République, religion et laïcité

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On peut se demander aujourd'hui si l'universalité des droits humains est possible. Mais que veut dire droits humains ? Quel rôle peut jouer la république dans l'humanité ? L'Humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être humain. De ce point de vue, comment lutter contre le racisme, le fanatisme, l'esclavagisme, le colonialisme, l'obscurantisme et l'ignorance ?
Publié le : jeudi 1 juillet 2010
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EAN13 : 9782296700833
Nombre de pages : 155
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INTRODUCTION
L’Humanisme est un courant de pensée qui apparaît pendant la
Renaissance. Il consiste à valoriser l’Homme, à le placer au centre de
son univers. Dans cette optique, le principe de base de cette théorie est
que l’Homme est en possession de capacités intellectuelles
potentiellement illimitées.
La quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines sont
nécessaires au bon usage de ces facultés. Il prône la vulgarisation de
tous les savoirs, même religieux : pour certains humanistes, la parole
divine doit être accessible à toute personne, quelles que soient ses
origines, sa langue (traduction de la Bible par Erasme en 1516) ou sa
catégorie sociale.
Le terme religion (latin : religio) à son tour, désigne un ensemble de
rites, croyances, règles éthiques et pratiques, voire de dogmes, adoptés
par une société, un groupe ou un individu.
Cette religion est le plus souvent en rapport avec une notion de
divinité ou de réalité transcendante. Le terme religion naturelle,
cependant, désigne une doctrine qui s'appuie sur les seules inspirations
de la raison et du cœur. On désigne souvent par religion les pratiques
et rituels d'une communauté sociale
Le mot « religion » n'a pas d'équivalent précis dans les langues
anciennes, hébreu, grec et latin. La notion de religion serait une
« invention » des temps modernes. La théorisation du phénomène, son
étude et sa définition apparaissent avec la Renaissance et les grandes
découvertes qui amènent les Européens à s'interroger sur la spécificité
du christianisme et sa ressemblance aux autres « religions ».
Il existe deux grands berceaux des religions contemporaines sur Terre,
qui ont émergé il y a trois à quatre mille ans :
- Les religions abrahamiques (le Judaïsme, le Christianisme et
l'Islam) proviennent géographiquement du Croissant fertile, qui
s'étend de la région où naquit Abraham (actuel Irak) jusqu’à l'Égypte.
7Elles se décrivent comme étant monothéistes (par opposition au passé
polythéiste du bassin méditerranéen) et révélées.
- L'Hindouisme est né au nord du sous-continent indien (actuels
Bihar et Uttar Pradesh et confins sud du Népal). On peut néanmoins
les décrire comme une forme de polythéisme hénothéiste, ou même
panenthéiste pour l'hindouisme, mais quelle est la source de
l’humanisme ?
Naissance de l'humanisme : le retour aux anciens
Dans l'antiquité grecque, c'est sans doute Protagoras, celui de
« L'Homme est la mesure de toute chose », qui représente le mieux le
scepticisme antique à l'égard des divinités. L'humanisme classique est
un mouvement de pensée qui s'est développé en Italie pendant la
Renaissance, en réaction au dogmatisme rigide, notamment religieux,
du Moyen Âge. Il propose de renouer avec les valeurs, la philosophie,
la littérature et l'art de l'Antiquité classique qu'il considère comme le
fondement de la connaissance. Les humanistes de la Renaissance sont
des érudits qui ont soif de savoir.
Ils affirment leur foi dans l'être humain qu'ils mettent au centre de
leurs préoccupations et dont ils recherchent l'épanouissement.
L'humanisme propose de nouvelles valeurs fondées sur la raison et le
libre-arbitre. Grâce à l'invention de l'imprimerie, il s'est développé
dans toute l'Europe et a notamment donné naissance à la Réforme.
Par extension, dans son sens moderne, l'humanisme désigne tout
mouvement de pensée idéaliste et optimiste qui place l'homme au-
dessus de tout, qui a pour objectif son épanouissement et qui a
confiance dans sa capacité à évoluer de manière positive. L'homme
doit se protéger de tout asservissement et de tout ce qui fait obstacle
au développement de l'esprit. Il doit se construire indépendamment de
toute référence divine.
