LA RELIGION AU MUSEE

De
Publié par

Le Saint Mungo Museum of Religious Life and Art, situé à Glasgow, en Écosse, a reçu le prix du meilleur musée de Grande-Bretagne. Musée thématique consacré à la religion, il est sans équivalent dans le monde.
Il s'est agi, dans cet ouvrage, de constituer le " musée des religions " en point de départ d'une analyse sociologique de la définition et des fonctions contemporaines de la religion.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
Lecture(s) : 46
Tags :
EAN13 : 9782296401815
Nombre de pages : 176
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

,

LA RELIGION AU MUSEE
Croire dans l'Europe contemporaine

Collection Aujourd'hui l'Europe dirigée par Catherine Durandin
La fin de la guerre froide confronte les Européens à d'énormes mutations et ouvre des perspectives unitaires. Et pourtant de nouvelles frontières et fractures se dessinent. Les Européens vivent une compétition parfois hégémonique, parfois frustrante, pour accéder à un niveau de développement présupposé comme normal. La collection Aujourd'hui ['Europe a pour objectif de publier des textes de philosophie, histoire et sciences politiques qui s'interrogent sur les redéfinitions d'identité et de sécurité européennes, sur les traditions, sur les crises...

Dernières parutions

Sorin ANTOHI, Imaginaire culturel et réalité politique dans la Roumanie moderne, 1999. Traian SANDU, La Grande Roumanie alliée de la France (19191933),1999. Sanda STOLOJAN, Au balcon de l'exil roumain à Paris. 1999.

@ L'Harmattan, ISBN:

1999 2-7384-8579-0

Patrick MICHEL

LA RELIGION AU MUSÉE
Croire dans l'Europe contemporaine

L' Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y lK9

Du même auteur

L'Eglise de Pologne et l'avenir de la nation, Le Centurion, Paris, 1981 Mort d'un prêtre - L'affaire Popieluszko: Analyse d'une logique normalisatrice (avec Georges Mink), Fayard, Paris, 1985 La société retrouvée - Politique et religion dans l'Europe soviétisée, Fayard, Paris, 1988 (Trad. en anglais et en polonais) Les religions à l'Est (éd.), Cerf, Paris, 1992 Politique et religion - La grande mutation, Albin-Michel, Paris, 1994, (Trad. en italien et en polonais)
Tous les chemins ne mènent plus à Rome

- Les

mutations

actuelles du catholicisme (éd. avec René Luneau), AlbinMichel, Paris, 1995 (Trad. en portugais [Brésil])
Après le communisme

- Mythes -

et légendes de la Pologne

contemporaine, Paris, 1996
Religion

(avec Marcin Frybes), Bayard Editions,
Nouveaux enjeux. nouvelles (éd.),

et démocratie

approches (éd.), Albin-Michel, Paris, 1997 L'Europe médiane - Au seuil de l'Europe L'Harmattan, Paris, 1997

À Corinne

Remerciements

Je tiens à dire ma plus vive gratitude au Saint Mungo Museum of Religious Life and Art de Glasgow, et plus particulièrement à son conservateur, Mark O'Neill, pour son chaleureux accueil et l'intérêt qu'il a immédiatement manifesté pour la présente entreprise. J'espère que cet ouvrage pourra apparaître comme une (petite) contribution aux objectifs que le Musée s'est assignés. Naturellement, l'analyse proposée ici des réactions du public n'engage que leur auteur et n'implique en rien le Musée.

P.M.

INTRODUCTION

1

Pourquoi ne pas importer quelques lions? all pourrait les mettre dans II/le cage près du jardin zen et leur jeter quelques chrétiens rebelles de temps ell temps 2. [214J

La présente étude participe d'un genre la monographie - qui obéit à des règles spécifiques. Portant sur un objet particulier, elle ne saurait déboucher sur des
conclusions générales. S'appliquant ici à une entreprise

équivalent dans le monde - de constitution d'un musée thématique consacré à la religion, l'analyse valait de toute façon d'être tentée pour elle-même. Il y a cependant plus: on dispose, grâce à ce musée, de plus de deux mille commentaires, librement rédigés par le public, et concernant centralement la religion. Il était donc
possible, à travers l'étude de cet ensemble
I

- sans

- rare,

pour ne pas

Les nombres apparaissant dans le texte entre crochets correspondent au numéro d'enregistrement des commentaires lors de leur saisie par les services du Musée. On a systématiquement traduit en français, renvoyant en note la version anglaise. 2 "Why don't we import afew lions? We could keep them in a caged area beside the Zell Garden, alld throw in afell' unruly Christiansfrom time to time ".

