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La couche d'ozone et le changement climatique : l'histoire d'une aventure planétaire

De
277 pages
La situation du climat et la dégradation toujours croissante de la couche d'ozone inquiètent et donnent à s'interroger sur la vie sur terre dans les années à venir. L'auteur de cet ouvrage, à travers une adéquate interaction entre le réel et l'imaginaire, pose le diagnostic des causes profondes de ces fléaux, en dénonce les auteurs et propose des solutions devant nous conduire à une autre forme de vie "le néo modernisme".
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Avec la collaboration de : Rodrigue de Paul Kepgang Université de Yaoundé I Ferdinand Onana Ngah Université de Yaoundé I Hugues Bagneki Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC) Eric Lambert Ndjeukwé Doctorant en histoire (Université de Yaoundé I)

Dédicace Je dédie ce travail Au Dr Matthieu Kamwa, représentant de l’OMS en République Démocratique du Congo (RDC). A toutes les victimes du changement climatique à travers le monde, en l’occurrence celles des îles Fidji, du tsunami et autres catastrophes naturelles. A toute la communauté albinos du monde entier, principale victime des conséquences de la destruction de la couche d’ozone. A vous mes frères, courage. A tous les chercheurs, climatologues ou écologues ainsi que les organismes et associations œuvrant pour la préservation de l’environnement.

Remerciements Je remercie sincèrement les personnes ici nommées et tous ceux dont les noms n’ont pas pu figurer sur cette liste, pour leurs déterminantes contributions. - Monsieur Jean Marie Pelt, président de l’Institut européen d’écologie, Professeur émérite à l’Université de Metz, pour la relecture de ce travail et la préface, ses conseils et ses encouragements particuliers. - Monsieur Jacovinci, pour ses conseils scientifiques et sa disponibilité. - Monsieur Jean Fabre, responsable du PNUD en Afrique, pour sa lettre d’encouragement. - Madame Nadia Bechraoui, analyste des programmes d’environnement du PNUD à Tunis, pour son suivi et ses encouragements. - Monsieur Sylvain Gonard, réalisateur français des courts métrages, pour sa suggestion de réaliser ce document en plusieurs séries télévisées. - Monsieur Djibril Diouf Seydina de Clermont France, pour son inconditionnel soutien. - Mes parents Paul et Pauline Pangang qui ne cessent de m’encourager dans mes divers travaux. - Mon épouse Anne Ngounou née Nguozong Tendong, et mes enfants (Hoggy Carrel, Roell Coole Whytt et Cregg Seydina) pour leur soutien sans relâche. - Monsieur et Madame Boumard Thierry du Jalais à Angers pour leurs encouragements. - Docteur Nzelo du PNUD Cameroun pour son soutien et son implication. - Docteur Xavier Garde Diplomate français pour son apport. - M. et Mme Angelo Belli, Helena et Emma de Rome en Italien, pour leur soutien. - Tous les amis, frères, sœurs et collègues pour leur soutien constant.

J’ai pensé, j’ai ordonné, le monde a pris naissance, chaque chose est restée à sa place pendant des milliers d’années…. J’ai prié, j’ai eu la grâce de transformer et en 50 ans seulement de puissance, j’ai tout transformé et 5 ans plus tard, j’ai tout perdu même ma dignité, mais j’ai gagné ma transformation qui va s’envoler ou s’enterrer ou se détériorer sans plus moi. Mais qu’ai-je donc fais alors ? Samuel Ngounou

PREFACE Conviés à la lecture de l’ouvrage de Samuel Ngounou, nous sommes invités à suivre le professeur Hooggy et Roell son assistant dans d’extraordinaires aventures. Ils sont les témoins d’événements merveilleux, dans le sens que l’on donnait autrefois à ce terme, c’està-dire quasi supranaturels, au cours de leurs longs périples en Australie et en Afrique notamment. Mais en contrepoint de ces aventures romanesques, l’auteur initie son lecteur aux grands problèmes écologiques qui menacent la planète : la destruction de la couche d’ozone, le réchauffement climatique dus aux émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère, la déforestation etc. Il s’agit donc d’une œuvre pédagogique témoignant d’un important travail de documentation et d’érudition même s’il demeure parfois quelques approximations qui cependant n’affaiblissent en rien la valeur du texte. Je souhaite à ce livre et à son auteur tout le succès qu’ils méritent. Jean-Marie PELT Président de l’Institut Européen d’Ecologie Professeur Emérite de l’Université de Metz

