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Alluvionnements et néotectonique quaternaires en Roussillon

De
269 pages
Alain Giret livre ici une excellente synthèse sur les terrasses alluviales quaternaires des trois fleuves côtiers du Roussillon (l'Agly qui irrigue les Fenouillèdes, la Têt qui irrigue le Confluent et le Tech qui irrigue le Vallespir), sur lesquelles de nombreux sites du Paléolithique inférieur et moyen ont été mis au jour. Cette étude fournit également des informations précieuses pour replacer les outillages paléolithiques dans le cadre géochronologique du Quaternaire.
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Alluvionnements et néotectonique quaternaires en Roussillon
Alain GIRETAlluvionnements et néotectonique quaternaires en Roussillon L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03687-8 EAN : 9782343036878
Préface
Après avoir participé régulièrement, d’années en années, depuis 1978, au grand chantier de fouilles préhistoriques de la Caune de l’Arago, Alain Giret, dès l’année 1993 où il est devenu chercheur associé au Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel, a entrepris l’étude des formations quaternaires et torrentielles du Roussillon. Après les premiers travaux de Charles Depéret publiés en 1885, 1903, 1907 et 1911, ceux de Marc Calvet en 1981, 1986 et 1995 et plus récemment ceux de plusieurs étudiants chercheurs du Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel, Mostafa El Larraich en 1986, Bruno Debals en 1988, Alain Giret présente aujourd’hui une excellente synthèse sur les terrasses alluviales quaternaires des trois fleuves côtiers du Roussillon : l’Agly qui irrigue les Fenouillèdes, la Têt qui irrigue le Conflent et le Tech qui irrigue le Vallespir, sur lesquelles de nombreux sites du Paléolithique inférieur et moyen ont été mis au jour. L’altération de quelques outils paléolithiques sur certains de ces sites, comparable à celle des galets de la terrasse, permet de penser que l’industrie est pénécontemporaine de la mise en place de son dépôt et antérieure à sa première phase d’altération. Les hommes préhistoriques étaient alors installés au bord même de la rivière. D’autres pièces, moins altérées que les galets de la terrasse, correspondent à des occupations postérieures à la mise en place de la terrasse et à sa première phase d’altération. De même, l’intensité relative de l’éolisation des surfaces alluviales permet de les replacer dans un cadre chronologique cohérent, les hautes terrasses étant beaucoup plus éolisées que les moyennes terrasses, alors que les basses terrasses ne sont pas ou très peu éolisées. Il parait tentant de comparer certaines de ces phases d’éolisation à celle contemporaine des dépôts de l’ensemble I du complexe stratigraphique moyen de la Caune de l’Arago, datés d’environ 550 000 ans (stade isotopique 14) au cour de laquelle d’importantes masses de sable ont été apportées par le vent, au cours d’une période froide et extrêmement sèche. Les préhistoriens qui étudient actuellement les industries du Paléolithique inférieur et moyen mises au jour sur différentes terrasses alluviales des fleuves côtiers du Roussillon, trouveront dans l’ouvrage d’Alain Giret :« Le Quaternaire fluvial et torrentiel du Roussillon» des informations précieuses
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pour replacer les outillages paléolithiques dans le cadre géochronologique du Quaternaire. Il leur sera peut être possible de répondre à certaines interrogations fondamentales concernant la période de la plus ancienne présence de l’Homme sur les rivages méditerranéens de l’Europe, l’apparition des plus anciens bifaces caractéristiques des cultures acheuléennes, l’introduction de la technique du débitage levallois. Cet ouvrage fondamental, qui parait aujourd’hui dans le cadre du 50ème anniversaire de l’ouverture du grand chantier de fouilles préhistoriques de la Caune de l’Arago, complète utilement le tome I de la monographie consacrée à ce site : «Cadre géographique, Historique, Contexte géologique, Formations quaternaires de l’environnement, Cavités karstiques, Formation et évolution de la grotte, Méthodes de fouilles et d’étude», édité par CNRS Éditions. Henry de Lumley Directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine Fondation Albert Ier Prince de Monaco Président du Conseil scientifique du Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel
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Introduction
C'est avec une certaine appréhension, que je me suis présenté devant le Professeur Henry de Lumley, en ce lundi 19 Juillet 1978, à la « Caune de l'Arago ». Le professeur y dirigeait le chantier, avec son équipe de chercheurs du Laboratoire de Préhistoire et de Paléontologie Humaine, de l'Université de Haute Provence. Le site, une grotte assez vaste, avait été entièrement comblé par un apport hydroéolien datant d'un Quaternaire très ancien. Un véritable laboratoire de campagne y fonctionnait avec l'aide conjuguée de chercheurs professionnels et de fouilleurs bénévoles : des étudiants pour la plupart. Je fus très vite captivé par le caractère éminemment scientifique du travail effectué ; et cela avec d'autant plus de plaisir que je fus successivement affecté à des tâches diverses aux cours de trois agréables semaines. Ce stage qui devait seulement me permettre d’acquérir le Certificat d’Aptitude à la Fouille Archéologique se prolonge depuis plus de 35 ans. J’ai occupé diverses fonctions à la fouille, ce qui, peu à peu, me permit d’entrer dans l’équipe de l’Institut de Paléontologie Humaine de Paris. L’évolution de la fouille a conduit à la création du Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel, dont un des intérêts est l’étude de l’environnement de « l’Homme de Tautavel ». Des populations voisines ont été très tôt individualisées par leurs restes sur les terrasses du Roussillon, et ce fut l’objet de la thèse de J. Collina-Girard en 1976. Vers une recherche sur le Quaternaire local. Cependant il existait une grave lacune ; entre les recherches de Depéret, publiées entre 1907 et 1911, et la publication de la thèse de M. Calvet en 1995, aucune synthèse concernant les dépôts quaternaires du Roussillon n’avait véritablement été réalisée. Au début des années 1990, la couverture géologique au 1/50 000 du B.R.G.M. était en cours, et les chercheurs ne possédaient toujours pas de cartographie à grande échelle, outil incontournable pour la répartition des habitats du Paléolithique ancien. Dans cet environnement méditerranéen, l’eau ne fut jamais abondante, et les hommes ne pouvaient en vivre éloignés. Jusqu’à plus ample information, pour ce qui concerne le Paléolithique inférieur et les anté-néandertaliens, la grotte de Tautavel est unique, et les autres habitats connus sont des sites de plein air, généralement installés sur ce qui, pour les contemporains, devait être le lit majeur, ou au pire une basse terrasse. Le Professeur Henry de Lumley me proposa cette cartographie en 1984, mais j’avais déjà entrepris une recherche doctorale avec B. Bomer, et le travail fut donné en 1985 à un étudiant de troisième cycle. Celui-ci abandonna en cours de route après avoir trouvé un emploi à plein temps ; il n’en subsiste que la carte 9