9

dire unique - de réactions, d'articuler plusieurs questions majeures, telles que la place du religieux dans le paysage contemporain du croire, les recompositions de ce dernier, ses fonctions dans une société multicultureJle, ouverte, dans un monde organisé et régi par le mouvement, l'échange, la communication. Et encore les incertitudes qui résultent de cette organisation ou les procédures contemporaines de définition ou de redéfinition du lien social. Il y a sans doute, pour la ville de Glasgow (mais plus largement pour l'une quelconque des sociétés d'aujourd'hui), un paradoxe apparent à chercher à s'afficher comme totalement intégrée au mouvement contemporain en consacrant un musée à un thème aussi « traditionnel» que la religion. Est-ce là une conséquence de ce regain d'intérêt suscité par le religieux dans une supposée post-modernité ? Une des énièmes manifestations de ce « retour du religieux» qui attesterait une crise aiguë de la modernité? En fait, on le verra, ce musée des religions permet de mettre à jour nombre de tendances dont l'intelligence pourrait s'avérer fondamentale pour la compréhension des logiques à l'œuvre dans l'espace contemporain du croire. Le ...";'oint Mungo Museum £?fReligious Ltlè and Art est situé dans le quartier historique de Glasgow, en Ecosse, à proximité immédiate de la cathédrale Saint Mungo (du nom du saint patron de la ville) et en face de Provand~\' Lordship, la plus ancienne maison de la cité. Inauguré le 4 avril 1993 par la princesse Anne, il a reçu, en 1994, le prix du meilleur musée de Grande-Bretagne. Son objectif, selon Julian Spalding, directeur des Musées de Glasgow, est « de refléter l'importance centrale de la religion dans la vie humaine » J.

j

The Saint Mungo Museum a/Religious L~/è and An. Chambers. Glasgow. 199:-. p 5

10

Ce musée contient environ 450 œuvres d'art, chrétiennes, islamiques, juives, hindouistes, bouddhistes, sikhs, ainsi que des objets de culte de diverses confessions africaines, américaines ou d'Extrême-Orient, qui décrivent les différentes approches proposées par les religions du monde de ces thèmes universels que sont la vie et la mort, le passage de l'enfance à l'âge adulte, le pouvoir et la politique, la violence et la persécution... Il est divisé en trois galeries: la première consacrée à l'art, une seconde à la vie religieuse, la troisième à la religion en Ecosse occidentale. La première est, comme son nom l'indique, entièrement constituée d'œuvres d'art. On peut notamment y voir, mêlés les uns aux autres, des masques égyptiens (du VIème siècle avant 1.-C.), des tapis de prière, des livres sacrés, des manuscrits enluminés, des sculptures chrétiennes, des vitraux hollandais, des vases attiques, des bronzes romains, une

spectaculaire statue de Shiva Nataraja du XIXème siècle 4 et,

surtout, le très célèbre tableau de Salvador Dali, « Le Christ de Saint Jean de la Croix ». Autre chef-d'œuvre, issu celui-là de l'art islamique moderne: une œuvre de Hamed Mustapha qui unit avec puissance les traditions calligraphiques et géométriques de l'art musulman 5. A ce propos, et comme le précise le guide édité par le musée pour décrire les œuvres présentées et expliquer, afin de les mettre à la portée de tous, les origines des religions et leurs rites: « Le musée est limité à ces aspects de la religion qui peuvent être représentés par des objets. Des religions mondiales comme le judaïsme et l'islam, qui interdisent ou découragent les images, sont donc
~ "Some gorgeous artefacts. especially .'.,11il/a (hard not to -.ram to believe in such a beautijÙ/ creature )" [Quelques pièces superbes - particulièrement Shi,'a (difficile de ne pas vouloir croire en une si belle créaturel (357) S "The /!;/amic calligraphy piece by Musta./à is breath-taking" [La calligraphic islamique de Mustapha est à couper le souftle) [41041