Prélude Il n’est plus aujourd’hui de question à se poser sur l’avenir et le devenir du monde vieux de milliards d’années, sur son nouveau costume que nous lui avons imposé en cinquante ans. En effet, la situation est grave et urgente ; car le monde est actuellement à une phase de transition climatique critique. Le réchauffement global est devenu visible, estimable et perceptible, malheureusement dans le mauvais sens ; car les indicateurs sont attristants. C’est un mal qui tue déjà non seulement comme le Tsunami, les inondations, les coulées de boue, les effondrements et les incendies, mais aussi comme les assèchements des poches phréatiques, l’aridité des sols agricoles et les chutes des grêlons à tout détruire. Mais en plus, il fait de nombreuses victimes par la canicule des plus vulnérables. Quoique les responsabilités aient été disproportionnées, nousmêmes sommes tous à l’origine du grand mal qui fait peur. La disproportionalité des responsabilités réside tout d’abord dans une ignorance générale de nos actes et dans les habitudes de manipulation et de transformation des matérialités de l’environnement, tout ceci à la quête d’un bien-être, d’une survie ou d’un confort ; bref, de la mode ou plus clairement du modernisme. Pourtant, très vite, dès 1924, les pays puissants commencent déjà à être au courant du mal. Mais les dirigeants restent aveuglés et assourdis par la course au développement, ce qui devrait faire d’eux non seulement des puissants, mais aussi des hommes de renommée comme Hitler, Nixon, Brejnev, Pompidou ou de Gaulle... La preuve c’est que même jusqu’au jour d’aujourd’hui où nous sommes côtoyés par ce mal, il y en a qui s’obstinent et persévèrent dans le pillage de la clémente nature, posant ainsi des actes qui sont, grâce à l’évolution et à l’information, devenus prémédités et condamnés par la justice de l’homme (…). Comme l’ont déjà fait certains dirigeants de la planète, mettonsnous tous ensemble et décidons, mais de façon objective, pour que le monde se libère. Sinon, nous tous, porte-flambeau du monde actuel, serons responsables de la mort d’une planète dans moins d’une cinquantaine d’années, pour n’avoir pas su décider à temps d’adopter la nouvelle vie ou le « Néo modernisme ». Oui, nous aurons joué à

l’hypocrisie avec nos fils qui, sans doute, seraient encore en vie (lorsque nous serions déjà partis) et témoins des moments tristes que nous leur aurons réservés par notre égoïsme. Nous leur aurions menti en leur affirmant que « nous les aimions ». Sans doute, ce n’est pas aussi totalement de notre faute, mais sûrement alors de celle de nos différents conseillers en matière d’environnement. Et là alors, tant pis pour nous tous ! Les experts se donnent, les uns 50 ans, les autres 25 ans, pour voir ce monde suffoquer sous le poids de nos efforts dans le but d’atteindre un summum de développement qui ne sera devenu qu’éphémère et surtout utopique ; car le monde avance, les hommes naissent et les goûts s’affûtent crescendo. C’est donc pour cela que je me situe entre 5 et 10 ans seulement pour commencer à voir les fruits divers de nos efforts en transformations s’estomper sous le déferlement d’une nature abusée, outragée et en révolte. Les énergies fossiles ont une très énorme part de responsabilité dans ce tumulte environnemental. Cependant, chaque fois que l’on semble grimper leur prix, c’est là où l’on commence à fouiller les dessous des cantines pour trouver les traces des énergies propres et, une fois la petite crise passée, que l’on a vite fait de l’oublier, laissant ici se développer la dégradation de notre biotope. La pauvreté, les endettements sont d’autres facteurs qui concourent aux mêmes effets ; car le petit homme de l’arrière-pays doit brûler des hectares de terrain (qui libèrent des tonnes de CO2 dans l’espace) pour en sortir une demie à une dizaine de kilogrammes de protéine animale ; car ne pouvant pas se les procurer sur le marché et dans un pays qui croupit sous le poids des dettes jamais entièrement remboursées à la Banque mondiale. Pourtant, la communauté internationale ne ménage aucun effort pour déployer des moyens dans ce combat quotidiennement mené, mais dont le message n’est jamais passé et perçu, pendant que la nature continue à agoniser. Et comme si des cris de détresse suscités qu’il lançait ne s’adressaient qu’aux seuls organismes du Green Peace, des associations et des organismes comme les Nations Unies, la GTZ etc., mais jamais aux hommes politiques les plus chevronnés et les plus puissants, évidement en tête des pays les plus expérimentés, les plus riches et les plus puissants de la planète. Ils ne changent pas 16