Le mouvement humaniste aux XVème et XVIème siècle nous
démontre que c’est avec Pétrarque (1304-1374) que naît en Italie le
mouvement humaniste de la Renaissance. Le poète commence par
recueillir les inscriptions sur les vieilles pierres de Rome et poursuit
dans les manuscrits sa quête des Anciens. Il retrouve ainsi des lettres
8 de Cicéron, ressuscitant un écrivain statufié par les écoles. Il s’illustre
également en détectant un faux document au profit de son souverain.
Lorenzo Valla (1407-1457), lui aussi, va traquer la vérité historique,
préconisant l’étude philologique des textes et le retour à la pureté
classique. Parti d’Italie, l’humanisme rayonne dans toute l’Europe
cultivée.
Les humanistes du XVème siècle s’efforcent de retrouver
l’authenticité de la pensée des Anciens, perdue sous les multiples
adaptations et interprétations chrétiennes du Moyen Âge. Ils étudient
les langues anciennes (grec, hébreu, latin classique, syriaque) et
recherchent des manuscrits dans tout le monde méditerranéen.
Rabelais, l'humaniste : Que nous a-t-il apporté ? Humanisme : c'est
une doctrine définie aujourd'hui comme celle qui a pour objet le
développement des qualités de l’homme (Larousse). Cette notion
définit plus particulièrement le mouvement qui unit au XVIème siècle
les humanistes des pays européens.
Origine et définition : le mot « umanista » né en Italie au XIVe
siècle. II veut dire « professeur de grammaire et de rhétorique ». Les
humanistes ne sont pas forcément professeurs, mais évoquent un
certain savoir pour les langues anciennes. Le mot humanisme est bâti
sur le mot « homme ». Il s'agit de rendre grâce à l'effort de la raison
vers un modèle que l'on juge de perfection dans tous domaines
(morale, politique, art).
Pour l'être humain, cela suppose de redécouvrir d'autres ensembles de
littérature gréco-latine, donc réformer l'enseignement. Cela touche
donc les intellectuels et l'élite qui allait au collège. En Italie, au XIV
ème siècle, Pétrarque et d'autres humanistes cherchent à redécouvrir
des manuscrits anciens latins et grecs. On constate que sous Louis XI,
il y a un mélange de Français et d’Italiens qui travaillent en France et
c'est la Renaissance italienne qui arrive dans nos pays.
Rabelais est un humaniste. Ce fut un précurseur dans ce domaine. De
plus grâce à sa culture et ses nombreux voyages (notamment en Italie)
il a pu développer et agrandir cette doctrine. Rabelais a développé ses
idées d'humaniste dans de nombreux domaines tels que la Paix et la
Guerre.
9Les idées de Rabelais sont développées dans « Guargantua », et
pourraient être résumées ainsi : Rabelais est contre la guerre de
conquête et pense que le bon Prince doit être charitable. Quelles sont
les solutions pour éviter la guerre ? La seule guerre qui soit valable
étant celle qui est défensive. Rabelais explique aussi comment cette
guerre doit être menée. Rabelais est donc un des membres fondateurs
de l'humanisme, il a apporté beaucoup pour ce dernier. (Nouveaux
concepts, nouvelles idées...).
Sa réflexion pédagogique originale est basée sur une vision de la
pédagogie qui démontre que l'érudition n'est pas une fin en soi,
acquérir le savoir, c’est chercher à faire progresser l'humanisme, à
l'amener de l'état d’enfance à celui de culture.
D'où de nombreux récits pédagogiques comme Erasme (1529),
Rabelais (1532), Montaigne (1589). Ils veulent être plus
pédagogiques avec les élèves et respecter l'équilibre entre les
disciplines intellectuelles, physiques, morales et sociales. Les
humanistes essaient donc de changer les élèves du collège (secondaire
et universitaire), ils sont très optimistes.
Ils relisent les littératures antiques en essayant de les appliquer au
monde actuel. Bien qu'en lisant les textes païens, ils ne s'opposent pas
au catholicisme. À l'inverse des catholiques qui acceptent mal leur
position, en particulier la méthode de travail. Les théologiens ont une
vision pessimiste de l'humanisme. Les humanistes sont pacifistes car
ils ont un « esprit cosmopolite ». Ils sont réformateurs et non
révolutionnaires.
Depuis le XIXe siècle, le terme d'"humanisme" désigne le
mouvement de rénovation des lettres et de la pensée s'appuyant sur
l'étude des textes antiques qui se dessina dès le XIIIe siècle en Italie et
qui s'épanouit jusqu'au XVIe siècle dans l'ensemble de l'Europe de la
Renaissance. Mais le mot se trouve investi de plusieurs significations,
selon qu'on le limite strictement dans le temps, ou qu'on l'applique, par
extension, à des états d'esprit ultérieurs, significations dont le seul
point commun est de privilégier une philosophie résolument optimiste
de l'homme.
