Le taoïsme fengliu

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Fengliu - fûryû en japonais - est une expression chinoise qui signifie "aller avec le vent". Celle-ci désigne un courant informel et libertaire du taoïsme. Le présent ouvrage expose les origines politiques et philosophiques du fengliu. Il en explique l'évolution durant deux millénaires au contact du bouddhisme. L'auteur montre que cet "aller avec le vent", mode de vie poétique et excentrique, est aussi une paradoxale sagesse dont le sens et l'importance dans la culture d'Extrême-Orient sont restés peu connus jusqu'à nos jours.
Publié le : mercredi 1 décembre 2010
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EAN13 : 9782296714229
Nombre de pages : 179
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LE TAOÏSME FENGLIU
Une voie de liberté spirituelle en Extrême-Orient

Ouverture philosophique
Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Susanna LINDBERG, Entre Heidegger et Hegel, 2010. Albert OGOUGBE, Modernité et Christianisme. La question théologico-politique chez Karl Löwith, Carl Schmitt et Hans Blumenberg, 2010. Hervé LE BAUT, Présence de Maurice Merleau-Ponty, 2010. Auguste NSONSISSA, Transdisciplinarité et transversalité épistémo-logiques chez Edgar Morin, 2010. Stéphane KALLA, L’acte de la Perception, Pour une métaphysique de l’espace, 2010. Jules Bourque, L’humour et la philosophie. De Socrate à JeanBaptiste Botul, 2010. Philippe RIVIALE, Heidegger, l’être en son impropriété, 2010. Sylvain PORTIER, Fichte, philosophe du « Non-Moi », 2010. Camilla BEVILACQUA, L’espace intermédiaire ou le rêve cinématographique, 2010. Djibril SAMB, Le Vocabulaire des philosophes africains, 2010. Xavier ZUBIRI, Traité de la réalité, 2010. Marly BULCÃO, Promenade Brésilienne dans la poétique de Gaston Bachelard, 2010. Martin MOSCHELL, Divertissement et consolation Essai sur la société des spectateurs, 2010.

Antoine Marcel

LE TAOÏSME FENGLIU
Une voie de liberté spirituelle en Extrême-Orient

L’Harmattan

Du même auteur
L'Esprit du Bonsaï, Nathan, Paris 1993. Nouvelle édition, revue et corrigée, Les Deux Océans, Paris, 2004. Nan Shan, Recueil de la Colline du Sud, Les Deux Océans, Paris, 1997. Nan Shan, Au Sud des Nuages, Les Deux Océans, Paris, 2001. Nan Shan, Dresser des pierres, planter des bambous – l’art du jardin selon Nan Shan maître jardinier du Zen, Les Deux Océans, Paris, 2002. Carnet Chinois, Arléa, Paris, 2002. L’Inscription chinoise du Zen, Les Deux Océans, Paris, 2004. Le Jardin du lettré, Alternatives, Paris, 2004. L’Appel des grues dans le ciel clair – Éveil, vagabondages et poésie dans la tradition excentrique du taoïsme et du chan, essai, Les Deux Océans, Paris, 2006. Traité de la cabane solitaire, Arléa, Paris, 2006. Zen & Connaissance – vers une écologie spirituelle, Oxus, Paris, 2009. Un monde se lève – le court poème d'éveil, son art et sa philosophie, Accarias-L'Originel, Paris, 2010. Le Sourire du Bouddha – essai sur la Perfection de Sapience, Les Deux Océans, Paris, 2010.

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13622-9 EAN : 9782296136229

SOMMAIRE ____

Introduction ............................................................... 11 Introduction du concept – caractère multiforme du concept – présentation des objectifs du présent ouvrage – perspectives

PREMIÈRE PARTIE: Histoire et philosophie du fengliu Chapitre 1 ................................................................... 15 Origines et histoire du fengliu en Chine – les Classiques du taoïsme – érémitisme dans la Chine antique – la période des Six Dynasties – Qingtan et Xuanxue – Taoyuanming, thème de la retraite du lettré Chapitre 2 .................................................................... 29 Poètes des Tang – Libai, l'Immortel banni sur terre – Baijuyi, le moyen ermite – Wangwei et l'aspiration au retrait – Dufu sur la rive du Long Fleuve – après les Immortels Chapitre 3 ..................................................................... 41 Repli des lettrés à l'avènement des dynasties étrangères: après les Han, sous les Yuan, après les Ming – des Ming aux Qing – évolution de l'idée de fengliu – peintres et écrivains: Shitao, Shuta, Li Yu, Shen Fu Chapitre 4 ..................................................................... 55 Les origines philosophiques du fengliu – une citation du Liezi – le Laozi – le Zhuangzi – citation du Lankâvatâra – poésie, sagesse pénétrante et excentricité – encore le Zhuangzi 7

