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Les hommes et la terre

De
296 pages
Nous sommes tellement accaparés par notre vie quotidienne que nous n'avons pas suffisamment conscience de l'extraordinaire aventure que nous vivons, tous ensemble, sur la terre. Or, depuis quelques temps, nous compromettons dangereusement les chances de succès de cette aventure, en raison de nos comportements irresponsables envers notre planète. Il devient de plus en plus urgent que l'humanité se ressaisisse et que, tous ensemble, pays du "Nord" comme pays du "Sud", nous unissions nos forces pour établir avec notre environnement de nouveaux équilibres stables et harmonieux.
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Les hommes et la terre
Une prodigieuse aventure www.librairieharmattan.com
e-mail : harmattanl@wanadoo.fr
© L'Harmattan, 2005
ISBN : 2-7475-9348-7
EAN : 9782747593489 François MONNIER
Les hommes et la terre
Une prodigieuse aventure
L'Harmattan
5-7, rue de École-Polytechnique 75005 Paris
FRANCE
Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Balla L'Harmattan Burkina Faso L'Harmattan Hongrie
Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Via Degli Artisti, 15 1200 logements villa 96 Konyvesbolt
Adm. ; BP243, KIN XI 10124 Torino 12B2260
Kossuth L. u. 14-16
Université de Kinshasa — RDC ITALIE Ouagadougou 12
1053 Budapest Peut-être notre rôle
dans l'Univers
est-il de nous émerveiller
de l'Univers ?
Louis Pauwels
(Ce que je crois)
Ne suffit-il pas d'imaginer
que notre pouvoir d'aimer se
développe jusqu'à embrasser la
totalité des hommes et de la Terre ?
Pierre Teilhard de Chardin
(Le phénomène humain)
S'il vous plait,
dessine-moi une nouvelle Terre...
D'après le Petit Prince
de Saint-Exupéry SOMMAIRE
Page
Préambule 13
I Une planète et des hommes
1 — L'exception terrestre 19
2 — Une planète miracle 27
3 — Le dessein de Dieu 31
37 4 — L'apparition de la vie
5 — Les hommes et la nature 41
6 — Des ressources inépuisables 51
— Désordres climatiques 61
II Le temps des envahisseurs
8 — La politique de l'autruche 71
9 — Le vieil habit d'arlequin 77
10 — L'heure des responsabilités 81
11— De nouvelles stratégies. 87
12 — De mauvais choix énergétiques 91
13 — L'agriculture dépassée 107
14 — L'asphyxie par le fret............... 121
15 — Les limites de la roue 133
16 — D'immenses gaspillages............... 145
17 — Un fabuleux pactole..................... 159
III Le temps des terriens
18 — Une grande ambition 167
19 — L'arrachement... ... ... 171
20 — Développement
et sous-développement ....................181
21 — Une civilisation planétaire 191
22 — Vers un monde nouveau................. 201
23 — L'aménagement planétaire 209
24 — Gérer la planète 223
Page
25 — Quelle population pour la terre ?........ 245
IV Vers l'accomplissement 249
Annexes
1 — Les sept boucliers de la terre............ 261
2 — Les écosystèmes...........................265
3 — Ecologie et écologistes.................. 269
4 — La magie des couleurs.................... 273
5 — Le vide de la matière..................... 275
6 — Les prodiges de la vie..................... 279
7 — Une architecture magique................ 285
8 — L'allégresse d' exister... ... 291
9 — Explorer l'univers ?... ........ 293
PREAMBULE PREAMBULE
Nous ne sommes pas seulement six milliards
d'individus, menant chacun sa vie dans son petit coin de la
planète. Nous ne sommes pas seulement des familles, des
tribus, des peuples, des nations. Nous ne sommes pas
seulement des occidentaux et des orientaux, des pays du Nord
et des pays du Sud. Tous ensemble, nous sommes d'abord et
avant tout « les hommes » et nous avons de grandes choses à
faire ensemble. Nous sommes l'humanité, avec toute la
puissance qu'elle représente, avec la richesse de sa diversité
et de ses savoir-faire, avec l'immense potentiel d'amour
qu'elle recèle.
