Les impératifs de Dieu

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Dans la Bible, il arrive plus d'une fois que Dieu parle à l'impératif : Va, Viens, Reviens... Une quinzaine de ces impératifs sont commentés dans ce livre, qui nous les fait découvrir et approfondir à la lumière des grands auteurs, des papes et des Pères du désert. Ces textes sont issus de conférences données lors de retraites prêchées dans divers monastères de moniales.
Publié le : jeudi 15 octobre 2015
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EAN13 : 9782336393872
Nombre de pages : 158
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Fr. Étîenne Goutagny moîne de Notre-Dame de Cïteaux
Les impératifs de Dieu
Série Études
Les impératifs de Dieu
Religions et Spiritualité Collection fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l’Université de Paris XII, dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse, Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain.La collectionReligions et Spiritualitérassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue interreligieux. Derniers titres parus: Francis Weill,Judaïsme, christianisme, islam : lire la Bible après la Shoah, 2015.Jean-Paul Le Guillou,Saint Yves de Tréguier : l’enquête de canonisation. Préface de Mgr Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, 2015.Philippe Beitia,Le sens de l’épreuve chez sainte Thérèse d’Avila, 2015.Hidulphe Bilali Bonazebi,Défense des droits subjectifs des fidèles : équité et légalité au canon 221 CIC 83. Préface de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, 2015. Jean Reaidy,Naissance mystique et divinisation de l’homme intérieur chez Maître Eckhart et Michel Henry. Préface de Marie-Anne Vannier, 2015.Christian Gallot,Un maître d’autrefois : Monseigneur Jean Calvet (1874-1965), recteur émérite de l’Institut Catholique de Paris. Préface de Mgr Philippe Bordeyne, recteur de l’Institut Catholique de Paris, 2015. François et Michèle Guy,Un couple au service de la vie. Entretiens avec Gilles-Marie Moreau, préface de Mgr Guy de Kerimel, postface du P. Patrick Gaso, 2015. Jean-Marie Vernier,De l’homme à Dieu et retour : propédeutique à la foi chrétienne, 2015. Jacques-Yves Pertin,Justice et gouvernement dans l’Eglise d’après le Registrum Epistularum de saint Grégoire le Grand, 2015. Robert Culat,Méditations bibliques sur les animaux, 2015.Stanislas Longonga,Saint Paul, un apôtre contre les femmes ?, 2015. Han Hyung-Mo,Déconstruction d’une image de Jésus : l’historicité et la nature, 2015. Philippe Beitia,Pour vivre son couple dans la foi, 2014. Jacques Assanvo Ahiwa,Jésus et la maladie dans l’évangile de Jean. Préface de Michèle Morgen, 2014.Rodolphe de Borchgrave,De veritate : vérité et langages de la foi, 2014.
Fr. Etienne GOUTAGNY, moine de N.-D. de CîteauxLes impératifs de Dieu
Du même auteur, dans la même collection : La manne du désert : petit dictionnaire des noms communs bibliques à la lumière des Pères du désert, 2014.Magnificat, un itinéraire monastique.Préface de dom Olivier Quenardel, abbé de Cîteaux,2011. Cisterciens dans les guerres : l’abbaye Notre-Dame des Dombes en 1870-1871, 1914-1918, 1939-1945, 2006. Cisterciens en Dombes (1859-2001), 2004.© L'HARM ATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07609-6 EAN : 9782343076096
Introduction : à l’écoute de l’Esprit Les pages de ce livre sont issues de conférences données dans divers monastères de moniales pour leur retraite annuelle. C’est pourquoi le lecteur pourra le lire et le méditer comme s’il était lui-même un retraitant. Tu septiformis munereEsprit aux sept donsDextrae Dei tu digitusDoigt de la main du Très-HautTu rite promissumDonne-nous l'impulsion PatrispromiseSermone ditans gutturapour parler droitement.Quelle belle prière pour un prédicateur qui commence une retraite ! Nous pourrions nous arrêter à ces sept dons de l'Esprit et à ce doigt de la main du Père. Comment faire une bonne retraite ? Pour faire une bonne retraite il faut trois éléments : un sujet, un verbe et un complément... comme pour une phrase en bon français d'autrefois... Il faut un sujet (celui ou celle qui fait sa retraite), un verbe (le Saint-Esprit, le Verbe) et un complément (le prédicateur). Pour le sujet, il y a la préparation lointaine. Dès que les dates sont connues, on prépare son cœur par la prière ; on organise son travail pour être plus libre lorsque le moment sera venu. Pendant la retraite, il faut savoir renvoyer à plus tard ce qui n'est pas urgent, soulager de leurs travaux ceux qui sont obligés de travailler même ces jours-là (cuisine, réfectoire, etc...)
