussi à voir leurs erreurs d'approche qui ont été déterminantes dans l'orientation de l'histoire de ces pays. Ce sont tous ces motifs qui nous ont poussé à entreprendre cette recherche. Nous voulons comprendre et faire comprendre Lavigerie et ses
5 L'évangélisation de l'Afrique s'est effectuée en trois phases principales. La première phase est à situer au début du christianisme: c'est la période de l'évangélisation du nord de l'Afrique, qui faisait partie de l'Empire romain. Elle connaîtra de grands noms, ceux des docteurs et écrivains chrétiens comme Origène, saint Athanase, saint Cyrille d'Alexandrie, Tertullien, saint Cyprien, et le grand saint Augustin, mais également de grands saints moines du désert comme Antoine, Pacôme et Paul, fondateurs du monachisme, et beaucoup de saintes comme Félicité, Perpétue, et Monique la mère de saint Augustin. Il y aura aussi des papes originaires d'Afrique, comme Victor 1er,Melchiade et Gélase 1er.Le reste de l'Afrique en ce temps reste fermé au christianisme. La deuxième phase accompagne l'exploration des côtes afiicaines par les Portugais au 15èmeet 16ème siècle. Elle concerne surtout le Bénin, Sao Tomé, l'Angola, une partie du Congo, le Mozambique et l'île de Madagascar. Le fils du roi du Congo Alfonso 1er,Henrique, sera consacré évêque à Rome par le pape Léon X. C'est le premier évêque autochtone de l'Afrique noire. Tous les ftuits de cette deuxième phase vont disparaître suite à des difficultés de plusieurs ordres. La troisième phase est celle de l'évangélisation systématique qui commence avec le 19ème siècle (en plein milieu de l'expansion européenne et du partage de l'Afrique entre les puissances occidentales). Cf: JEAN-PAUL II, Ecclesia in Africa..., p. 30-34. C'est un groupe de missionnaires de cette dernière phase, les Pères Blancs, qui va nous intéresser dans ce travail. 6 Cf: SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DU SYNODE DES ÉVÊQUES, L'église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. "Lineamenta" de la lime assemblée spéciale pour l'Afrique, in « La Documentation Catholique» 2365 (2006), p. 832-859. 7 L'annuaire pontifical de 1995 fournit les chifftes de 250 prêtres diocésains pour tous les diocèses du Burundi par exemple. Ce chiffte reste très bas par rapport au nombre de catholiques estimés à 60,2 % de la population totale du pays (5,8 millions d'habitants). Cf. Annuario Pontificio, Città deI Vaticano, Libreria Editrice Vatican a, 1995. 14

missionnaires dans leur action évangélisatrice en Afrique des Grands Lacs, plus particulièrement dans la formation du clergé local. C'est pour cela que nous avons intitulé cette recherche: La formation dans les séminaires en Afrique. La pédagogie des Pères Blancs. Dans le temps, la recherche se situe dans la période des premières missions évangélisatrices dans cette région, c'est-à-dire avant les années 1940. Les termes mêmes de ce titre font comprendre l'intention de cette recherche. Elle veut présenter les principes, les objectifs et les moyens formatifs des Pères Blancs dans la formation des prêtres. Elle a aussi le but de faire comprendre comment ils ont commencé à adapter le discours et les stratégies éducatives à l'homme africain. L'étude veut faire expliquer comment ces missionnaires ont essayé de vivre dans la mentalité de l'inculturation, avant l'émergence de ce terme nouveau. Nous voulons voir surtout si les méthodes qu'ils ont adoptées, pour former le clergé africain audébut du 20èmesiècle, peuvent être éclairantes pour les formateurs dans les séminaires d'aujourd'hui. Pourront-ils trouver les moyens et les instruments méthodologiques justes pour favoriser l'entrée en contact avec l'homme africain et le respect de ses valeurs culturelles? Sauront-ils lui faciliter l'entrée en relation avec le Dieu de Jésus-Christ? Nous verrons que les indications méthodologiques fournies par le fondateur de la Société missionnaire, le cardinal Lavigerie, témoignent d'une grande expérience formative. Il se révèle un homme de dialogue constant avec l'église, et d'une ouverture d'esprit étonnant pour un homme de cette époque. Nous verrons aussi que ces indications constitueront un instrument précieux au service des formateurs dans les séminaires. Toutefois, nous allons constater que les pères, sur le terrain, seront très inventifs et créatifs. Cette étude puisera beaucoup d'éléments dans l'histoire de l'évangélisation de l'Afrique des Grands Lacs. Elle cherchera de voir si les questions suivantes trouvent des réponses satisfaisantes: la Société des Pères Blancs a-t-elle offert des lignes méthodologiques propres et tracé un programme clair à suivre pour ses missionnaires engagés dans la formation du clergé en Afrique? Y a-t-il eu des orientations claires et pertinentes au plus haut niveau, de la part du magistère romain et de cette société missionnaire? Les protagonistes sur le terrain les ont suivies à la lettre? Certains se sont-ils trop écartés de ces orientations? Notre recherche ne veut pas analyser chaque séminaire de la région. Nous avons proposé une publication de ce genre, qui entre dans les détails qui regardent chaque séminaire de la région et les lignes pédagogiques des principaux protagonistes. Nous renvoyons le lecteur à cette étude, pour