leurs habitudes et continuent à fouiller les sous-sols pour extraire, transformer et polluer, pourtant nous avons tout sur la terre pour mieux remplacer ces éléments du sous-sol qui lui donnent de l’énergie de vivre et sa vigueur, comme ce sang qui nous donne la vie. Ce document tente de démontrer l’aspect unifié et la réduction en un seul village (village planétaire) des actions sur la planète où, instantanément, des quatre coins du monde aujourd’hui, l’on peut percevoir par la vue, par l’ouïe, une action ponctuelle comme si l’on y était. Il définit la place de l’homme dans le changement du climat aujourd’hui, par des actes menés au quotidien. Il voudrait bien mystifier, créer et utiliser des effets des sciences fictions et des mouvements forts qui rythment avec les habitudes des hommes de tout âge pour véhiculer, en assistance aux efforts de la communauté internationale, ce message qui irait au-delà des barrières jusque-là non franchies. L’ultime désir commun étant d’instruire, de sensibiliser et de façon plus pratique, d’inviter tous les acteurs dudit mal que nous sommes, à changer progressivement leur mode de vie et à épouser la nouvelle proposition qui reste bien moderne et même au-delà. Il préserve ce que souhaiterait tout commun des mortels : la santé, grâce à une bonne maintenance préventive de l’environnement. Pour nous offrir ce nouveau type de luxe, nous sommes tous invités à abandonner crescendo, mais vite, certaines matières qui pourtant procurent une fortune importante et rapide, ce qui apporte un bon et rapide développement, synonyme de puissance. Il s’agit en priorité des énergies fossiles qu’il faille laisser progressivement (mais un peu plus vite) en jachère et développer les substituts fort heureusement déjà adoptables, pour la majorité, et qui ne feront que le plus grand bonheur de tout et de tous par leurs diversités dans l’usage. Il convient de développer tout autour de nous des boisements (même motivés par les gouvernements), d’annuler les dettes des pays pauvres, moyennement pauvres et même riches ; question de donner une nouvelle chance à toute nation de pouvoir respecter les recommandations par rapport au néo modernisme en toute liberté. Samuel Ngounou

