Toi que le voile fait si jolie...

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Un centenaire découvre que l’une de ses arrière-petites-filles est malheureuse : cherchant à donner du sens à sa vie sans repère, elle consulte le Coran et couvre bientôt d’un voile son joli visage.
Mais a-t-elle seulement lu avec attention l’ouvrage sacré de l’islam ?

Pour tenter de la comprendre et de l’aider, le vieillard ouvre lui-même le « Livre ». En analysant verset par verset les sept premières sourates du Coran, il invite également les fidèles de toute religion dite « révélée » à retourner à ce qu’on leur jure être la parole de leur prophète.
Sans doute auraient-ils une connaissance de Dieu moins floue et contradictoire et pourraient-ils trouver des éléments de réponse à la question centrale posée dans le présent essai : « Que n’utilise-t-il sa toute puissance, pour être simplement bon, le Bon Dieu, dans le cœur des hommes ? ».


Publié le : mercredi 25 juillet 2012
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EAN13 : 9782332512512
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ISBN numérique : 978-2-334-03465-4

 

© Edilivre, 2015

Du même auteur

Du même auteur :

« Croquis féminins »

– chez http://portaildulivre.com/

« Désirée de Montello »

« Deux ours et la lune »

« Deux histoires au bord de la mer »

– chez http://pawedit.com/

« Le retour des copains »

« Croquis de rugby »

« Dieu sera Web ! »

« Voyage en Asile colis »

– chez http://www.atlantica.fr/

« Il faut sauver le soldat Jules »

« L’idée de la joie »

« Eléphant Majesty »

« Chacun son ange »

« Spleen family »

« Tabanalyse »

« Toi que le voile fait si jolie »

– chez http://www.edilivre.com/

« L’Année magique »

– chez http://editeurindependant.com/

images1Le point de vue

Le Dieu du Coran n’aime pas les hommes. Peu nombreux sont ceux qui osent le DIRE parce que rares sont ceux qui osent LIRE ce livre ! On s’en tient à une réputation floue et contradictoire.

Pour le flou, voyez une idée de raffinement de civilisation, en Espagne, au moyen âge, alors que les Européens inventent à peine la fourchette et se piquent avec.

Pour le contradictoire, on lui impute sa phobie des femmes, alors qu’il exprime parfois une mansuétude étonnamment protectrice à leur endroit (ce que je découvrirai stupéfait !).

Entre les deux idées reçues notre esprit part en vrille. Nous nous faisons les derviches tourneurs d’une rumeur. Nous n’avons pas LU le Coran !

Je viens donc de le faire. Et de taper sur Google.fr « voile islamique », option « image ». Nous sommes en 2003. Réponses du moteur de recherche : presque aucune !!!!

Qu’est-ce qui fait si peur que nous n’osions réduire ce paradoxe d’idées reçues et tant frémir à l’idée de publier sur le web de belles adolescentes voilées ? Alors qu’en même temps nous sommes si fiers de nous croire librement informés par Internet ? Média insoupçonné de manque d’audace…

Quel est le voile que nous préférons pour nos yeux ? Pressentons-nous une découverte que nous choisirions de refouler ? Préférons-nous, en bons français que nous sommes, la glose au texte original ? Ou bien cette incongruité qui nous fait aller l’esprit en des sens opposés nous laisse-t-elle la cervelle fendue entre deux propositions qui nous immobilisent la pensée ?

Nous n’osons pas en parler !

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Éprouvante lecture, car si j’avais à résumer la parole du Dieu du Coran en une phrase, elle serait :

– Craignez-moi ! Adorez-moi ! Sinon vous subirez d’interminables supplices ignominieux (thème obsessionnel du « Livre » !)

Le Dieu qui s’exprime ainsi semble n’avoir d’autre objectif que la soumission de l’homme. Quel chagrin, pour une doctrine qui se déclare la plus aboutie des « religions révélées » (après la juive et la chrétienne).

Au bout du compte – car il y en a bien un – le paradoxe reste que la plus récente d’entre elles (l’islamique) m’ait parue la plus archaïque !

Et dire cela, ce n’est pas faire offense aux musulmans mais libérer leur esprit d’un Dieu cruel et jaloux. Ils en seraient les premiers esclaves affranchis !

D’ailleurs, pourquoi les religions qui ne respectent pas la liberté de l’homme auraient-elles à attendre qu’on les respecte ? Leurs « Livres sacrés » auraient-ils droit à la révérence par principe ? Non !