Accaparés que nous sommes par notre vie
quotidienne, nous n'avons pas suffisamment conscience de
l'extraordinaire aventure que nous vivons, tous ensemble, sur
la Terre. Une aventure qui est probablement unique dans
l'Univers. Une aventure qui est peut-être même la raison
d'être de l'Univers.
Nous vivons ce qui est sans doute la plus belle partie
de l'histoire du monde. Après dix milliards d'années qui ont
permis à la Terre de surgir de l'espace, après un autre
milliard qui a permis à la vie d'éclore sur la Terre, après
encore plus de trois milliards d'années pour que la vie des
corps finisse par donner naissance à la vie de l'esprit, après
tout cela, nous nous retrouvons, nous les hommes,
responsables de cette vie de l'esprit. Et celle-ci semble devoir
nous conduire vers une certaine forme d'accomplissement,
13 vers la réalisation d'un dessein du Créateur, dont nous
ignorons tout, mais dont nous pouvons ressentir qu'il nous
requiert et qu'il requiert toujours plus d'amour de notre part.
Plus d'amour envers sa Création, envers les innombrables
merveilles qui nous entourent. Plus d'amour surtout les uns
envers les autres.
Nous vivons, tous ensemble, une aventure
passionnante sur une planète exceptionnelle. Une aventure
terriblement difficile. Car, pour nous en montrer dignes, pour
pouvoir la mener valablement à son terme, il nous faut réussir
à nous arracher à l'animalité qui nous imprègne encore au
plus profond de nous-mêmes et à construire un humanisme
chaleureux et responsable. Il nous faut réussir à avancer tous
ensemble, car notre accomplissement doit être l'affaire de
tous. Il nous faut également réussir, avant de provoquer des
catastrophes irréparables, à établir avec notre environnement
de nouveaux équilibres stables et harmonieux qui puissent
consacrer une union durable entre le génie de la Terre et le
génie des Hommes.
Or, sur tous ces points, nous sommes encore bien loin
du compte. Les pays riches se désintéressent de plus en plus
du sort des pays pauvres, alors que dans ces derniers un
milliard d'être humains côtoient en permanence la famine.
Nous avons laissé se créer un monde à deux vitesses dans
lequel les inégalités sont devenues si criantes qu'elles ne
peuvent déboucher, si nous n'y prenons garde, que sur la
révolte et le désordre. Partout resurgit la violence sous des
formes nouvelles qui n'ont souvent rien à envier à celles du
passé. Quant à l'environnement, nous l'agressons de plus en
plus durement tout en pratiquant à son égard la politique de
l'autruche que nous imposent les puissants lobbies qui
dirigent la planète.
14 C'est ainsi que malgré nos avancées spectaculaires en
matière de sciences et de techniques, le manque de solidarité
qui préside aux relations entre les hommes rend impossible
toute action cohérente au niveau planétaire.
Si nous ne réagissons pas suffisamment vite, nous
risquons désormais de compromettre notre avenir sur la
Terre. Car l'aventure humaine est arrivée à une étape critique.
Les primates que nous sommes et qui n'étaient jadis qu'une
espèce animale parmi les autres, règnent aujourd'hui sur
toute la biosphère et sont désormais en mesure de porter
atteinte à ses grands équilibres. Cela nous impose des
responsabilités nouvelles, des responsabilités planétaires,
auxquelles nous ne pouvons pas nous dérober. Nous devons
cesser de nous comporter en conquérants de la planète et d'en
gaspiller les richesses. Il nous revient maintenant de la gérer.
Le temps des envahisseurs doit laisser la place au temps des
Terriens.