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PERIPLE EN AUSTRALIE Une dangereuse progression Chaque année, le professeur Hooggy, climatologue et consultant à la NASA, effectue un voyage d’exploration scientifique et climatologique dans l’Etat de la Tasmanie. La zone visitée est située en altitude à l’extrême Sud-est de l’île australienne. Ce voyage a pour but de contrôler des installations scientifiques qui y sont implantées, et qui, par leurs analyses, permettent à la NASA de mesurer, en synchronisation avec les satellites Aretz et Ates, par le biais des capteurs et des émetteurs Laser que traînent ses hommes, le taux d’enneigement dans cette zone plus proche de l’Antarctique Sud. Simultanément il s’instruit de la même façon sur le Taux de destruction de la couche d’ozone (TDO) stratosphérique qui donne d’estimer le taux de reconstitution et de réduction de la réserve d’ozone polaire. C’est également là que sont situés quelques engins qui renseignent sur le taux de pollution de la planète. Depuis le démarrage en trombe de l’industrialisation dans le monde jusqu’à la fin de la première moitié du 20e siècle, l’homme a véritablement pris goût du modernisme, et la nature a commencé à devenir victime sans franche conviction, des conséquences des transformations technologiques y afférentes. Cependant, de temps en temps, nous restons insensibles à quelques voix passives qui s’élèvent par moments pour dénoncer les implications desdites transformations sur l’écosystème. Mais nous avons déjà développé une accoutumance du modernisme et nous sommes devenus aveugles et sourds jusqu’en 1985, lorsque la NASA va à son tour attirer notre attention sur la grosseur du trou qui s’est déjà formé sur la couche d’ozone. Ce trou, estimé à environ 250.000 km2, a pour origine des substances organiques fabriquées par l’homme lui-même pour son confort. Depuis ce temps-là, cette destruction est quotidiennement croissante et la diminution de l’épaisseur de la couche d’ozone est restée sans cesse grandissante, avec des implications directes sur les vies humaines et l’environnement. De nombreux chercheurs de l’espace et climatologues se sont depuis lors impliqués avec plus de détermination dans le phénomène

et, parmi eux, le professeur Hooggy qui se trouve actuellement, comme chaque année et depuis trois ans, à ce coin de l’autre bout du monde. Le climat en Tasmanie Parlons à propos du climat dans la Tasmanie, cet Etat australien qui abrite les installations de sondage de la couche d’ozone, de détection de température terrestre et du taux de pollution de la planète en Antarctique Sud du globe. Bien que l'Australie connaisse une grande variété de climats, l’essentiel du pays est soumis à un climat chaud et sec, la mer ayant une faible incidence au-delà des côtes. La plus grande partie du territoire australien possède un climat désertique qui reçoit en effet moins de 250 mm de pluies par an, en moyenne. Les températures dans la zone sont élevées et dépassent souvent 40°C en été. De plus, l'amplitude thermique pendant la journée est également très importante. Le climat de la Tasmanie, baptisée « Etat où tout est possible » par son sens d’auto-fonctionnement, est océanique tempéré. Le temps y est humide, doux et pluvieux. La Tasmanie est située sur le trajet des grands vents de l’Ouest (les westerlies) qui accompagnent les perturbations. Il pleut pendant toutes les saisons. Sa capitale est Hobart. Cette île reçoit de la pluie en été et de la neige en hiver. Des cyclones se forment parfois en hiver. Les West Coast Ranges et le plateau central sont directement exposés aux Westerlies et reçoivent de grandes précipitations (de 2000 à 3000 mm par an). Par contre, les Midlands et les hautes terres de l’Est sont moins exposés et reçoivent donc moins de pluie. Séparée de la métropole et du reste du continent par le Détroit de Bass, la Tasmanie et ses nombreuses petites îles annexes forment le plus petit Etat d'Australie. Les montagnes de la Tasmanie ne sont pas élevées. Il y en a peu qui culminent à plus de 1500 m, mais elles dominent son terrain. Les tempêtes des "Quarantièmes Rugissants" amènent des précipitations de trois mètres six cents sur la côte Ouest. La capitale Hobart a été créée en 1803 près de l'estuaire du Derwent, sur la côte Sud. Hobart a été le deuxième établissement 20