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compléter cette analyse.8 Celle-ci veut se présenter comme une synthèse complète des objectifs éducatifs que les Pères ont défmi, et des méthodes et contenus9 sélectionnés pour atteindre ces objectifs. Elle analyse les difficultés qu'ils ont rencontrées dans leurs propositions formatives. Elle présente, donc, la synthèse de leur action formative, en mettant en évidence de temps en temps l'action des principaux protagonistes.IO

8 Cf. M. GAHUNGU, Former les prêtres en Afrique. Le rôle des Pères Blancs (1879-1936), Paris, L'Harmattan, 2007. 9 Dans un sens large, le terme "méthode" indique le procédé, la technique, la manière, le mode, le moyen par lesquels se réalise quelque chose en vue d'une fin. Le "dictionnaire analogique Larousse donne deux significations au terme « méthode ». Ille définit avant tout comme la « manière d'agir selon un plan, selon des principes déterminés d'avance». Dans ce sens, on dit par exemple à titre d'exemple: avoir de la méthode, procéder avec méthode ou ordre. Il lui donne aussi le sens de «ensemble de procédés employés pour parvenir à un résultat déterminé». On parle dans ce cas de méthode de travail, de méthode de lecture et d'enseignement par exemple "(<<Méthode », in G. NIOBEY (dir.), Nouveau Dictionnaire Analogique, Paris, Larousse, 1991, p. 434). Les deux sens sont très proches, et rejoignent le sens du "Dictionnaire de la langue pédagogique" qui définit ainsi ce terme: « Ensemble de moyens mis rationnellement en œuvre pour l'obtention d'un résultat déterminé» (<< Méthode », in P. FOULQUIÉ, Dictionnaire de la langue pédagogique, Paris, Quadrige/PUF, 1991, p. 313). En ce sens, la méthode recouvre donc les opérations pratiques, le choix des actions jugées utiles pour le but qu'on s'est fixé, la conception de plans rationnels pour diriger des interventions concrètes. Dans le domaine de l'éducation et toujours au sens large, la méthode est définie comme l'ensemble des règles à suivre ou des moyens à prendre pour atteindre les fins de la formation, et les modes selon lesquels est organisée l'éducation (et: R. VINETIE, Pédagogie générale, Montréal, Ed. Le Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1948, p. 192 ; C. NANNI, L'educazione tra crisi e ricerca di senso..., p. 184-185). On parlera aussi de la méthodologie que l'on définit comme la science de la méthode, c'est-àdire de la réflexion destinée à élaborer les principes et la marche de l'intervention éducative à faire. On distingue habituellement entre la« méthodologie générale» qui est définie comme « l'ensemble des principes normatifs, des règles et des procédés également applicables aux divers enseignements» (V. De LANDSHEERE, L'éducation et la formation, Paris, PUF, 1992, p. 121), et les méthodologies particulières qui suivent les secteurs d'éducation, comme par exemple la méthodologie didactique (ayant comme objet propre les procédés d'apprentissage culturel et de l'enseignement) et la méthodologie pédagogique évolutive (concernant le processus d'acquisition d'une conduite responsable pendant les étapes successives de la vie). La méthodologie de formation pose le problème spécifique du «comment» organiser scientifiquement l'action éducative ou un système d'éducation particulier pour arriver à des résultats performants ou satisfaisants. C'est la science de l'art et de la technique de former, d'éduquer. Voir par exemple: P. BRAillO, « Principi di filosofia dell'educazione », in P. BRAIDO et al. (edd.), Educare. Sommario di scienze pedagogiche, Vol. 1, 2a ed., Roma, PAS, 1959, p. 73. 10 Pour une étude plus complète de tous les séminaires de la région, on peut lire aussi M. GAHUNGU, Les méthodes des Pères Blancs dans l 'œuvre des séminaires pour le clergé local en Afrique des Grands Lacs, Rome, Université pontificale salésienne, thèse de doctorat en
sciences de l'éducation, 1998, 2ème et 3 ème partie.