10 Ainsi, cet Humanisme vise à lutter contre l’ignorance, et à diffuser
plus clairement le patrimoine culturel, y compris le message religieux.
Cependant l’individu, correctement instruit, reste libre et pleinement
responsable de ses actes dans la croyance de son choix. Les notions de
liberté (ce que l'on appelle le « libre-arbitre »), de tolérance,
d’indépendance, d’ouverture et de curiosité sont de ce fait
indissociables de la théorie humaniste classique et des droits de
l’homme, droits humain, ou droit de la personne :
Ces droits sont un concept selon lequel tout être humain possède des
droits universels, quel que soit le droit positif en vigueur ou les autres
facteurs locaux tels que l'ethnie ou la nationalité. Le qualificatif
d'universel a été inscrit dans le titre de la Déclaration Universelle des
Droits de l'Homme de 1948 à l'ONU à l'initiative de René Cassin.
Les droits de l'homme sont donc des prérogatives reconnues aux
individus, considérées comme essentielles à la démocratie et à la paix,
par conséquent généralement reconnues par des normes de valeur
constitutionnelle et/ou par des conventions internationales, afin que
leur respect soit assuré, si besoin est même contre l'État. De là, il y a
des questionnements qui s’imposent.
Les grandes interrogations :
Aujourd’hui, on peut même se demander si l’universalité des droits
humains est possible. Mais que veut dire droits humains ? Quel rôle
peut jouer la république dans l’humanité ?
L'Humanisme désigne toute pensée qui met au premier plan de ses
préoccupations le développement des qualités essentielles de l'être
humain. De ce point de vue, comment lutter contre le racisme, le
fanatisme, l’esclavagisme, le colonialisme, l’obscurantisme et
èmel’ignorance de l’homme au 21 siècle ?
Pour répondre à ces questions, nous allons présenter ce travail de la
manière suivante :

Chapitre 1 : L’homme au centre de l’univers
Chapitre 2 : Les droits dans le temps et dans l’espace
Chapitre 3 : De la cruauté aux droits de l’homme
Chapitre 4 : L’éthique des convictions
Chapitre 5 : Les droits de l’homme
11Chapitre 6 : La république
Chapitre 7 : La laïcité



















12 CHAPITRE I :
L’HOMME AU CENTRE DE SON UNIVERS
Dans l'acception actuelle, l'humanisme s'inspire de cette définition
philosophique. On parle, par exemple, de l'humanisme « militant » de
Voltaire. Depuis Montaigne, l'humanisme, ainsi conçu, a été un des
éléments les plus constants de la pensée française.
L'humanisme pratique ou moral consiste à s'imposer, vis-à-vis de tout
être humain, des devoirs et des interdits éthiques : ne pas tuer, ne pas
torturer, ne pas opprimer, ne pas asservir, ne pas violer, ne pas
voler, ne pas humilier… Fondé sur le respect et la justice, cet
humanisme-là revient donc à respecter les droits fondamentaux de
l'être humain.
C'est dans ce sens qu'André Comte-Sponville s'exprime : « L'homme
n'est pas mort : ni comme espèce, ni comme idée, ni comme idéal.
Mais il est mortel ; et c'est une raison de plus pour le défendre ».
D’autre part, un courant humaniste en émergence depuis les années
1970 est désigné sous l'appellation d'« humanisme environnemental »,
ou d'« écologie humaniste », développant une philosophie de
l'évolution de l’homme.
1I. Humanisme et Individu
Vers 1530, le renouveau et l'expansion intellectuels semblent fédérer
la culture européenne. La confiance dans le progrès humain, dans la
civilisation, dans la capacité humaine à embrasser la connaissance qui
caractérise une philosophie optimiste et conquérante inspirée du
platonisme, dont le symbole serait Pic de La Mirandole et ses
connaissances mises en valeurs dans l’encyclopédie.

1( ) Humanisme : Par référence à l’être humain universel au centre d’un projet de
construction. On ne naît pas homme, on le devient. L’homme n’est pas totalement réalisé, il
doit réveiller sa conscience pour la dépasser et transcender.
