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SAGESSE ET PROPHÉTIE
Daniel WappouDANS L’HISTOIRE D’ISRAËL
Le sapientio-prophétisme
La tradition des exégètes de l’Ancien Testament a retenu
l’œuvre des prophètes comme facteur fondateur de la
littérature biblique. Mais un fait historique, la fn du ministère
traditionnel de la prophétie en Israël au quatrième siècle
av. J.-C. et la substitution des prophètes par les sages, suscite
un questionnement : quelles étaient les relations entre les
sages et les prophètes avant le quatrième siècle av. J.-C. ? Que SAGESSE ET PROPHÉTIE
sont devenus les textes prophétiques ou qu’en ont fait les sages
après les prophètes ? DANS L’HISTOIRE D’ISRAËL Sagesse et prophétie dans l’ histoire d’Israël est le résultat des
recherches dans le domaine des rapports existant entre les sages
et les prophètes et, partant, entre la littérature sapientiale et
la prophétique. Il y est question de relever le rôle fondamental
Le sapientio-prophétisme
que la classe des sages a joué pour la pérennisation de la
tradition prophétique après les prophètes. Si ces derniers sont
à l’origine des écrits bibliques, les sages sont, quant à eux, les
acteurs de la forme fnale de ces textes dont nous disposons.
En efet, plusieurs textes des prophètes contiennent des
indices sapientiaux signifant des rapports historiques entre
les sages et les prophètes d’Israël. Des rapports interférentiels
indissociables entre sages et prophètes, selon nos recherches,
fondent le sapientio-prophétisme : le prophétisme revu, relu et
rendu par les sages sous des formes sapientiales.
Daniel Wappou, docteur en Téologie, de spécialité d’exégèse de
l’Ancien Testament, a pour domaine de recherche la littérature
sapientiale biblique. Il est professeur d’exégèse de l’Ancien
Testament à l’Institut Supérieur de Téologie de Kaélé, sa
ville natale, à l’Extrême-Nord du Cameroun, et à l’Université
Protestante d’Afrique Centrale à Yaoundé.
Tél. : +237 77803966/ +237 98785866
Mail : wappoudaniel@ymail.com
ISBN : 978-2-343-04818-5
14,50 €
Daniel Wappou
SAGESSE ET PROPHÉTIE DANS L’HISTOIRE D’ISRAËL






Sagesse et prophétie
dans l’histoire d’Israël



Daniel Wappou



Sagesse et prophétie
dans l’histoire d’Israël
Le sapientio-prophétisme



























Du même auteur

Conte et valeurs prophétiques. Une lecture africaine par le conte du livre
ade Samuel (12: 1-7 ), L’Harmattan, 2014.



