Chapitre 5 .................................................................... 65 Le naturel – l'homme véritable selon le naturel – l'homme de fengliu – listes et recettes – loisirs philosophiques – les affaires du sexe – Fu le Grand et le courant excentrique – engagement et marginalité Chapitre 6 .................................................................... 75 Le fûryû au Japon de l'Ère Heian – Murasaki Shikibu – Sei Shonagon – Saigyô – Kamo no Chômei Chapitre 7 ..................................................................... 85 De l'Ère Heian à l'Ère Meiji – Ikkyû – Sen no Rikyu – Bashô – Ryôkan Chapitre 8 ..................................................................... 97 Le chan des Song et son esthétisme – les sentiments associés au zen dans l'art – wabi – sabi – yûgen – le fûryû sous l'Ère Meiji – du fengliu au fûryû Chapitre 9 .................................................................... 105 Trois cas modernes – Chögyam Trungpa – la tradition excentrique au Tibet – encore les Mâhasiddha – Drugpa Kunley – le sixième Dalaï-lama – la voie paradoxale – dzogchen – Taisen Deshimaru – le sûtra du Coeur – Alan Watts – éthique et éveil

DEUXIÈME PARTIE: Thèmes du fengliu-fûryû

Chapitre 10 .................................................................. 113 Vivre en poésie – vivre en philosophie – vivre en éveil – des animés et de la voie – la Source des Pêchers

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Chapitre 11 .................................................................. 121 Fengliu et art de vivre – Shen Fu – Li Yu et la science joyeuse du quotidien – aspects concrets et philosophie de l'existence Chapitre 12 .................................................................. 129 Le vin en Chine – histoire du vin en Chine – tradition orientale et tradition occidentale – vin et poésie – philosophie du vin – vin, taoïsme et chan – vin et fengliu – le vin jusqu'à nos jours Chapitre 13 .................................................................. 137 Des fondements de la morale – la sexualité chinoise au cours de l'histoire – le fangzhong shu – les manuels – sexualité taoïste Chapitre 14 .................................................................. 147 Fengliu et art de la chambre à coucher – qigong – gongfu – de la maison au monde des courtisanes – le monde des saules et des fleurs – un poème de Li Shangyin Chapitre 15 .................................................................. 157 Ukiyo, le monde flottant – les ukiyo-e – Libai – Ukiyo monogatari – impermanence bouddhiste et monde flottant – fusheng, fushi – le sûtra du diamant – les berges de la Sumida – le fûryû dans un monde qui change Chapitre 16 .................................................................. 165 Partir avec le vent – xiaoyaoyou, voyager librement – encore le Zhuangzi – randonnées mystiques – poésie – itinérances, dérives, vagabondages Épilogue ....................................................................... 173 Glossaire ...................................................................... 177 9

Introduction ____

Aller avec le vent, voilà la proposition poétique qu'entend investiguer et poursuivre cet ouvrage. Fengliu, « aller avec le vent », tel est le style de vie qu'adoptèrent en Extrême-Orient – Chine, Corée, Japon – nombre de lettrés, de moines excentriques, de peintres et de poètes, de l'antiquité à nos jours. Inspirés par un puissant désir de liberté spirituelle, ces hommes, comme ils le purent, vécurent leur ivresse d'éveil en vagabonds, en fou-poètes, tantôt en solitaires, dans des ermitages de montagne, près d'un temple zen, tantôt en compagnie d'amoureuses, de courtisanes du monde des saules et des fleurs. Bohème, dandysme, existentialisme, les références qui sont les nôtres, pour appréhender l'esprit créatif et libertaire du fengliu sont maladroites, inadéquates et insuffisantes. La philosophie du fengliu, qui est aussi un art de vivre tout imprégné de taoïsme, est apparue en Chine au cinquième siècle et n'a cessé, depuis, d'exercer son influence sur la culture chinoise, puis japonaise. Libertaire et libertine, elle constitue un important contrepoint aux austères valeurs confucéennes face auxquelles elle apparaît comme une façon d'épicurisme, un ascétisme de bon vivant. L'idée de fengliu s'origine dans le taoïsme philosophique du Laozi et du Zhuangzi, classiques dans 11

