Présence au coeur

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Partant d'observations et de situations concrètes quotidiennes, l'auteur montre comment la compréhension profonde offerte par le Bouddha, et actualisée par des générations de pratiquants, peut aider à trouver au plus profond de soi-même les ressources permettant de faire face aux défis auxquels on est confronté dans sa vie professionnelle et personnelle.
Publié le : mardi 1 juillet 2008
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EAN13 : 9782336280301
Nombre de pages : 124
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Présence au cœur

À mon père Hà Vinh Phuong Avec gratitude et affection

<QL'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairicharmattan.com diffusic)n. harmattan@wanadoo.fr haro1attan 1@\vanadoo.fr
ISHN : 978-2-296-05721-0 E.\N : 9782296057210

Ha Vinh Tho

Présence au cœur
Une introduction à la psychologie bouddhiste selon le Soutra de la Compréhension Parfaite

L'Harmattan

Prelude: La comprehension du cœur
Prenons un jeune enfant par la main pour aller nous promener avec lui dans la forêt. Ne soyons pas pressés, ne nous fixons pas de but, n'ayons pas l'intention de lui faire découvrir tel ou tel endroit qui nous plaît particulièrement. Laissons-le aller à sa guise, à son rythme; c'est lui qui nous guide, et il va nous faire découvrir un monde merveilleux qui est toujours présent mais que, le plus souvent, nous ne soupçonnons même pas, emportés par notre tempo d'adulte, notre perspective d'adulte, nos habitudes d'adulte. L'enfant, lui, s'arrête à tout moment pour regarder un petit cailloux blanc strié de vert et de rouge, pour contempler une colonne de fourmis qui traverse le chemin, chargée de brindilles et de grains, pour s'étonner de la forme d'un champignon ou de la couleur d'une fleur. Il s'accroupit, se met à plat ventre pour mieux observer, rigole des acrobaties d'un scarabée qui escalade une branche morte, construit une maison en mousse aux creux des racines d'un vieil arbre pour les elfes et les nains de la forêt ou pour les mulots. L'enfant ne connaît pas encore grand-chose, il a soif de saisir le monde, il s'étonne d'un rien, s'émerveille à la découverte de cette planète si belle et si riche qui est sa demeure. Lorsqu'il contemple quelque chose, il peut être dans un état de complète absorption, au point de ne plus rien entendre de ce qui se passe autour de lui, d'en oublier le reste du monde. Combien de fois la maman ne doit-elle pas appeler, sans en recevoir de réponse, son enfant absorbé par son jeu ou son observation. Lorsqu'un bébé regarde une fleur, son visage devient comme un reflet de ce qu'il voit; il fait un avec l'objet de son attention - dans un état de symbiose. Mais lorsque l'objet de sa contemplation n'a ni la beauté ni l'harmonie d'une fleur ou d'un arbre, lorsque, par exemple, l'enfant doit accompagner sa maman qui fait ses courses au supermarché, les couleurs criardes, les bruits chaotiques, les agressions sensorielles de toutes sortes le pénètrent tout autant. Observant l'enfant, nous saisissons le sens du mot « comprendre» : prendre en soi. Il prend le monde en lui-même en se construisant ainsi, mais en construisant aussi, par là-même, son propre univers. Cette ouverture au monde est merveilleuse, mais aussi risquée; quelle vulnérabilité, en effet! Tout le pénètre profondément et l'enfant est à la merci des choix de ses parents, de son environnement et de la société tout entière qui, de façon plus bu moins judicieuse, seraient à même de discerner les influences bienfaisantes et constructives, des influences destructives dont il conviendrait de le protéger. En quoi l'enseignement du Bouddha sur la nature de la conscience peut-il