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*       *

 

 

images3LA FICTION

Un centenaire découvre l’une de ses arrière-petites-filles malheureuse. Elle cherche à donner du sens à sa vie sans repère. Elle consulte le Coran. Voilà-t-il pas qu’elle se voile… ? Il ouvre lui-même le « Livre » pour tenter de la comprendre et l’aider…

images4LA LECTURE DU CORAN

Analyse, verset par verset, des sept premières sourates.

images5LA CONCLUSION

Conseil du vieillard à son arrière-petite-fille : « Brûle les “Livres” qui brûlent. Écris le tien ! »

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*       *

images6La fiction

Je m’appelle Jean Troubadour. Je ne suis pas honteux de mes origines. Je ne les connais pas ! Troubadour ne veut pas dire musicien, contrairement à ce que l’on imagine.

Le mot vient de « troubat » en langue d’Oc, c’est à dire « trouvé ». Mon grand père a été trouvé dans une grotte à Petit Poucet près de Cahors. Quelqu’un l’y avait perdu.

Pour éviter toute méprise, je précise un point : presque centenaire, j’ai regardé d’où venait mon sang. Ce qu’en savait ma famille. Résultat : presque rien ! Je l’ai aimé, ce presque rien. Ce que j’en ai deviné, je le salue à l’heure de partir.

Gascon m’étais-je cru longtemps, et puis j’ai découvert, au détour des silences de mes ancêtres, et à cause des sobriquets que l’on a donnés à l’école à mes enfants, petits enfants et arrière petits enfants, que d’autres écoliers hélèrent en les qualifiant de « chintoque, zarabe, espingouin, gitan.. ».

J’en ai appris que nous portions d’autres pollens, nous les Gascons qui nous imaginions depuis mille ans « d’ici ».

Je les chéris, ces surnoms. Parce que ma campagne est terre d’adoption, et non parce que mes descendants auraient reproduit un modèle d’adoration immuable pour le rite du « bouret » ou de « tue cochon » en refusant les « mélanges ».

Résultat des courses, donc, ma famille unit des sangs Arabo-Berbère, Chinois, Indien, Cafre, Irlandais. Versez un peu d’Espagnol, bien sûr, pour faire banal au pied des Pyrénées.

Et pour assurer le bancal, un rien de Celtes titubant. Pour finir par la veine Mongole qui fait ressembler certaines de mes nièces à Bjorg ! D’ailleurs, qui sommes-nous, les « Troubadour » ?

Deux de mes fils ont épousé des femmes juives pendant la guerre de quarante. Ils avaient migré à Paris. Vous me direz qu’ils auraient pu attendre ici, à la ferme, que passent les sauterelles.

Hé bien non ! Ils furent amoureux. Ils épousèrent. J’en fus fier, même si je tremblais derrière les deux vaches dressées avec lesquelles je retournais ma terre sans « suite ». Une terre où ils m’avaient laissé rêver à eux, en l’abandonnant pour aimer.

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*       *

 

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Je n’apprécie rien tant que l’inattendu dans mes paysages et dans la rencontre des gens. Le vagabond enrichit la race à mes yeux. Le vallon incline à la liberté. La Gascogne est pleine d’assauts pacifiques entre ses collines, vous savez.

L’un des plus beaux noms que j’aime à dire comme on suce un bonbon est celui d’une amie de l’arrière-petite-fille dont je vous parle dans cet essai. Elle s’appelle Alexandra Atamaniouk. Et Atamaniouk, figurez-vous, cela veut dire « petit canoë » en Inuit !

Un autre nom qui me fait rêver est Yah Yah El Mir, avec qui nous avons pris le désert un hiver. Un autre encore m’enchante à cause de l’homme qui le porte.

Il s’agit de Tam Ho Hang. Un de mes neveux par alliance. Il a étonné sa fille, un soir ici, chez moi, en lui disant quelque chose qui m’a ébloui et qui l’a éclairée (elle se sentait inventive et cherchait une filière post Bac qui lui convienne) :

« Tu n’apprendras de tes professeurs que ce qu’ils ont lu dans les livres. Si tu veux créer, songe que le Web est venu de l’informatique et que des lignes de code n’ont rien à voir avec le design. Pourtant les jeux vidéo proviennent de ces signes. Tu comprends ? Non, tu ne peux imaginer grâce à ce qui est déjà publié ! Écris ton livre ! »

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*       *

 

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Mon propre grand-père a été trouvé près d’une source aux environs de Cahors, je vous l’ai dit. L’inconnu fait partie de mon adoration pour les mystères. J’y lis moins d’épouvante que d’espérance. Enfant trouvé, enfants trouvère, par conséquent : mon aïeul… Gaston Troubadour ! Ensuite, nos hasards ont fait fruits de bâtards dans ce qui est devenu mon pays : la Gascogne. La paix y est plus familière que la guerre. Les Dieux Lares sont plus nombreux que les Dieux tout court. Je veux parler de Dieux odieux.