lesquels l'écoulement spontané de l'eau est une métaphore du grand Tao. Dans le fengliu, en l'occurrence, c'est le souffle plus inconstant et capricieux du vent qui sert de modèle à l'insaisissable. 风 fengliu, « aller avec le vent », est une expression composée de deux caractères chinois dont le premier signifie vent, et le second – qui comporte la clef de l'eau et celle du fleuve1 – couler, s'écouler. Un dictionnaire de la langue chinoise, de nos jours, pour traduire fengliu donne en général deux sens distincts. Le premier sens est remarquable et élégant, le deuxième est léger, licencieux. Quant au terme fûryû, si l'on s'accorde au Japon pour dire qu'il signifie "beau", son sens reste insaisissable – l'ouvrage qui suit va tenter de montrer pourquoi et comment. Il s'agit là de sens évolués, mutés au cours de l'histoire, car à l'origine la métaphore désignait la transmission et l'influence du tao – feng signifie aussi "méthode" – des anciens. C'est en effet une vie conforme au tao de Laozi et de Zhuangzi que le poète Taoyuanming (365-427) se proposa de retrouver en retournant vivre aux champs. Fengliu, alors, désigna un style de vie solitaire, simple et poétique, visant un accord serein avec le cours des choses. Le caractère feng, vent, que l'on retrouve dans fengshui, mot passé tel quel dans notre langage, ou fengjing, « paysage », désigne non seulement le vent mais l'atmosphère et ses changements, l'incessante mutation du ciel et son écho dans le cœur de l'homme. Feng, c'est aussi les brumes flottantes de la peinture de paysages
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氵est la clef de l'eau, 川 celle de rivière, fleuve. Fengliu s'écrit en caractères anciens (non simplifiés) 風流. 12

montagnes et eaux, lien manifeste entre le vide du ciel et la forme des dix mille phénomènes, le signe, en somme, de l'apparaître de l'être-temps. Ainsi, aller avec le vent est la philosophie d'une résonance intime et joyeuse avec l'émergence des dix mille choses, un art de se mettre au diapason de ce qui est, un art de vivre très pragmatique, au plus près des différents aspects très concrets d'une existence vécue pour de vrai, au jour le jour. Au cours des siècles, cependant, des Song aux Qing, de Heian à Meiji, usé par les références, se copiant et se caricaturant luimême, cet art de vivre s'est transformé au point de devenir peu à peu, malgré des périodes de renouveau, une simple mode affectée et creuse. En littérature on trouve l'influence de la poétique philosophique du fengliu dans des formes aussi diverses que le carnet secret, les notes de chevet, dans les recueils de recettes de vie heureuse, les carnets de voyage et même certains romans érotiques. Au Japon le sens de l'expression a continué d'évoluer, au contact de la culture bouddhiste japonaise très imprégnée du sentiment de l'éphémère, il s'est nuancé, puis s'est édulcoré aussi, au point d'être simplement employé pour 雅 miyabi, qui signifie « élégance raffinée ». L'investigation que nous allons entreprendre, cependant, montrera que dès lors que l'on en a bien vu les racines originelles fortement ancrées dans le confucianisme, puis le taoïsme et le bouddhisme chan, les diverses acceptions de l'expression aller avec le vent procèdent d'un même substrat philosophique, et présentent une cohérence qui échappe à toute appréhension extérieure par trop formelle ou académique. Comme il en est dans l'école chan/zen, on est ici au-delà des écritures, dans la tradition d'une transmission de cœur à cœur, dont le véritable sens ne peut se situer que dans un vécu. 13

Pour nous, Occidentaux, cette recherche d'un parfait réglage de tout ce qui constitue réellement l'existence, la nourriture, le sexe, la toilette, l'habillement, l'aménagement de maisons et jardins, a quelque chose de rafraîchissant, car que la vérité de la vie soit dans la vie et non au monde des idées – Platon, Kant – ou dans celle d'un dieu créateur, ne nous est pas si habituel. Que liberté spirituelle et libertinage soient en profond accord ne l'est pas non plus. La culture du fengliu, avec laquelle nous avons souvent été en contact, sans le savoir, à travers la poésie Tang, les romans érotiques, la peinture, les estampes du monde flottant et le cinéma d'Extrême-Orient, nous allons en examiner la formation et l'histoire, tentant d'en comprendre les véritables enjeux non seulement philosophiques mais vitaux.