15 PREMIERE PARTIE
UNE PLANETE ET DES HOMMES CHAPITRE PREMIER
L'EXCEPTION TERRESTRE
Nous sommes tellement habitués à notre
environnement terrestre que nous avons tendance à oublier
qu'il est une exception dans l'Univers. Jusqu'à preuve du
contraire, la Terre est le seul endroit, parmi ces immensités
infinies, où la vie se déroule sous trois formes différentes, la
vie minérale, la vie biologique, la vie mentale.
Vie minérale d'abord, qui est le propre du cosmos,
des étoiles, des planètes, des volcans, des cailloux, des
atomes. Vie de toutes les choses inanimées, de la matière
inerte.
Vie biologique ensuite qui, au contraire, anime tous
les êtres vivants, animaux et végétaux. Vie qui respire, qui
gambade, qui mange, qui boit, qui dort. Celle que nous
appelons la "vie" tout court.'
Vie mentale enfin, vie abstraite de nos pensées, de nos
idées. Vie incorporelle, invisible, insaisissable. Vie de
l'esprit, réservée à l'homme.
Trois formes de vies vraiment distinctes, qui
s'ajoutent et se complètent. De même que la vie organique ne
Chaque fois que nous utilisons dans ce livre le mot « vie » sans autre
précision, il s'agit bien entendu de la vie biologique, celle des êtres
vivants.
19 pourrait exister sans la vie minérale qui lui fournit tous ses
constituants, la vie mentale dépend entièrement de la vie
organique qui, à travers le cerveau, lui procure tous ses
matériaux.
Trois sphères de vie superposées. La planète d'abord,
qui appartient tout entière au cosmos. La biosphère ensuite,
mince et fragile pellicule de vie qui enrobe la planète. Enfin,
ce qu'il est convenu d'appeler la noosphère: enveloppe
immatérielle où s'accumule au fil des siècles le patrimoine
intellectuel de l'humanité.
Trois étages de vie, dont les deux premiers, tels ceux
d'une fusée, ont sans doute pour rôle de mettre le troisième
sur orbite en vue d'un mystérieux accomplissement de la
Création.
Trinité de la vie, trinité de l'homme, exception
terrestre.
Essayons tout d'abord de comprendre comment
s'articulent ces trois étages de la vie, qui ont une
caractéristique commune, le mouvement, mais dont les
structures sont fondamentalement différentes.
Première étape de la Création, venue on ne sait d'où
la vie minérale est à la base de tout. Car on peut bien parler
d'une vie minérale. La matière est sans cesse en mouvement.
De l'infiniment petit à l'infiniment grand, les forces qui la
dirigent ne la laissent jamais en repos. Depuis l'agitation
frénétique des électrons, infimes corpuscules qui
tourbillonnent sans fin dans le vide des atomes. Jusqu'à la
Terme utilisé initialement par Pierre Teilhard de Chardin. Le
phénomène humain. Seuil. 1955.
20 course folle des galaxies qui se poursuivent jusqu'aux confins
de l'univers.
Vie minérale des étoiles, des trous noirs, des flux
cosmiques. Vie minérale du vent, de la pluie, des orages, des
tempêtes, mais aussi du murmure des ruisseaux ou du
clapotis des vagues sur le sable des plages. Vie minérale des
incendies, des éruptions volcaniques, des tremblements de
terre, mais aussi de la brise légère qui rafraîchit et de la douce
chaleur des rayons du soleil. Vie minérale de l'énergie
nucléaire, richesse ambivalente, source de vie et de mort.
Source de vie qui entretient la chaleur de notre planète et sans
laquelle nous serions morts de froid. Source de mort qui
pourrait ravager la biosphère si nous poussons trop loin le jeu
dangereux que nous avons entrepris avec elle.
Vie minérale, qui a mis à notre disposition sur cette
planète une profusion de matériaux, de substances, de
richesses en tous genres, innombrables trésors dissimulés un
peu partout sur les terres et dans les mers.
Mais, à qui ou à quoi tout cela était-il destiné ? A quoi
bon les diamants, les émeraudes, les rubis, pour les laisser
cachés dans leurs gangues, ou l'or dans la boue des rivières ?
