Tout sur le Vin

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La consommation du vin est un véritable problème pour tous les pays du monde et pour le Cameroun en particulier. C’est également un thème délicat dans l’Eglise, sujet à des interprétations variées et qui font dire à plusieurs que la Bible se contredit. Le vin a une grande place dans la vie des Français et, par ricochet, dans la vie de la plupart des habitants des pays francophones. Les nations musulmanes, malgré une restriction féroce et la condamnation ferme de leur religion quant à la consommation des alcools, n’échappent pas à cette logique et possèdent un nombre record d'alcooliques. L’alcool est un fléau international, quoique les promoteurs de cette industrie destructrice nous présentent des personnes fortes, saines et remplies de joie de vivre dans leurs publicités mensongères.


Publié le : lundi 17 mars 2014
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EAN13 : 9782332653628
Nombre de pages : 210
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-65360-4

 

© Edilivre, 2014

Du même auteur :

• Ouvrages de Franklin Yebga :

– Le meilleur secret de Dieu (186 pages)

– Avertissement aux riches (176 pages)

• Ouvrage d’Eve Yebga Ngijol :

– Le féminisme dans l’Eglise ?… ! (194 pages)

• Ouvrage de Franklin Yebga et Eve Yebga Ngijol :

– Tout sur le vin (210 pages)

Remerciements

Que tous ceux que Dieu a mis sur notre chemin pour nous encourager à écrire et pour nous soutenir de quelque manière que ce soit, reçoivent ici notre profonde gratitude. Nous tenons à remercier tout spécialement Marc André pour la relecture pointilleuse du texte, ainsi que les remarques pertinentes faites par lui et qui ont aidé à ajouter un plus au travail que nous avions préalablement effectué. Notre reconnaissance s’adresse également à notre ami Coco Bertin, qui a bien voulu, avec une docilité toute enfantine, faire certaines de nos commissions.

Citation

 

 

« Oh toi esprit invisible du vin, si tu n’as pas de nom connu, que nous t’appelions « Satan » !… Oh Dieu, comment les hommes peuvent-ils mettre un ennemi dans leur bouche pour leur dérober l’intelligence ? Comment pouvons-nous nous transformer en bêtes avec joie, avec plaisir, avec festivité et avec applaudissements ? »

Shakespeare

Avertissement

Les références citées dans cet ouvrage (versets bibliques), sauf indications contraires, sont tirées de la traduction Louis Segond, dans sa version de 1910. Les autres traductions de la Bible auxquelles cet ouvrage fait référence, ainsi que leurs sigles/abréviations sont données ci-dessous :

La Bible Martin (Mar) 1744

La Bible Darby (DRB) 1991

La Bible Ostervald (Ost) 1996

La Bible Français Courant (BFC) 1997

La Bible du Semeur (SEM) 2000

La Bible Parole de Vie (PDV), français fondamental 2000

La Bible Segond Révisée (SER) Colombe

La Bible de la Bible annotée (BBA)

Elles sont, pour la plupart, référencées dans le texte par leurs abréviations.

Les commentaires de la New life Study Bible nous ont été d’une aide précieuse.

 

Dédicace

Nous dédions ce livre :

Aux prédicateurs de l’émission « Source de Vie » : aux pasteurs Jean-Luc Youngou, Paul Ekobono et à l’évangéliste Zacharie Talla, voix qui crient dans le désert spirituel du Cameroun. Si ce programme radiophonique n’avait pas existé sur les antennes de la Sky One Radio, cet ouvrage n’aurait peut-être jamais vu le jour ;

A tous les auditeurs de « Source de Vie » qui ont soif de connaître la vérité, bien qu’elle soit souvent si dure à supporter. Ils sont une source d’encouragement et de joie pour notre vie et notre ministère ;

Aux frères en Christ des Missions de Sainteté pour leur fidélité, leur sincérité et leur soutien constant et sans faille ;

Aux jeunes serviteurs de notre église locale dont nous admirons le zèle, l’intégrité et la pureté de cœur. Puissent-ils persévérer jusqu’à la fin, qui vaut mieux que le commencement ;

A tous les organismes et associations qui luttent contre l’alcoolisme.