11

représentées par leurs textes écrits et des objets utilisés pour le culte» 6. La seconde galerie, présentant des œuvres d'art et des objets offerts par les différentes communautés religieuses de Glasgow, porte sur la vie religieuse. Organisée autour des temps forts de la vie humaine (naissance, initiation, mariage, mort, au-delà de la mort), elle s'intéresse aussi à la « religion comme profession », au pouvoir, aux missions, aux guerres saintes (ou à la sanctification de la guerre). Pour citer à nouveau le guide: «La religion est appelée à légitimer les gouvernants, à inspirer des actes charitables et à justifier la guerre et la persécution. Elle conduit certains à devenir prêtre ou à prendre part à d'autres activités fondées sur une vocation, et à consacrer leur vie entière à une foi. Enfin, la religion aide à expliquer ce mystère ultime qu'est la mort et ce qui se trouve après elle» 7. Comme indiqué, les différentes communautés religieuses présentes dans la ville ont été sollicitées: impliquées dans la préparation de l'exposition, elles pouvaient choisir (et offrir) les objets qui leur paraissaient les plus susceptibles de les représenter. Un rabbin de Glasgow ayant survécu à la barbarie nazie a ainsi fait don du livre de prières qui l'avait accompagné au camp de concentration. Par ailleurs, sur chacun des thèmes abordés, des témoignages enregistrés des membres de ces communautés peuvent être , ,8
ecoutes .

Il est bien clair que cette procédure, visant à associer les différentes communautés religieuses à la préparation du musée, offrait le double avantage de prévenir d'éventuelles
6

7

The .S'aint Mungo Museum of Religious
Ihid.. p. 23

Life and Art. op. cil., pp. 5-6

8 A titre d'exemplc, une fille musulmane parle des mariages arrangés: "Mon principal souci est que mes parents soient contents. Pour autant que mes parents sont contents. je suis contente. Je leur fais complètement confiance. absolument. à 100 0;',".

12

réactions négatives de ces communautés, confrontées à une présentation de leur religion à laquelle elles n'auraient pas adhéré, et de constituer - par elle-même - un très performant instrument d'intégration des dites communautés. Si le musée s'est appliqué, dans sa présentation, à maintenir un certain équilibre entre les différentes religions, l'accent est inévitablement mis sur les rites des communautés les plus importantes. On trouve toutefois, entre autres, des exemples de culte du Nigeria, de l'Afrique occidentale et du Sri Lanka. La troisième galerie porte sur l'histoire religieuse de l'Ecosse occidentale, du paganisme à la chrétienté, et sur les activités missionnaires dans le monde. Enfin, au rez-de-chaussée, dans la cour du musée, on découvre le premier jardin zen permanent en Grande-

Bretagne 9, spécialement créé par l'un des plus grands experts
japonais en la matière, Iasutaro Tanaka. Genèse d'un musée Le Times de Londres, dans un article consacré musée, avait interrogé son conservateur, Mark O'Neill, déclarait: «Glasgow est une société multiculturelle. religion a semblé une façon intéressante d'approcher au qui La le

9

Très apprécié par Ie public: "The mllsellmpresents a very worthy attempt at

"explaining" the 'H'Orld~5 main religions. with many healiti.lÎlI ohjects. PredictahZI' perhaps it is the simp/est of the.\'e and the mos.t nah/ra/ (some rocks and .\'ample plant.v) which is able to bring II.Vcloser to the source. Why is this the on/y Zen garden in Britain? Let~v have many more' " !Le musée constitue une LTès remarquable tentative pour "e:\-pliqucr" les principales religions mondiales, an~ de nombreux beaux objets. Comme on pouvait le pré\'oir. c'est peut-être le plus simple et le plus naturel d'entre eux (...) qui est susceptible de nous conduire le plus près de la source. Pourquoi est-ce le seul jardin zen en Grande-Bretagne? " en faut beaucoup d'autres 'I [171]