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Structure et contenu de ce travail de recherche
L'étude s'articule sur deux parties. La première, de caractère introductif, présente dans un premier chapitre, le projet de formation du clergé local au 19ème siècle et les principaux protagonistes de la formation du clergé local en Afrique. Le chapitre fait un survol historique de la formation du prêtre, et présente les documents du magistère qui parlent de la formation du clergé local dans les missions. La présentation des principaux protagonistes sur le continent africain a pour but de situer le fondateur des Pères Blancs, le Cardinal Lavigerie, parmi ces acteurs de la formation du clergé autochtone. Ensuite, dans un deuxième chapitre, l'étude fait connaître le milieu dans lequel s'est exercée cette action formative. Il s'agit de l'Afrique des Grands-Lacs, un territoire assez vaste et pauvre, mais bien organisé en royaumes forts. Nous verrons aussi que le système éducatif traditionnel est bien structuré sur base de l'intégration dans la société et de valeurs religieuses et culturelles très riches.II Dans un troisième chapitre, enfm, elle présente les protagonistes de cette œuvre, c'est-à-dire le cardinal Lavigerie et ses missionnaires Pères Blancs. Elle analyse leur projet de porter aux pauvres déracinés de l'Afrique les bienfaits de la civilisation chrétienne occidentale. Pour Lavigerie, le prêtre doit être caractérisé par l'amour de la prière, la charité fraternelle, le zèle, la disponibilité. C'est la base même de la formation de ses missionnaires, comme nous le verrons dans notre étude. La deuxième partie présente d'une manière analytique et critique les méthodes de formation utilisées par les Pères Blancs. Elle fait une sorte d'évaluation de cette proposition formative, pour relever les éléments valables qui pourraient aider à projeter et à orienter la formation du prêtre aujourd'hui. Dans le premier chapitre, elle présente, d'une manière analytique et critique, la synthèse des moyens utilisés dans les séminaires pour former le clergé. Cela permet d'apprécier les mérites de ces missionnaires qui ont conçu et mis en marche, avec difficultés et tergiversations certes au début, l'œuvre de formation du clergé pour l'Afrique. Le courage était nécessaire, puisque nous nous trouvons au début de la mission en Afrique. Cette partie montrera donc, dans un deuxième chapitre, comment le développement de cette œuvre s'est fait d'une manière dialectique. Il y aura des hésitations et même une certaine opposition à l' œuvre. Ensuite, dans un troisième chapitre, elle relèvera certaines limites dans les méthodes ou quelques erreurs d'approche à éviter si l'on veut atteindre des résultats positifs dans l'œuvre de formation des prêtres.

Il Cf R. HEREMANS, L'éducation dans les missions des Pères Blancs en Afrique Centrale(1879-1914). Objectifs et réalisations, Bruxelles, Nauwelaerts, 1983, p. 71-90. 17

Processus méthodologique et sources
Cette étude se présente comme une recherche sur les lignes méthodologiques proposées par des personnes qui appartiennent au passé. Il s'agit d'interpréter, puisque ces missionnaires n'ont pas offert de manuels de méthodologie pédagogique. Nous les suivrons pas à pas, en essayant de comprendre la mentalité des grands protagonistes, en cherchant de saisir pourquoi ils écrivent et l'influence qu'ils subissent en écrivant. Une bonne documentation sur des ouvrages de méthodologie et de pédagogie sur la région fait défaut. Pour reconstruire leurs méthodologies, nous chercherons les éléments nécessaires dans les correspondances et dans de petits écrits de ces missionnaires, dans les instructions et directives du fondateur Lavigerie et dans leurs rapports annuels des vicariats.I2 Nous allons nous appuyer aussi sur quelques travaux d'histoire, pour tracer une grille d'appréciation satisfaisante de l'œuvre formative accomplie par eux. Cette étude utilisera aussi les travaux de ceux qui ont décrit les activités missionnaires des Pères Blancs dans cette partie de l'Afrique, principalement ceux qui ont touché quelques aspects de la formation du prêtre. Nous soulignons en particulier la thèse de R. HEREMANS, au sujet de l'école dans les missions des Pères Blancs jusqu'en 1912 et les résultats des enquêtes du Père J. MERCUI publiées en 1922. Il Ya aussi le livre de A. Morant, qui se réfère souvent référence à l'enquête sur de la formation du clergé dans les missions en Afrique, réalisée en 1932 et publiée dans la revue AFER (nO2 de l'année 1933). La thèse de J.-A. ZZIW A est très utile pour ce qui regarde particulièrement la formation des prêtres en Ouganda.I3 Nous voulons stimuler les chercheurs à puiser dans l'expérience formative de ces missionnaires, les éléments capables d'éclairer les situations d'aujourd'hui, et donc de mieux orienter l'avenir de l'Afrique. Nous avons surtout l'intention de faire comprendre combien ces missionnaires ont vécu dans la logique de l'inculturation, avant l'émergence de ce concept. Nous espérons que cette étude éveillera le désir d'étudier les mentalités africaines, pour mieux aider ce continent à former ses peuples. L'évangélisation en profondeur est à ce prix, puisque le monde d'aujourd'hui ne peut plus se contenter d'une foi du charbonnier.
12 Tous ces documents d'archives se trouvent dans la maison générale des Pères Blancs à Rome, in Via Aurelia, 269 00165 ROMA. 13 Chronologiquement, il s'agit des livres et des travaux de recherche suivants: l'ouvrage de J. MERCU!, L'œuvre du clergé indigène dans les missions des Pères Blancs (Afrique équatoriale), Alger, Maison-Carrée, 1922 ; le livre de A. Morant, Die philosophisch-theologische Bildung in den Priesterseminarien Schwarz Afrikas. Aktuelle Fragen der Priesterbildung mit besonderer Berücksichtigung Kameruns, Freiburg, 1959 ; la thèse déjà citée de R. HEREMANS, L'éducation dans les missions des Pères Blancs...; la thèse de J.-A. ZZIWA, A history of the Formation of the local Clergy in the Mission of the White Fathers in Buganda 1893-1962, Louvain-La-Neuve, 1990.