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Une retraite est toujours un passage du Seigneur : ne le laissons pas passer à notre porte sans l'inviter à entrer comme à Emmaüs. Si la chambre de notre cœur est un peu encombrée, sachons faire le vide pour accueillir Jésus, comme Marie à Béthanie. J'imagine qu'il n'y avait pas grand-chose dans la pièce : deux nattes, l'une pour Jésus, l'autre pour Marie, assise à ses pieds, les mains ouvertes, le cœur ouvert et écoutant sa Parole. N'arrivons pas à la retraite avec un cœur blasé, endurci, calleux, en disant :Une de plus ! et après, ce sera comme avant !Non, non, ce ne sera jamais comme avant : ou bien nous ouvrons notre porte pour accueillir Jésus et alors nous aurons la joie de l'avoir reçu (pensons à Zachée), ou bien nous le laissons passer son chemin et nous aurons un petit pincement au cœur de n'avoir pas allumé une petite lumière dans la nuit pour lui faire signe qu'il pouvait entrer ; c'est Jean XXIII qui avait noté cette coutume en Bulgarie. Je vous avoue que j'accueille toujours le temps de la retraite avec beaucoup de joie. Dom Ignace Gillet, qui fut mon Père-Maître, nous encourageait à prendre des notes, et des notes que nous aurons beaucoup de plaisir à lire et à relire lors d'une journée de désert. Pour cela, bien sûr, il faut pouvoir se relire... ce n'est pas donné à tous. C'est lui aussi qui m'a dit, un jour, quand j'étais novice, qu'on pouvait dire que c'était une bonne retraite quand les effets de la retraite se faisaient encore sentir trois semaines plus tard. Sur le moment, je fus surpris, mais je crois qu'il n'avait pas tout-à-fait tort. Je reprends tout cela à la manière de Guy Gilbert : Si tu dis : encore une retraite, une de plus, à quoi bon ? La retraite, c'est raté ! Si tu dis : à mon âge, on ne change plus. La retraite, c'est raté !
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Si tu dis : lalectio divina, c'est pour les autres, pas pour moi. La retraite, c'est raté ! Si tu dis : la délicatesse dans l'obéissance, c'est bon quand on est novice, mais quand on est adulte, il ne faut pas pousser... La retraite, c'est raté ! Mais si tu dis : le Saint-Esprit est dans mon cœur et va m'aider. Alors, la retraite, c'est gagné ! Si tu dis : j'en profite pour me réconcilier avec mon frère Untel. Alors, la retraite, c'est gagné ! Si tu dis : au lieu de prendre la petite voie de garage, désormais je serai davantage en communauté. Alors, la retraite, c'est gagné ! Si tu dis : je vais m'arranger pour faire tous les jours un moment delectio divina, de vraielectio divina. Alors, la retraite, c'est gagné ! Si tu dis : je me lèverai et j'irai voir de temps en temps mon Abbé. Alors, la retraite, c'est gagné ! Et si, durant toute l'année, jusqu'à la prochaine retraite, tu demandes à Jésus d'ôter la pierre pour que jaillisse la prière. Alors ta retraite illuminera toute ton année ! Deuxième élément pour faire une bonne retraite : le Saint-Esprit. Il est toujours là au fond de notre cœur depuis notre baptême et si nous savons l'écouter, il nous suggérera de bonnes choses : ce qu'il faut changer, modifier, arranger, pour plaire davantage à Jésus ; il ne doit pas être leDivin méconnu (titre d'un livre de Mgr Landrieux). Quant au prédicateur, qu'il soit grand orateur, mystique de haut vol, ou plutôt "au ras des pâquerettes", il est l'instrument choisi par Dieu pour porter sa Parole. Vivons cela dans la foi. Je ne sais si vous connaissez ce bon mot du Saint Curé d'Ars. Un jour qu'il faisait l'éloge d'un prêtre qu'il estimait, il disait, dans son langage imagé et pittoresque, qu'il y avait en lui de l'hirondelle et de l'aigle.