13

problème. Notre but est de promouvoir le respect mutuel et la compréhension entre les différentes religions» JO. Glasgow est en effet historiquement une terre d'accueil, vers laquelle ont convergé, à l'époque moderne, des immigrations d'origines fort diverses: Irlandais, Juifs, Italiens, Lithuaniens, Polonais, Indiens, Pakistanais, Chinois.. . Entre 6 et 8 % des 680.000 habitants de Glasgow appartiennent à des minorités religieuses: la ville compte au moins 30.000 musulmans (avec une douzaine de mosquées, la première ayant été ouverte en 1944. La « Grande Mosquée», inaugurée en mai 1984, est l'une des plus importantes d'Europe, susceptible de recevoir 2.000 fidèles) ; elle compte également 10.000 juifs, issus de deux vagues d'immigration, la première fuyant la persécution tsariste en Pologne et en Russie à la fin du 19ème siècle et la seconde les persécutions nazies en Allemagne dans les années 30. La Gamethill Synagogue, la plus ancienne de la ville, remonte à 1879. En plus de ces deux communautés, on recense, entre autres, 10.000 Sikhs, bénéficiant de quatre temples (Gurdwaras ), 6.000 hindous, des Chinois (temples bouddhistes et taoïstes), des Vietnamiens... Encore ce tableau n'est-il pas complet, puisqu'il ne prend pas en compte les Ecossais convertis au Bouddhisme ou à l'islam, ou encore au
Bahaïsme.. .

L'objectif initial du musée n'était toutefois pas celui dont Mark O'Neill se faisait l'écho. A l'origine de l'entreprise se trouve en effet la .Society ofFriends of Glasgow Cathedral [Société des Amis de la Cathédrale de Glasgow] qui, souhaitant construire un « Visitor Center» à proximité immédiate de la cathédrale Saint Mungo, obtint des
10

Ruth Gladhill. "From Mungo lo the Muslims". in The Times. 31 mars 1993

14

subventions de la municipalité (Glasgow City C'ouncil ) ainsi que du Conseil Régional (Strathclyde regional Council) et collecta des fonds auprès de plus de mille donateurs. La somme réunie, bien que considérable (aux alentours d'un million de livres Il), ne fut pas suffisante pour mener à bien l'opération. L'initiative, dont l'intérêt dans le cadre d'un réaménagement du quartier historique de la ville n'était pas niable, fut donc reprise par le City Council. Après des débats très animés fut arrêtée l'idée d'un « Musée de la vie et de l'art religieux », dont la réalisation devait coûter environ cinq millions de livres 12. L'objectif (et les moyens mis en œuvre pour l'atteindre) étaient ambitieux. Nul doute qu'il ne se soit agi, à travers la création d'un musée unique en son genre, d'afficher, après que Glasgow ait été, en 1990, capitale européenne de la culture, le rang auquel aspirait la ville, en Ecosse, en Grande-Bretagne, en Europe et dans le monde. « Il n'y a pas d'autres musées en Grande-Bretagne ou, P9ur autant que nous le sachions, ailleurs dans le monde 13 dont l'objet soit d'explorer la religion simultanément dans ses aspects universels et locaux. La religion a été, pour les artistes, la plus haute des sources d'inspiration et les objets exposés dans la galerie d'art relifieux, qui viennent principalement des réserves du Burrel I , devraient être de la plus haute qualité. Les différents types d'interprétation proposés à travers eux, ainsi que dans les expositions sur l'histoire sociale de la

\1 Environ dix millions de francs. 12Em'iron cinquante millions de francs. 13 Il existe en fait un "Musée des religions. Musée d'ethnographie. d'histoire et d'art religieux", officiellement ouvert en 1986. à Nicolet (Québec). Mais ('inspiration, l'organisation et le fonctionnement en font une entreprise très différente de celle de Glasgow. I~ Important musée de Glasgow.

