Paroles de brahmanes

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Pendant presque quatre millénaires de littérature sanskrite, les brahmanes ont composé des œuvres sur les sujets les plus divers : facteurs de mots et d'idéologies de toutes sortes, ne s'adressant qu'aux dieux, à Dieu et à eux-mêmes, ils ont constitué un trésor de mots, parfois sous formes de subhasita, des " belles paroles ".


" On devient ce sur quoi on pose l'esprit ", " Le vrai et lui seul triomphe, pas le faux ", " Lorsque le disciple est prêt, le maître apparaît " : ces " belles paroles " ne sont pas des proverbes, ces sortes de prêt-à-penser, mais les phrases-clefs sans cesse remâchées et ruminées d'une culture qui vouait un culte à la parole, pourvu qu'elle soit belle, profonde et intelligente. Elles constituent une entrée vivante et complète dans l'esprit de l'Inde ancienne.




Michel Angot est sanskritiste. Il a notamment publié L'Inde classique (Les Belles Lettres, 2001), Le Yoga-sutra de Patanjali (traduction et présentation, Les Belles Lettres, 2008), Samkara, la quête de l'être (Points, 2009).


Publié le : jeudi 25 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021023657
Nombre de pages : 381
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PàROlEs DE BRàHMàNEs
Dans la même série
Philippe Haddad Paroles de rabbins
À paraître :
Thierry-Marie Courau Paroles de Bouddhas
Youssef Seddik Paroles du Coran
Régis Burnet Paroles de la Bible
Alexis Lavis Paroles de sages chinois
Michel Angot
PàROlEs DE BRàHMàNEs
ÉDitiONs DU SEUile 25, bd Romain-Rolland, Paris XIV
isbn978-2-02-102366-4
© ÉDitiONs DU SEUil, févRiER 2010
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Apporte les bons, les nombreux chevaux, grâce auxquels je pourrai en récitant imaginer des énigmes. Puissions-nous par des voies aisées traverser tous les chemins difficiles, trouver aujourd’hui même un gué menant au large !
ßk-Saµhitæ,X.113.10
Avant-propos
Mon berceau s’adossait à la bibliothèque Babel sombre, où roman, science, fabliau Tout, la cendre latine et la poussière grecque Se mêlaient.
e Au milieu duxixsiècle, Baudelaire sait que les sources de l’esprit en Europe sont grecques et latines. Il oublie la Bible, à moins qu’il ne sépare la littérature de l’esprit humain de celle de l’esprit divin. Et il ignore les braises sanskrites. Pourtant, son temps est celui où l’on regarde vers ce que l’on imagine être plus encore originel quela cendre latine et la poussière grecque. Sanskrit et origine : certes, les Indes ont été terres de mission quand elles étaient les Indes florissantes. On y allait pour Dieu, la gloire ou l’aventure. e Surtout, à partir de la fin duxviiisiècle, on crut avec le sanskrit avoir trouvé la langue que Dieu parlait à Adam et ve, à moins qu’elle ne fût celle È des premiers Aryens. De toute façon, le sanskrit était la langue des origines. LesVedadevinrent les archives du paradis, quand ils ne furent pas érigés en Bible aryenne. Plus tard encore, quand les brumes d’origine se furent dissipées, l’Orient
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indien devint la patrie du yoga et de la spiri-tualité, le refuge de ceux qui, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, fuyaient l’Occident réputé athée, matérialiste, individualiste. On allait en Inde, là-bas, pour retrouver la source qu’on croyait tarie ici. Des appétits, des rêves ou des mythes euro-péens furent les raisons qui poussèrent le monde à s’intéresser aux Indes et au sanskrit. De tout cela, aujourd’hui il reste peu de chose :la cendre latine et la poussière grecque demeurent, mais la braise sanskrite s’est éteinte, pour l’instant. Dans le monde entier, la vieille culture sanskrite n’a finalement pas été adoptée et a été rejetée vers l’altérité indienne. Le fleuve sanskrit auquel on e s’abreuvait à la fin duxixsiècle a été refoulé vers l’exotisme. Dans les universités, les chaires d’études sanskrites disparaissent, même les plus anciennes. Et l’Inde, tout à son présent, ne connaît le passé que s’il s’avère prestigieux et politi-quement correct, que s’il s’avèresonpassé. Pourtant, si le sanskrit n’est plus inspiré, il continue d’être inspirant. On y sent toujours le souffle de l’esprit. Si toutes ces anciennesparoles de brahmanesont appartenu à leur temps, l’in-térêt qu’on leur porte aujourd’hui vaut toujours pour ceux qui se réclament de l’esprit. Les brah-manes ont pensé et bien pensé. Leurs paroles
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