Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 14,00 €

Téléchargement

Format(s) : PDF

avec DRM

Vous aimerez aussi

INTRODUCTIONEnfant, à l’école, j’étais on ne peut moins intéressé par les enseignements qu’on tentait de m’inculquer. Les cours de littérature étaient mon pire cauchemar. Je me souviens entre autres d’Antoine de Saint-Exupéry et de son œuvre Le Petit Prince. La seule chose qui m’a accroché dans son œuvre se trouvait au début, dans le dessin du mouton qu’il avait griffonné au Petit Prince. Je m’imaginais combien le monde pourrait être merveilleux si seulement quelqu’un pouvait me faire un dessin qui résumerait toute la vie en-tière… Je n’aurais plus rien à apprendre et pourrais enfin passer aux choses sérieuses de la vie… Comme aller jouer dehors à ma guise. En cas de besoin, j’aurais tout simple-ment à regarder mon dessin pour tout comprendre de la vie. À la fin de ma sixième année scolaire, j’avais appris trois autres choses. La première était qu’Antoine de Saint-Exupéry m’avait chargé de lui faire savoir si je rencontrais son Petit Prince. Alors mon cher Antoine, je crois bien l’avoir retrouvé ton Petit Prince et je crois, en plus, que tu vas être servi à merveille.
9
La deuxième chose que j’avais apprise était mon dédain pour la conjugaison des verbes. J’étais fier de cette décou-verte de moi-même et je la croyais être, à l’époque, on ne peut plus fiable et authentique, comme une réplique de moi devant la glace… avec ma grimace. La troisième chose que j’ai apprise se situait dans une autre matière : la religion. Là également, j’avais capitulé devant le portrait de ce Dieu inaccessible qu’on m’a dépeint sous une foule d’angles tous aussi inatteignables les uns que les autres. Puis j’ai eu l’immense bonheur de rencontrer un petit bon-homme très similaire à celui que tu m’avais décrit dans ma jeunesse mais qui avait énormément grandi en sagesse et en grâce, quoique pas trop en taille, depuis le temps où, mon cher Antoine, il était venu à ta rencontre. Il m’a abordé à peu près de la même façon, au lieu de « Dessine-moi un mouton », il m’a dit : « Dessine-moi une lampe ». J’ai éprouvé envers lui le même sentiment d’im-patience que toi. Alors, comme toi, je lui ai griffonné un dessin ; celui d’un chandelier.
10
Je l’ai vu repartir tout content pour me revenir quelques heures plus tard en pleurant. « Qu’est-ce qui ne va pas main-tenant ? » lui ai-je demandé. Il m’a répondu que c’était à cause du dessin que je lui avais remis : il l’avait bien exa-miné et il le trouvait très incomplet et complètement terne. « Que veux-tu que je rajoute à ton dessin ? » lui ai-je de-mandé. C’est alors qu’il s’est assis auprès de moi et, me fixant droit dans les yeux, me rétorqua : « Viens, je vais te raconter ! »