colonial ouvert par les Européens en Australie et la plupart des affaires de l'Etat sont conduites par le Gouvernement depuis des bâtiments coloniaux. C’est également dans cette somptueuse capitale antarctique qu’entre le premier navire australien briseur de glace et dont le rôle, en été, est d’approvisionner, de transporter le personnel. Il sert de base de recherche en Antarctique. Des ferries assurent le service entre Melbourne et le port de Launceston, sur la côte Nord et constituent ainsi un élément important de son système de transports. C’est ainsi qu’en plein hiver 2004, pendant que toute la région Sud de l’Australie, située à environ 275 km de Sidney (capitale politique d’Australie) était presque partout recouverte d’une neige d’épaisseur jamais vécue. Le professeur et le jeune homme qui l’a toujours accompagné, en plus d’une dizaine de porteurs de tentes, vivres, instruments de travail…, tous recrutés dans le Dernier village du Sud de la Tasmanie, s’enfoncent à pas constants, c'est-à-dire sans trop de précipitation dans ce paysage totalement blanchi et par endroits impraticable à cause de la hauteur de la neige qui atteint parfois environ un mètre et demi. Chacun tient en main un piquet qui lui sert d’appui dans la marche et permet de sonder le terrain. Ils sont enveloppés dans des fourrures qui perpétuent la vie d’Eskimos. Chacun traîne qui sur la tête, l’épaule, ou le dos une charge légère mais encombrante, et s’avance de façon coordonnée et ordonnée, comme ses cils vibratiles qui tapissent les surfaces des bronches, lesquels ramènent de l’extérieur des alvéoles, des débris de nicotine afin de permettre à celles-ci de résister encore pendant quelques jours au cancer de poumon qui le guette. Quelle neige cette année ! Pousse soudain le professeur Hooggy qui porte un sac sur le dos et qui est juste devant son jeune assistant (Roell). Il y a devant eux deux personnes qui sont des éclaireurs et tout le groupe avance en fil espacé d’environ un mètre l’un de l’autre car il faut rester groupé sur ce genre de terrain peu sûr. Il est 15h 30 mn, le petit groupe est en route depuis bientôt neuf heures de temps et a pris une pause dans un endroit un peu libéré de neige compacte ; car dans ce coin du monde, en ce moment, il n’y a aucun endroit où l’on peut apercevoir la terre ferme. La neige domine 21

partout et certains arbres ne laissent apparaître que leur sommet. Ce phénomène se produit de cette façon depuis une dizaine d’années et laisse perplexes les habitants du Dernier village qui y tirent quelques denrées pour leur survie. Des chansons locales et militaires australiennes sont régulièrement entonnées, soit par les militaires qui font partie de l’expédition, soit par les autres porteurs et les deux Américains qui s’y sont déjà habitués depuis trois ans. Ceci sans doute leur permet de mouvoir dans ce milieu hostile sans toutefois percevoir la grande fatigue et le grand froid qui rodent. Cap sur le Dernier village Le professeur Hooggy, climatologue et consultant senior à la NASA américaine, et Roell son assistant, aspirant au titre de docteur en climatologie, venus il y a environ 48h des Etats-Unis d’Amérique, sont partis de Sydney depuis hier matin vers neuf heures (heure locale). Et après un parfait voyage par route et la traversée du détroit, ils ont atteint le Dernier village où ils ont l’habitude de garer leur voiture et de louer les services de deux gendarmes alpinistes australiens et d’une dizaine de porteurs pour les accompagner dans leur station de prélèvement. Celle-ci se situe à environ 29 km de là, c'est-à-dire à l’extrême Sud de la Tasmanie. Ils ont pris la route très tôt ce main et, très radieux, ils marchent, ils s’enfoncent dans cet espace de plusieurs centaines de km2, sans réel signe de vie humaine, mais qui regorge de beaucoup d’histoires et de secrets que cache la nature. Ce groupe d’hommes se côtoient depuis les trois expéditions faites par le professeur au cours des trois années et généralement à la même période. Le Dernier village est le lieu où la grande route s’arrête (appelé par les aborigènes des lieux le Serpent de Dieu), et pour continuer à l’arrière dudit village, il n’y a que des pistes qui contournent un relief jonché de beaucoup de collines et de broussailles. Il y a beaucoup de grosses pierres noires (le graphite) issues des coulées de larves produites par la chaîne de montagne qui domine cette région et se termine dans la mer arctique du pôle Sud. Le Dernier village est un coin très animé et peuplé d’environ 7000 âmes d’origine cosmopolite. Ici l’on a une brigade de gendarmerie qui nous prête souvent deux de ses effectifs pour nous guider dans la 22

