Réflexion sur le nom, véhicule de communication

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L'auteur nous conduit ici dans une redécouverte du Nom, sur le terrain de la communication et de la théologie. De la culture traditionnelle africaine jusqu'à l'écran des ordinateurs et des tablettes, en passant par l'histoire de l'Eglise, il dévoile les multiples fonctions du Nom dans la transmission des valeurs humaines et des liens sociaux.
Publié le : lundi 1 juin 2015
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EAN13 : 9782336382647
Nombre de pages : 176
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Le Docteur Dominique Yanogo nous conduit ici dans une Réflexion
redécouverte du Nom, sur le terrain de la communication et suR le nom,
de la théologie. Ce faisant, il s’offre plusieurs objectifs :
véhicule de 1 - Fournir aux étudiants une ouverture sur une
ommunicaion vision globale de la communication. De la
Abbéculture traditionnelle africaine jusqu’à l’écran
des ordinateurs et des tablettes, en passant Rlexio ce miroir qui parle Dominique
par l’histoire de l’Église, il dévoile les multiples
fonctions du Nom dans la transmission des valeurs Y
humaines et des liens sociaux. suR le nom,2 - F ixer des richesses de la tradition orale,
inaccessibles à l’expérience et à la réflexion d’une
génération tenue chaque jour davantage hors de véhicule de ses propres réalités. Pour cela, l’écriture reste un
bon choix.
3 - Aider à revenir à la communication : Dans ses efforts
pour abolir les barrières du temps et de l’espace, ommunicaio
l’homme a toujours construit des routes, puis des
autoroutes, et aujourd’hui elles sont électroniques.
Son but est de communiquer. Le Nom nous aide à
mieux le comprendre. ce miroir qui parle

Né le 4 août 1955 et ordonné prêtre en 1983, l’abbé
Dominique Y est actuellement professeur à
Abidjan à l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest
(UCAO). Il évolue en théologie et en communication.
Auteur de L’ère de la communication au Burkina
Faso ; la pastorale interpellée (CONSEP, 2008) et de Talitha koum !
Notre cri, (l’Harmattan, Paris 2015), l’abbé Dominique Yanogo nous
propose une Réflexion sur le nom, véhicule de communication.
Politique
ISBN : Politique et dynamiques religieuses
et dynamiques religieuses 978-2-343-06485-7 en Afriqueen Afrique
17 € Collection dirigée par Blaise BAYILI
otangtnoogncoonégfanoca
Abbé Dominique Y
Réflexion su R le nom,véhicule de communication







Réflexion sur le nom, véhicule
de communication
Ce miroir qui parle
















Dominique YANOGO






Réflexion sur le nom, véhicule
de communication
Ce miroir qui parle








L’Harmattan


Du même auteur

- L’ère de la communication au Burkina Faso : la
pastorale interpellée, CONSEP, 2008.

- Talitha koum ! Notre cri, l’Harmattan, Paris 2015.













© L'Harmattan, 2015
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-06485-7
EAN : 9782343064857



















Dédicace


À nos parents invisibles à nos yeux

KAFANDO Élisabeth et YANOGO François

qui nous ont transmis
l’être, l’être-ensemble, l’être-avec et l’être-à-même de
répondre à son nom










Sommaire


AVANT-PROPOS
LE NOM SUR MON CHEMIN ............................ 11

INTRODUCTION GÉNÉRALE
LE NOM… .............................................................. 17

CHAPITRE 1
LISONS LE NET .................................................... 23
Aujourd’hui sur le Net : le nom n’est pas
anodin ! ..................................................................... 23
I. En République démocratique du Congo
(RDC) ....................................................................... 25
II. En Colombie ....................................................... 29
III. En Corée du nord ............................................. 31
IV. En Arabie saoudite ........................................... 33
V. En France ............................................................ 35
VI. Un conseil expert en prénoms ......................... 36
En guise de conclusion à notre première étape, une
invitation nous est adressée .................................... 53

CHAPITRE 2
ÉCOUTONS UN CONTEXTE LOCAL EN
AFRIQUE : LE NOM MOAAGA ......................... 57
Introduction ............................................................. 57


I. Le nom jaillit de la vie ........................................ 58
II. La vie jaillit du nom ........................................ 100
Conclusion ............................................................. 115

CHAPITRE 3
REGARDONS L’ÉGLISE D’HIER ET
D’AUJOURD’HUI ................................................ 117
I. Un peu d’histoire ............................................... 117
II. Quelques réflexions pastorales ....................... 133

CONCLUSION GÉNÉRALE .............................. 159

BIBLIOGRAPHIE ............................................... 161

TABLE DES MATIÈRES .................................... 169


10




Avant-propos

Le Nom sur mon chemin


Je peux le dire sans effet de style, c’est dès le
cordon ombilical que j’ai été saisi par le mystère du
Nom. Je l’ai su le jour où j’ai cherché à comprendre
auprès de ma mère, pourquoi mon acte de naissance
dit que je suis « né à Kourit-tênga, Kadiogo,
Ouagadougou », alors qu’il n’y a pas de maternité
dans ce village, et que notre famille n’y habite
d’ailleurs plus ! Elle me renvoya chez mon père,
car, dit-elle, c’est lui qui avait fait les papiers ! Mon
père me dit alors ceci, avec un petit sourire au coin
de la bouche : « Tu es fils de Kourit-tênga ! Tu es
prince ! On ne peut pas écrire autre chose que ce
que tu es ! »
Ainsi donc, c’était ma lignée qui devait
m’identifier ! Né hors du village de mes ancêtres, je
devais être reconnu et appelé par mon titre de « fils
de » et non de « né à » ! Mon père m’enseigna ce
jour-là quelque chose de grand qui allait guider mon
attention à la valeur du Nom.



