Les stalles, siège du corps

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Cet ouvrage présente les fonctions liturgiques et l'iconographie de l'aménagement sculpté des chœurs (stalles, jubés, autels, retables) dans le Grand duché de Bourgogne de la dynastie des Valois (1363-1482) jusqu'au concile de Trente (1563). Cette étude interdisciplinaire permet de découvrir une iconographie « profane » au sein de l'espace le plus sacré : le chœur. C'est tout un contexte particulier qui est dévoilé, à la charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance.
Publié le : mardi 15 septembre 2015
Lecture(s) : 10
EAN13 : 9782336390710
Nombre de pages : 254
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Historiques
Welleda Muller
série Travaux
L es sta lles, siègeducorps
Dans les chœurs liturgiques du Grand duché de Bourgogne
Préface de Michel Fromaget
Historiques Travaux
Historiques Dirigée par Bruno Péquignot et Vincent Laniol La collection « Historiques » a pour vocation de présenter les recherches les plus récentes en sciences historiques. La collection est ouverte à la diversité des thèmes d'étude et des périodes historiques. Elle comprend trois séries : la première s’intitulant « travaux » est ouverte aux études respectant une démarche scientifique (l’accent est particulièrement mis sur la recherche universitaire) tandis que la deuxième intitulée « sources » a pour objectif d’éditer des témoignages de contemporains relatifs à des événements d’ampleur historique ou de publier tout texte dont la diffusion enrichira le corpus documentaire de l’historien ; enfin, la troisième, « essais », accueille des textes ayant une forte dimension historique sans pour autant relever d’une démarche académique. Série Travaux Jean-Claude COLBUS et Brigitte HÉBERT (dir.),Approches critiques du plaisir (1450-1750), 2015. Jean-Claude COLBUS et Brigitte HÉBERT (dir.),De la satisfaction des besoins vitaux aux plaisirs des sens, aux délices de l’esprit et aux égarements de l’âme (1450-1750), 2015. Maxime RENARD,L’Héritage du jacobinisme, 2015. Christian BÉGIN,Tocqueville et ses amis(2 tomes), 2015. Christian FEUCHER,Buchoz-Hilton.Ennemi-bouffon de Louis-Philippe, 2015. Bernard CAILLOT,Lafayette. De l’Auvergne à l’Amérique, 1757-1784, 2015. Yann GUERRIN,La France après Napoléon, 2014. Émilienne LEROUX,Histoire d’une ville et de ses habitants, Nantes. De 1914 à 1939,Tome II, 2014. Émilienne LEROUX,Histoire d’une ville et de ses habitants, Nantes. Des origines à 1914,Tome I, 2014. Eric AGBESSI,Ce qu’en disait le Sud. La loi sur les droits civiques de 1964 : perspectives et arguments des opposants au projet,2014.Annie BLETON-RUGET,La Bresse bourguignonne. Les e e dynamiques d’un territoire. XVIII -XXI siècle, 2014.
LES STALLES, SIÈGE DU CORPS
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06689-9 EAN : 9782343066899
Welleda MULLER
Les stalles,
siège du corps
Dans les chœurs liturgiques du Grand duché de Bourgogne
L’HARMATTAN
Du même auteur : La nature, rythme et danse des saisons(dir.), Turnhout, Brepols, 2011 ; Les instruments de musique et les musiciens au Moyen Âge, coll. Les petits vo-cabulaires de l’Histoire de l’art, Bordeaux, Confluences, 2013 ; L’architecture religieuse romane en France, coll. Les petits vocabulaires de l’Histoire de l’art, Bordeaux, Confluences, 2014 ; L’architecture religieuse gothique en France, coll. Les petits vocabulaires de l’Histoire de l’art, Bordeaux, Confluences, 2015. à paraître : L’instrumentarium du Moyen Âge, restitution du son(dir.), Paris, L’Harmattan.
Sauf mention contraire, toutes les illustrations : © Welleda Muller
Remerciements
Ce livre est dédié à mes parents qui m’ont toujours soutenue et inspirée du-rant ces longues années d’études. Je remercie mon directeur de thèse M. Daniel Russo, le président de l’as-sociationMisericordia Internationalet professeur de Musicologie à l’Univer-sité Paris-Sorbonne, M. Frédéric Billiet, grâce à qui j’ai pu faire mes premières armes dans la recherche, M. Michel Fromaget qui m’a éclairé de ses conseils, Jean-Martial Rousserie et Jacques Morabito qui ont gracieusement corrigé les différentes épreuves de ce livre, ainsi que le Max Planck Institute qui m’a donné le luxe de travailler en complète autonomie et au sein duquel j’ai trouvé ma voie. Enfin, je remercie toute ma famille, mes amis et collègues qui m’ont encouragée sur la route fascinante de l’histoire de l’art.
PRÉFACE
’étude érudite de Welleda Muller relative aux motifs sculptés par les maî-L tres huchiers de la fin du Moyen Age et du début de la Renaissance sur les stalles des chœurs liturgiques du Grand Duché de Bourgogne se déploie à partir d’un double questionnement. Comment expliquer l’irruption, lors du der-nier Moyen Age, de scènes profanes, notamment celles d’images, à nos yeux du moins, particulièrement grossières et vulgaires – exhibitionnistes, chieurs, pisseurs et autres triviaux – au sein même du chœur de l’église, non loin de l’autel, lieu de l’eucharistie, lieu de communion avec Dieu et, par conséquent, lieu de la sacralité la plus haute ? Comment, enfin, comprendre leur disparition progressive à la jointure du Moyen Age et de la Renaissance, alors que, para-doxalement, le corps, dans sa chair, dans son anatomie, dans sa physiologie et ses humeurs, et jusque dans sa pourriture même, prend, dans l’imaginaire comme dans la vie quotidienne, une importance de plus en plus considérable ? La présente étude, quand bien même se serait-elle contentée de traiter ces deux questions, à la lumière d’une iconographie particulièrement bien choisie et non moins bien commentée, cette étude mériterait déjà la grande considéra-tion des spécialistes, celle des historiens de l’art notamment, ainsi que celle du public cultivé intéressé par la symbolique des églises. Mais il y a plus, bien plus. Welleda Muller a en effet choisi d’inscrire sa recherche sous l’égide d’une hypothèse anthropologique de grande ampleur et de belle allure. L’idée de fond est celle-ci. A l’instar du questionnement initial qui donne vie à l’ouvrage, elle est dou-ble. Elle a, me semble-t-il, comme deux volets. L’un, prééminent, que je qua-lifierais volontiers destructural, et l’autre, sans doute moins essentiel, mais non moins intéressant, que je qualifierais pour sa part d’historique. Commen-çons par présenter le premier volet de ce diptyque. Selon lui, l’ensemble des parties constitutives du chœur liturgique – soit le jubé, les stalles et l’autel sommé par son retable – formerait un ensemble sym-bolique cohérent et indissociable illustrant le fameux paradigme anthropolo-gique ternaire «corps, âme, esprit» tel que le comprit le christianisme ancien et, à sa suite, les théologiens et mystiques du Moyen Age. Dans cette acception, les stalles, dont la fonction première est « d’installer » au sein du sanctuaire le corps physique des chanoines et autres dignitaires, ces stalles dont la fonction seconde est de garantir la vigilance et le bien-être de ce corps, ces stalles se présentent dans le chœur comme supports certainement les plus adéquats pour
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