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1ère partie:

CHAMP ET ACTEURS DE L'ŒUVRE DE FORMATION DU CLERGÉ LOCAL EN AFRIQUE DES GRANDS LACS

Préliminaires: La formation du clergé dans les missions: un projet de toute l'église
C'est dans la reprise missionnaire du 19èmesiècle que l'Afrique des Grands Lacs est évangélisée par les Pères Blancs. Le réveil religieux de l'Europe pousse plusieurs congrégations et instituts missionnaires à se consacrer à la mission. Rome donne à ces instituts missionnaires la mission d'évangéliser et de fonder des églises locales: ce sont les premiers opérateurs de la mission. Chaque institut reçoit donc de Rome un mandat exclusif sur tel ou tel territoire. C'est ainsi qu'on trouve des vicariats et des préfectures apostoliques, confiés à tel ou tel institut religieux.l En Afrique, se sont plusieurs instituts missionnaires qui se partageront la mission d'évangéliser ce vaste continent. La région des Grands Lacs africains est confiée aux Missionnaires d'Afrique ou Pères Blancs.2 Les papes de la fm du 19èmeet du début du 20èmesiècle insistent beaucoup sur la fondation des églises locales dans les missions. C'est ainsi qu'ils exigent la formation d'un clergé local capable de prendre en mains son église. Dans l'histoire de la formation du clergé autochtone, les noms de Benoît XV et Pie XI par exemple sont très fameux, comme nous allons le voir dans le chapitre qui ouvre ce travail. Comment les Pères Blancs vont-ils se conformer aux désirs de Rome? Comment se préparent-ils à leur mission? Avant de connaître les résultats des efforts de ces missionnaires, il est nécessaire de faire une prise de contact avec ces protagonistes et le champ de leur action. Ainsi donc, cette première partie présentera le projet de formation du clergé au 19èmesiècle (1er chapitre) pour situer les Pères Blancs dans siècle. Elle fournira les l'ensemble du projet missionnaire de l'église au 19ème données sur la région des Grands Lacs africains, pour faire connaître le champ de l'action missionnaire des Pères Blancs (2ème chapitre). Il introduira également les protagonistes de cette action dans cette région, c'est-à-dire la Société des Pères Blancs ou Missionnaires d'Afrique (3ème chapitre).

1 Il Y aura là sans doute le danger d'avoir des églises à plusieurs couleurs. En effet, chaque congrégation ou institut missionnaire portera aussi sur sa terre de mission son charisme propre, son identité nationale, sa mentalité, son style de vie, ses propres dévotions. La présence, dans une même nation, de plusieurs instituts missionnaires de provenance diverse (instituts missionnaires italiens, irlandais, allemands, anglais) signifie plusieurs styles de vivre l'évangile, et donc former une église locale trop morcelée. Voir notamment: A. DONEDA, La chiesa in cammino. 2000 anni di storia della missione, Bologna, EM!, 1993, p. 281-282 et 292-294. 2 Pour l'origine de l'appellation "Pères Blancs ", voir dans cette 1èrepartie le chapitre 3 qui présente la société missionnaire des Pères Blancs.

Chapitre 1 PROJET DE FORMATION D'UN CLERGÉ AFRICAIN AU 19ème SIÈCLE

Introduction

1

siècle, l'église marque un grand pas en avant dans la prise Au 19ème de conscience que l'activité missionnaire fait partie de son mandat propre, et dans la conviction qu'il incombe donc à elle de la soutenir et de l'organiser. Les responsables de l'église encouragent tous les instituts et les congrégations missionnaires à former un clergé local solide et forte. Dans cette œuvre de sensibilisation, ils sont soutenus par les esprits les plus éclairés et par les agents de la mission les plus courageux. Le réveil religieux de ce siècle provoque, en Europe et en Amérique, une reprise de l'action missionnaire vivace rarement observée pendant la période précédente. Dans cette activité missionnaire, les congrégations religieuses et les instituts masculins et féminins sont les principaux acteurs. Le Saint-Siège laisse à chaque société ou congrégation missionnaire un territoire déterminé pour l'action évangélisatrice.2 Pour la première fois dans l'histoire de l'église, les femmes joueront un rôle très actif d'organisation dans cette œuvre d'évangélisation. Des congrégations féminines autonomes sont fondées pour se dédier presque exclusivement à la mission à côté des Pères missionnaires. C'est le cas des Sœurs de saint Joseph de Cluny, fondées par Mère Javouhey pour l'évangélisation de l'Afrique occidentale.3 Sur terrain, les missionnaires expérimentent la complexité de leur mission et mesurent le nombre d'obstacles auxquels ils sont confrontés. Ils réalisent que les résultats resteront médiocres, s'il n'y a pas la coopération avec les autochtones qui connaissent mieux le terrain d'action et la culture des peuples à évangéliser. Certains fondateurs des instituts et des ordres missionnaires courageux et réalistes poussent donc les autorités romaines à être sensibles aux exigences du temps et à encourager la création du clergé locale dans les missions. Rome répond favorablement. Petit à petit, elle pose
1 Cette introduction s'inspire de certaines idées contenues dans la préface à : J. METZLER (dir.), Dalle missioni alle chiese /ocali (1846-1965). Vol. XXN di Storia della Chiesa, Milano/ Torino, Paoline/ S.A.I.E., 1990, p. 5-9 (surtout p. 5-7). 2 Ct: A. DONEDA, La chiesa in cammino..., p. 281-282. 3 Cf. Ibidem, p. 283.