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04818-5
EAN : 9782343048185






À mes enfants :
Yatchiébo Majoie
Faineki Zimo Eliel
Souoka Sophia

Mon espoir pour la pérennité de la sagesse
AVANT-PROPOS
Nos propos dans ce livre trahissent certainement notre
préoccupation pour la sagesse et la littérature sapientiale biblique.
Assez diffuse, la sagesse s’impose à tous les groupes littéraires de
la Bible. La loi, les prophètes, les écrits et les Évangiles sont
souvent transmis par des expressions sapientiales comme les
proverbes, les paraboles… La récurrence de la forme sapientiale
dans les textes bibliques révèle l’œuvre des sages pour la
didactique de la parole de Dieu. Toutefois, l’érudition
vétérotestamentaire n’a pas encore donné à l’œuvre des sages la
place qu’il lui faut. Les sages, moins considérés que les prophètes
et les sacrificateurs dans la gestion de la parole de Dieu, n’ont pas
assez fait l’objet de recherches théologiques. Or, leurs œuvres ne
sont pas les moindres dans le processus de la transmission des
traditions orales et écrites du peuple d’Israël. En défenseur des
sages donc, nous nous donnons la tâche de pencher un regard
exégétique sur les textes bibliques en quête du rôle des sages
vis-àvis de la parole de Dieu en dehors de leur rôle traditionnel de
courtisans.
Le parcours de l’histoire d’Israël des temps de la royauté, de
l’exil et de l’après-exil au temps de Jésus, nous permet d’observer
le rôle de l’élite sage du peuple à l’œuvre pour la survie de la
culture et de la foi d’Israël. Tous les textes et toutes les formes
littéraires peuvent nous servir de domaines de recherche pour
découvrir cet important service rendu par les sages pour la
pérennisation des traditions orales et écrites d’Israël. Mais ne
pouvant pas considérer toutes les formes littéraires bibliques, nous
ciblons la prophétie pour relever à travers elle l’influence de la
relecture des sages. À travers cette longue période historique, nous
découvrons que les sages et les prophètes se sont mutuellement
influencés depuis leurs origines en Israël. En effet, quand les sages
influençaient les prophètes en traduisant la prophétie par un
langage sapiential, il était question de la sapientialisation de la
prophétie. Le contraire qui consistait en l’influence de la prophétie
sur la sagesse consistait en la prophétisation de la sagesse. C’est la voix des sages qui va remplacer celle des prophètes qui
sera éteinte. Ce sera l’occasion pour les sages de réécrire et de
réinterpréter les enseignements oraux ou écrits des prophètes en
langage sapiential. Cette œuvre des sages explique la diffusion de
la forme sapientiale dans la littérature prophétique.
En conséquence de ce qui précède, une nouvelle lecture des
textes des prophètes peut être mise en évidence : celle de les lire
comme œuvres à la fois prophétiques et sapientiales parce
qu’issues des prophètes et relues par les sages. Une telle lecture
doit se fonder sur l’historique de la relation entre sages et
prophètes ou entre sagesse et prophétie en Israël. C’est ce devoir de
fonder une lecture sapientiale des prophètes qui nous inspire la
recherche sur les rapports existant entre sages et prophètes à travers
ces deux courants littéraires des textes bibliques.
Sagesse et prophétie dans l’histoire d’Israël : le
sapientioprophétisme, le titre du ce livre exprime notre souci de valoriser le
sapiential en tant que moyen véhiculaire principal de la
transmission des textes des prophètes. En lisant ce livre, nous vous
invitons à découvrir le sapiential et le prophétique dans la période
historique d’Israël allant du temps des rois à celle de Jésus-Christ.
Des relations tendues aux rapprochements pacifiques, les sages et
les prophètes d’Israël ont abouti au même objectif : enseigner la
crainte de l’Éternel. À la fin de la tradition des prophètes, vers le
quatrième siècle av. J.-C., les sages assureront à la fois l’office de
la sagesse et celui de la prophétie en Israël. Dès lors, nombre de
textes de l’Ancien Testament seront hybrides, de forme sapientiale
et prophétique à la fois ou de forme sapientiale et de fond
prophétique.
À travers ce livre, découvrez le rapport entre les sages et les
prophètes, et partant, de l’influence du sapiential sur le
prophétique, d’où le sapientio-prophétisme.