Beaucoup de cavaliers maures y plantèrent leurs cimeterres pour borner leur nouvel empire des sens.

Ils refusèrent d’aller plus loin au nord où Poitiers désespérerait d’humidité les fous furieux de l’Islam. Ma terre est riche de ces choix que firent les envahisseurs de s’arrêter chez moi pour goûter la joie. C’est ici une rengaine que de rengainer..

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*       *

 

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Ainsi qu’évoqué avant, j’ai lu le Coran par affection pour une de mes arrière-petites-filles qui s’apprêtait à porter le voile islamique. Son père me l’avait envoyée en espérant que nous nous rencontrerions au pays de ses origines et que cela la ressourcerait.

J’ai lu son « Livre » par effraction à la pudeur d’ici qui ne comprend pas l’introspection, pour entrer en harmonie avec ses pensées. J’espérais, sa confiance acquise, lui réveiller la gourmandise de vivre au plein air de sa beauté. Dans un pays authentiquement païen, le Gers.

Je souhaitais découvrir un texte qui aurait fait du sens pour elle. Pour moi aussi. Après tout, plus on vieillit et plus on aime passer pour sage à ses propres yeux, n’est-ce pas ? Enfin, j’espérais un texte qui lui aurait apporté la paix. Elle était déjà dans mon cœur.

Autant vous dire tout de suite que cette lecture l’en a chassée ! Malheureusement, en effet, je tombais « de cul », comme on dit chez nous, en découvrant la férocité d’un livre que j’imaginais plein de vérités belles comme rencontrées dans « Le prophète » de Khalil Gibran. Je rêvais !

Après lecture, j’ai eu envie de lui demander, à ma petite :

– Que cherches-tu, derrière le masque qui te fait si interdite et si belle ? Comprends-tu que tu te dénies ? Que veux-tu crier derrière ton bâillon ? Que veux-tuque l’on rêve sous ton haillon ? Où est la pudeur de ta provocation ?

Ne vois-tu pas que ta beauté attise dans ton corset de nonne ? A quel sacrifice te prépares-tu, sous couvert de sanctification ? Quel sacrilège invoques-tu ? De quelle dévotion veux-tu que l’on t’enlève à cheval ?

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*       *

 

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« Dieu en creux »

Lorsqu’André Malraux est mort, « Le Monde » écrivit « Il avait Dieu en creux ». Nous sommes nombreux à l’avoir en nous comme un vide, parce qu’il ne nous parle pas et que nous l’attendons au fond de nos puits.

Mais, comme peu nombreux sont ceux qui acceptent de ne pas croire en quelque chose, nous pelletons pour boucher nos forages… Nos creux se remplissent, pour les uns, d’élégie. Les partisans de la nostalgie cherchent leur réponse dans un Eden enfui. Ils choisissent de croire en un hier. « Ah ! C’était bien ! » Ils sont nos amers d’aujourd’hui.

D’autres investissent au contraire dans l’idée qui voudrait que la vie aille quelque part. Ils se projettent en demain. Ils espèrent.

Le curseur de nos tendances à rechercher une explication au big bang, les passéistes lui font remonter le temps. Ils incestent leur vie !

A l’opposé, les idéalistes ne peuvent concevoir la permanente inventivité de l’énergie que comme donneuse de sens au futur.

Ainsi, les archéos se disent-ils : « Nous avons perdu le Paradis ». Alors que les tenants de l’avenir murmurent : « Aucune espèce ne court à sa perte. La vie est un menu déroulant, comme on dit en bureautique, une cascade de choix qui ne s’arrête jamais. »

Ils commentent : « Elle est têtue, inlassable : son job est l’éternité. Elle n’a jamais cessé de choisir l’entropie, c’est à dire toujours plus de chahut. Grâce à quoi les cristaux ne sont pas des tombes. »

Et s’ils se demandent : « Comment la vie a-t-elle fait ? » Ils répondent : « Nous n’en savons rien, mais elle a trouvé sa voie, en sorte que la perfection d’un diamant ne l’emprisonne pas dans la fatalité de sa beauté. »

Ils ajoutent parfois : « Nous n’avons plus beaucoup de temps pour entendre, ensemble, murmurer ce mouvement de la vie vers ses prolongements, alors que son élan franchit déjà la barrière du temps de ce que nous fûmes ».