 

Préface

Voici un ouvrage chrétien original. Il traduit le dynamisme de ses auteurs en souscrivant à une démarche rigoureusement scientifique. Contrairement à la tendance dominante dans les milieux de réveil au Cameroun où la mise en circulation de n’importe quel salmigondis, au nom de la prétendue obligation à répondre à la « pression » du « Saint Esprit », est le mode opératoire de la plupart de ces gens qui s’improvisent écrivains dans le seul souci d’inonder le marché de la foi, avec des visées d’un mercantilisme fort embarrassant. Ce ne sont pas les arguments moraux pour justifier l’injustifiable qui peuvent s’amuser à manquer dans un tel contexte.

Dans leur ouvrage Tout sur le vin, Ève et Franklin YEBGA font honneur à la discipline et à l’honnêteté qu’impose le Saint-Esprit de Dieu, qui est avant toute chose un esprit de cohérence et d’organisation. Leur texte brille justement par cette organisation. L’honnêteté y est au rendez-vous qui se lit par l’effort soutenu de mise en évidence de la traçabilité et de la diversité des sources.

Les arguments que les auteurs présentent contre les dégâts et les fracas du vin fermenté dans la vie des saints sont d’autant plus imparables qu’ils partent de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, pour montrer, à partir de l’incorruptible et inoxydable parole de Dieu, aux chrétiens et à toutes les créatures de Dieu en général les risques encourus quand ils choisissent de s’adonner facilement à la méchanceté du vin fermenté, comme c’est le cas au Cameroun.

Ce livre, il convient de le relever à toutes fins utiles, est loin d’être une concaténation de versets bibliques recensés à la-va-vite et balancés à la figure du lecteur selon le genre de démarche méthodologique curieuse auquel l’étonnante nervosité improductive des auteurs des brochures, qui prêchent uniquement la mort comme pour intimider leurs ouailles, ont habitué les lecteurs curieux.

Tout sur le vin est un livre qui prêche la vie. Son centre de gravité est une approche pédagogique, et dans une certaine mesure andragogique, puisque les adultes sont d’ailleurs plus tenaillés par les saccages du vin violent que les enfants. C’est aussi un exercice de didactique, dans ce sens que le but ultime recherché par les auteurs est de montrer au peuple, dans ce cas les adultes affectés par la rigueur de la substance convoitée, la voie à suivre pour sortir de la folie massive qu’elle procure. Le livre vise à montrer à la jeunesse tentée par les promesses de l’effervescence que procure la consommation du nectar de Bacchus la voie à suivre pour éviter de devenir le point de cristallisation de l’hystérie publique qu’alimentent les boissons fortes.

Le grand mérite de ce livre témoin, qui n’hésite pas à suivre les couloirs d’une enquête sociologique, avec une rigoureuse capitalisation de l’observation de la scène publique, est la multiplicité de ses sources discursives. L’expérience tirée des multiples missions pastorales de terrain des auteurs y contribue pour beaucoup. Ce livre a l’avantage de relancer le débat apparemment éculé, mais éminemment grand sur une question qui a toujours divisé et qui continue de diviser les chrétiens, selon les tendances doctrinales. La problématique du vin est d’autant plus centrale qu’il s’agit d’un produit ayant de multiples implications pour ne pas dire de multiples enjeux dans la société. Ces enjeux sont à la fois éthiques, politiques, diplomatiques, économiques, financiers, spirituels, sociologiques, stratégiques, moraux, etc. qui sous-tendent la question de la gestion du vin dans les nations depuis la nuit des temps. Il s’agit, en effet, d’une analyse fine, fouillée, souvent savante mais sans fioritures ; un peu partisane à certains égards, mais toujours lucide qui contribuera à se repositionner au centre du débat chrétien au Cameroun.

Du point de vue de la forme, le texte que proposent Ève et Franklin YEBGA à la communauté des lecteurs du monde entier traduit la riche expérience de ce couple de missionnaires dans le ministère pastoral en général et dans les activités de communication en particulier. Dans l’ensemble, les phrases sont courtes, sèches et bien taillées que charrie un humour parfois urticant. Bon réflexe de communicateurs chrétiens suffisamment dynamiques pour maintenir les cibles du message éveillées. Le résultat en est que le lecteur reste accroché, concentré et désireux de poursuivre l’aventure de la lecture jusqu’à la fin de l’ouvrage qui réclame un ancrage scientifique suffisamment fort.