éclairer ce qui vient d'être décrit? Selon la psychologie bouddhique, la conscience est composite, et nous décrirons plus loin les divers éléments qui la constituent, mais abordons en premier lieu deux aspects essentiels qui permettent de mieux comprendre ce dont il est question ici: La conscience des tréfonds: Alaya Vijnana ; La conscience mentale: Mana Vijnana. La conscience des tréfonds est aussi appelée: « Toutes .les semences », car elle contient tout le potentiel de l'esprit. Toutes les tendances y sont contenues, des plus élevées aux plus triviales, or les impressions sensorielles, mais aussi les paroles, les pensées, les sentiments et les actions alimentent les semences qui sont de même nature. Ainsi, une parole aimante nourrit la semence d'amour contenue dans la conscience des tréfonds, tout comme un acte violent renforce la semence de violence. L'analogie des semences exprime bien ce dont il est question ici car, tout comme un champ contient dans les profondeurs de la terre toutes sortes de graines qui vont croître en fonction des soins apportés par le jardinier, de même, le champ de la conscience contient toutes sortes de graines qui demandent à être cultivées pour faire pousser des fleurs de sagesse et des fruits de compassion. Dans l'enfance, les parents et les enseignants et tout l'environnement portent une responsabilité essentielle dans ce domaine. Au fur et à mesure que l'on devient adulte, il c6nvient de devenir le jardinier du jardin de son propre es pri t. Selon un proverbe amérindien, chaque être humain porte en lui deux animaux symboliques: l'un mauvais et cruel, l'autre bon et doux; lequel des deux l'emportera dépendra de celui que l'on nourrira. Le Bouddha décrit les impressions sensorielles et les formations mentales en termes de nourriture; ce qui est nourri croît et se développe et comme rien dans l'univers ne peut survivre sans nourriture, ce qui est négligé finira par s'atrophier. Ainsi, les impressions que l'enfant reçoit dès son plus jeune âge - et même durant la période embryonnaire - vont être déterminantes dans le développement ultérieur de ses facultés, tout comme des impressions négatives gêneront l'épanouissement de certaines qualités. Toutefois, rien n'est définitif dans ce domaine, car les tendances profondes enfouies dans la conscience des tréfonds peuvent être atrophiées, mais elles ne disparaissent jamais complètement et elles peuvent toujours être réveillées. Il faut avoir vu un désert qui semblait complètement aride et dénué de toute vie, se couvrir de verdure après une averse, pour réaliser la puissance de résilience de la vie et de l'esprit.

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Revenons au petit enfant avec qui nous nous promenions

dans la forêt;

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s'il a cette capacité d'émerveillement, d'admiration, d'étonnement et, de ce fait, cette réceptivité, cela est aussi lié au fait que sa conscience mentale n'est pas encore très développée. Les impressions de toutes sortes pénètrent profondément en lui, sans être arrêtées ni faussées par des jugements et des notions ou des préjugés. Nous avons tous été cet enfant, mais notre innocence a laissé place à l'expérience. Nous avons fait la douloureuse découverte de notre vulnérabilité, et l'on nous a appris que nous devions nous protéger, nous défendre, nous affirmer. Nous avons donc commencé à accumuler des savoirs, des concepts qui nous permettent de connaître et de maîtriser notre environnement, de prévoir certains évènements et de développer des stratégies pour y faire face. Cela est certes nécessaire et même indispensable pour devenir adulte, mais nous avons aussi beaucoup perdu en cours de route. Cette évolution a un prix, et il est élevé. Comme l'écrivait le poète T. S. Eliot: « Où est la connaissance que nous perdons dans l'information? Où est la sagesse que nous perdons dans la connaissance? » Que reste-t-il, en nous, de l'enfant qui s'émerveillait devant une margueri te ou une coccinelle? Le plus souvent, lorsque nous rencontrons quelque chose de nouveau, nous lui attribuons immédiatement une désignation, un concept ou une notion qui nous permet de classer, d'ordonner, de catégoriser cet objet, cette personne ou cette situation par rapport à nos expériences passées. Au pire, l'adulte ne peut plus rien vivre de nouveau, car il ramène tout nouveau vécu au passé, à son savoir déjà acquis, à ses jugements déjà établis. Le monde perd ainsi sa fraîcheur et sa spontanéité. Ce sont des vues erronées contre lesquelles le Bouddha nous met en garde. La vie est changement incessant, flux mouvant et dynamique. Un savoir figé ne peut donc jamais rendre justice à ces transformations incessantes, et seule une vigilance fluide et limpide, sans cesse renouvelée, peut se mettre au diapason du mouvement de l'univers. Dans les rapports humains, la tendance à figer les images mentales que nous nous faisons des autres est encore plus destructrice. Lorsque l'on est amoureux, chaque instant est unique, chaque parole proférée par l'être aimé est fascinante, chacun de ses gestes nous émerveille comme tout n'est que découverte. Mais, peu à peu, I'habitude s'installe, et comme nous croyons connaître complètement notre compagne ou notre compagnon, l'image s'en est alors figée et rien de nouveau ne peut plus apparaître, car notre regard n'est plus capable de percevoir l'inattendu. Ne pas être perçu revient à ne pas être compris, et ne pas être compris aboutit à ne pas se sentir aimé. Combien de souffrances, cette usure du