Leur dernier geste de la main nous bénit et nous dit « Bon voyage ».

Entre ces deux tendances, le tissu relationnel des hommes se déchire. Nous assistons à un exercice de tirage à la corde : chaque équipe veut gagner, faire abandonner l’autre… Les costauds sont des milliards… Et c’est la corde qui rompt ! Elle ne servira bientôt plus qu’à nous pendre…

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Aujourd’hui, la pensée occidentale du monde paraît Darwinienne. Elle croit à l’extraordinaire capacité qu’aurait la vie de multiplier les tentatives pour plus d’adaptation de la race à l’audace.

Cependant que l’Islam tourne ses yeux vers un passé daté : celui où serait née la plus parfaite religion du monde, au septième siècle après Jésus Christ.

Ensuite, plus rien de remarquable ne serait arrivé. Si bien que se confronteraient en ce moment les technologies du troisième millénaire et les regrets d’un âge d’or dont le soleil se serait éteint il y a quatorze siècles !

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Ce qui m’a frappé depuis quelques années pendant lesquelles la confrontation avenir / passé s’est précisée, où le terrorisme islamique s’est étendu, théorisé, est devenu plus lisible et cohérent aux yeux des occidentaux, pendant ces années où nous avons commencé à nous poser des questions sur ce qu’étaient l’Islam, la civilisation occidentale, les États-Unis, la « mondialisation », ce qui m’a frappé est combien nous étions restés loin de nos sources d’inspiration : la Bible, le Nouveau Testament et le Coran lui-même.

Franchement, qui de nous a lu ces « Livres » réputés sages ? Je ne dis pas que nous ne les ayons pas achetés ni offerts, mais lus ?

Nous glosons sur un fonds documentaire que nous ignorons !

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J’ai donc refait la route du gendarme. Je suis revenu aux sources. A commencer par ce qui m’était le plus proche : le Nouveau Testament. J’ai été très surpris par la différence d’émotion à le lire à cent ans, par différence avec le peu d’éducation chrétienne qui avait ici ou là ponctué ma jeunesse.

Pourtant, quel que soit ce décousu d’imprégnation, j’en conservai de l’émotion. Elle m’était devenue patrimoine sans que je m’en rende compte. En grandissant, j’en avais fait de l’os à mon insu.

Voilà la première surprise à la re-lecture du Nouveau Testament : je n’y retrouvai presque rien de l’onde musicale, charnelle, romantique et spirituelle qui avait accompagné en pointillé mon grandissement.

Ni les dés de pain béni qui passaient dans les panières à l’église, avec une alternance magique de mie alvéolée irrégulière, un peu sure de goût, et de croûte où l’on sentait le feu d’un vrai four.

Ni les voix des jeunes filles rassemblées autour de l’harmonium, et dont les voix dans nos cœurs d’enfants reliaient le genou de la femme au divin comme une hélice d’ADN prodigieuse, ni les nuits de camps en montagne lors de chantiers pour restaurer les canaux qui amenaient l’eau depuis des sommets des Alpes italiennes jusqu’à Saint Véran et dont des tornades avaient rompu le tracé.

Non, il ne restait rien de ma chair dans les mots que je lisais à présent. Je me sentais mère lionne, gnou, girafe, peu importe, mais mère ne flairant plus ses petits. L’odeur des émotions constituantes était partie dans un courant d’air qui tournait les pages du « Livre ».

Seul ce qui pesait était resté à sa place : les mots épais d’encre, vides de sens parce que d’émois, d’attraits imaginaires délicieusement confus, de peine ombre au près d’un vitrail, et de l’ensorcelant parfum du salpêtre mêlé à l’encens.

Les tartines de la parole de Dieu étaient reparties en cuisine ! L’espérance de chérir avait quitté les tresses de copines qui ne riaient plus en nous regardant, si heureuses que nous existions.