Cette disposition à revendiquer la rigueur scientifique est d’autant plus affichée que les auteurs n’ont pas voulu limiter leur sphère argumentative à la Bible. Ils l’ont étendue à la science, bannissant au passage la contradiction habituellement de mise dans le dialogue entre la religion et la science. Si la science semble souvent trouver un malin plaisir à contredire la Bible qu’une certaine catégorie d’individus se réclamant d’une forme d’élégance sociale particulière et d’une certaine élévation intellectuelle singulière prennent pour la consolation des déshérités et des désœuvrés, il convient de reconnaître que, relativement à la problématique du vin fermenté, il y a comme une sorte de convergence programmatique entre les deux sources vers la condamnation tous azimuts de l’alcool dont les effets pervers sont décriés par l’une et l’autre sources des auteurs.

Dès lors, c’est un allant de soi que le texte du couple YEBGA ne saurait être de nature à plaire aux entrepreneurs et autres promoteurs des produits de l’industrie des plaisirs bachiques, véritable rampe de lancement de ses victimes vers les chemins de l’égarement durable.

Les auteurs, quantitativistes à souhait, qui ne manquent pas de relever le nombre d’occurrences des différents contenus sémantiques affectés au mot vin dans les Saintes Écritures, agissent certainement en conformité avec le cri du prophète en Osée 4 : 6 : « mon peuple périt faute de connaissance ». Ceci dans l’optique d’éclairer les lecteurs sur la question par le moyen d’une bonne analyse d’image.

Dr Gérard-Marie MESSINA

Enseignant-Chercheur

Chargé de Cours

(Maître de Conférences dans le système français)

Yaoundé, août 2013.

Avant-propos

Voici une démarche bien audacieuse de notre part : se pencher sur la délicate question de l’alcool !!! Tout récemment, lors d’un entretien sur le sujet sur les ondes d’une radio chrétienne, quelle ne fut pas notre surprise de constater que les oppositions les plus virulentes à cet enseignement émanaient plus des chrétiens. La plupart de leurs « pères spirituels », malheureusement pour certains de véritables éponges, leur présentent des arguments « scripturaires » pour les amener à croire qu’un disciple de Christ peut être sain de corps et d’esprit, même s’il consomme de l’alcool. Et ces chrétiens croient volontiers à cet évangile.

Saurions-nous nous-mêmes convaincre du contraire le lecteur le plus attentif et le plus exigeant en matière de preuves bibliques que nous comprenons comme irréfutables ? Et, même en consultant la science et en exploitant les conclusions qu’elle présente sur le caractère nocif de l’alcool, lui offrirons-nous à traversla présente étude une argumentation suffisamment ficelée quant au danger qu’il représente pour l’Eglise en particulier et pour la société en général ? Nous n’en sommes pas très sûrs et telle n’est nullement notre intention, car nous savons qu’en réalité, c’est Jésus seul, Grâce et Vérité, qui convainc les cœurs, même les plus récalcitrants. Par contre, nous comptons bien conforter dans leur position les croyants qui, en se donnant à Christ, ont renoncé aux boissons alcooliques sous toutes leurs formes. Qu’ils tiennent ferme ! D’autant plus que nous les gratifions d’un guide bien détaillé sur ce sujet controversé. Cet esclavage est plus dévastateur à l’échelle planétaire que la bombe atomique et tous les tsunamis réunis. Il vide les poches de ses adeptes, détériore leur santé et les enlise dans une misère physique, morale et spirituelle profonde. Il détruit les couples que Dieu a unis et ruine des familles entières. Un nombre incalculable de pauvres enfants innocents n’ont plus d’avenir, des épouses sont malheureuses lorsque des personnes ivres se comportent comme des bêtes sexuellement sans frein, excitées dans leur vice. Les jeunes deviennent agressifs, violents, et dangereux ; plus féroces que des loups, ils ne peuvent plus répondre de leurs actes.