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regard ne provoque-t-elle pas? Combien de couples se sont défaits du simple fait de l'incÇlpacité de voir son bien-aimé ou sa bien-aimée sous un jour nouveau. La tentation est alors grande de chercher à retrouver l' émerveillement de la première rencontre avec un autre ou une autre; mais, si le regard lui-même ne peut se renouveler, l'usure va se répéter et, avec le temps, de plus en plus rapidement. Suzuki Roshi l, le maître Zen japonais qui a enseigné en Amérique dans les années soixante, a écrit un livre intitulé « Esprit zen esprit neuf ». Le Maître Zen vietnamien Thich Nhât Ranh enseigne que la « Boddhicitta », que l'on traduit le plus souvent par « l'Esprit d'Eveil » peut aussi être traduit par « l'Esprit du débutant ». L'Evangile nous enseigne qu'il faut devenir comme des petits enfants, pour accéder au Royaume des Cieux. N'est-ce pas précisément cette capacité d'émerveillement de l'enfance qu'il nous faut retrouver pour voir, à tout instant, le monde avec des yeux neufs, un regard frais, une capacité de découverte qui ne soit pas encombrée par notre savoir figé et nos préjugés? Comprendre, signifie donc prendre en soi, mais il ne s'agit pas ici de prendre dans sa tête, de classer, d'ordonner, d' év al uer, de juger, de contrôler. Il s'agit, au contraire, de laisser le monde, les phénomènes, la vie, les êtres que nous rencontrons se révéler par eux-mêmes. Pour cela, il faut de l'espace et du temps. Il faut être capable d'offrir à l'autre un espace intérieur disponible et ouvert. Encore faut-il disposer soimême d'un tel espace intérieur libre, qui ne soit pas encombré de ses propres préoccupations, ses opinions, ses convictions, ses certitudes, ses jugements, ses préjugés et des ses peurs... En somme, de tout ce fardeau, de tout ce vacarme incessant en soi -même. Le chemin de la compréhension du cœur est donc le chemin qui nous enseigne à nous ouvrir et à découvrir cet espace infini qui est en nous. Découvrir est bien le mot approprié, car cet espace est déjà bien là, mais il est recouvert. Recouvert par nos préoccupations, nos soucis, nos regrets, nos peurs. La peur est toujours liée à un sentiment de resserrement, d'oppression. Dans une situation de peur ou d'angoisse, le cœur se resserre, un poids se ressent sur la poitrine et gêne la respiration. La méditation libère la respiration, offre un espace de disponibilité, crée un intervalle de silence intérieur, et ouvre le domaine du cœur qui s'élargit et devient plus paisible et plus vivant. Il est alors possible d'accueillir véritablement tout d'abord ceux que l'on