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PREMIÈRE PARTIE Histoire et philosophie du fengliu

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Origines et histoire du fengliu en Chine – les Classiques du taoïsme – érémitisme dans la Chine antique – souffle et vent – la période des Six Dynasties – Qingtan et Xuanxue – Taoyuanming, thème de la retraite du lettré

Les racines de la philosophie fengliu sont profondes, elles se perdent dans la nuit des temps.2 On peut les reconnaître, déjà, aux temps mythiques de l'Empereur Jaune, quelque trois mille ans avant JésusChrist, qui pour conseillers avait deux ermites baroques, ainsi que, pour l'initier aux choses du sexe, Xuan-nu, la Fille aux cheveux de jais. Dès la plus haute antiquité chinoise, en effet, zhen ren ziran 真人自然, "l'homme véritable selon le naturel",
Le terme philosophie, sans doute, est impropre, surtout si on ne l'entend pas au sens étymologique et antique. Mais tout au long de cet ouvrage nous devrons approcher tant que possible des réalités étrangères à notre vocabulaire, malgré tout grâce à lui. Une référence mesurée aux caractères chinois servira parfois de point d'accroche pour nous hisser vers les représentations, les concepts d'une pensée autre.
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constituait une figure idéale, puissante et fondatrice, à laquelle, par la suite, les sages de Chine tout au long de l'histoire n'ont cessé de se référer. Il faut, par ailleurs, songer que dans l'Empire du Milieu l'histoire est considérée comme un long déclin; ainsi le naturel, critère ultime, se présente-t-il toujours comme un retour, la véritable connaissance comme une nouvelle façon d'entendre le message des Classiques, la Voie authentique comme une redécouverte de celle des Anciens. Les Annales des Hommes Éminents3, ainsi, relatent la vie de ces hommes qui pratiquaient une réclusion destinée à concentrer en eux-mêmes les vertus efficientes du cosmos tout entier, car ce n'est qu'en vivant retiré que l'homme, comme les rochers, les arbres ou les animaux sauvages, peut développer les propriétés les plus remarquables de sa nature-propre, sa nature profonde. Dans la réclusion, l'homme développe non seulement sa puissance vitale, mais il obtient pureté et intégrité qui sont aussi sagesse compréhensive. Il est alors à même d'interpréter les signes, de prévoir l'évolution naturelle des situations. C'est donc ce qui motivait le vif intérêt que l'empereur, incarnation du Ciel sur terre, portait aux ermites, et pourquoi il tenait à en faire ses conseillers. Le mot ermite, qui suscite en nous toute une imagerie caractérisée, spécifiquement chrétienne et occidentale, ne doit pas nous tromper. L'ermite chinois est aussi un héritier du sorcier-chaman; l'orientation de sa vie, plutôt que d'être comprise comme de nature essentiellement contemplative ou religieuse, doit être pensée dans son contexte, selon d'autres catégories, les concepts de préoccupations qui nous sont en partie

Annales des Hommes Éminents: le Gaoshi Zhuan de Huangfu Mi (3ème siècle).

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étrangères. L'une d'elle, au moins, commence cependant à nous être familière en Occident, le 气 qi, ou souffle.4 « Une partie de ce qui composera la notion de 氣 qi préexiste au caractère ou – du moins – à l'extension de sens du caractère. Ainsi, 風 feng, vent – caractère bien attesté sur les inscriptions oraculaires (甲骨文 jia gu wen) et présent dans les textes les plus anciens – exprime anciennement ce qui sera plus tard compris dans la notion de 氣 qi. (...) Le vent, qui représente comme ouragan la violence de la nature, est l'image de la force, mais aussi de ce qui circule et apporte ses influences déterminantes, non seulement sur le plan physique mais aussi moral ou comportemental. »5 Au printemps, la douceur du vent d'est fait éclore les fleurs, elle reverdit les vieilles souches. Pour exprimer cette puissance génératrice, qui est aussi une puissance de destruction et de mort, on parle donc de qi. Nourrir son souffle, ainsi, c'est s'accorder corps et esprit au principe premier, celui qui anime terre et ciel, les dix mille êtres. Aussi dérivés et évolués que seront par la suite les sens de fengliu-fûryû, "aller avec le vent", surtout dans le Japon moderne où fûryû tend à devenir un simple critère de bon goût, pour être au plus près de cette notion que l'on a dite insaisissable, ou compréhensible uniquement ishin denshin 以心伝心,"de cœur à cœur", il
Voir François Jullien, Nourrir sa vie – À l'écart du bonheur, dont le titre quelque peu provoquant tend sans doute à interloquer notre système de valeurs. Nourrir sa vie – À l'écart du bonheur, Paris, Seuil, 2005. 5 Élisabeth Rochat de la Vallée, Éléments de cosmologie chinoise, page 159 de Aperçus de civilisation chinoise, Les dossiers du Grand Ricci, Paris, Desclée de Brouwer – Institut Ricci, 2003.
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