Plus tard, au séminaire de Pabré, lorsque certains
camarades témoignaient des oppositions familiales
à leur projet de devenir prêtres, j’étais quelque peu
frustré de n’avoir rien à raconter. Je m’approchai
encore de mon père pour savoir si oui ou non il était
pour que je devienne prêtre, avec le secret espoir
qu’il me dise une petite réticence que je pourrais
évoquer moi-aussi ! Sa réponse ? « Wênd yam ! »
(Ce que Dieu voudra !) « Si je ne le veux pas et que
Lui le veut, tu seras prêtre ! Si je le veux et que Lui
ne le veut pas, tu ne seras pas prêtre. » Un deuxième
nom venait de mettre donné : « Wênd yam, la
volonté de Dieu ». Ma signature devint alors pour
les articles que je rédigeais, « Domini voluntas »,
« Wênd yam » en version latine à partir du prénom
de mon Saint Patron, célébré alors le 4 août, jour de
ma naissance.
Comme un fil conducteur qui rassure dans la
nuit, le Nom m’aidait à comprendre un tant soit peu
certaines relations humaines, des conflits, des
préjugés, des prétentions comme des déceptions qui
se présentaient sur mon chemin.
Je me souviens de certaines incompréhensions
sociales inutilement aggravées par la non-prise en
compte de la signification du Nom. C’est ainsi
qu’un quartier de Ouagadougou a été identifié par
l’expression « Cissin-Bilbaolgo ». En Français, le
rapprochement des deux termes permet de
distinguer le « Bilbaolgo » au centre-ville, de ce
« Bilbaolgo » du côté du quartier « Cissin. »

12

Malheureusement, en Mooré, « Cissin-Bilbaolgo »
introduit une hiérarchie qui fait de « Cissin » le
grand ensemble dont dépend « Bilbaolgo ». Ceci
était inacceptable pour les habitants qui viennent du
grand Bilbaolgo, quartier du Baloum Naaba,
ministre du Mogho Naaba, Empereur des Mossis !
Le Nom est donc, un élément culturel qui
véhicule des valeurs et dit des liens. La langue dans
laquelle il est dit comporte des nuances de
communication qu’il ne faut pas ignorer. Prenons
un cas : En Mooré on dit « a Zâ pugla » qui se
traduit par « le chapeau de Jean » : « Jean » vient
avant « chapeau ». Si en Français «
TanghinDassouri » se dit pour traduire «
DassourTanghin », cela est donc inexact. En Mooré on dit
toujours « je vais à Dassouri » ! Chaque localité
ayant son « Tanghin » (colline) c’est cette dernière
qui doit être localisée. Ailleurs on trouvera plus
justement dit, « Giloung-Tangh-Zougou » (sur la
colline de Giloungou). La hiérarchie est clairement
établie : la localité est située et les démembrements
suivent : « Giloung-Naamyiri », «
GiloungYonyongo », et même « Giloung-Saint Paul. »
J’ai voulu savoir plus sur le Nom et j’en fis le
sujet de mon mémoire en théologie, après une
immersion au sud du Burkina Faso en 1980, dans un
contexte culturel encore riche des valeurs
traditionnelles des Mossis. « Le Nom et la Vie » est
le titre de ce travail.

13

À mon ordination sacerdotale, le Nom était
encore au rendez-vous, incontournable, comme
quand on devenait Religieux dans le passé, j’ai
choisi un nom pour cette nouvelle étape de ma vie :
« Pondr yeel ti d belem bulga, la d bas ko zoètga»,
en abrégé « Belem bulga ». (Comme dit le crapaud,
attache-toi à la source au lieu de te fier à l’eau qui
coule.) Entre l’Éternel et le contingent, j’ai fait mon
choix !
Un an plus tard, en 1984, pour marquer son désir
de renaissance, mon pays est passé de Haute-Volta
à Burkina Faso : j’ai connu et chanté le nom de
notre « fière Volta » pendant 23 ans ; aujourd’hui,
j’entonne « la patrie ou la mort » depuis 31 ans,
toujours en Français, mais, à la gloire d’un pays
nommé en Mooré et en Dioula.
Suite à ma nomination comme professeur
permanent à l’université dans l’Institut de
communication, j’ai la joie d’accompagner entre
autres des prêtres qui se préparent à servir dans la
Communication pastorale. À eux d’abord, j’ai pensé
qu’il fallait offrir cette réflexion qui veut aller
audelà des techniques, des moyens et des instruments
de l’information et de la communication : au bout, il
y a l’homme, la société, la culture, les
professionnels dont ils sont les pasteurs. « Le Nom
et la Vie » sera une référence importante dans ce
partage avec eux !
Pour atteindre le grand public, j’opte pour la

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publication de cette réflexion qui, je l’espère, sera le
début d’une conversation autour du Nom, de son
mystère et de ses fonctions multiples.
Le Nom dit plus que le mot qui le porte : il
communique !
L’auteur


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