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aime et puis, au fur et à mesure que cet espace du cœur devient plus ample, il devient capable d'englober de plus en plus d'êtres jusqu'à devenir la « Grande Compassion» ou « Maha Karuna » du Bodhisattva qui englobe tous les êtres des dix directions et de tous les temps. Pour ouvrir cet espace du cœur, il faut aussi du temps. Le temps est un mystère qui échappe à notre intellect. Il est insaisissable, car le passé n'est plus, et le futur n'est pas encore là. Seul le présent est réel et, pourtant, notre capacité à le vivre pleinement est le plus souvent très limitée. Notre expérience du temps est en premier lieu liée au rythme. Rythmes naturels des jours, des nuits et des saisons; rythmes de notre propre corps, rythmes imposés par la société: travail, famille, activités diverses. Une caractéristique de notre société est précisément l'accélération de tous les rythmes qui, de ce fait même, cessent d'être des rythmes pour devenir des cadences - souvent effrénées. L'industrialisation a marqué le début de cette accélération des tempi collectifs du monde du travail. Cette précipitation s'est ensuite progressivement propagée à toutes les autres activités humaines: modes de transports, moyens de communication, modes du jour, innovations technologiques, obsolescence de plus en plus rapide des savoirs et des techniques, production et productivité, et consommation et consumérisme défarlant. Alors que pendant des millénaires, les êtres humains ont vécu au rythme de la nature, les saisons et les festivités rythmant les activités, la civilisation occidentale a inventé un mode de vie complètement coupé des rythmes naturels. Et pourtant, les besoins essentiels de la vie humaine n'ont pas fondamentalement changé; le fait de ne pas leur accorder le temps qui leur est nécessaire ne peut que déstabiliser le corps et l'esprit. Il nous faut toujours dormir régulièrement pour reconstituer nos forces, manger en tranquillité et raisonnablement pour rester en bonne santé, nous adonner à des activités physiques pour nous maintenir en forme et fortifier notre corps. En outre, pour entretenir et maintenir de bonnes relations au triple plan social, affectif et familial, il importe d'y consacrer le temps nécessaire. Comme le dit St. Exupéry dans le Petit Prince2 : « Les hommes n'ont plus le temps de rien faire, ils achètent des choses toutes faites chez les marchands, mais comme il n'existe pas de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. » En effet, une relation se cultive comme une plante, on ne peut pas espérer avoir arrosé une plante une fois pour toutes. Tout jardinier sait qu'une plante a besoin que l'on s'occupe d'elle régulièrement, si l'on veut qu'elle

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devienne vigoureuse et saine. Il en va de même de l'amitié et de l'amour; ce ne sont pas des choses acquises une fois pour toutes. Il faut les cultiver et les entretenir par des soins attentifs et réguliers. Pour cela, il est indispensable de leur consacrer du temps. Notre société a développé un rapport étrange au temps; elle le traite comme s'il s'agissait d'une valeur marchande. D'ailleurs, ne dit-on pas que « Le temps, c'est de l'argent» ? On parle de gagner ou de perdre du temps, de gérer son « capital-temps» et de l'investir intelligemment. Mais si nous les considérons avec discernement, nous constatons que ces idées ne sont qu'illusions et fausses perceptions. Ainsi que cela est écrit dans l'Evangile: « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut-il ajouter une coudée à la durée de

sa vie?

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Le temps n'est point, en réalité, une donnée quantitative que l'on peut additionner, soustraire, multiplier ou calculer. Ainsi que le Soutra de Diamant l'enseigne, « la durée de vie» est une notion fausse. Le temps est une qualité du cœur qui devient disponible dans le moment présent, grâce à la force de l'attention, de la concentration et de la pleine conscience. Lorsque celle ou celui que j'aime veut se confier à moi et partager sa joie ou sa peine, suis-je capable d'être présent et attentif? Suis-je en mesure de m'arrêter et d'écouter véritablement, ou bien suis-je tellement préoccupé par mes propres pensées, projets ou soucis que, pendant que l'autre me parle, je n'interromps pas mon monologue intérieur? La méditation bouddhiste commence par la pratique de « Samatha » que l'on traduit par s'arrêter, se calmer, ou encore par la pacification de l'esprit. Au moment où l'on s'arrête, on s'accorde le temps de regarder, d'écouter, de ressentir, de rencontrer. C'est ce qui permet de développer la compréhension profonde ou Vipasyana.
Le maître Zen, Thich Nhât Hanh décrit ainsi la pratique de la méditation: Tout comme l'oiseau a deux ailes La méditation a samatha et vipasyana. Comme deux ailes battent à ['unisson, Samatha et vipasyana vont e~semb[e Samatha, c'est s'arrêter Reconnaître, se mettre en contact Se nourrir, guérir S'apaiser et se concentrer Vipasyana, c'est regarder profondément

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Dans la nature des cinq skandas4 Afin de faire naître la vision profonde . Qui transforme toute souffrance. La respiration et la marche méditative Génèrent l'énergie de la Pleine Conscience Qui nous permet de reconnaître les merveilles de la vie Et nous met en contact avec elles.

