Le taux d'intérêt dans un système financier islamique

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Face à la crise financière actuelle, les banquiers et les gouvernements occidentaux voient dans la finance islamique une solution pour l'éviter ou mieux y résister. L'une des particularités de la banque et de la finance islamiques est l'absence de taux d'intérêts : il est qualifié de Riba (usure) en Islam et donc prohibé par le Coran. Ce livre explique les théories de l'intérêt en économie et dans différentes religions et les alternatives proposées par l'Islam.
Publié le : mercredi 1 septembre 2010
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EAN13 : 9782296261112
Nombre de pages : 123
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SIGLES ET GLOSSAIRE

Ayat : Verset coranique B.I. : Banque Islamique B.I.D. : Banque Islamique de Développement Charria : Lois coraniques régissant la vie des musulmans Coran : Le Livre Saint chez les musulmans D.M.I. : Dar Al Maal Al Islami Figh : Ensemble de la jurisprudence islamique Gharar : Jeu de hasard Hadith : Les paroles et les actes du Prophète Mohammad (PSL) Hiyal : Ruses Idjma : L’unanimité de l’ensemble des docteurs musulmans Ijtihad : Littéralement « le fait de se donner de la peine ». En droit islamique le terme technique pour indiquer d’abord l’usage du raisonnement individuel et ensuite, dans un sens plus restreint l’utilisation de la méthode du raisonnement (via Coran, Hadith, Idjma et intellect), pour déterminer les qualifications légales (règles religieuses) en l’absence de textes formels ou d’indices probants. O.C.I. : Organisation de la Conférence Islamique P.L.S.: Profit and Loss Sharing P.P.P. : Partage du Profit et de la Perte Riba : L’usure Sourate : Chapitre coranique Sunna : La tradition rapportant les actes ou les paroles du Prophète, ou son approbation tacite de paroles prononcées ou d’actes effectués en sa présence. Ulemas : Savants Umma : La nation ou la communauté musulmane Zakat : Impôt islamique, (est analogue à certains égards à la dîme catholique) qui signifie la purification.

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INTRODUCTION

Dans ce livre, nous allons rappeler les grandes lignes du développement de la théorie économique dans son attitude à l’égard de l’intérêt pour montrer à la fois son imprécision et le caractère non définitif du débat ouvert dès la plus haute Antiquité, et qui reste encore ouvert à notre époque. Le taux d’intérêt est aussi vieux que le monde. Il était utilisé par les civilisations les plus reculées. Il l’est encore de nos jours. Il a été combattu par les philosophes et les religieux, mais il a existé. Ce n’est qu’à partir du XVIIème siècle que les économistes se sont intéressés à expliquer, justifier et élaborer les théories sur le taux d’intérêt « d’où que l’on parte en effet, de la consommation et la production, des revenus ou du capital, des phénomènes réels ou des phénomènes monétaires, il est impossible de ne pas voir tous les raisonnements, toutes les hypothèses, toutes les analyses achoppées à ce phénomène complexe qu’est le taux d’intérêt. »1 L’évolution de la question de l’intérêt dans l’Histoire : Le phénomène de l'intérêt n'a cessé de soulever d'innombrables controverses depuis les temps les plus reculés, tant il mêle des principes d'éthique, des préceptes politiques, des analyses scientifiques et économiques. Les prescriptions à son sujet ont varié mais toutes les religions du livre (judaïsme, christianisme et islam) l'ont condamné au moins à certaines époques. En effet, depuis la très haute Antiquité et jusqu’à nos jours, la question de l’usure a attiré l’attention des plus grands auteurs : philosophes, historiens, théologiens, moralistes, juristes et économistes, sans que l’on ait, pour autant, abouti à une solution satisfaisante pour l’ensemble des tendances et des familles de pensée. Voilà ce que nous dit Allais sur l’importance et la difficulté de la
Cotta Alain, Taux d’intérêt, plus value et épargne en France, PUF, Paris, 1976, P. 8.
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théorie de l’intérêt du capital : « Les penseurs les plus pénétrants et les plus subtils de la science économique, parmi lesquels il faut placer au premier rang E. Von Böhm-Bawerk, I. Fisher et J.M. Keynes, se sont efforcés depuis plus de deux siècles de résoudre le problème de l’intérêt, mais malgré la diversité des méthodes utilisées, on doit constater que le trouble reste dans les esprits et qu’aucune théorie ne s’est encore définitivement imposée. Les difficultés présentées par le problème de l’intérêt n’ont cessé d’apparaître plus grandes, à mesure que son analyse devenait plus approfondie. »2 On peut cependant constater dans le développement de la question de l’intérêt du capital, une certaine évolution en trois grandes étapes : D’abord une très longue période historique qui va de l’Antiquité jusqu’au milieu du XIIème siècle. Au cours de cette période, le principe du prêt à intérêt était prohibé et critiqué, principalement par un grand nombre de philosophes et théologiens. La deuxième phase part du milieu du XIIème siècle jusqu’au milieu du XVème siècle. Cette période était caractérisée par la prospérité du commerce et l’accroissement du pouvoir des hommes d’affaires par rapport au pouvoir ecclésiastique, ce qui a entraîné des exceptions ainsi que des entorses au principe de l’interdiction. Puis, avec l’avènement du capitalisme et tout au long de son développement, l’intérêt a trouvé chez la plupart des théoriciens, des réformateurs et des économistes justification, appui et parfois même apologie. Pour que la synthèse que nous entendons tirer de ce travail soit complète, on ne doit pas s’arrêter seulement à ce qui, dans notre esprit, forme le but essentiel de notre recherche : la question du prêt à intérêt et l’usure, confrontée à cet égard au point de vue de l’Islam et celui de la chrétienté, il faut
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Allais. M, Economie et intérêt, Tome I, Imprimerie Nationale, Paris 1947, P. 15.

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