Les chrétiens face aux valeurs sociales et éthiques dans la société congolaise

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Ce livre se présente comme un plaidoyer pour les valeurs éthiques au sein de la société congolaise contemporaine, laquelle n'a pas encore trouvé l'équilibre entre les valeurs venant de la tradition, les éléments de la culture moderne de type occidental et le message chrétien. En vue de l'élaboration "d'une charte des valeurs", l'auteur revisite le fonds culturel bantou, pour y trouver ce qu'il faut articuler avec le message chrétien.
Publié le : vendredi 1 février 2013
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EAN13 : 9782296530089
Nombre de pages : 142
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Les chrétiens
Les chrétiens face aux valeurs
face aux valeurs
sociales et éthiques sociales et éthiques
COLLECTION
dans la société CROIRE ET SAVOIR dans la société
EN AFRIQUE congolaise
dirigée par congolaise
Benjamin Sombel Sarr
et Claver Boundja Le présent ouvrage se présente comme
un plaidoyer pour les valeurs éthiques Andely-Beeve
au sein de la société congolaise
contemporaine, laquelle n’a pas encore
trouvé l’équilibre entre les valeurs
venant de la tradition, les éléments de
la culture moderne de type occidental
et le message chrétien. En vue de
l’élaboration d’« une charte des valeurs »,
Andely-Beeve revisite, à nouveaux frais, Préface de Monseigneur
le fonds culturel bantou, pour y trouver Anatole Milandou
ce qu’il faut articuler avec le message
chrétien.
Andely-Beeve, titulaire d’un diplôme d’études
approfondies en droit public (Paris II Sorbonne),
est un ancien ministre. Mfumu A Nsiè consacré
de la principauté traditionnelle Amaya (Congo
Brazzaville), il a béné cié, en outre, d’une
formation de deux ans à l’École catholique
de la Foi de Fribourg (Suisse). Son éducation
multidisciplinaire rejaillit dans cet ouvrage.
ISBN : 978-2-336-00862-2
9 7 8 2 3 3 6 0 0 8 6 2 214 €
Andely-Beeve
Les chrétiens face aux valeurs sociales et éthiques dans la société congolaise








Les chrétiens
face aux valeurs sociales et éthiques
dans la société congolaise


Collection « Croire et savoir »

Dirigée par Benjamin SOMBEL SARR et Claver BOUNDJA


Cette collection veut être un lieu d’analyse du phénomène
religieux en Afrique dans ses articulations avec le social, le
politique et l’économique. L’analyse du phénomène religieux,
ne saurait occulter les impacts des conflits religieux dans la
désarticulation des sociétés africaines, ni ignorer par ailleurs
l’implication des religions dans la résolution des conflits
sociaux et politiques. L’approche religieuse plurielle de cette
collection a comme objectif d’une part, d’étudier les phéno-
mènes religieux à l’œuvre dans les sociétés africaines dans leurs
articulations avec les grandes questions de société, et d’autre
part de procéder à une étude scientifique et critique de la
religion dans le contexte africain. Elle essaiera de déceler dans
la religion non ce qui endort le peuple, mais les énergies
créatrices et novatrices capables de mettre l’Afrique debout.
Ainsi veut-elle montrer que si la religion peut être un frein au
développement, elle est aussi acteur de développement. Le
relèvement de l’Afrique doit se fonder sur des valeurs, et la
religion est créatrice et fondatrice de valeurs.

Andely-Beeve










Les chrétiens
face aux valeurs sociales et éthiques
dans la société congolaise


Préface de Monseigneur Anatole Milandou

































































































































































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00862-2
EAN : 9782336008622





« Que DIEU me donne de parler comme je l’entends et de
concevoir des pensées dignes des dons reçus, parce qu’Il
est lui-même et le guide de la Sagesse et le directeur des
sages ; nous sommes en effet dans sa main, et nous et nos
paroles, et toute intelligence et tout savoir pratique. »
Sg.7, 15-17


Préface

Cet ouvrage se présente comme un plaidoyer pour les
valeurs éthiques au sein de la société congolaise
contemporaine. Un tel plaidoyer entend saisir le devenir
de la société congolaise pour l’ouvrir et la faire éclater à sa
propre réalité. Cette réalité consiste en ceci : la société
congolaise, en toutes ses modalités, s’est éloignée des
références morales des traditions bantoues, et elle se
trouve encore à mille lieues de l’idéal de vie chrétienne.
Les valeurs éthiques semblent s’être retirées, non pas de
manière accidentelle, mais parce que toutes les facettes de
la vie sociale semblent converger vers un tel retrait.
Andely-Beeve dresse ainsi le portrait d’une société en
crise. Cette crise se caractérise par la vacance d’un idéal
collectif, le refus de tout questionnement originaire vers
les fondations, l’incapacité de transcrire les valeurs
chrétiennes dans le vécu quotidien. Pour mener au jour les
racines de cette crise, il analyse la traite négrière, la
période de la pénétration coloniale, les circonstances de
l’évangélisation de l’Afrique, et la période des
indépendances des pays africains.