Lorsque l'on dit: «Je n'ai pas le temps », cela signifie seulement que l'on n'est pas disposé à consacrer son attention à quelqu'un ou à quelque chose. Chacun a exactement le temps dont il a besoin pour vivre et pour atteindre l'Eveil. Que l'on vive quatre-vingt-dix ans ou seulement vingt ans n'est pas l'élément décisif; l'instant présent est le seul moment qui existe réellement, il est toujours disponible, mais on peut vivre des décennies sans jamais le saisir véritablement.
Le chemin de la compréhension du cœur commence donc par ces deux pratiques: ralentir le rythme de vie afin que le moment présent soit disponible, et ouvrir l'espace intérieur du regard profond. Il se peut que cet espace du cœur s'ouvre de lui-même suite à une crise, une prise de conscience, une épreuve, une rencontre ou, simplement, du fait d'une maturation naturelle liée à des mérites passés et à un bon Karma. Cependant, il s'avère parfois nécessaire de rencontrer son maître ou son «Ami Spirituel» - «Kalayanamitra» dans la terminologie bouddhiste - pour que cette ouverture initiale puisse avoir lieu. La lumière allumée par le Bouddha Sakyamuni, il y a plus de 2500 ans, a été transmise de manière ininterrompue, de cœur à cœur, par des lignées de maîtres et de disciples qui ont pu réactualiser, par leur pratique à chaque génération, les expériences fondamentales faites par l'Eveillé sous l'Arbre Bodhi. Entre un individualisme excessif et vaniteux prônant une autonomie totale et illusoire, alors qu'il est dans la nature même de l'être humain de ne pouvoir survivre qu'avec et grâce à ses semblables et à tout l'univers, et une soumission aveugle et naïve à un Maître tout puissant qui assurerait notre salut par ses pouvoirs surnaturels, le Bouddhisme Mahayana propose une voie du milieu.

Le Maître est celui qui transmet la lumière authentique de la lignée ancestrale. Il est l'Ami Spirituel, car il guide, conseille, encourage et enseigne. Rien de ce qu'il transmet ou demande ne saurait être en contradiction avec l'Enseignement originel du Bouddha, ni avec les fondements Il

éthiques de la pratique tels que qu'ils ont été exposés dans les Soutras. Il n'exige ni foi aveugle, ni obéissance absolue, mais il nous invite à mettre en pratique les enseignements, afin des les actualiser et de les vérifier par nous-mêmes, fidèle en cela à l'enseignement du Bouddha dans le Kalama Soutra: « Venez, ô Kalamas, ne vous laissez pas guider par des rapports, ni par la tradition religieuse, ni par ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez pas guider par l'autorité des textes religieux, ni par la simple logique ou les allégations, ni par les apparences, ni par la spéculation sur des

opinions, ni par des vraisemblances probables, ni par la pensée que

«

ce

religieux est notre maître spirituel ». Cependant, ô Ka lamas, lorsque vous savez vous-mêmes que certaines choses sont favorables, que ces choses louables sont pratiquées par les sages, que, lorsqu'on les met en pratique, elles conduisent au bien et au bonheur, pénétrez-vous de telles choses et pratiquez-les. » Le Prajna Paramita Soutra ou Soutra du Cœur peut être notre guide sur ce chemin de transformation, de compréhension profonde et de compassion, pour autant que nous fassions l'effort de ne pas l'étudier uniquement de manière théorique, mais que nous mettions en pratique les enseignements qu'il propose. Cet essai se propose d'accompagner le lecteur sur ce chemin et vise à lui proposer un dialogue dans lequel tout ce qui est exprimé ici devrait être mis à l'épreuve de la pratique et de l'expérience. A chacun et chacune de compléter, s'il ou elle le souhaite, la lecture de cette étude par des moments de méditation et de réflexion.

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