Un éblouissement sans fin

De
Publié par

Poésie et soufisme partagent un même rapport à l’indicible et à la fulgurance de l’inspiration. L’une et l’autre concourent à la saisie de réalités spirituelles que la raison ordinaire ne peut appréhender.Le recueil poétique ( Dîwân ) étudié ici est l’œuvre de trois maîtres soufis, éveilleurs de conscience. Par sa stature spirituelle et son rayonnement initiatique, le cheikh algérien Ahmad al-‘Alâwî en est la figure centrale. Depuis Mostaganem, la voie ‘Alâwiyya qu’il a fondée vers 1914 a essaimé à travers le monde et contribue à nourrir la spiritualité contemporaine.Les poèmes du Dîwân sont des mondes en soi. Leur expression allusive les protège du regard des intrus, et défie a priori toute analyse. Cet ouvrage tente pourtant d’éclairer l’expérience des trois cheikhs à l’aune de l’enseignement soufi. La relation avec le Divin qui s’y déploie, souvent déconcertante, accomplit, en définitive, pleinement l’état de l’humain.Les chants spirituels qui accompagnent le livre témoignent de la vivacité de cette tradition spirituelle.Éric Geoffroy est islamologue, spécialiste du soufisme internationalement reconnu. Au Seuil, il a publié Le Soufisme, voie intérieure de l’islam (« Points sagesses », 2009), L’islam sera spirituel ou ne sera plus (2009).Flashez le QR code pour écouter les chants soufis (à côté du QR code)
Publié le : jeudi 25 septembre 2014
Lecture(s) : 3
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021186116
Nombre de pages : 367
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Un éblouissement sans fin La poésie dans le soufisme
Du même auteur
Le Soufisme en Égypte et en Syrie sous les derniers Mamelouks et les premiers Ottomans Orientations spirituelles et enjeux culturels Damas/Paris, Publications de l’Institut français de Damas, 1995
La Sagesse des maîtres soufis Grasset, 1998
L’Instant soufi Arles, Actes Sud, 2000
Jihâd et Contemplation Vie et enseignement d’un soufi au temps des croisades AlBouraq, 2003 (rééd.)
Initiation au soufisme Fayard, 2003 Nouvelle édition :Le Soufisme, voie intérieure de l’islam Seuil, « Points sagesses », 2009
Une voie soufie dans le monde « La Shâdhiliyya » re Maisonneuve & Larose, 2005 (1 éd.) Gnôsis  Éditions de France, 2012 (rééd.)
Le Grand Livre des prénoms arabes (en collaboration avec Néfissa Geoffroy) e AlBouraq/Albin Michel, 2008 (3éd.)
L’islam sera spirituel ou ne sera plus Seuil, 2009
Le Soufisme Eyrolles, 2013
Éric Geoffroy
Un éblouissement sans fin La poésie dans le soufisme
Préface du cheikh Khaled Bentounès
Éditions du Seuil e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
C       « LES DIEUX, LES HOMMES »
 9782021186109
© Éditions du Seuil, septembre 2014
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.3352 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
www.seuil.com
Système de translittération des caractères arabes
ٗ ب ت ث ج ح خ د ذ ر ز س ش ص
(sauf à l’initiale)btthjhkhddhrzsshs
ض ط ظ ع غ ف ق ك ل م ن ه و ي
d t z gh f q k l m n h w y
Article al et l (même devant les lettres scolaires)
٫ ــَ ـِ
uai
کا ر ي
â û î
Préface
Nous accueillons avec une grande joie et une profonde gratitude envers l’auteur, et ceux qui ont contribué à sa parution, ce livreévénement qui vient apporter de la lumière sur le patrimoine spirituel de la tradition musulmane. Née e en Algérie au début du  siècle, la voie soufie ‘Alâwiyya recèle effectivement un trésor, leDîwân. Ce recueil poétique de trois maîtres spirituels, les cheikhs ‘Alâwî, Bûzîdî, et ‘Adda Bentounès, est ici dévoilé au grand public. Le titre de l’ouvrage,Un éblouissement sans fin. La poésie dans le soufisme,est à lui seul un appel à défier les préjugés qui étouffent l’essentiel du message islamique. Tout au long de l’histoire de l’islam, des hommes et des femmes vertueux ont transmis, par une éducation d’éveil, des lumières cachées et des réalités principielles puisées dans la richesse de l’héritage mohammadien. Leur enseignement élève l’esprit et nourrit l’âme. Or certains musulmans pensent que la poésie, la musique et la danse sont illicites en islam – et les médias occidentaux s’en font l’écho. Ce discours récurrent de l’école littéraliste salafiste n’exprime qu’une vision desséchée de l’islam, lequel se réduirait à un catalogue de prescriptions vides de sens. Comment se priver ainsi de l’esprit vivifiant et salvateur de
9
un éblouissement sans fin
cette religion, cet esprit qui nourrit l’élite des « savants par Dieu » (‘ulamâ’ biLlâh), et qui se fonde sur le Coran et la Sunna (la tradition prophétique) ? 1 « Récite le Coran avec élégance et mesure[tartîl] »: le tartîl, ou récitation mélodique du Coran, a été pratiqué dès l’aube de l’islam pour répondre à cette injonction coranique. Autre terme significatif, letajwîd, qui se traduit littéralement par « embellir » ou « rendre excellent ». Pratiqué partout à travers le monde, letajwîdconstitue une discipline islamique à part entière, fondée sur la science de la récitation coranique, selon le précepte prophétique: «Parez le Coran de vos [belles] voix », ou encore celuici : « Est exclu de nous celui qui ne chante [yataghannâ» Pour lancer le premier] pas le Coran. appel à la prière à Médine, le Prophète a choisi comme muezzinl’esclave affranchi Bilal, sa voix étant réputée la plus belle de toutes. Le Coran ne nous rappelletil pas que 2 la plus détestable des voix est la voix de l’âne ? Ici, il ne s’agit pas de ridiculiser l’âne, mais d’inviter à parfaire et à embellir sa propre voix. Lors de l’Hégire (émigration de La Mecque à Médine), le Prophète a été accueilli par tous les Médinois chantant le célèbreTala‘a lbadr ‘alaynâ, « La Pleine Lune s’est levée sur nous ». Depuis lors, ce chant de bienvenue est repris pour la « célébration de la naissance du Prophète » (Mawlid, Moulouden dialecte maghrébin) et à l’occasion d’événements heureux dans les familles musulmanes du monde entier. Comment se faitil que nous soyons arrivés à cette situation affligeante où la poésie, la musique et la danse sont condamnées par certains au nom de principes religieux ? Sur
1. Coran 73 : 4. 2. Coran 31 : 19.
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.