Il y a quelque mois, un pasteur du Nigeria nous disait que, dans son pays, le problème de l’alcool en milieu chrétien ne se pose pas, car la première chose qu’un nouveau converti doit savoir c’est qu’il ne pourra plus avaler une seule goutte de ce breuvagedangereux. C’est donc là le début du témoignage chrétien. Cela nous a amené à nous poser la question de savoir si les pasteurs qui boivent encore de l’alcool sont réellement convertis selon ce standard ; n’oublions pas qu’un peu de levain fait lever toute la pâte. Ceux qui sont leaders d’église, sont des modèles pour ceux qu’ils dirigent et qui naturellement sont portés à les imiter…Alcool et immoralité vont presque souvent ensemble, car lorsqu’on perd ses sens, on est sans frein.

Le chrétien, le vrai, a compris que la boisson alcoolique n’est pas pour lui. Il doit se tenir très loin de ce fléau international et positionner sa famille aussi dans cette ligne. Les promoteurs de cette industrie dévastatrice nous présentent des images de personnes fortes, saines et remplies de joie de vivre dans leurs publicités mensongères ; mais est-ce ainsi ? Allons voir !

C’est plutôt dans les bars, les cabarets et boîtes de nuit après une soirée bien arrosée, dans les hôpitaux du pays au terme des réveillons et fêtes, sur les routes jonchées de victimes de chauffards ivres morts, dans les caniveaux et dans les maisons où retentissent les cris d’épouses et d’enfants battus par un chef de famille alcoolique, que devraient se faire le tournage et les photos de ces réclames publicitaires. Et si on pouvait effectuer juste une petite balade de quelques minutes en enfer, on verrait que personne n’y réclame vins, bières et liqueurs mais plutôt de l’eau. Oui, nous le reconnaissons, nous n’y étions pas, mais Jésus nous l’adit, en nous parlant du riche dans Luc 16, et cela nous suffit. Cet homme, dans ses tourments atroces, ne voulait qu’une petite goutte d’eau pour se rafraîchir la langue. Alors profitons-en pour boire de cette merveilleuse boisson pendant que nous sommes sur terre, en attendant que des sources d’eau vive jaillissent littéralement sur nous dans le paradis de Dieu.

Introduction

Le christianisme d’aujourd’hui présente une image plus que lamentable, lorsqu’il offre au public des débats tels que « Le chrétien peut-il boire du vin ? » ou « La Bible interdit-elle l’alcool ? » L’Eglise est pourtant censée être la lumière du monde ! Elle a donc perdu de vue son mandat de sanctification nécessaire au témoignage de la liberté par l’évangile. Elle s’occupe de choses inférieures, à trouver des compromis dans des domaines néfastes à elle-même.

Au Cameroun, des disciples de Bacchus,1 déguisés en chrétiens, s’évertuent à expliquer par le biais des medias et dans leurs assemblées que Dieu interdit seulement l’excès. Cette doctrine de démons, à l’origine de nombreux scandales, est aussi la cause d’énormes dérapages. C’est alors que l’on voit vins, liqueurs fortes, bières et champagnes couler à flot dans des cérémonies d’ordination de soi-disant apôtres, prophètes, docteurs, surintendants et bishopset dans des mariages entre chrétiens. C’est à raison que l’apôtre Paul pouvait dire de ce genre de frères que leurs réunions n’apportent ni bien, ni bénédiction, ni progrès ; mais tournent à leur détriment en les faisant devenir pires. Aux Corinthiens, il écrit :

Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette coutume, ni les Églises de Dieu. En faisant cette recommandation, ce que je ne loue pas, c’est que vous vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. 1Corinthiens 11 :16-17

Aux Philippiens, il ajoute :

Car il en est plusieurs quimarchent en ennemisde la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j’en parle maintenant encore en pleurant. Leur fin sera la perdition ; ils ont pourdieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Philippiens 4 :18-19

Ces dérapages ne concernent pas seulement l’Afrique. Même en Occident, on est témoins, certes à un moindre degré, de tels débordements. Richard Teachout est un pasteur américain qui a œuvré dans les pays francophones pendant plus de 25 ans. Il a vécu sept ans en Afrique, avant de poursuivre son ministère au Québec et en France. Pendant tout le temps passé dans ces deux endroits, il se sentait frustré face à un problème : le silence général dans les églises et parmi les pasteurs sur la question du vin en milieu chrétien. C’était un sujet tabou durant tout le séjour qu’il avait effectué en France pour apprendre le français. Il écrit :