neige ; car ils maîtrisent parfaitement toutes les pistes qui mènent vers la quarantaine de points de prélèvement avant l’arrivée à la grande station. Aussi, ils sont chargés d’assurer la sécurité de l’ensemble du groupe ; car dans cette région où l’on a une forêt parfois touffue par des sapins qui poussent en désordre, sillonnent beaucoup d’animaux féroces et sauvages tels que les loups, les ours, les renards... Le professeur Hooggy est un homme d’une cinquantaine, d’un mètre soixante-dix, de teint bronzé, aux cheveux blanchis, présentant une queue de cheval sur sa nuque généralement bien soignée, bien enroulée et tenue par une petite bande noire par sa fille Anna. C’est un homme au faciès ferme, mais agréable et bon. Le professeur est chercheur à l’Université Internationale Bio environnementale à Washington où il dirige le grand département de glaciologie et d’ozonologie stratosphérique. Il travaille depuis plus de vingt-trois ans sur la destruction de la couche protectrice de la vie sur terre (la couche d’ozone), des rayonnements ultraviolets (UV) débités par le soleil, et depuis huit ans sur le réchauffement de la planète. Le soleil génère à 99% les rayonnements UV qui participent à la fabrication des molécules d’oxygène qui libèrent chacun, par la rupture des liaisons atomiques, ses deux atomes. Ils se dirigent vers d’autres molécules d’oxygène, se combinent et forment des molécules d’ozone (O3). Tragédies successives Veuf, le professeur a perdu d’une façon triste son épouse de retour d’un pique-nique, en compagnie de sa jeune fille (l’unique) Anna. En cette fin de matinée, les deux, à bord de leur Range Rover, revenaient du petit village américain (…) où elles venaient comme le plus souvent et sans le professeur, de passer d’agréables moments dans cette maison de campagne que le couple a payée il y a un peu plus de 5 mois. Sur le chemin de retour, brusquement le ciel a noirci. Un grand vent a commencé à souffler, et aussitôt la pluie s’en est mêlée. Les deux passagers ont juste trouvé le temps de sortir de ce champ de sapin qui arbore la longue et petite piste de campagne. Juste au moment où les deux traversaient les quelques derniers arbres qui font accès à un espace habité et sécurisé, un éclair miraculeux et aveuglant s’est abattu sur l’un des grands arbres. Il s’est très vite renversé sur 23

leur voiture, faisant une victime : la dame du professeur Hooggy et mère d’Anna venait de trouver la mort. Mais, par miracle, la petite Anna, âgée en ce moment de douze ans, s’en est tirée sans aucune trace d’égratignure, pourtant la voiture était bien broyée. Jusqu’à ce jour, Anna elle-même n'a jamais pu expliquer comment elle a pu survivre. Le professeur est très fier de sa fille qui a bien grandi et est devenue très intelligente. Anna, aujourd’hui âgée de 21 ans, a suivi les traces de son père. Elle travaille dans le département de climatologie de l’Institut international de climatologie à Washington. Elle assiste souvent son papa dans ses recherches. Roell, étudiant doctorant en fin d’études, doit à l’issue de ce dernier voyage qu’il effectue avec son maître, le professeur Hooggy, présenter les résultats de son travail de recherches. Il a lui aussi une histoire. En cet après-midi d’été, il vient de terminer une partie de football, et depuis trente minutes, à bord de sa petite RAV4, il roule vers la ferme ou habitent ses parents, car en soirée, toute la famille composée de son père, sa mère, sa petite sœur et son jeune frère, l’attend pour fêter les neuf ans de la cadette. Il faisait très chaud et même les oiseaux du ciel s’étaient réfugiés. A une trentaine de kilomètres de la ferme, il met la radio de la voiture en marche pour écouter le flash d’information de 14 heures. Mais qu’est-ce qu’il entend ? « Une famille, l’une des plus modestes de la région, vient d’être avalée par de gigantesques flammes provenant de nulle part. Un feu a surpris dans son sommeil toute une famille en sieste (selon la police locale). Malgré une énergique intervention des services de pompiers qui seraient arrivés sur les lieux juste quinze minutes après le début de l’incident, il n’y aurait eu aucun survivant, sauf sans doute un des fils de la famille dont le corps n’a pas été retrouvé. Se serait-il absenté au moment de l’incident ? » Puis le journaliste a brusquement interrompu son annonce et a ajouté : « Un habitant d’une ferme voisine a déclaré à la police avoir aperçu le fils aîné de la famille vers neuf heures du matin se dirigeant (dans sa voiture) vers la route de la ville voisine. Cette information vient nous donner un espoir ». Les enquêtes de la police locale ont 24