les bases d'une chrétienté locale solide et durable, et donc d'une église locale, devient la conviction des responsables romains. Ce chapitre veut exposer assez brièvement le discours de Rome, au sujet de la formation du clergé locale dans les missions de ce temps. Il se propose aussi de présenter la synthèse de l'œuvre des illustres personnalités courageuses, qui ont lancé le projet de formation du clergé local sur ce vaste continent. Certains d'entre eux ont dû lutter contre la mentalité ambiante pour commencer ce travail. Mettant le fondateur des Pères Blancs au milieu de ces grands pionniers, ce chapitre servira donc de quelque façon comme introduction à tout ce travail de recherche.

1. Formation du clergé local dans les missions: discours du Magistère a. L'instruetion "Neminem Profeeto" (1845)
Fondée en 1622 par le pape Grégoire XV avec la charge de diriger spirituellement la diffusion de la foi,41a Congrégation de la Propagandafide (qui est devenue la "Congrégation pour l'évangélisation des peuples") demande avec insistance la création des écoles dans toutes les missions pour l'enseignement religieux et pour la propagation de la doctrine chrétienne.5 En 1931 arrive le pape Grégoire XVI (1831-1846) qui, auparavant, avait été préfet de la Congrégation de la Propaganda fide avant son élection (à partir de 1826). Il témoigne tout de suite de son intérêt pour la mission. Il encourage l'esprit missionnaire, invite à accroître le personnel travaillant dans les missions. Il insiste sur la formation d'auxiliaires catéchistes et surtout d'un clergé local. Il demande à certains ordres religieux importants comme les Jésuites de s'engager efficacement pour la mission.6 II approuve
4 Cf. 1. METZLER, «La rinascita dell'idea di missione», in J. METZLER (dir.), Dalle missioni..., p. 27. 5 Le dicastère demande par exemple, en 1659, aux vicaires apostoliques de la Société des Missions Étrangères de Paris de créer des écoles, d'enseigner gratuitement le latin et la doctrine chrétienne dans la langue du pays, et de s'occuper eux-mêmes de l'éducation des enfants des catholiques. Cf. CHARLES, « Le pourquoi de l'enseignement dans les missions », in L'éducation chrétienne aux missions, Compte rendu de la XIèmesemaine de missiologie de Louvain, 1933, 17, cité par R. HEREMANS, L'éducation dans les missions des Pères Blancs..., p. 27. 6 Le 15 octobre 1840, ce pape écrit la première Encyclique sur les missions, « Probe nostis ». La tendance est de diviser les terres de mission pour les confier aux différents instituts missionnaires. L' Aftique est encore inconnue, parce qu'elle est inexplorée en cette période. Le pontife romain ne pourra donc pas lui fournir une grande contribution. Toutefois, il montre son intérêt à sa soufITance, par la constitution apostolique du 3 décembre 1839 orientée contre 24

l'instruction Neminem profecto de la Congrégation de la Propaganda fide pour la formation du clergé locale. Cette instruction du 2 novembre 1845 accorde une grande importance à l'école comme moyen d'évangélisation efficace. Aussi demande-t-elle la création des écoles primaires et secondaires pour la formation des garçons et des filles, et insiste sur la formation d'auxiliaires catéchistes et surtout de prêtres.7 Cette instruction n'est pas adressée exclusivement au continent africain, mais au monde entier. Elle attire l'attention, avec une certaine insistance, sur la formation du clergé local dans les missions.8

b. Le Concile Vatican 1(1870)
Au milieu des révolutions et des guerres, pendant lesquelles il perd les États pontificaux, le pape Pie IX (1846-1878) succède à Grégoire XVI avec le pontificat le plus long de l'histoire après saint Pierre. Il se veut un pasteur universel. Le conflit à grande échelle entre le Saint-Siège et l'Italie rétrécit jour après jour le pouvoir politique du pape. Cependant, son autorité spirituelle et doctrinale s'accroît fortement grâce, notamment, à l'appui des Jésuites. Il encourage un mouvement de renaissance religieuse qui donnera