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- Et en vous, Monsieur le Curé, qu'y a-t-il ? lui demande quelqu'un. - Oh ! ce qu'il a en moi. On s'est servi pour former le Curé d'Ars d'une oie, d'une dinde et d'une écrevisse. Je me reconnais très proche du Saint Curé d'Ars sur ce point. Le prédicateur fait ce qu'il peut, mais il peut peu ; l'Esprit-Saint, lui, peut tout. Laissons-le agir en nous durant cette retraite. Rappelez-vous le premier discours de Pierre dans les Actes ; il n'avait pas eu le temps de le préparer. C'est le Saint-Esprit qui lui a tout soufflé, et les auditeurs eurent le cœur transpercé. Je garde devant les yeux ces paroles du Père Albert Peyriguère : Faites attention qu'avec vous, ce ne soit pas, au service de l'Eglise, un apôtre de plus qui parle simplement du Christ. Combien donnent le Christ sans le parler ? Combien à le parler sans le vivre, ne le donnent pas ? Le Christ est encombré d'apôtres qui parlent. Oh! qu'il a faim et soif d'apôtres qui le vivent. (J. Loew.Comme s'il voyait l'invisible, p. 54). Au début de cette retraite nous allons tendre notre oreille et nous mettre à l'écoute de l'Esprit. Dans mon enfance, j'avais une dévotion au Père. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus qui s'arrêtait au premier mot du Notre Pèreétait mon modèle. J'ai beaucoup aimé l'ouvrage de Mgr Guerry :Vers le Père. Puis les mouvements d'Action catholique, la JOC, la JAC m'ont fait découvrir le Christ. C'était le premier de cordée, le Grand Frère, le compagnon de route. Le Christ m'a conduit à sa Mère. Dans les années 50, j'avais une très grande dévotion mariale ; c'est à ce moment que Pie XII a proclamé le dogme de l'Assomption de Marie. Puis est venu le Concile qui a redonné au Saint-Esprit sa place dans la liturgie. Jean-Paul II lui a consacré une très longue encyclique qui - pour une fois - a fait plaisir à nos frères d'Orient. L'Assemblée du COE qui s'est tenue à
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Canberra en Australie, avait pour thème : « Viens, Esprit-Saint, renouvelle toute la création » (1991). Déjà en 1979, le Groupe des Dombes avait parlé du rôle du Saint-Esprit dans l'Eglise et les sacrements. Nous verrons comment Jésus s'est mis à l'écoute de l'Esprit ; comment Marie s'est mise à l'écoute de l'Esprit ; comment Saint Paul s'est mis à l'écoute de l'Esprit. Nous aussi, mettons-nous à l'écoute de l'Esprit. Depuis notre baptême, dans notre cœur, l'Esprit jaillit comme une source d'eau vive. Laissons-nous conduire au lieu du cœur où jaillit l'Esprit, et de nos propres profondeurs l'Esprit nous soulèvera vers le Fils et vers le Père, dans une adoration trinitaire, à travers un approfondissement de la foi, de la charité et de l'espérance. Ecoutons les trois paroles que le Nouveau Testament prête à l'Esprit - il n'est pas bavard - et qui peuvent se résumer ainsi : l'Esprit se joint à notre esprit - pour confesser "Jésus est Seigneur", mystère de foi. - pour prier "Abba, Père" (Rm 8,15), mystère de charité. - pour supplier "Oh oui ! viens, Seigneur Jésus, viens" (Apo.22,20), mystère d'espérance. Premier cri : Jésus est Kyrios, Seigneur Dans la foi, l'Esprit nous fait pousser un cri ; Jésus est Seigneur, il est le Seigneur de gloire. Nous rejoignons la foi de l'aveugle de Jéricho. Vous connaissez la scène (Luc 19,35 et ss.)... C'est Jésus de Nazareth qui passe... le Christ historique. - Fils de David, aie pitié de moi : le Messie. - Seigneur (Kyrios), que je voie ! L'aveugle y voyait plus clair que ceux qui avaient des yeux. Kyrios, c'est le cri par lequel nous voulons confesser que Jésus est mort pour nous, qu'il a été glorifié et établi Seigneur, Kyrios,
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