Andely-Beeve parle précisément de la dépravation des
mœurs, qui se manifeste par la perte du sens de la parole
donnée, l’oubli collectif du fond originel qui constitue et
rassemble en un seul peuple, la généralisation des
antivaleurs. Il s’agit d’une tombée en décadence, d’une
déchéance. Cette déchéance est d’abord un déplacement
d’un niveau supérieur vers un niveau inférieur, du
glissement de la société congolaise loin de son essence
bantoue pour végéter dans les eaux stagnantes des
antivaleurs. Cette déchéance est ensuite une perte
d’équilibre. L’équilibre est l’unique sol de crédibilité et de
stabilité d’une société. La société congolaise n’a pas
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encore trouvé l’équilibre entre les valeurs venant de la
tradition, les éléments de la culture moderne de type
occidental, et le message chrétien. Le trait essentiel de
l’équilibre est la mesure. Il y a la mesure dans une société
quand chacun, se tenant en son lieu propre sans
outrepasser les limites de ses attributions et sans glisser
vers la plate uniformité, travaille à l’harmonie de
l’ensemble. La mesure advient au lieu et au moment où
une communauté humaine, dépassant l’immédiateté
première de la vie, vient éprouver la résistance du monde
pour y tisser la toile de son histoire.

Dans la mesure où la société congolaise est à majorité
chrétienne, c’est dans le christianisme qu’elle doit trouver
l’inspiration et les énergies nécessaires à son renouveau ;
c’est avec les ressources du message chrétien qu’elle doit
dresser sa table. Il faut donc visiter, à nouveaux frais, le
fonds culturel bantou, pour y trouver ce qu’il faut articuler
avec le message chrétien, en vue de l’élaboration d’une
« charte des valeurs », susceptible de guider la société
congolaise. Dans le langage chrétien, il s’agit d’une
nouvelle évangélisation en profondeur.

Evangéliser en profondeur, c’est faire du message
évangélique l’élément essentiel qui innerve toutes les
dimensions de la vie d’un peuple. Le fait historique de la
Bible, tel que l’ont connu ses contemporains, avait un sens
pour eux, dans leur situation marquée par le judaïsme et
ses attentes, et ils l’ont exprimé dans un certain langage. A
partir de la situation congolaise actuelle, ce sens doit être à
nouveau exprimé, de sorte qu’il puisse faire sens.
Evangéliser le Congo en profondeur consistera à dire
Dieu, à exprimer Jésus-Christ à partir des attentes des
congolais. Cela est rendu possible par le fait que dans la
personne de Jésus-Christ, Dieu se manifeste, s’interprète,
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s’auto-communique de façon pleinement humaine et
dévoile l’être humain dans sa dimension divine. Dieu
assume et accomplit l’humain, de sorte que la vocation de
l’homme est désormais de devenir divinement humain, car
c’est en Dieu et par Dieu que l’homme s’accomplit.

Dans la logique et la perspective de l’Incarnation, il est
possible que le donné révélé épouse le sens profond, le
principe vital, l’esprit de la culture bantoue, en élimine les
scories et les distorsions, et le mène à son ultime
signification. De même, les valeurs culturelles bantoues,
par et dans leur signification, deviennent des lieux de
saisie nouvelle du donné révélé. En tant que langage
propre à une culture, elles peuvent permettre la découverte
d’une nouvelle dimension du sens du donné révélé. Ainsi,
du vieux, l’on tire du neuf, car le sens de la parole de Dieu
est inépuisable. Et infinie est la quête des valeurs qui
habite le cœur et les cultures humaines.


Monseigneur Anatole Milandou
Archevêque de Brazzaville



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I. Le constat


Lorsque les congolais abordent la question des valeurs
éthiques de leur société, ils relèvent, pour la plupart, trois
maux essentiels : la dépravation des mœurs, la
déliquescence de la famille, la corruption généralisée de
leur société. Tout en faisant le même constat, les chrétiens
insistent sur le deuxième volet, à savoir la déliquescence
de la famille.

I.1. La dépravation des mœurs

La femme et l’homme congolais sont plongés dans une
crise profonde de mœurs. Le trait caractéristique de cette
crise, dans cette civilisation de l’oralité, en est la perte du
sens de la parole donnée, alors que, dans la civilisation
bantoue, la parole de l’homme c’est l’homme lui-même.
En sus de cette perte de sa personnalité, le congolais a
désormais comme une mémoire lessivée, courte. Tout est
conçu, vécu pour l’aujourd’hui, et uniquement pour
l’aujourd’hui. Devant les difficultés sociales et
environnementales qui l’accablent et abrègent sa vie, le
congolais manifeste la tendance à vivre au jour le jour, le
plus possible, croyant que tout est permis.
Cette tendance au libertinage s’est renforcée avec le
développement de l’exploitation pétrolière. Seule une
fraction du peuple en bénéficie ; le gain de l’argent facile a
largement accéléré l’altération des mœurs. Les guerres
civiles successives ont fini par ébranler l’Etat, laissant
libre cours aux pillages systématisés et aux violations
graves des droits de l’homme. La dignité de l’homme a été
ainsi gravement bafouée. Les antivaleurs se sont
généralisées. Des meneurs et chefs de milice sont adulés et
même financés de manière occulte par l’Etat ; des pillards
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