8 INTRODUCTION
Le prophète et le sage occupent deux ministères bien distincts
auprès du peuple de l'A.T. Le premier est considéré comme
porteparole de l'Éternel parce qu'il parle en son nom. Le second, quant à
lui, est l'homme qui expérimente la vérité à partir du monde
cosmique afin de découvrir les lois de la sagesse divine qui
régissent le monde. En d'autres termes, l'un paraît préoccupé par
les vérités célestes révélées et l'autre par celles expérimentées de
l'environnement ou de l'histoire des hommes. Mais de manière
traditionnelle, l'érudition vétérotestamentaire a toujours privilégié
le prophète ou la prophétie par rapport au sage ou la sagesse.
Ce privilège se fonde sur le contact direct que le prophète
semble avoir avec l'Éternel. Et l'histoire du peuple d'Israël telle que
lue à travers l'A.T. favorise cette place de choix du prophète et de
la prophétie. Car c'est dès l'aube de son élection par Dieu que ce
ministère prend place dans son histoire. Déjà à partir du patriarche
Abraham à qui Dieu communique sa volonté, le rôle prophétique
débute au sein du peuple d'Israël, Gn 20, 7. Ensuite, Moïse
continuera ce ministère à l'occasion de la naissance de la nation du
peuple d'Israël à la sortie d'Égypte, Dt 18, 15 ; 34, 10. Et Samuel
poursuivra cette œuvre au moment de l'initiation du système royal
en Israël, 1S 3, 1ss. Ainsi, les trois grands événements à savoir
l'élection d'Abraham, la sortie d'Égypte et l'institution de la
royauté, sont intervenus par le biais du rôle prophétique, moyen de
la communication entre l'homme et Dieu. Plus tard, la succession
du roi David se fera sous l'influence du prophète Nathan, 1R 1, 5 -
37. Cela deviendra pour Israël une tradition que d'avoir des
prophètes qui s'impliquent dans la gestion de la royauté surtout
pour ramener le roi à la volonté de l'Éternel en cas de dérives
spirituelles. En conséquence de cette implication des prophètes
dans l'histoire de l'intronisation, ces derniers sont la voix de
l'Éternel pour les rois et tout le peuple. Mais cette voix va
progresser de la tradition orale à la tradition écrite qui verra les
eparoles des prophètes écrites à partir des prophètes du VIII s.
(Osée, Amos, Ésaïe...). Par son autorité qui date de l'élection et qui prime sur toute
l'expression de la volonté de l'Éternel envers son peuple, le
prophète occupe une place de choix en Israël. Et la prophétie
apparaît dans l'A.T. comme l'élément fondateur de toute la tradition
religieuse du peuple d'Israël. C'est la raison pour laquelle la
tradition des théologiens l'a comprise comme facteur de l'identité
de la nation d'Israël. Car cette prophétie constitue une particularité
d'Israël en ce sens qu'elle lui fonde l’histoire particulière d'un
peuple choisi par l'Éternel qui lui communique sa volonté.
En revanche, considérant la relecture et la rédaction du texte de
l’A.T. maintes fois reprises, nous voulons émettre des réserves à
une telle conception de la tradition des prophètes. La copie finale
de l'A.T. est le résultat de la transmission, donc de retouche des
textes et non d'une action ponctuelle arrêtée dans le temps et dans
l'espace par les prophètes. Chaque génération du peuple a dû lire,
relire et réécrire des textes reçus, soit oralement, soit par écrit de la
part des anciens. Cette question de transmission de la tradition des
prophètes aurait surtout tenu compte du grand événement de l'exil
qui a constitué un ébranlement de toutes les institutions du peuple
d'Israël. À cette occasion, la prophétie subit des mutations, car le
peuple de la déportation cesse d'être une nation ; même la fonction
de prophète prendra fin avec Malachie, vers 430 av. J.-C. Et
pourtant, le moment le plus crucial du besoin de la parole est cette
période où Israël perd son autonomie de nation et où le ministère
des prophètes traditionnels prend fin. Les prophètes n'étant plus,
qui prendra la relève pour que les enseignements de ces derniers
parviennent aux générations futures ?
Ce sont les sages, des personnes très instruites, capables de lire
et d’écrire. Et à cette époque précisément, le pouvoir royal étant
détruit, le gouvernement du peuple est revenu à l'autorité des
lévites qui sont à la fois responsables spirituels et politiques. Parmi
eux se trouvent les scribes sages qui se préoccupent de
l'enseignement de la loi, entendons les textes de Moïse et des
prophètes. Il est alors surtout question d'adapter ces textes aux
générations et aux circonstances actuelles. Or, une des régences
impériales successives d'alors, celle des Grecs, après les Perses et
avant les Romains, faisait de l'hellénisation un cheval de bataille
très envahissant. Par conséquent, pour que subsiste la tradition du
10 peuple de l'Éternel à ce vent ravageur, il a fallu insister sur
l'enseignement de la tradition de Moïse et des prophètes. Cela
visait un renouvellement de la confiance en l'Éternel afin de garder
espoir vis-à-vis de cette alliance qui semblait mise en doute depuis
l’avènement de l'exil. Mais pour deux raisons principales, cet
enseignement de la loi et des prophètes aurait été transformé. D'une
part, le personnel enseignant était totalement constitué de sages,
alors leurs enseignements étaient de nature sapientiale. D'autre
part, la génération actuelle du peuple juif était influencée par la
Sophia grecque de par l'interpénétration des cultures, d'où le besoin
d'un langage sophiste pour l'enseignement adapté au peuple.
Un grand travail voit le jour pour les sages. Ils doivent
réinterpréter Moïse et les prophètes conformément à l’optique
sapientiale. Alors Moïse est considéré comme le super sage et la
parole des prophètes est prise pour la sagesse absolue. Ceci étant,
la notion de prophète biblique comme fondateur de la tradition ou
de l'histoire du peuple d'Israël devient discutable. Car la parole des
1prophètes, sous sa forme finale, est sapientialisée . En effet, le rôle
qu'ont joué les sages dans la transmission des textes défie cette
considération longtemps dominée par les prophètes.
Mais ce travail des sages dans la formation des écrits bibliques
a toujours été méconnu au profit de la considération traditionnelle
donnée à l'œuvre des prophètes. Cependant, de nos jours, une prise
de conscience est en train de se manifester au sein des théologiens,
depuis un demi-siècle seulement, à propos de l’influence des sages
dans la transmission de la loi et des prophètes. Aussi cet intérêt
fait-il l’objet de colloques animés par des érudits de l'A.T. et du
2
N.T . De manière progressive, des réflexions se font sur la sagesse
biblique plus que dans les siècles passés. En termes de résultats de
ces réflexions individuelles ou collectives, de nombreux documents
paraissent, donnant ainsi plus d'importance aux sages et à la
tradition sapientiale biblique tout entière. C'est alors qu'un certain
nombre de théologiens se distinguent par leurs travaux et

