La réhistoricisation du kérygme coranique

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On trouvera dans ce volume la traduction des récits présentés et commentés dans le volume 1 (Le Kérygme coranique). Face à la nécessité de contextualiser la recomposition de textes empruntés à la tradition judéo-chrétienne, le laconisme de la narration coranique a contraint les premiers commentateurs musulmans à recourir aux textes sources, le plus souvent islamisés par l'érudition musulmane. La présentation synoptique des textes met en évidence la dépendance de l'exégèse musulmane envers les textes sources judéo-chrétiens.
Publié le : dimanche 15 novembre 2015
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EAN13 : 9782336396101
Nombre de pages : 120
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Thierry Benotmane
LA RÉHISTORICISATION DU KÉRYGME CORANIQUE
Confrontation intertextuelle de commentaires coraniques avec les textes sources judéochrétiensTome 2
La réhistoricisation du kérygme coranique
Thierry Benotmane La réhistoricisation du kérygme coranique Confrontation intertextuelle de commentaires coraniques avec les textes sources judéo-chrétiens Tome 2 Traduction annotée de la recomposition coranique de la légende hagiographique des Sept/Huit Dormants d’Ephèse (récit desCompagnons de la Caverne,Coran, 18,1-26) ; d’un texte grec et d’une version syriaque de la légende chrétienne et de commentaires représentatifs de l’exégèse musulmane dans sa phase formative (exégèse par transmission).
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-30275-1 EAN : 9782336302751
Introduction
Ce second volume présente en premier lieu notre traduction annotée du récit coranique desCompagnons de la Caverne (Sourate XVIII, 1-26) avec une transcription du texte arabe en caractères latins. Des trois commentaires musulmans dont nous avons analysél’exégèse paraphrastiqueau volume I, nous avons privilégié, pour présenterl’exégèse narrative,les six versions du récit desCompagnons de la Cavernerapportées parabarƯ. Nous en proposons notre traduction dans ce volume. Deux raisons motivent ce choix : Comparées aux commentaires deabarƯ, les versions rapportées par MuqƗtil et Ibn Ka৮Ưr sont très succinctes et n’apportent que peu d’informations originales, d’autant qu’Ibn Ka৮Ưr dépend souvent de abarƯqui offre quant à lui un plus large éventail d’informations sur les lieux où se déroulent les faits ainsi que sur l’identité des personnages, sur leur psychologie et leurs motivations. La seconde raison tient au fait queabarƯle seul exégète est musulman à notre connaissance qui reprend presque mot pour mot la légende desDormants d’Ephèse telle que rapportée dans le texte grec du Métaphraste et dans la version syriaque du Pseudo-Denys de Tell-Mahré, se contentant d’y introduire des versets coraniques ou des expressions, des faits et des thèmes à connotation musulmane, tout en éliminant les passages qui se réfèrent de manière trop explicite au christianisme et à la Bible. Nous avons passablement insisté sur le fait que le commentaire coranique est constitué d’une succession d’unités narratives entrecoupées d’explications grammaticales et lexicales. Nous avons donc pris le parti d’isoler de leur contexte les six versions du récit desCompagnons de la CavernequeabarƯa mises sous l’autorité dechaînes de garantsLa présentation reconnus. schématique figurant à la page 5 de ce volume offre une vue d’ensemble sur les diverses variantes de la légende dispersées dans le commentaire, ce qui permet aussi de mieux constater à quel point ces versions sont contradictoires. Nous avons placé ces six versions selon l’ordre où elles apparaissent dans le tafsƯr. Pour mettre en évidence la proximité du commentaire musulman avec