aussitôt commencé pour réellement trouver la cause de cet incident diabolique. La suite des informations dans la suite du programme». Roell, à la fin d’écoute de la nouvelle, accélère la voiture qui en ce moment avale la route pendant qu’il sombre dans un état d’étourdissement ; car il ne comprend absolument rien de ce qui est arrivé à cette famille qui se situerait du côté de la sienne. Roell n’a pas encore un seul instant imaginé que ce triste sort concernerait sa famille. Cependant, il voudrait bien y aller et très vite. Il est tellement pris dans la hargne de retrouver sa famille, qui se trouve à environ 25 kilomètres de là, qu’il ne perçoit pas la sirène de la voiture du chérif qui le suit dans sa folle course. Le chérif qui a compris ce qui lui arrivait a réussi à remonter à son niveau et, d’un geste du bras droit, lui a fait signe de se garer. Roell a retrouvé la mémoire et le chérif qui effectivement était non seulement un ami à la famille, mais aussi un flic de la localité, avait garé sa voiture juste devant la sienne. Il était affectueusement venu vers lui et lui avait dit qu’il le cherchait depuis quelques heures. Il voulait tout d’abord le calmer et ensuite lui apporter son soutien moral afin d’éviter un débordement de sa part, à la découverte non seulement de la vérité mais aussi des corps totalement calcinés et méconnaissables des siens. Comme c’est curieux de ne parfois pas se rendre compte tout de suite d’un grand bonheur ou d’un grand malheur, surtout lorsqu’on y est totalement impliqué comme ce qui arrivait à ce jeune homme de la classe de terminale qui s’est présenté ce matin devant la liste des admis au baccalauréat et qui, trois fois de suite, parcourt la liste des admis et ne découvre pas toujours son nom. Il est là en sanglots, assis sur la marche d’escalier, les yeux pleins de larmes ; car il réalise qu’il a raté ce grand voyage en Afrique que lui ont promis ses parents en cas de réussite. Lorsque son ami et camarade de classe qui, sautant de joie pour avoir lui aussi réussi son entrée dans la cour des grands, vient le féliciter pour que tous deux ensemble partagent leur bonheur en lui présentant ses félicitations, malheureusement, ce dernier qui croyait bien faire, a plutôt reçu la plus belle gifle de sa vie. Il a fallu que des témoins surgissent et invitent le nouveau bachelier devenu comme un fou, furieux de découvrir réellement son nom écrit noir sur blanc sur la liste. C’est le cas de Roell qui n’a pas suivi le nom de sa famille dans le flash de la radio, pourtant les commentaires du