le commerce des esclaves. Il s'agit de l'une des premières plaies mises en évidence par les missionnaires. La constitution apostolique n'aura malheureusement pas d'effet sur les puissants trafiquants arabes et européens. Ct: R. AUBERT, R. LILL et J. BECKMANN, « La ripresa del lavoro missionario », in IDEM, Tra Rivoluzione e Restaurazione, 1775-1830, VoI.VIII/l di 1. JEDIN (dir.), Storia della Chiesa, Milano, Jaca Book, 1980, p. 227 et 235. 7 A ce sujet, voir notamment: J. BECKMANN, « Il Concilio Vaticano I e le missioni », in R. AUBERT et al., Liberalismo e Integralismo Ira stati nazionali e diffusione missionaria 18301870, Vol. VIII/2 di H. JEDIN, Storia della chiesa, Milano, Jaca Book, 1975, p. 326 ; 1. METZLER, « La Santa Sede et Ie missioni... », in 1. METZLER (dir.), Dalle missioni..., p. 37-38 ; R. HEREMANS, L'éducation dans les missions des Pères Blancs..., p. 29-30. 8 Nous soulignons toutefois que, pendant ce siècle, tous les papes encouragent la mission. Pie VII (1800-1823) réorganise la Congrégation de la Propaganda fide et alloue aux missions des moyens fmanciers nécessaires à leur existence. Son successeur Grégoire XVI (1832-1846) écrira la première encyclique "missionnaire Probe nostis et approuvera l'instruction Neminem profecto de la Propaganda fide pour la formation du clergé local. Le pontificat de Pie IX (1846-1878), le plus long de l'histoire de l'église (31 ans et 7 mois), connaît la chute de l'État pontifical (ct: K. BIHLMEYER et H. TUECHLE , Storia della Chiesa. Vol. N: L'Epoca moderna, 28 ed., Brescia, Morcelliana, p. 221-229), et réagit en centralisant l'administration de l'église et en développant les missions. Des collèges missionnaires sont reconstruits, des ordres religieux missionnaires approuvés. C'est pendant cette période que la mission en Afrique centrale est approuvée, dont le projet est défendu au concile Vatican I par le Père Daniele Comboni. Sous le pontificat de Léon XIII (1878-1903), Mgr Lavigerie obtient du pape le mandat d'ouvrir la mission en Afrique des Grands Lacs et d'y combattre le commerce des esclaves. Ct: J. METZLER, « La Santa Sede e Ie missioni nel XIX secolo », in 1. METZLER (dir.), Dalle missioni..., p. 37-48. 25

de nombreuses vocations missionnaires dans de nombreux pays. Jugeant la foi menacée, il convoque un concile au Vatican pour la défendre.9 C'est pendant ce concile qu'on parle explicitement de l'évangélisation de l'Afrique. Une commission présidée par le cardinal Bamabè>,préfet de la Congrégation de la Propaganda fide, devait analyser entre autres choses la question des missions. Le schéma prévoit la fondation des écoles et des séminaires dans les territoires des missions. Le 26 juin 1870, ce schéma est distribué aux Pères conciliaires. Dans son troisième postulat, il se réfère à la mission des Nègres en Afrique centrale, et son promoteur est le Père Daniele Comboni. II trace le plan de cette mission, en décrivant la triste condition des tribus nègres de cette Afrique, descendants de Cham, avec leurs cultes démoniaques et leur inclination aux vices. Trois obstacles rendent difficiles, selon lui, l'évangélisation de ces tribus barbares: l'inaccessibilité des contrées de l'intérieur, le nombre insuffisant de missionnaires et le manque de moyens économiques. Connaissant parfaitement la situation pour avoir accompli le travail missionnaire dans cette zone de 1857 à 1859, il vient donc implorer la pitié des Pères conciliaires pour sauver ces peuples malheureux de la mort spirituelle. Il demande qu'on mette à la disposition de la mission dans ces terres de jeunes prêtres européens et des moyens matériels. Le Concile n'accorde malheureusement pas beaucoup d'intérêt à ce schéma, et brusquement interrompu par la guerre, il ne pourra pas le discuter et voter la constitution sur les missions.IO Cependant, le magistère de l'église, par la voix de la Congrégation de la Propaganda fide, conseille toujours et encourage la création des séminaires en terres de mission pour avoir un clergé indigène au service de l'évangélisation. Toutefois, la formation scientifique et religieuse des missionnaires demeure l'affaire des directions des instituts et ordres religieux, et l'activité missionnaire reste exclusivement entre les mains de ces instituts. Le travail de centralisation ne manquera donc pas de difficultés.II
9 Les Jésuites et une presse catholique influente en Europe contribuent à éveiller un mouvement ultramontain en faveur du pape. Des manifestations et des prières sont organisées et des millions de signatures recueillies pour soutenir le pape. Pour défendre la foi catholique menacée, ce dernier convoque en 1868 un concile qui s'ouvre le 8 décembre 1869 au Vatican et qui définira le 18 juillet 1870 le dogme de l'infaillibilité du pape. Cf Y.-M. HILAIRE, « Pie IX, le dernier souverain des États de l'église (1846-1878) », in Y.-M. HILAIRE ( éd.), Histoire de la papauté. 2000 ans de mission et de tribulations, Paris, Tallandier, 1996, p. 398414. 10 Pour ce qui concerne le plan Comboni, voir: J. METZLE~ « La Santa Sede et le missioni... », in 1.METZLER (dir.), Dalle missioni..., p. 70-74. R HEREMANS, L'éducation dans les missions des Pères Blancs..., p. 30. Il La direction de la Propagande resta entre les mains des prêtres séculiers qui souvent savaient très peu de l'expérience missionnaire. Voir à ce sujet: R. AUBERT, R. LILL et 1. BECKMANN, ({ La ripresa dellavoro missionario... », p. 236. Le programme de formation d'un clergé indigène sera suivi à grands pas dans les années qui suivront ce concile. Cf. J. METZLE~ « La Santa Sede e Ie missioni... », in J. METZLER (dir.), Dalle missioni..., p. 73. 26

