Reliques de la passion du christ

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Dans de prestigieux sanctuaires catholiques sont conservées les grandes reliques de la Passion. A Sainte Croix de Jérusalem, à Rome, sont exposés des fragments et des clous de la croix et le titulus crucis, à Notre Dame de Paris la couronne d'épines et des clous de la croix, à la cathédrale Saint Jean-Baptiste de Turin le saint suaire. Ces reliques sont proposées à la vénération des fidèles. Ce livre retrace leur histoire.
Publié le : vendredi 1 juin 2012
Lecture(s) : 29
EAN13 : 9782296497856
Nombre de pages : 102
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Les reliques de la Passion du Christ
Histoire et spiritualité
Religions et Spiritualité
dirigée par Richard Moreau,
Professeur émérite à l'Université de Paris XII
et André Thayse,
Professeur émérite à l'Université de Louvain

La collection Religions et Spiritualité rassemble divers types
d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions
fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes
inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus.
La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au
dialogue inter-religieux.

Dernières parutions
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2012.
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de nombreux événements bibliques s’étaient déroulés
autrement…, 2012.
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christianisme est devenu une religion, 2012.
Odile BEBIN-LANGROGNET, De Savoie en Comté. Saint
Pierre de Tarentaise, 2012.
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spiritualité catholique, 2011.
Bernard FELIX, Rencontres avec Jésus, 2011.
André THAYSE, Regards sur la foi à l’écoute de la science,
2011.
Francis LAPIERRE, Saint Paul et les Evangiles, 2011.
Maurice VERFAILLIE, L’Identité religieuse au sein de
l’adventisme (1850-2006), 2011.
Philippe BEITIA, Les traditions concernant les personnages de
la Bible dans les martyrologes latins, 2011.
Dr Francis WEILL, Dictionnaire alphabétique des psaumes,
2011.
Céline COUCHOURON-GURUNG, Les Témoins de Jéhovah
en France. Sociologie d’une controverse, 2011.
Pierre HAUDEBERT, Théologie lucanienne. Quelques
aperçus, 2010.
Philippe Beitia








Les reliques
de la Passion du Christ
Histoire et spiritualité













L’Harmattan




































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-99138-5
EAN : 9782296991385
Introduction



Les récits des évangiles rapportent longuement la Passion de
Jésus ainsi que ses apparitions aux disciples après sa résurrection
d’entre les morts. Ils mentionnent les instruments qui ont servi à
son supplice, à sa mort et à son ensevelissement : la colonne de la
flagellation, la couronne d’épines, la croix, les clous, le titulus
crucis – c’est à dire la pancarte rédigée par Pilate indiquant le
motif de sa condamnation -, la lance avec laquelle le soldat à
transpercé son côté, le linceul dans lequel il a été enseveli. On les
1appelle les grandes reliques de la Passion .
Il faudra attendre plusieurs siècles pour que l’on reparle des
instruments de la Passion dans l’ancienne littérature chrétienne. Il
sera question de la découverte de la croix, des clous et du titulus à
Jérusalem dans le contexte de l’édification des basiliques du
Martyrium et de l’Anastasis sur le Golgotha et autour du tombeau
du Christ par l’empereur Constantin. D’autres reliques de la
Passion seront mentionnées plus tard. Elles seront partagées entre
Jérusalem, Rome et Constantinople. La capitale de l’Empire
d’Orient gardera jusqu’à sa chute en 1204 de nombreux souvenirs
des souffrances du Seigneur. Beaucoup de princes la jalouseront.
Dès l’époque de la Paix de l’Eglise (313), les reliques du Christ
et celles des martyrs acquièrent des fonctions non seulement dans
la vie spirituelle mais aussi dans la vie sociale et politique. Elles
passent pour opérer des miracles bénéfiques à la communauté en
écartant les calamités, en favorisant la paix et en suscitant la

1 Nous reprenons, dans cette étude, un article que nous avons publié et
que nous avons augmenté.
On pourra aussi se référer au livre de Charles ROHAULT de FLEURY,
Mémoire sur les instruments de la Passion de Notre Seigneur Jésus–
Christ, Librairie liturgique catholique L. Lesort, Paris, 1870 et à celui de
Daniel RAFFARD de BRIENNE, Dictionnaire des reliques de la
Passion, éditions de Paris, Versailles, 2006.

7prospérité matérielle. D’où leur importance aux yeux des princes
2chrétiens .
Quelques reliques de la Passion seront reçues en Gaule à
l’époque mérovingienne et carolingienne. La couronne d’épines,
des clous, un morceau du bois de la croix seront remis par
l’empereur de Constantinople au roi saint Louis, en échange d’une
importante aide financière. Certains souvenirs de la mort du Christ
seront détruits lors de la Révolution français, dans les années 1791-
1793.
La découverte des reliques de la Passion est entourée d’une
certaine obscurité. On n’en connaît pas les circonstances avec
certitude. Divers diocèses et communautés religieuses vont vouloir
en avoir. Il leur en sera cédé des parcelles mais on fera aussi des
reliques par contact. On fera toucher le clou de la croix à un clou
ordinaire. Ou bien, on rajoutera un peu de limaille du premier
lorsqu’on confectionnera le second que l’on considérera désormais
comme relique. On a du faire de même avec des épines ayant
touché celles dont Jésus a été couronné.
On va également représenter les reliques de la Passion. A
Cadouin, dans le sud du Périgord, on a vénéré durant huit cents ans
un suaire. On pensait que c’était celui où le corps de Jésus avait
reposé. En 1934, l’évêque fait déchiffrer les inscriptions qui y sont
ebrodées : elles chantent la gloire d’un Emir du XI siècle ! Ce linge
a dû être rapporté des croisades. Il a sûrement servi de linge
liturgique pour représenter le linceul pendant les fêtes de
Pâques…et a été considéré comme tel ! Il en est allé de même à
Besançon où l’on a vénéré jusqu’à la Révolution un Saint Suaire
portant l’effigie du crucifié. Son authenticité faisait déjà l’objet de
e
vifs débats au XVIII siècle. Aussi, est–ce sans regret qu’il sera
détruit en 1794 : on considérait que c’était un faux. Ces pratiques,
qui nous étonnent aujourd’hui, permettaient, en l’absence de
reliques de la Passion, de contempler le mystère du Christ mort et
ressuscité.
Car les reliques de la Passion ne doivent pas être considérées en
elles–mêmes. Elles doivent orienter notre cœur, notre esprit et
notre existence vers le Seigneur mort sur la croix et ressuscité pour

2 Sur cette question, on pourra lire avec fruit l’ouvrage d’Edina
BOZOKY, La politique des reliques de Constantin à Saint Louis,
Beauchesne, Paris, 2006.

8notre vie. C’est le but de cet article. Il présentera l’histoire des
grandes reliques de la Passion, considérées et vénérées comme
telles par l’Eglise. Nous approfondirons les aspects du mystère
rédempteur qu’elles suggèrent pour que notre vie en soit
transformée.


































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