L’humanisme, c’est la tolérance et une égale dignité pour tous et l’indispensable promotion
de ces valeurs. Mais ne confondons surtout pas humanisme et humanitaire.

13En effet, la multiplicité des curiosités, le mélange entre rationalisme et
magie, l'absence de spécialisation par la diversité des talents unissent
les gens de religion et les artistes (Léonard de Vinci), les lettrés (tels
Rabelais et les auteurs de la Pléiade) et les philosophes scientifiques
(Bacon). Des sciences nouvelles apparaissent - philosophie politique,
géographie, cosmologie - et la pensée historique fait des progrès
décisifs.
- La Renaissance
Celle–ci, à son tour, est une période de rénovation littéraire, artistique
et scientifique, qui prit place en Europe par la diffusion de
connaissances nouvelles parmi un milieu lettré. Ce mouvement eut
comme origine la Renaissance italienne : une pré-Renaissance se
eproduisit dans plusieurs villes d'Italie dès le XIV siècle (Trecento), se
epropagea au XV siècle dans la plus grande partie de l'Italie, en
Espagne, dans certaines régions d'Europe du Nord et d'Allemagne,
sous la forme de ce que l'on appelle la première Renaissance
e(Quattrocento), puis gagna l'ensemble de l'Europe au XVI siècle
(Cinquecento).
e eDans le courant du XV siècle et au XVI siècle, ce mouvement permit
à l'Europe de se lancer dans des expéditions maritimes d'envergure
mondiale, connues sous le nom de grandes découvertes. La
Renaissance s'accompagna aussi d'un ensemble de réformes
religieuses et de progrès scientifiques tels que :
1) La diffusion de l'information par l'imprimerie :
L'une des découvertes qui eut le plus d'impact sur les hommes de la
Renaissance fut la découverte de l'imprimerie. Avant l'invention de ce
procédé par Gutenberg vers 1450, l'écriture des livres était faite à la
main, par des clercs, qui étaient les seuls capables de maîtriser les
e etechniques d'écriture : au XI siècle et XII siècle, les manuscrits
étaient retranscrits par des moines dans les « scriptoria ». C'était l'une
des deux principales tâches des moines à l'époque ; ils les
embellissaient par des enluminures. D'autre part, la langue employée
dans les manuscrits était le latin.
14 Les universités disposaient d'un quasi-monopole dans l'éducation et la
diffusion de l'information. Les puissantes universités de Bologne, de
Paris, de Salamanque, d'Oxford et de Cambridge, étaient seules
habilitées à diffuser le savoir, selon les méthodes éprouvées de la
scolastique.
Le droit était l'une des principales disciplines dans ces universités. Le
savoir était ainsi réservé aux clercs, qui disposaient de l'éducation
nécessaire à la compréhension des textes. L'imprimerie permit
brusquement d'ouvrir l'accès à la connaissance à d'autres cercles. Il
edevint possible, par l'édition de livres à partir du milieu du XV siècle,
de mieux comprendre les faits.
Par exemple, « l'Imago mundi » de Pierre d'Ailly fut écrit en 1410, et
imprimé en 1478. Il fut l'un des fondements de la connaissance
géographique utilisée par Christophe Colomb et les navigateurs
pendant les grandes découvertes. Les textes imprimés bouleversèrent
la hiérarchie des valeurs. À l'université de Paris, par exemple, la
faculté des arts devint au XVIe siècle, la faculté la plus prestigieuse,
devant celle de théologie.
Pendant la Renaissance, on emploie de plus en plus l'or, l'argent, le
fer, le cuivre, en majorité ramenés du nouveau monde. C'est l'une des
conséquences de la découverte de nouvelles terres, à savoir la
recherche et l'exploitation de nouvelles matières premières (minerais,
métaux, sel, fruits et légumes, charbon, pétrole…). Le procédé de
l'amalgame apparaît pour le traitement de l'argent.
2) Les techniques de navigation, la cartographie :
Cartographie : cette discipline connut de grands développements avec
epar exemple Fra Mauro à Venise, dès le XV siècle, qui correspondit
avec Henri le Navigateur, ce qui permit aux explorateurs européens
de partir à la découverte du monde. En retour, les explorations
fournirent de nombreux relevés cartographiques, qui firent avancer
cette discipline : projection de Mercator, géographe flamand, en 1569,
par exemple.
Boussole : importée de Chine.
Sextant : il permit la navigation loin des côtes, donc les grandes
découvertes.
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