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Faire du Sahel un pays de Cocagne

De
288 pages
L'agronomie moderne est sollicitée pour répondre à deux questions majeures : « produire sans dégrader » et « développer sans exclure », auxquelles sa forme conventionnelle n'a pas de réponse, particulièrement au Sahel. L'agro-écologie prétend en être l'alternative. L'auteur soutient ici qu'elle pourrait y parvenir au Sahel, et ce malgré les contraintes physiques (climat tropical subaride, sol pauvre) et la croissance démographique. L'ouvrage revient sur les défis que sont prêts à relever des paysans et agronomes ainsi que sur le besoin de concevoir des modèles institutionnels originaux pour l'innovation agricole.
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René Billaz
Faire du Sahel un pays de Cocagne
Le défi agro-écologique
Faire du Sahel un pays de Cocagne
René Billaz
Faire du Sahel un pays de Cocagne
Le défi agro-écologique
Du même auteur
Enquêtes en milieu rural sahélien: CILF/ACCT,, Paris PUF, 1981. René Billaz ; Youssouf Diawara.
Recherche et développement en agriculture développe-ment en zones arides, Paris : Presses universitaires de France, 1987. René Billaz ; Marc Dufumier.
La décentralisation en Afrique de l’Ouest, 2003. Entre politique et développement, Marc Totté (Direction) Tarik Dahou (Direction) René Billaz (Direction), novembre 2003, Essai (broché), Khartala.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-10252-8 EAN : 9782343102528
« Comme la terre est la mère commune et nourrice du genre humain, et tout homme désire de pouvoir y vivre commodément : de même il semble que la Nature a mis en nous une inclination à honorer et faire cas de l’Agriculture, pour ce qu’elle nous apporte libéralement abondance de tout ce que nous avons besoin pour 1 nostre nourriture et entrentenement . » En diriez-vous autant de nos jours, messire Olivier ? Où est l’abondance ? Et la terre nourricière pour tous ?
« Le cercle vicieux de l’ignorance, de la misère et de la maladie ne peut être brisé que par l’attaque conjuguée du progrès écono-mique, de l’action sanitaire et de l’éducation » 2 Germaine Tillion . (1957) Le nombre de Centres sociaux en Algérie en 1955 ne dépassera pas la centaine : l’objectif affiché par leurfondatrice était de mille ! « Rien n'est possible sans les hommes, rien n'est durable sans 3 les institutions . » Certes, Monsieur Monnet, mais le calendrier des institutions d’innovation agricole est-il condamné à être toujours en retard sur les processus et les événements ?
« Aimer la nature c’est un devoir sans doute, mais c’est plus encore : un privilège, une grâce ; ce n’est plus seulement réparer une injustice, c’est accepter un message. Un message consolateur, celui qu’un penseur moderne énonçait ainsi : “Il n’y a plus de solitude pour celui qui a retrouvé les racines cachées qui joignent l’homme à la nature. Il n’y a plus de découragement pour celui qui 4 voit la beauté du monde . » Merci M. Monod : l’objectif premier de l’agroécologie n’est-il pas de « produire sans dégrader », donc de préserver Dame Nature ?
1 de Serres (Olivier), préface àLe théâtre d’agriculture et mesnage des champs,Arles, Actes Sud, 2001 2 Lacouture (Jean),Le témoignage est un combat, Paris, Le Seuil, 2000 3 Monnet (Jean),Mémoires,Paris,Fayard, 1976 4  Monod (Théodore),L’éléphant et le philosophe, Arles, Actes Sud, 2004
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PRESENTATION DE L’OUVRAGE
L’auteur, agronome diplômé en 1954, instruit à l’époque selon les préceptes de la « révolution verte », s’est convaincu il y a une trentaine d’années - donc au cours de la décennie 1980 - des mérites de l’agroécologie ; il a vécu en France, en Afrique et en Amérique latine la transition entre les deux doctrines, et a maintenant l’oppor-tunité de mettre en application ces nouveaux préceptes dans le contexte du Sahel ouest africain.
De nos jours, l’agronomie est en effet confrontée à des défis qu’elle n’imaginait pas au milieu du siècle dernier.
A l’époque, les responsables politiques occidentaux lui ont demandé de lutter contre les risques de famine en trois circonstan-ces majeures : à l’issue de la deuxième guerre mondiale en Europe, dans les années 60 en Amérique latine face au risque castriste, dans les années 70 en Asie du Sud Est menacée par l’expansion communiste. Elle a répondu efficacement avec son savoir-faire de l’époque, à savoir le labour (l’ameublissement du sol, le contrôle des adventices),la génétique (les performances variétales), la chimie (les engrais, les pesticides) et l’irrigation, savoir-faire qu’on désignera plus tard sous le vocable « révolution verte ».
Mais sont apparus entre temps deux effets collatéraux inatten-dus qui allaient prendre des dimensions majeures :
-la dégradation de l’environnement : la pollution des nappes phréatiques, l’expansion des ennemis des cultures, l’assèchement des mares et des rivières, la baisse des teneurs en matière organique des sols…
-le creusement de la fracture sociale, celle des exclus de la révolution verte, situés dans des espaces inaptes (isolement géogra-phique, relief trop accentué, climats trop secs ou trop humides). Dans les pays du Sud c’est là que se situent toujours les exploitations les plus nombreuses et, sur le long terme, celles qui
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