L'industrie en cale sèche

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A force d'abnégation les gueules noires des siècles passés ont permis le développement industriel de notre pays. "Il faut rappeler aux nations croissantes qu'il n'y a point d'arbre dans la nature qui, placé dans les meilleures conditions (...) puisse grandir et s'élargir indéfiniment" (Paul Valery, 1931) Pour l'avenir de l'industrie, la crise des matières premières et de l'énergie est mère de toutes les batailles. Quant aux choix qui s'offrent à nous, ils doivent désormais être considérés comme des choix de civilisation.
Publié le : lundi 1 avril 2013
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EAN13 : 9782296534162
Nombre de pages : 208
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Matières premières : de la gestion des flux aux rapports de force
les wagonnets… Vous en meïez neuf au lieu de huit, ils s’arrêtaient ». Et s’il ne s’agissait que de cela : retrouver le sens de la mesure si tant est que cela soit possible depuis les années glorieuses. Et si l’énergie la moins chère, c’était « l’énergie non consommée ». Le débat sur la « transiîon énergéîque » de l’été 2012 est déclenché par une série de phénomènes déjà engagés dans le reste du monde. Et avec une facture énergéîque de plus de 60 milliards d’euros en 2011 [soit 90 % de son déficit commercial], la France n’échappera pas au débat. Selon François Loos, « nous sommes tous des acteurs de la transiîon énergéîque et il faut se mobiliser pour ne pas avoir à la subir ». En tout état de cause, le débat énergéîque est avant tout un débat de poliîque industrielle, tant il est vrai que les industriels sont en première ligne et que « l’énergie est le sang de l’économie ». Vicîme du « syndrome de la cale sèche », l’industrie serait-elle condamnée au desîn tragique du héros balzacien de la , capable de réaliser tous les désirs [mais l’objet magique rétrécit et la vie de son propriétaire raccourcit également], la saîsfacîon immédiate de ses souhaits conduisant inexorablement à son épuisement. À force de courage et d’abnégaîon, les gueules noires des siècles passés ont permis le développement industriel de notre pays. Aujourd’hui encore, les maîères premières sont produites ailleurs dans des condiîons qui relèvent d’un autre âge, avec son lot de violence à la mesure des enjeux, comme en témoignent les émeutes ouvrières qui ont fait plus de 30 morts aux mines Lonmin (Afrique du Sud) en août 2012, mais désormais c’est bien l’atelier du monde qui a changé de tropiques. Il s’agit sans doute du pire krach de l’histoire industrielle française dont il convient hic et nunc de dénoncer les causes. Comme l’écrit Paul Valéry dès 1931 : « Il faut rappeler aux naîons croissantes qu’il n’y a point d’arbre dans la nature qui, placé dans les meilleures condiîons de lumière, de sol et de terrain, puisse grandir et s’élargir indéfiniment. » Pour l’avenir de l’industrie, la crise des maîères premières et de l’énergie est la mère de toutes les batailles. Quant aux choix qui s’offrent à nous, ils doivent désormais être considérés comme des choix de civilisaîon.
Après une expérience bancaire, il est aujourd’hui directeur des affaires juridiques de l’organisaîon professionnelle Allizé-Plasturgie et membre du comité des relaîons interindustrielles de sous-traitance (CORIST) au sein de la Fédéraîon de la plasturgie et du Centre naîonal de la sous-traitance (CENAST). Il Et tout le reste est liTérature anime la rubrique liéraire sur hp://www.finyear.com/» Le Cercle Les Echos
Illustraîon de couverture : , Anne Bertoin, 1999. Goue-à-goue
L’INDUSTRIE EN CALE SÈCHE Matières premières : de la gestion des flux aux rapports de force
Thierry Charles
L’industrie en cale sèche Matières premières : de la gestion des flux aux rapports de force
Thierry Charles L’industrie en cale sèche
Matières premières :
de la gestion des flux aux rapports de force
Postface de Rémy Thannberger
Du même auteur Réforme des délais de paiement et modernisation de l'économie, de l'intention aux actes ?, Lignes de Repères, 2009. Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle, L’Harmattan, 2011.© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00868-4 EAN : 9782336008684
« J’ai pris la poussière des autres et je m’en suis doré. » Henry de Montherlant « Comme si les fruits qu’elle nous offrait à chaque fois avaient été cueillis aux branches détruites de notre arbre généalogique. » Jonathan Safran Foer « Cette fosse, tassée au fond d’un creux, avec ses constructions trapues de briques, dressant sa cheminée comme une corne menaçante, lui semblait avoir un air mauvais de bête goulue, accroupie là pour manger le monde. (…) Sur les trois hauts fourneaux des Forges de Marchiennes, deux seule-ment étaient allumés ; enfin, à la verrerie Gagebois, une grève menaçait, car on parlait d’une réduction de salaire. » Emile Zola A mes ancêtres [Charles, Desaintjean, Brossat, Rivière] et à mes parents dont les combats furent victorieux à ne pas advenir perdants. Poser la question de l’énergie, c’est également engager une réflexion sur notre responsabilité vis-à-vis des générations futures. En guise de contribution…
AVANT-PROPOS MATIERES PREMIERES A REFLEXION « Un mouvement inéluctable voue périodiquement les sociétés au jeu de la dilapidation des richesses. » 1 Georges Bataille (La Part maudite) La rareté que l’industrie avait presque oubliée, dans le prodigieux déve-loppement économique des 30 glorieuses réapparaît avec une particulière acuité partout et pour tous. Point d’exception : après le« grand partout », 2 c’est bientôt le grand nulle part. Par ailleurs, le taux de croissance des activités humaines depuis le commen-cement de la révolution industrielle est exponentiel à compter des années 1950. Quant à la demande d’énergie, elle devrait croître de 60 % d’ici à 2030. La volatilité des cours et les contraintes d’approvisionnement ont placé la question des matières premières industrielles au premier plan des enjeux stratégiques de notre économie. Matières premières/ dernières matières ou quand les matières premières sont les dernières. Une bataille à fronts renversés. Avec Baudelaire, chacun peut réciter :« Le gouffre a toujours soif ; la clep-sydre se vide »,alors que les prix de l’énergie et des matières premières ne cessent d’augmenter et leur accès est de plus en plus délicat face à l’appétit de« l’ogre chinois ».Dès 1945 Paul Valéry imaginait le pire :un peu ce qu’il ad-« Considérez viendra de l’Europe quand il existera par ses soins, en Asie, deux douzaines de Creusot ou d’Essen, de Manchester ou de Roubaix, quand l’acier, la soie, le papier, les produits chimiques, les étoffes, la céramique et le reste y seront
1 Bataille étudie la circulation de l'énergie à la surface du globe. L'excédent d'énergie peut être dépensé par la guerre ou les loisirs. Dès que nous voulons agir raisonnablement, nous devons estimer l'utilité de nos actes. Les végétaux sont moins consommateurs que les animaux. Et le surcroit des richesses est« la Part maudite ». 2 A consommation constante, l’état des stocks des métaux les plus sous tension : or : 17 ans ; argent : 13 ans ; cuivre : 31 ans ; zinc : 17 ans ; plomb : 22 ans ; palladium : 15 ans, etc.
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