c. Ad extremas Orientis oras (1893)
Le pape Pie IX meurt au début de l'année 1878, et c'est le pape Léon XIII (1878-1903) qui lui succède au siège apostolique. Ce pape intellectuel montre vite son intérêt pour l'organisation de la formation philosophique et théologique du prêtre. L'encyclique Ad extremas Orientis oras qu'il écrit le 24 juin 1893 est spécialement consacrée aux missions de l'Inde.12 Toutefois, elle s'adresse à l'église universelle et l'Afrique en particulier. Elle sollicite la fondation de séminaires dans chaque diocèse et vicariat apostolique. Elle demande avec force que les prêtres indigènes ne soient pas considérés comme inférieurs par rapport aux missionnaires européens et auxiliaires de ceux-ci dans la mission. Pour cela, elle conseille à tous les agents de la mission de promouvoir la formation de prêtres locaux et de collaborer avec eux. Ce sont eux qui connaissent mieux le pays, les gens, leur mentalité et leur langue et qui peuvent bénéficier de leur confiance.

2. Le magistère et la formation du prêtre:

avant 1936

a. Survol historique de l'œuvre de formation des prêtres en cette période
Jusqu'à la première moitié du 20èmesiècle, la formation presbytérale suivra toujours les décisions du concile de Trente. En effet, c'est ce concile qui, dans son canon XVIII, avait ordonné la création d'établissements spéciaux appelés « séminaires» pour l'instruction et l'éducation des aspirants au sacerdoce. Il s'agit d'écoles qui peuvent assurer la formation humaniste (c'est-à-dire le niveau de l'enseignement secondaire dans les termes d'aujourd'hui), et la formation philosophique et théologique. Elles préparent des hommes de prière et de sacrifice, qui peuvent satisfaire les besoins et les nécessités pastorales de l'église. Le séminaire est une institution diocésaine; l'évêque l'administre par l'intermédiaire du supérieur ou recteur du séminaire, et assure sa survie)3

12 En 1886, pour la première fois en terre de mission, la hiérarchie ecclésiastique est instituée en Inde. Le but est d'offrir au monde ce témoignage que toute communauté chrétienne mûre a droit d'être dirigée par ses fils. Cf J. METZLER « La Santa Sede e le missioni... », in J. METZLER, (dir.), Dalle missioni..., p. 42-43. 13 La structure « séminaire» comme "maison de formation des futurs prêtres commence donc formellement avec le concile de Trente. C'est avec ce concile que débute la vraie histoire des séminaires diocésains et de la formation du prêtre dans les séminaires. La session XXIII est fondamentale pour l'érection et la nature du séminaire. Voir: G. CENACCHI, La pedagogia 27

Dans certains pays, le séminaire est un établissement qui réunit, dans un complexe unique ou dans une même communauté, les élèves des humanités classiques et les séminaristes des cycles de philosophie et de théologie. Par motif d'organisation pratique, d'autres pays comme la France ont scindé le séminaire en deux et opéré une séparation morale entre petit et grand séminaire. Les petits séminaires sont des collèges tenus par des ecclésiastiques pour les études classiques des enfants et des jeunes gens ayant montré en eux quelques germes de vocation. Les futurs ecclésiastiques ou séminaristes y sont élevés dès leur jeune âge dans l'esprit de leur rôle futur. En Italie, on les appellera gymnases. À leur tour, les grands séminaires sont des établissements d'église où sont formés les aspirants au sacerdoce. Les candidats, qui ont déjà terminé leur formation classique, sont directement préparés à travers une initiation philosophique et théologique solide, à la vie et au ministère de prêtres.14 Le concile de Trente prescrit à chaque diocèse de se doter d'un séminaire, avec l'évêque diocésain comme autorité suprême. Celui-ci est donc le premier responsable de la formation intellectuelle, spirituelle et pastorale du candidat au sacerdoce. C'est ainsi que chaque séminaire sera marqué par la personnalité de son évêque. Le même concile précise les conditions d'admission et la forme d'éducation à dispenser dans les séminaires.15 On admettra des enfants âgés de 12 ans, c'est-à-dire encore jeunes, malléables et capables d'accepter la formation, nés de mariages légitimes, sachant lire et écrire et affichant la volonté de devenir prêtres. Ils seront recrutés surtout parmi les familles pauvres, mais on n'exclura pas les enfants issus des familles riches qui montreront de bonnes dispositions. L'ouverture des séminaires aux enfants pauvres est une nouveauté par rapport au moyen-âge qui recrutait la plupart des prêtres dans les familles aisées pour prolonger leur hégémonie et protéger leurs intérêts. Au programme de la formation intellectuelle du séminaire, il y a la grammaire, le chant, la liturgie, l'Écriture Sainte, des livres ecclésiastiques, l'étude des homélies des saints, l'administration des sacrements, les règles de la confession et les rites de la messe. L'essentiel requis pour la formation spirituelle du futur prêtre, est constitué par l'assistance quotidienne à la messe, la communion eucharistique suivant le jugement favorable du confesseur, la confession mensuelle et les exercices de piété. Même le
seminaristica nei documenti dei magistero ecclesiastico. Saggio storico critico, [s.1.], Casa Editrice Istituto Padano di Arti Grafiche Rovigo, 1966, p. 91. 14 Voir: F. FUZET, Le grand séminaire. Fondation, status, programme, direction intellectuelle et morale, Paris, A. & R. ROGER & CHERNOVIZ, 1905, p. 19-21 ; « Programme général des études », in Programme et règles pour la direction des études, de l'éducation et de la discipline des séminaires d'Italie, proposées par la S.C. des Evêques et Réguliers et approuvés par S.S. le Pape Pie.x: Paris, P. Lethielleux, 1908, p. 13-15. 15 Cf. O. PASQUATO, Laformazione presbiterale nel suo sviluppo storico, Cours polycopié, Rome, Université pontificale salésienne, 1992, p. 145-152. 28