A quoi bon le cristal, le marbre, le porphyre pour les laisser
dormir au fond des carrières ? A quoi bon les métaux et tous
les matériaux, s'ils ne devaient jamais être utilisés ? A quoi
bon les couchers de soleil, les aurores boréales, si personne
ne devait jamais s'enivrer de leur spectacle, de leurs
couleurs ? 1 La vie minérale, merveilleuse magicienne, ne
pouvait pas avoir fait tant de choses, pendant tant de
milliards d'années, pour que tout cela ne serve à rien. Il fallait
que survienne quelque chose pour en tirer parti. Et quelque
chose survint. Au bout de dix milliards d'années, la vie
1 Cf annexe 4
21 biologique, « la vie », fit son apparition. L'épopée de
l'Univers allait entrer dans sa deuxième phase.
Il y a environ 3,5 milliards d'années, une rébellion se
lève en effet contre le monopole universel de la vie minérale.
Une toute petite rébellion, à peine visible au début, sur une
toute petite planète dépendant d'une étoile ordinaire dans une
galaxie quelconque. En somme, presque rien. Mais une
rébellion quand même, qui, à vrai dire, finira par devenir une
véritable révolution.
La planète Terre vient de jeter un défi à la vie
minérale et à tout l'Univers. Elle en rejette les lois au profit
de lois nouvelles qu'elle inaugure au sein de ses océans. La
vie biologique, vient d'apparaître, nouvelle étape de la
création, deuxième épisode de la grande aventure de
l'Univers.
Comment cette révolution s'est-elle produite ?
Personne n'est aujourd'hui en mesure de le dire. L'apparition
de la vie reste un phénomène totalement incompréhensible,
tellement est béant l'abîme qui sépare la plus simple des
cellules vivantes des systèmes minéraux les plus complexes.
Tellement la fragilité de la vie organique est incompatible
avec la rudesse de la vie minérale. Jamais la vie n'aurait pu
s'installer sur notre planète sans les boucliers dont celle-ci a
été mystérieusement équipée. 1 Seule une intervention
surnaturelle peut expliquer ce fantastique pas en avant dans
l'évolution du monde.
Peut-être ce phénomène s'est-il produit ailleurs, dans
l'univers ? Pourquoi pas ? Mais nous n'en savons rien. Il n'y
a pas à ce jour le moindre indice qui permette de le croire.
Sur la terre, en tout cas, malgré les attaques incessantes de la
I Cf annexe 1
22 vie minérale, la vie biologique a réussi à s'implanter
solidement, à se diversifier, à s'épanouir, pour aboutir à la
nature vivante qui nous entoure aujourd'hui. A cet immense
assemblage de formes, de couleurs, de senteurs, qui déroulent
et entremêlent leurs existences grâce à des mécanismes d'une
étonnante subtilité mais aussi d'une prodigieuse activité. La
vie est le siège d'une perpétuelle frénésie. Continuel
bouillonnement de sèves et de chlorophylles, de chairs et de
sangs. Fureur de vivre, qui a totalement transformé notre
planète et répandu partout de si nombreuses merveilles
végétales et animales que l'on peut, là encore, s'étonner
qu'elles puissent être l'effet du hasard. A l'égal des richesses
minérales, tout cela ne nous attendait-il pas pour susciter
notre admiration, notre émotion ? Pour provoquer notre
émerveillement et nous inciter à enrichir tous ces trésors par
nos propres oeuvres ? Nous étions si visiblement attendus sur
cette planète que nous finîmes par arriver...
C'est environ cent mille ans avant notre ère
qu'apparaît enfin l'Homo sapiens, notre propre espèce. Et, là
encore, il se produit un phénomène aussi inexplicable que le
big-bang des origines et que l'apparition de la vie. Cet
homme possède un cerveau trois fois plus gros que celui des
grands singes qui sont ses contemporains.
Au niveau des règles qui régissent la biosphère, rien
ne peut justifier la grosseur et la complexité de ce cerveau.