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les textes-sources appartenant à la tradition hagiographique chrétienne, la version B/B’ est présentée en synopse à côté des parallèles grec et syriaque. Dans son exégèse narrative,abarƯ présente le récit desCompagnons de la Caverne en deux sections bien distinctes. La première est introduite au verset 10 de la Sourate. Cet épisode narratif suit la longue explication lexicographique du motar-raquƯm. Quant à la seconde section, elle se rapporte aux versets 19-20. Dans les versions A et F, le récit est présenté dans son intégralité, sans césure au moment de l’endormissent des compagnons. La version C, quant à elle, ne rapporte que très brièvement la légende, interrompant le récit lors de l’entrée des jeunes gens dans la caverne. Les versions B, D et E s’achèvent au moment de l’endormissement desCompagnons,quand on a pris acte de leur disparition après la fermeture de la caverne. Les versions B’, D’ et E’ reprennent le fil du récit au réveil des jeunes gens. Le fait d’avoir privilégié les six versions figurant dans letafsƯrdeabarƯne signifie pas que, dans notre étude consacrée à l’exégèse narrative,l’apport d’autres commentateurs susceptibles d’offrir une interprétation originale du récit desCompagnons de la Caverneait été ignoré. On trouvera dans le texte 1 intégral de notre thèse la traduction de la légende telle qu’elle est rapportée par Ta`labƯdans sonHistoire des Prophètes, un des textes les plus populaires aujourd’hui encore dans le monde musulman. Nous y avons relevé la proximité du chapitrequeTa`labƯconsacre auxCompagnons de la Caverne avec les versions B et B’ deabarƯ et de ce fait, avec les textes-sources chrétiens. Dans cet ouvrage qui se présente comme une version remaniée et allégée de la thèse, nous n’avons gardé que les éléments narratifs qui s’écartent de la version deabarƯ où l’auteur n’hésite pas, comme dans d’autres passages de l’Histoire desProphètes, à rapporter des événements totalement étranges défiant toute explication rationnelle : un chien qui se met à parler, le voyage en tapis volant d’émissaires envoyés par le Prophète à la caverne desCompagnonsou la conversion des jeunes gens à l’islam, ce qui en fait des contemporains de Muhammad.Le commentaire d’’Ibn Ka৮Ưr présente quant à lui une originalité n’apparaissant pas sous la plume des autres exégètes qui a trait à l’usage talismanique du Coran. Etant donné l’importance de cette tradition qui veut qu’aujourd’hui encore la Sourate de la Caverne soit récitée tous les vendredis, nous avons choisi de présenter la traduction du passage où cet exégète mentionne les vertus talismaniques d’une récitation de la Sourate XVIII. Ibn Ka৮Ưr évoque en particulier la protection que la récitation accorde
1 Cf. Volume II, p. 75-91.
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au fidèle contre les attaques de l’Antéchrist et l’assurance que la sakƯna descendra dans son cœur. Dans notre présentation de l’exégèse par transmission,nous avons montré l’importance descauses circonstancielles de la Révélation pour situer le texte dans sonSitz im Leben.nous l’avons relevé, les premiers Comme exégètes musulmans ont mis le principe de contextualité au centre de leur démarche interprétative. Nous avons choisi de présenter ici aussi les textes de MuqƗtil,abarƯ et ’Ibn Ka৮Ưr sous une forme synoptique, ce qui nous permet de montrer, à travers les différences interprétatives, à quel point la compréhension du texte coranique n’était pas univoque dans la phase formative de l’exégèse musulmane. Mentionnons, pour terminer, que nous avons numéroté les passages traduits dans ce volume à l’aide de chiffres romains pour en faciliter le repérage.
Translittération
Consonnes arabes.
Le système de translittération de l’arabe que nous utilisons, appelé DIN 31635 (Deutsches Institut für Normung), fut adopté en 1982. Il est recommandé dans le domaine des études arabes en France. Il est basé sur les normes de la société orientaliste allemande (Deutsche Morgenländische Gesellschaft). Ce système a été popularisé, entre autres, par Carl Brockelmann (1868-1956) dans sa Geschichte der arabischen Litteratur et par Hans Wehr dans sonArabisches Wörterbuch für die Schriftsprache der Gegenwart.
΀ ‘ι ৢ΍Ɨou ’ν ঌΏ bρΕ tυΙω ` ΝۜύƥΡϑ f Υϕ q Ω dϙ k Ϋϝ l έ rϡ m ί zϥ n αsϩ h εšϭ w ϱ y LeΓest représenté par un t à l'état d'annexion exclusivement. Les voyellesbrèves fata, kasra etamma sont translittérées a, i, u. La šadda est rendue par un doublement de la lettre, sauf dans le cas du lƗm de l'article ; la transcription tient compte alors de l'assimilation éventuelle à la lettre qui le suit, exemples : al-qamar et aš-šams.
Un alif marquant le son [a:] est translittéréƗ. Les voyelles longues [i:] et [u:] sont transcritesƯetnj.
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