1 Nous créons ce concept pour exprimer l’acte de transformer les paroles des
prophètes en une nature hybride qui est à la fois une forme prophétique et
sapientiale.
2 M. Gilbert. La sagesse de l’Ancien Testament, Louvain, Leuven University
Press, 1990, p. 7.
11 réflexions sur la spécialité de la sagesse biblique. Nous pouvons
constater en deux périodes le progrès de cet intérêt du sapiential au
sein de la classe des théologiens. Entre les années 50 et 80,
3quelques figures vont se faire remarquer par des thèses y relatives .
Mais des années 90 à nos jours, le domaine sapiential biblique vit
une explosion de par son attrait dans la pensée théologique. Le
nombre de théologiens intéressés par ce domaine biblique est en
4nette progression. Trois documents référentiels font leur
apparition à la suite des travaux profondément concertés des
théologiens. Il s'agit de :
- La sagesse de l'Ancien Testament qui contient un ensemble de
travaux de théologiens sur différents sujets sapientiaux de l'A.T.
C'est une œuvre de 460 pages éditée en 1990 sous la direction de
5Maurice Gilbert .
- La sagesse biblique de l'Ancien au Nouveau Testament,
ouvrage édité en 1995. C'est un recueil des actes d'un congrès de
l'A.C.F.E.B. à Paris en 1993 ; une compilation de 617 pages de
réflexion de vingt théologiens sur la sagesse biblique.
- Toute la sagesse du monde : Hommage à Maurice Gilbert,
ouvrage paru en 1999. C’est une œuvre collective de trente-quatre
théologiens qui ont réfléchi sur le rapport de la sagesse biblique
avec celle du monde. C'est un document d'un volume considérable
de 763 pages.
Ces mobilisations et concertations des théologiens font état du
caractère attractif du sage et de la sagesse de l'A.T. et du N.T. Cette
impulsion sapientiale, certes, n'est pas sans influence dans la
compréhension des Saintes Écritures. Car avec cette nouvelle
pensée qui est en train de prendre de l'envol, on se demande si une

3 M. Noth et T. Winton. Wisdom in Israel and in Ancient Near East : Presented to
Harold Henry Rowly by the society for Old Testament Studies, in celebration of
th thhis 65 Birthday, 24 March 1955, Leiden, Brill, coll. “V.T” sup.3, 1955. G. von
Rad., Israël et la sagesse, trad. de l’allemand par de Peyer, Genève, Labor et
Fides, 1970. J. L. Crenshaw. Studies in Ancient Israel Wisdom, New York, Ktav
Publishing, 1976.
4 Pour les références détaillées de ces documents, voir notre liste bibliographique
à la fin du livre.
5 M. Gilbert est actuellement considéré comme le plus grand bibliste exégète du
domaine sapiential.
12 autre conception ne naîtra pas à l'encontre ou au compliment de
cette ancienne domination de la prophétie.
Mais déjà, ici et là, on peut noter une influence sapientiale dans
la lecture des textes bibliques due à cette percée de la théologie
6sapientiale de ces quelques dernières décennies. Brekelmans , dans
cette mouvance des pensées théologiques, a produit en 1979 des
argumentations, pour l'instant irréfutables, qui stipulent une
influence du travail des sages sur toute la tradition
deutéronomique.
Or, le deutéronomisme inclut aussi la prophétie biblique par le
fait que beaucoup de textes de prophètes sont de cette rédaction.
Cela sous-entend une certaine influence de la sagesse sur la
prophétie. Ou alors, il peut être possible de relever à travers des
textes de prophètes des caractères à la fois prophétiques et
sapientiaux. Cette influence peut résulter une convergence
fonctionnelle des deux ministères, des prophètes et des sages. Tout
ce faisceau de relations qui existent entre la prophétie et la sagesse
est un domaine de recherche qui s'ouvre à nous, à l’appui et à la
suite de cet intérêt des théologiens pour la sagesse biblique
actuellement.
Nous estimons apporter une contribution à la critique historique
des textes bibliques en révélant cet important rôle des sages sur la
rédaction finale du texte de l’A.T. Notre apport consistera à faire
connaître l’influence des sages à la mise en forme finale des textes
de l’A.T. à travers l’histoire du peuple d’Israël. Notre initiative
commence par un constat presque général sur les textes de l’A.T. et
du N.T. Des expressions sapientiales comme les proverbes, les
symboles, les paraboles…, sont assez utilisées dans
l’argumentation des propos des prophètes. En effet, nous nous
sommes posé la question de savoir le rapport qui existerait entre la
sagesse et la prophétie ou les sages et les prophètes. En d’autres
termes, nous voudrions savoir s’il y a eu un rapport d’influence
entre les deux ministères, la sagesse et la prophétie, au cours de
l’histoire d’Israël. Ainsi, le souci de dénomination de cet important
domaine biblique qui jumelle la sagesse et la prophétie nous a

6 Brekelmans. « Wisdom Influence in Deuteronomy », in M. Gilbert, op. cit., p.
28-38.
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