Car, dans ce contexte, elles ne servent à rien. Pour dominer
les autres singes, il aurait suffi à l'homme de disposer d'un
cerveau légèrement plus performant que le leur. Mais
l'organe sophistiqué dont il a hérité n'est plus un avantage. Il
devient un handicap. L'homme transcende tellement ses
écosystèmes d'origine qu'il n'y a plus sa place. Et d'ailleurs
il va les quitter et envahir peu à peu la planète.
23 La capacité du cerveau humain est telle que l'homme,
seul parmi les êtres vivants, est capable d'abstraction. Il a la
faculté de penser, d'avoir des idées, d'émettre des jugements
de communiquer ses idées aux autres, par la parole, par
l'écrit, par le geste et par bien d'autres moyens encore. Et
c'est ainsi que prend naissance, à partir du cerveau humain,
une nouvelle forme de vie. Après l'atome, base de la vie
minérale, après la cellule, base de la vie biologique, voici
l'idée, base de la « vie mentale » , nouvelle étape de la
Création. L'apparition du cerveau humain, totalement
incongrue dans son environnement, ne semble pas en effet
pouvoir provenir d'autre chose que d'une nouvelle
intervention du Créateur. Une intervention qui ne se limite
pas au côté purement matériel de cet organe périssable de
notre corps. Ce cerveau exceptionnel a surtout pour rôle de
servir de fondement biologique à notre conscience, qui en
avait besoin pour pouvoir traduire sa spiritualité. Et un
cerveau aussi élaboré n'aurait pas eu autrement de raison
d'être. Saura-t-on jamais quand notre ancêtre fût soudain
transfiguré par la présence d'une conscience, d'une âme, lui
conférant une dimension spirituelle que ne possède aucune
autre espèce vivante ?
Quoiqu'il en soit, la vie mentale, inaugurée à partir du
cerveau de l'homme est une forme de vie vraiment nouvelle
dont les caractéristiques sont en rupture totale avec celles de
24 la vie biologique. Les idées naissent en effet dans le cerveau
mais, dès cet instant, elles acquièrent une existence autonome
que leur auteur n'a pas le pouvoir d'arrêter. On ne peut pas
tuer les idées. On ne peut pas les faire avorter. On peut
seulement les oublier, mais elles ne disparaissent pas pour
autant. Elles restent tapies dans les tréfonds de notre cerveau,
prêtes à resurgir à la première occasion. Dès qu'elles ont été
exprimées par leur auteur, les idées lui échappent et vont
mener leur propre vie. Elles circulent, elles passent de
cerveau en cerveau, se modifient, se développent. Elles
s'ajoutent à d'autres idées, se complètent, forment des
concepts, des théories, des doctrines. Elles alimentent les
sciences, les techniques, les arts, la culture sous toutes ses
formes. Mais aussi et surtout, elles alimentent l'amour. C'est
en effet grâce au cerveau exceptionnel de l'homme que
l'amour, qui n'était avant lui qu'un simple phénomène
biologique reliant entre eux des êtres proches, va prendre peu
à peu une dimension transcendante, imprégnée de dévotion,
de compassion et de charité, qui va pousser l'humanité vers
son unification et la faire progresser sur la voie de son
accomplissement.
L'accumulation de toutes les idées, de toutes les
pensées, de tous les sentiments, émis par les hommes depuis
des millénaires constitue cette « noosphère » que nous venons
d'évoquer, immense patrimoine intellectuel de l'humanité qui
continue à s'enrichir à une vitesse impressionnante et à se
diffuser à travers toute la planète. L'Internet vient de lui offrir
un support matériel d'une remarquable efficacité.
25 CHAPITRE 2
UNE PLANETE MIRACLE
Froid glacial de l'espace, chaleur brûlante du soleil,
bombardement continuel par des météorites, rayons de la
mort en tous genres, telles sont, rappelons-le, les
caractéristiques de base de notre environnement spatial.