service liturgique aux jours de fêtes dans les cathédrales et dans les églises voisines, est considéré comme un élément très important pour le progrès spirituel du séminariste. Au canon XIV, le concile précise, en outre, ce qui est requis pour la promotion à l'ordre presbytéral: bonne réputation, piété, bonne conduite et bon témoignage, service d'au moins une année dans le diaconat, capacité d'enseigner les vérités essentielles à connaître pour le salut et la réception de sacrements. Après le concile de Trente, Charles Borromée, archevêque de Milan, fait de la formation du clergé une priorité pastorale.16 Il organise son grand séminaire, et collabore à la création de nombreux séminaires en Italie. Les caractéristiques fondamentales de la formation d'un futur prêtre sont liées à la piété, à l'étude et à une discipline qui exige la séparation avec le monde retenu lieu de tentations multiples. Ce modèle trouvera un complément dans l'école française, représentée surtout par les Pères Sulpiciens. Celle-ci fera une distinction nette entre petit et grand séminaires. Elle offrira une réflexion assez solide sur le ministère sacerdotal, conçu essentiellement comme un service à rendre aux autres, sans attendre des honneurs ou une promotion sociale. Il faut pour cela que le séminaire forme un homme parfait à l'image du Christ.17 Le séminaire inspiré par le concile de Trente, tel que réalisé par Charles Borromée et l'école française des Sulpiciens, sera l'unique point de référence jusqu'à la seconde moitié du 20èmesiècle. Dans le souci de tenir les séminaristes loin des dangers du monde, on organisera toujours les séminaires de manière à en faire des maisons "fermées" au monde extérieur, avec un horaire très rigoureux: lever très tôt vers cinq heures du matin, une heure de prière à la chapelle, petit déjeuner en silence, classes, repas de midi en silence en écoutant un texte spirituel lu par un des élèves, une petite récréation, classes, visite au Saint-Sacrement, étude, rosaire, repas du soir, récréation, prière du soir et coucher. La loi du silence est sacrée, et toute la journée est bien remplie par des activités surtout spirituelles.18
16 Cf. F. FUZET, Le grand séminaire..., p. 24-27 ; M. GUASCO, Seminari e elero nel '900, Milano, Paoline, 1990, p. 8-9 ; H. JEDIN, « Personalità e opera dei papi riformatori da Pio V a Clemente VIII », in E. ISERLOH - J. GLAZIK - H. JEDIN, Riforma e eontroriforma. XVIXVII seeolo. Vol. VI di Storia della Chiesa, Milano, Jaca Boo~ 1981, p. 603. 17 Cf. M. GUASCO, Seminari e elero nel '900..., p. 10-13. Voir dans la 2èmepartie de ce travail, "les influences subies par les Pères Blancs". 18 Voici par exemple ce qu'exige Mgr F. Fuzet, en 1904, pour la formation dans son grand séminaire de Rouen. L'horaire très rigoureux de la journée laisse plus de place aux activités spirituelles: lever à 5 heures du matin; à 5 h 30 : récitation des Primes et méditation; à 6 h 15, la messe; à 7 h 30, déjeuner; à 9 heures, classes; à 10 heures, récitation des Tierces; à Il heures, classes; à Il h 45, récitation de Sexte et Examen particulier; à 13 h 45, récitation de l'office de None; à 16 heures, Vêpres; à 18 h 45, chapelet (avec les litanies à la Sainte Vierge) et lecture spirituelle (lecture d'une vie de saint ou d'un ouvrage de spiritualité) ; à 20 h 30, Complies, examen de conscience. Matin, midi et soir, au son de la cloche, on récite l'Angelus. Les séminaristes prévoient aussi pendant la journée un temps de visite au Saint29

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