Pendant les sept années passées en Afrique, ce n’était pas pour moi un sujet préoccupant, car les Africains convertis avec lesquels je travaillais avaient délaissé la consommation des boissons alcoolisées, pratique qui avait caractérisé leur vie dans le monde païen d’où ils étaient sortis. Il n’y avait aucune raison d’éviter de condamner la consommation. Je me suis installé en France où j’ai œuvré pendant sept ans comme pasteur d’une Église baptiste évangélique française dans l’est de la France… Là, j’ai connu la frustration de ne pas pouvoir parler publiquement de la boisson alcoolisée et de ses effets néfastes sur la vie chrétienne. Les chrétiens en France (et même la plupart des pasteurs évangéliques français) boivent du vin à table et ils sont opposés à tout enseignement mettant cela en question, convaincus que ceux qui parlent contre l’usage du vin le font seulement parce qu’ils sont « Américains ». Je ne pouvais que constaterl’ampleur du problème, étudier les Écritures et attendre2.

C’est avec beaucoup de regret que nous constatons que de plus en plus de pasteurs pentecôtistes du Cameroun ne ressemblent plus à leurs pères spirituels, qui s’abstenaient de toucher à l’alcool. Ne se contentant pas de tâter seulement à la bouteille, ils ouvrent des bars, des restaurants où l’on consomme de l’alcool et même des « cabarets chrétiens ». Le cas de ce prêtre catholique, propriétaire d’un bar très fréquenté à quelques encablures de Yaoundé n’est-il pas également surprenant ? Un autre va jusqu’à proposer liqueurs et bières à tous ses amis et à ses relations, en rappelant à qui veut l’entendre que la prêtrise et la soutane s’arrêtent à la chaire. Les récits de pasteurs et anciens de l’église presbytérienne qui s’enivrent, au point de vomir et d’oublier parfois le chemin qui mène chez eux sont légion. En Europe, peu de choses sont faites par les croyants pour prendre ouvertement position contre le péché en général et la consommation de l’alcool en particulier. La Bible nous ordonne pourtant dans Ephésiens 5 :11, de condamner « les œuvres infructueuses des ténèbres ». On a l’impression que la tiédeur s’est installée dans les assemblées chrétiennes.

La boisson alcoolisée n’est pas pour des chrétiens engagés dans le service de leur Seigneur. Ne relativisons pas l’enseignement de Dieu en prétendant qu’il ne s’applique plus au chrétien moderne. Les ordonnances du Seigneur concernant l’alcool sont inchangeables. La Bible nous demande de ne même pas donner des boissons fermentées au prochain. Peu de gens ont le courage de dénoncer le péché des chrétiens de surface et de dire la vérité sur tout ce qui se passe actuellement dans leurs congrégations. On pourrait encore comprendre que bien des gens boivent dans les églises traditionnelles (catholiques, presbytériennes, luthériennes…) mais c’est regrettable de constater que la présence des boissons alcooliques se retrouve même dans les milieux de réveil3. Si la lumière qui est en nous est ténèbres, combien grandes seront ces ténèbres !

Une femme m’a raconté comment elle s’était rendue un jour, toute éplorée, en compagnie de son mari alcoolique, chez un « homme de Dieu ». Elle suppliait ce dernier d’aider son conjoint qui l’abandonnait des semaines durant pour des prostituées. A son grand désarroi, elle s’entendit répondre par le ministre du culte : « Qui t’a dit que l’alcool est mauvais ?Moi-même j’en bois avant de prêcher ! » La dame sortit du bureau, désemparée, le visage inondé de larmes. La crainte de Dieu a disparu. Et comme on ne se moque pas du Seigneur, cet « homme de Dieu », qui avait à son actif d’autres abominations avec le sexe opposé, a trouvé la mort dans un verre de vin de palme empoisonné. En fait, il se faisait passer pour un « gynécologue spirituel » et avait pour cabinet une chambre sacrée où il consultait des femmes en tenue d’Eve. Il serait probablement encore en vie s’il s’était totalement abstenu d’un peu de vin. Aujourd’hui, l’épouse désespérée quelques mois plus tôt fréquente assidûment une église pentecôtiste avec ses cinq enfants. Elle semble épanouie, quoique son mari buveur et infidèle lui ait transmis le VIH/SIDA et que deux de leurs enfants en souffrent.

