Libre parole pour des temps extrêmes

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A partir des Lettres aux Amis écrites de 2014 jusqu’à celle ouvrant l’année 2016, Françoise Porte, modératrice de la Communauté de la Roche d’or, livre un témoignage vrai et concret du roc que constitue l’Evangile « dans un monde qui croit ne pas en avoir besoin. » Réactions libres face aux défis de ces temps extrêmes qui peuvent faire craindre une perte d’humanité… «Ce n’est pas une époque de changement, c’est un changement d’époque » (pape François).
Publié le : lundi 21 décembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782913390492
Nombre de pages : 136
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Extrait
PERTE DE REPÈRES ET ERRANCE

Plonger au milieu des débats, au flot incessant, n'est pas de notre ressort. Mais faire l'impasse sur ce qui m'étreint, concernant la nouvelle manière de me vivre, précisément dans ce changement d'époque, et réfléchir sur la « difficulté d'évoquer Dieu dans un monde qui pense ne pas en avoir besoin »(1)relève, me semble-t-il, de notre responsabilité, du moins de la mienne en Roche d'Or. Bref, comment vivre l'Évangile dans ce monde en grande mutation, tous azimuts ?

« Ce n'est pas une époque de changement mais c'est UN CHANGEMENT D'ÉPOQUE ». Si on saisit bien la nuance, voilà qui change tout et qui ouvre sur un « inconnu » qui peut bouleverser, à plus ou moins long terme, la génération actuelle et celles qui viennent, lesquelles seront très vite en perte de repères. J'ai eu, un long moment moi-même, la sensation étrange d'être prise dans une déferlante, d'être aspirée par la trombe aspirante d'une actualité hystérique et particulièrement épuisante pour l'âme. Sans le recours au havre de Paix de mon petit évangile, je buvais la tasse. Je suis, avec le recul, très heureuse de ne pas avoir fait l'impasse sur ces sensations de perte que peuvent ou pourront connaître des êtres au psychisme plus fragile. Cette sorte de déstructuration, de perte ou de « déconstruction » d'un monde connu, peut être néanmoins l'occasion d'une véritable renaissance. Je l'ai vécue, et sans doute serai-je appelée à la vivre de nouveau, à tel ou tel moment de notre histoire, mais c'est avec une ferme espérance que je la nomme « renaissance de solidarité ».


On sait bien que, lorsqu'on est emporté par d'énormes vagues, il vaut mieux ne pas résister ! Lutter contre la vague est singulièrement inutile, sinon dangereux, le raidissement est de mauvais aloi, mieux vaut se laisser rouler par les eaux de la mer. Il est peut-être judicieux de plonger au cœur, car notre Dieu est aussi dans la vague et pourrait vouloir nous apprendre à nous laisser emmener avec Lui sur « l'autre rive ». J'ai perçu peu à peu qu'il me fallait recevoir de nouvelles énergies, entrer plus profondément au cœur de l'Évangile, pour accueillir un regard neuf et aimant sur la formidable mutation des Hommes de ce temps, avec les conséquences sociétales parfois vertigineuses qui en découleront inévitablement. Il me faut considérer cela sans blocage ni fermeture, et sans perdre non plus mon simple bon sens ni mon humour, car recevoir le discernement des esprits nécessite d'avoir, auparavant, un esprit non jugeant. Et je sens avoir fort à faire de ce côté-là.
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