L'univers n'a vraiment pas la moindre pitié de nous. Mais
pourquoi en aurait-il ? Avant d'être à nous, notre planète lui
appartient fondamentalement. Nous ne sommes que des
passagers clandestins embarqués en cours de route. Notre
biosphère n'est qu'une mince pellicule cramponnée à la
surface de ce bolide qui fonce dans l'espace à plus d'un
million de Km/heure sans se soucier de nous le moins du
inonde.
Comment la vie, avec la fragilité de ses tissus et sa
sensibilité aux moindres irradiations, a-t-elle pu apparaître et
se développer dans de telles conditions ? Il n'y avait pas une
chance sur un milliard pour qu'elle y parvienne. Et pourtant
nous sommes là. Nous sommes là parce que la terre est une
véritable planète miracle. Si la vie était apparue sur n'importe
quelle autre planète du système solaire — sauf peut être sur
Mars, mais cela reste à démontrer — elle n'aurait jamais pu
s'y installer. La vie a réussi à s'épanouir sur la Terre parce
que des fées bienveillantes se sont penchées sur son berceau
27 et ont fait de notre planète un véritable paradis pour
l'accueillir. Et il y avait pour cela beaucoup à faire.
Il fallait d'abord que la terre soit située à la bonne
distance du soleil, suffisamment près pour pouvoir bénéficier
de sa chaleur et de sa lumière, mais suffisamment loin pour
ne pas devenir une rôtissoire. Il fallait que la terre soit
suffisamment lourde pour pouvoir attirer et retenir une
atmosphère capable de freiner largement les météorites et de
nous protéger des rigueurs de l'espace, mais pas trop lourde
afin que cette atmosphère ne fasse pas obstacle aux rayons du
soleil. Il fallait que la terre soit très riche en oxygène et en
eau liquide, indispensables à la vie. Sur les autres planètes du
système solaire, l'eau n'existe que sous forme de vapeur ou
de glace et il n'y a pratiquement pas d'oxygène.
Il fallait que la terre possède un puissant noyau de fer,
capable d'engendrer les énormes champs magnétiques qui
sont indispensables à notre protection contre les rayons
cosmiques et les vents solaires. Il fallait encore que la terre
contienne d'importantes réserves de combustibles nucléaires
pour pouvoir entretenir sa chaleur interne qui se transmet en
surface et contribue largement à nous réchauffer. Il fallait
aussi que la terre tourne sur elle-même, ni trop lentement
pour ne pas se présenter trop longtemps aux ardeurs du soleil
ou aux froidures de l'espace, ni trop vite pour que la vie
végétale ait le temps chaque jour de s'épanouir.
Il fallait, il fallait, il fallait... Mais tout cela n'était
quand même pas suffisant pour que la vie soit efficacement
protégée. Il était nécessaire, en plus, que l'atmosphère et le
champ magnétique de la terre combinent leurs effets pour
former un ensemble de mécanismes sophistiqués capable de
en Les "vents solaires" sont des flux de particules radioactives, émis
permanence par le soleil.
28 venir à bout de tous les rayonnements mortels qui nous
agressent en continu. Notre planète se trouve ainsi
enveloppée par une série de sept boucliers protecteurs, qui
sont étroitement solidaires et dont chacun est indispensable.
Si un seul d'entre eux disparaissait, la biosphère serait
rapidement anéantie.' L'ensemble de ces boucliers s'étend
dans l'espace jusqu'à soixante mille kilomètres au dessus de
la surface terrestre, formant une invisible enceinte, mille fois
plus vaste que la terre. Immense berceau de la vie, qui en est
devenu le rempart contre toutes les fureurs du cosmos.
C'est ainsi que la Terre, pour minuscule qu'elle soit
face à l'Univers, n'en est pas moins une planète miracle, sans
doute unique au monde, qui était destinée, dés sa formation, à
accueillir un autre miracle encore plus prodigieux. Celui de la
Vie, d'abord. Celui de la Pensée, ensuite.
1 Voir annexe 1, Les sept boucliers de la Terre.
29