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TEVENS
Michel STEVENS
Déconstruireles mythes de lacroissance
Préface de Dominique Bourg
Déconstruire les mythes de la croissance
Michel Stevens Déconstruire les mythes de la croissance
Préface de Dominique Bourg Professeur à l’Université de Lausanne Vice-président de la Fondation Nicolas Hulot
DU MÊME AUTEUR:
Essai Revenons sur Terre – Comment échapper à l’enlisement des négociations sur le changement climatique.Paris. L’Harmattan. 2011.
Travail de recherche Analyse économique et juridique des nuisances.Louvain. UCL. 1976.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-09057-3 EAN : 9782343090573
Remerciements.
Je remercie vivement celles et ceux qui m’ont aidé et encouragé durant la rédaction de cet ouvrage. Ma reconnaissance va tout d’abord : - à mon épouse Doris Pella pour ses commentaires judicieux et son soutien de tous les instants ; - à ma fille Caroline, dont les observations constructives ont beaucoup fait pour rendre le texte lisible par un public non spécialisé ; - au Professeur Paul Favraux SJ, qui a veillé à ce que mes incursions dans le domaine philosophique atteignent la qualité que tout lecteur est en droit d’attendre ; - au regretté Professeur Jean-François Malherbe ; son amitié et ses con-seils ont beaucoup contribué à l’aboutissement de la présente réflexion.
Préface.
« Soyons clairs, écrit Michel Stevens : croire que la poursuite de la croissance constitue pour un gouvernement une obligation, la politique in-dispensable à la satisfaction des principaux besoins de la société, constitue une illusion, une illusion très largement répandue, une illusion martelée à longueur d’année par nos décideurs, une illusion accréditée par certains des économistes les plus distingués et relayée par la presse. » Michel Stevens argumente de façon convaincante en faveur de cette thèse tout en décorti-quant les mécanismes de la croissance et leurs origines. Il rejoint ce faisant ou croise d’autres analyses. Effectivement, depuis des décennies désormais, la croissance du PIB ne délivre plus les fruits qu’elle a dispensés durant les Trente glorieuses : une augmentation quasi générale du bien-être, une ré-duction des inégalités et une création nette d’emplois. Au sein du marché globalisé et peu régulé que nous devons aux révolutions thatchérienne et reaganienne, ainsi qu’à l’idéologie néolibérale, la poursuite de l’augmentation du PIB et de la compétitivité comme seul Orient, associée aux technologies numériques, devrait déboucher sur un paysage économique et social désastreux.
Il suffit simplement de poursuivre les actuelles tendances pour des-siner cet avenir. Les pays de l’OCDE qui comptent déjà 47 millions de chô-meurs pourraient en dénombrer le double. Les derniers paysans pourraient faire place à quelques grands groupes agroalimentaires. Il existe déjà des porcheries géantes de milliers d’animaux gérés informatiquement, avec quelques salariés, sans « fermier ». Les fermes de deux à trois mille vaches d’Allemagne de l’Est font pâle figure vis-à-vis de celle qui déjà aux Etats-Unis compte 40'000 laitières. A quand quelques « fermes » de centaines de milliers de têtes par région économique ? A quand la production mondiale de semences aux mains de deux ou trois grands semenciers mondiaux ? A quand les usines et les magasins remplis de robots avec des inactifs par mil-lions, socialement inutiles les uns aux autres ? La Chine n’a-t-elle pas dé-claré vouloir produire prochainement cent millions de robots ? Cette logi-que nous mène tout droit à un retour inversé à l’Antiquité : non plus des élites oisives et des masses d’esclaves, mais des élites industrieuses et richis-simes, face des masses pauvres et désœuvrées, diverties à profusion et condamnées à un maigre revenu d’existence. Un horizon plus pervers que le cauchemar marxiste de la concentration mondiale du capital !
Poursuivons l’analogie avec l’Antiquité. Auguste était parvenu à fonder l’empire en prétendant sauver la République. Thatcher et Reagan, en prétendant ruiner le communisme, ont dévitalisé la démocratie. Il n’en reste-ra bientôt plus que les apparences, comme sous l’empire. En réduisant les
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