Une saison de chasse

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De l'ouverture de la chasse en plaine aux furetages, le cheminement d'une équipe d'amis à travers la campagne picarde , ils vont nous emmener, pas à pas, dans leur voyage empreint de passion pour la chasse au petit gibier. De champs de pommes de terre en champs de moutardes, des perdrix grises aux faisans de Colchide, les aléas de cette quête naturelle nous transportent, en pratique et en détail, dans les bonheurs simples liés à cette activité et aux promenades au cœur de notre nature. Les multiples souvenirs d'une enfance à la ferme complètent ce portrait nostalgique, en dévoilant l'attachement de ces hommes pour leurs origines. Un livre qui ravira à la fois les chasseurs et leurs proches, mais aussi tous les amateurs de la ruralité.
Publié le : dimanche 12 juin 2011
Lecture(s) : 264
EAN13 : 9782748199062
Nombre de pages : 223
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Une saison de chasse
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Joël Bruxelle
Une saison de chasse Balades en Picardie
Témoignage
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9906-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748199062 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9907-3 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748199079 (livre numérique)
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. À ma famille si patiente… À mes amis qui se reconnaitront…
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CHAPITRE1
Le café bouilli de mes parents me retournait encore l’estomac, lorsque nous arrivâmes en vue de nos terres et d’une haie de hauts pins les jouxtant. Les premiers pigeons ramiers, inquiets de notre intrusion inhabituelle, s’envolaient de la cime des conifères ; les silhouettes grises, jaillissant de la verdure permanente, tranchaient sur le bleu du ciel à peine voilé et leurs battements d’ailes claquaient dans le petit matin. La haie s’étendait sur deux cents mètres ; elle formait un « U » presque parfait avec deux bois ayant appartenu à une chasse réputée dans les années soixante ; les battues de faisans avaient alors amené de nombreux hauts dignitaires à l’orée de leurs frondaisons. La nature paraissait vouloir combler nos sens déjà entièrement acquis à sa cause ; la vue sur ces bois était magnifique. Les chênes, frênes et bouleaux, encore verts, mais commençant à se teinter des couleurs de l’automne, semblaient mêler leurs essences pour le plaisir de nos yeux ; le soleil dardant ses rayons matinaux rehaussait encore davantage les contrastes. Au loin, retentissaient
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Une saison de chasse
les premiers coups de fusil ; nos commentaires à voix basse sur leur provenance troublaient irrespectueusement le silence des lieux. Mon père marchait devant moi d’un pas allègre. Ses bottes, neuves pour l’occasion, se tapaient dans les silex ragréant le chemin vicinal. Tout en me frottant sur les herbes hautes bordurant notre route, je jetai un regard distrait sur cet homme que j’aimais. Plongé dans les durs travaux de la ferme dès l’âge de quinze ans, maniant maints ballots de paille et mannes d’osier emplies de betteraves, son physique trapu et sa bonhomie reconnue de tous faisaient qu’il représentait, pour moi, l’archétype de l’homme de la terre. Malgré les angoisses qui parfois le tenaillaient et qu’enfant je ressentais, sa pudeur et sa modestie de campagnard l’empêchaient toujours de les laisser paraître. Cette propension à internaliser ses émotions était tellement ancrée dans sa personnalité qu’elle m’avait, adolescent, donné une impression de légère négligence. Il m’aura fallu des années pour me rendre compte que ce n’était qu’un détachement feint pour tout ce qui ne touchait pas à la terre et à sa ferme ; il nous aimait profondément, mon frère, mes sœurs et moi-même, mais le temps qu’il conférait à la gestion de son exploitation avait, pendant ses années d’activité, rendu moins évidentes à nos yeux ses énormes qualités de cœur.
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