15

religion, devraient rendre le musée attractif, tant pour un large public local que pour les touristes» 15. L'entreprise fut très soigneusement pensée, comme en atteste l'extrait suivant d'un document préparatoire: « Sa localisation garantira bon nombre de visiteurs au nouveau musée, de sorte qu'il prenne sa place panni les principales attractions de la ville, au même titre que le Burrell, Kelvingrove 16 ou le People~\' Palace 17. Il devra toutefois avoir une identité très claire. Les objets du Burell et le thème retenu devraient être suffisants pour y parvenir. Toutefois, pour s'assurer du résultat, et pour montrer avec quel sérieux ce musée est traité, on pourrait y mettre le tableau de Dali, "Le Christ de Saint-Jean de la Croix". C'est l'un des tableaux religieux les plus mondialement célèbres, et qui a sa place dans l'histoire propre de la ville. Cette œuvre devrait non seulement constituer le point central du musée mais faire lien entre les aspects universels et locaux de l'exposition. Considérant la localisation du bâtiment et le thème retenu, le nom proposé est "Saint Mungo Museum". Ce nom, connu par la population locale, mais sonnant de façon intrigante pour les étrangers, combiné avec le Dali sur l'affiche, devraient établir mondialement et immédiatement l'identité du musée ». Et la signification de ce dernier est cernée et explicitée: « Ce n'est pas une coïncidence si ce projet apparaît à ce moment de l'histoire et à ce moment de l'histoire des musées. Ceux-ci sont en train de jouer un rôle social plus ouvert et ce musée dit au monde et à notre population locale que Glasgow a atteint une maturité nouvelle, en s'intéressant à des problèmes profonds (et parfois difficiles) avec une pleine conscience des relations humaines qui sont impliquées. Ce projet exprime un engagement positif pour accroître la
15Proposal Jor the Developmeflt oI the Cathedral Visitor Centre as a Musellm (~r Religious Art and Hi.~tory. Dactyl., n.d.. n.réf. (Archi\'es du Muséef. p. 2. /6 Musée des Beaux-Arts. "un des plus beallx de Grande-Bretagne. 17 Musée de l'histoire de Glasgow.

16

compréhension mutuelle entre les différentes dénominations et religions et constituera une ressource majeure pour une éducation multiculturelle » 18. Il n'est, à la lecture de ce texte, guère surprenant que des controverses assez violentes aient entouré l'ouverture de ce musée. Elles ne tàisaient jamais que traduire une contradiction initiale difficilement dépassable. Les Amis de la Cathédrale de Glasgow voulaient ouvrir un centre pour les visiteurs de cette cathédrale, un musée s'inscrivant dans le périmètre de celle-ci, exaltant une identité locale et célébrant le passé chrétien de la ville et de l'Ecosse. Les promoteurs du musée s'appliqueront certes à souligner leur fidélité à l'intention originelle, celle-ci étant replacée dans « un contexte nouveau et mondial », pour reprendre une formule de Julian Spalding 19, et débouchant sur « une exposition permanente [en lien] avec les véritables racines de la ville et, en même temps, avec l'humanité tout entière» 20. Le problème est que les tenants de l'inspiration initiale pouvaient se sentir en réalité trahis. Les réactions pointant le musée comme une entreprise à la limite du blasphème en attestent assez. Il n'est d'ailleurs pas neutre que le nom du musée pose problème dans un certain nombre de commentaires. Des visiteurs suggèreront l'abandon de la référence à Saint Mungo, que ce soit pour manifester leur refus d'un patronage chrétien donné à une entreprise ressentie comme une mise en perspective inacceptable du christianisme ou, en sens inverse.

18Proposal ji:lr the Development of the Cathedral Visitor Centre as7he Scottish Museum (~rReligion, Dactyl., n.d.. n.réf. [Archi\'cs du Musée). p. Il 19The Saint Mungo Mllseum ofReligious L!fe and Art, op. cil.. p. 6 20 Proposal for the Development of the Cathedral Visitor ('entre mlhe Scottish Musellm ofReligiol1, Dactyl., n.d.. n.réf. [Archivcs du Muséel. p. Il

17

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.