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journaliste ont apporté tous les détails possibles pouvant lui permettre de savoir immédiatement qu’il s’agit bel et bien de lui et de sa famille. Sous l’encadrement du chérif qui l’a pris dans sa voiture, demandant à son collaborateur de garer celle de Roell au poste de police, les deux sont partis jusqu’à la ferme qui offre un visage totalement méconnu, car toute la grande maison est décimée. Cette famille est l’une des plus vieilles de ce coin d’Amérique. C’est une famille issue d’esclaves venus d’Afrique vers les années 1800 et dont la fazenda était l’une des plus fluorescentes d’Amérique. Les propriétaires, tous décédés, ont légué toutes leurs propriétés et tous leurs biens aux ancêtres de Roell en guise, ont-ils dit, de réparation du grand mal que leurs ascendants ont fait aux déportés d’Afrique. Ceux-ci ont continué à y travailler depuis toujours. C’est ainsi que toutes les enquêtes, quelles que grandes ont-elles été, n’ont rien révélé des causes de l’incendie qui a causé très tragiquement la mort de ces personnes. Sans doute ceci a été favorisé par la grande sécheresse qui a dominé toute cette partie du vieux continent depuis une quinzaine d’années. Roell est aujourd’hui un garçon âgé de 25 ans. Il est d’une taille d’un mètre quatre-vingt, de race noire, d’un teint clair et porte très régulièrement une casquette pour protéger ses petits cheveux crépus et brillants ; car ils étaient souvent bien traités (règle d’or de sa défunte maman). Il est un bon sportif qui prépare une thèse de doctorat sur « La dégradation de la Couche d’Ozone et le réchauffement climatique de la planète ». A la mort de ses parents, il était à sa troisième année d’université dans le domaine de la climatologie et, très vite, il a été adopté par le professeur Hooggy qui le considère non seulement comme l’un de ses plus précieux étudiants, mais surtout comme un fils à qui il apporte tout ce qu’il peut. Les deux s’entendent énormément comme si l’un était venu au monde uniquement pour l’autre. Retour au sentier enneigé du Dernier village Il est actuellement 16h 45 mn. Le groupe d’hommes a cessé de chanter. Ils arpentent déjà le versant de la colline qui donne sur une plate-forme de type plaine où se trouvent trois autres points de prélèvement. L’on est là à environ 13 km de la grande station où sont installés tous les dispositifs de prélèvement les plus spécialisés ainsi 26

que les plus grands instruments de détection et de quantification d’ozone. La même station est construite dans le Grœnland au pôle Nord. Brusquement, les flocons qui ont cessé de tomber depuis une cinquantaine de minutes, laissant un paysage ouvert et d’une blancheur éclatante à perte de vue, ont repris cette fois-ci avec une grande intensité et nos hommes, malgré l’épuisement, s’avancent toujours et en ligne serrée. L’on parcourt environ huit cents à neuf cents mètres par heure. Le professeur ordonne de faire un peu plus d’efforts d’avancée car, ajoute-il, il est souhaitable que nous campions dans le petit village saisonnier des chasseurs bushmen situé à environ une heure et demie de là. Ce que vient de dire le professeur à toute l’équipe semble leur apporter plus de tonicité, car c’est un peu l’histoire de l’âne à Diourbel au Sénégal où, le matin, celui-ci est parfois fouetté à sang pour qu’il avance sa calèche d’eau que son maître doit vendre. Et dès son arrivée au marché, il a déjà retourné la tête vers la direction de la maison et attend. Le soir venu, lorsqu’il est mis sur le chemin de retour, il va plus vite qu’un cheval. Parfois, son maître le libère sur le chemin de retour et tout seul, il retourne dans leur concession au galop. C’est pour ainsi dire que les hommes du professeur qui n’attendent que l’ordre du maître pour enfin bénéficier d’un repos sont galvanisés par l’annonce, semblent avoir oublié toutes les formes de fatigue et avancent. Mais les flocons sont devenus intenses si bien qu’à 30 cm, l’on n’aperçoit plus son vis-à-vis, d’où l’importance des petits cris qu’ils poussent de temps en temps. L’homme de tête vient même de sortir de son sac au dos une corde qu’il demande à chacun de nouer autour de son bras et de passer le bout au suivant, si bien que maintenant, tous sont anastomosés par une fuelle. Alors, le groupe se sert de son bâton pour avancer dans le pénible déplacement. Des aboiements de chiens sont brusquement perçus à une distance pas très éloignée d’eux. Une masse lumineuse, amplifiée par la diffusion des particules de neige, semble leur indiquer de plus en plus l’approche du côté droit d’un étranger. Mais qui chercherait quoi dans ce coin perdu du monde à cette époque de l’année ? Cette masse de lumière, en contact des flocons, amplifie d’intensité et semble cette 27