Le cas de cette femme n’est pas isolé. Nous avons été à plusieurs reprises témoins de la misère humaine due à la consommation de boissons alcooliques dans nos familles, nos quartiers et notre entourage. L’œuvre de Dieu dans laquelle nous sommes ardemment engagés nous a amenés à rencontrer plus d’une âme malmenée par « madame la bouteille », nom de baptême qu’un ami humoriste a donné à l’alcool. Beaucoup souhaitent de toutes leurs forces se libérer des chaînes de l’éthylisme mais n’y parviennent pas. Parfois ça ne marche pas, parfois ça marche ; puis on replonge. Le miracle est-il possible ? D’où peut venir le remède ?

Que dit réellement la Bible sur ce sujet brûlant ? Quel est le point de vue de la science par rapport à la consommation de l’alcool ? Quelles solutions nous proposent ces deux domaines, celui de la foi et celui de la raison, apparemment souvent diamétralement opposées et donnant l’impression d’être continuellement en conflit ? Nous ne saurions mettre uniquement en avant nos convictions chrétiennes pour divulguer notre modeste pensée sur l’alcool. Notre approche consiste surtout à puiser dans la société, par l’observation et l’investigation personnelles, à travers les informations que nous communiquent les médias et aussi par des faits scientifiques, des éléments qui nous permettront de présenter simplement la position de l’abstinence totale sur ce qui est en train de devenir un véritable sujet d’inquiétude. Plutôt que de lire la Parole de Dieu d’une manière superficielle, cette brève étude de quatre chapitres nous amènera à clarifier la pensée de Dieu sur le vin. Le premier chapitre s’étend sur des généralités concernant l’alcool et sa consommation. La question de l’alcool y est simplement appréhendée dans le monde actuel. Dans les deux chapitres suivants, nous nous attèleront à étudier le sujet sous l’ancienne et sous la nouvelle alliance, pour comprendre ce que Dieu pense réellement de l’alcool. De nombreux chrétiens n’ont plus le temps de lire la Bible et de sonder les Ecritures, se limitant plus à écouter des témoignages et des histoires inventées. En dernier lieu, nous nous contenterons d’exposer les résultats si persuasifs de la recherche scientifique qui a énormément évolué dans ce sens.


1. Dans la mythologie romaine, dieu du vin.

2. Richard TEACHOUT, le Vin… la Bible… et le Chrétien, Château-Richer, Etudes Bibliques pour Aujourd’hui, 1994, p. 2.

3. Appellation donnée aux églises pentecôtistes au Cameroun.

Conclusion

L’heure est grave. La ruine de la société est déjà programmée. Tout n’est plus qu’une question de temps. La situation alarmante dont l’écho doit être répercuté partout nous interpelle tous. En somme, il est intéressant de constater que les dernières recherches médicales confirment exactement le point de vue biblique1. En considérant tout ce que disent la Bible et la science sur « l’alcool », ne nous est-il pas aisé d’admettre que Dieu désapprouve le fait de boire, même « avec modération », afin de préserver les hommes des influences destructrices de cette drogue ? L’alcool n’est pas une nourriture, il ne couvre aucun besoin de notre organisme pour son développement et sa pleine forme. Par conséquent, il est absolument inutile à l’homme. L’alcool étant donc un poison, en acheter revient à gaspiller son temps et son argent pour quelque chose qui ne profite pas. Aux yeux de Dieu, le gaspillage tout comme le fait de boire, sont des péchés. Tous les effets de l’alcool sur l’esprit et sur l’âme du buveur ouvrent la porte à d’autres violations de la loi divine : orgueil, convoitise, paresse, envie, violence, que les hommes présentent communément comme des péchés capitaux, donc mortels. Consommer cette substance ne serait-ce pas en somme détruire plutôt qu’édifier « le temple du Saint-Esprit », c’est-à-dire le corps que Dieu a confié au chrétien, dont il le rend responsable parce qu’il a choisi d’y résider ? Oui, l’usage de l’alcool est un « suicide lent » et « un meurtre collectif ». Celui qui en achète pour boire met lentement mais sûrement fin à ses jours. Celui qui en fabrique pour offrir ou vendre tue de nombreuses vies humaines à petit feu. Ça également est un péché. Cette réalité n’est pas sans conséquence ; lisez les lignes qui suivent :

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu...

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