Ce qu’elles nous disaient en ouvrant sur nous des regards aimantés d’amantes, en même temps qu’elles chantaient, anges, leur don d’elles à Dieu.

Non, ne demeurait que l’histoire. Le carbone quatorze avait numérisé la palpitation fragile du bonheur, séquencé l’immensité de l’exhalaison de soi dans l’univers, lorsque nous aimions !

Ni l’odeur de la croquante brioche à huit ans, ni l’élévation des voix des mystérieuses préadolescentes du village à douze, ni ces commencements d’amitié d’homme au camp, ni les étourdissements des sens dans le souffle de jeunes femmes, le corps frôlé par des soies exquises, ensuite, et dont le sein porterait la croix, rien de tout cela ne revenait à lire la vie de Jésus.

Mon arrière-petite-fille avait fouillé elle-même dans une version récente de la Bible (Nouveau Testament compris) en quête d’une réponse à son abandon d’idéal. Mais le « Livre » n’avait pas plus répondu à son attente qu’à la mienne. Trop tard découvert dans sa vie ? Trop seule sans quelqu’un auprès d’elle pour incarner l’écrit ?

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Que reste-t-il du texte sans la communauté qui protège et partage ? Telle fut la question que je me posais.

Je lisais, comme elle, tant d’orgueil et si peu de tendresse dans le Nouveau Testament lui-même. Combien de fois le mot « Moi » ! Il envahissait les pages.

Elle n’avait donc pas trouvé la réponse, et la voilà qui, cherchant ailleurs, rêvait d’Islam, de monde meilleur, sous voile… Elle s’en couvrait par coquetterie, disait-elle. Mais n’était-ce pas plutôt par dépit que tant de « Roi », de « Maître » tonitruassent dans les livres des chrétiens ?

Suppliait-elle un Dieu encore plus grand, plus soumettant ? Par dépit ? Ou bien, plus simplement, à l’ombre de quel mystère était-elle tentée de poser son linceul de jeune fille seule ?

Se demandait-elle, comme je le faisais : « Que n’utilise-t-il sa toute puissance, pour être simplement bon, ce Bon Dieu des chrétiens, dans le cœur des hommes ? » Et, sans réponse était-elle allée voir ailleurs inassouvie de ferveur heureuse ?

J’avais envie de lui dire :

– Toi que le voile rend si jolie… As-tu lu le Coran ? » Puisque tu te couvres le visage, ceux qui t’en ont parlé t’en ont-ils ouvert les pages ?

Je ne l’avais pas encore consulté moi-même. Il allait falloir que j’y vienne, n’est-ce pas ? Pour l’aimer, la comprendre…

*
*       *

 

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Ma première surprise fut donc, en relisant le Nouveau Testament, qu’il y eût tant de violence dans un texte dont ma mémoire n’avait retenu que des enthousiasmes…

Je découvrais que les religions ne sont pas des « Livres », mais des environnements, des personnes autour de soi alors que se construit notre conscience fécondée par nos émotions.

Je découvrais que le « Livre » en fait, à lui seul, n’était rien. Je pariai qu’aucune foi ne résisterait à la solitude de son lecteur devant l’écrit seul, sans d’abord son enfance.

Je comprenais que l’accompagnement humain de la croyance est indispensable à sa rémanence. Il est le régime basique du nourrissement religieux.

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*       *

 

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Donc il y avait mécompte : nous pensions connaître une source écrite. Nous la croyions à l’origine de nos cultures, possiblement de notre foi, alors qu’en fait, ni les musulmans, ni les juifs, ni les chrétiens ne seraient sans doute capables de citer cent lignes du

« Livre » que chacun revendique à l’origine de sa culture spirituelle. ! Aveuglement de l’oral !

Alors même que je m’apprêtais à découvrir le Coran, je redoutais déjà de ne pas y rencontrer le climat qui odorifère la foi, la fait s’assembler à soi comme le lierre va chercher sa lumière par enlacement à son chêne.

Mais, que voulez-vous, cette petite se déguisait au nom d’un écrit. Comment éviter de revenir à la lettre de son ouvrage de prière ? Comment ne pas lui poser les questions, à ce « Livre », qui me viendraient à l’esprit ? Au fur et à mesure que je le lirais ?

En dehors de ce qu’aurait eu de « constituant » un accompagnement dogmatique via des parents, des amis, des frères, des mères, des pères et des Mollahs ? J’y chercherai des vérités saintes pour cette jeune fille qui descendait de moi.

*
*       *

 

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