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Voyages d'un botaniste en Eurasie

De
222 pages
L'auteur, botaniste, nous présente ici nombre d'espèces végétales, à travers ses récits de voyages, des pays du nord de l'Europe jusque dans la lointaine Asie, avec des séjours dans différents espaces méditerranéens. Il livre également de nombreuses informations recueillies au cours de rencontres avec différentes cultures, concernant les productions agricoles, l'alimentation, les traditions culinaires, mais aussi diverses spiritualités vouées aux cultes de la nature, en Inde et en Extrême-Orient.
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Yves Delange
Voyages d’un botani en Eurasie France, Scandinavie, Italie, Grèce, Japon, Inde,
Biologie, Écologie, Agronomie
Voyages d’un botaniste en Eurasie
France, Scandinavie, Italie, Grèce, Japon, Inde, Cambodge
Biologie, Écologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à l’Université de Paris XII, et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l’avenir des milieux naturels et de l’homme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie. Déjà parus Yves DELANGE,Un botaniste autour du monde. Afrique, Amérique, Australie, 2014. Isabelle RICHAUD,L’humanité face au miroir. Réflexions sur une société durable,2013. Quênida DE REZENDE MENEZES,Le droit international peut-il sauver les dernières forêts de la planète ?,2013. Guy ROLLET,Les Réseaux de neurones de la conscience. Approche multidisciplinaire du phénomène, 2012.Patrick MATAGNE, Éduquer à la biodiversité pour un développement durable. Réflexions et expérimentations, 2012. Elisabeth MATTHYS-ROCHON et Pierre SAVATIER,Biotechno-logies : quelles conséquences sur l’Homme à venir ?, 2012. Marcel B. BOUCHÉ,Pour un renouveau dans l'environnement, 2012. Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.3. Les problèmes écologiques réels,2012.Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.2. L’échelle crée le phénomène, 2012.Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.1. La vie est une transmission d’information, 2012. Dominique MARIAU,L’univers fascinant des insectes. Nos amis, nos ennemis, 2012. Gérard BERTOLINI,Montre-moi tes déchets…2011. Alain GIRET,Histoire de la biodiversité, 2011. Michel STEVENS,Revenons sur Terre, Comment échapper à l’enlisement des négociations sur le changement climatique, 2011. Bernard BOURGET,Les Défis de l’Europe verte, 2011.
Yves Delange
Voyages d’un botaniste en Eurasie
France, Scandinavie, Italie, Grèce, Japon, Inde, Cambodge
Dessins de Chansocthony Delange-Hean
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03491-1 EAN : 9782343034911
Introduction«On s’étonne trop de ce qu’on voit rarement et pas assez de ce qu’on voit tous les jours». Félicité du Crest, comtesse de Genlis. L'Asie proche et lointaine avec ses parfums, ses productions naturelles tels ses fruits d'or et tant d'autres richesses, a de bonne heure au cours des siècles attiré les Européens. Marco Polo ayant emprunté la Route de la soie, parcourut plus de dix années durant les voies qui lui permirent de voyager dans l'Empire du Milieu. Certainement il rapporta dans ses bagages nombre de ces épices qui firent la réputation de l'art culinaire à Venise dès le XIIIesiècle. Mais ce ne fut qu'à partir du XVIeque d'authentiques siècle scientifiques révélèrent aux Européens les richesses botaniques présentes dans ces contrées, tel Joseph Pitton de Tournefort naturaliste du Jardin du roi, qui accomplit un fructueuxVoyage au Levant. L'Acer creticuml'érable de Crète qu'il rapporta est L., encore bien vivant aujourd'hui à Paris au Jardin des plantes sur l'une des pentes du grand Labyrinthe. Le jésuite Pierre-Nicolas Le Chéron mieux connu sous le nom de d'Incarville, fut à l'origine de l'introduction d'arbres asiatiques devenus familiers, tels le sophora Sophora japonica L., lequel du reste n'est pas japonais mais chinois et coréen, l'ailante faux vernis du JaponAilanthus altissima(Mill.) Swingle, ou encore le cédrélaCedrela sinensisarbre Juss. dont il fit envoyer des semences à Bernard de Jussieu au Jardin du roi. Carl Peter Thunberg élève de Linné séjourna au Japon, de même qu'Engelbert Kaempfer naturaliste allemand, ou encore, un peu plus tard les botanistes anglais Ernest Henry Wilson et Sir John Dalton Hooker ; ce dernier explora en Inde sur les versants de l'Himalaya et découvrit desRhododendronles premiers parmi introduits chez nous. Bien des noms de naturalistes voyageurs attirés par l'Extrême-Orient pourraient être encore cités ; il en est un en tous cas que nous ne saurions non plus oublier : le père Armand David, missionnaire lazariste qui à partir de 1861 et
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pendant treize ans, parcourut les routes de la Mongolie, du Tibet, de la Chine centrale et septentrionale. Pour le compte du Muséum il explora ces contrées. Ses envois de végétaux au Jardin des plantes furent considérables, avec 2919 taxons différents dont un certain nombre lui ont été dédiés, tel le genreDavidiaavecD. involucrataBaillon l'arbre aux pochettes, leDove Tree. Il fut ainsi désigné en Grande-Bretagne parce que ses fleurs ornées de grandes bractées blanches font ressembler l'arbre à un envol de colombes au moment de sa floraison. Au jardin des plantes à Paris on peut encore au lieu dit « jardin alpin », voirXanthoceras sorbifoliumBunge, sujet historique issu de graines envoyées par Armand David au Muséum en 1866. En 1869, dans la principauté de Moupin région d'ethnie tibéto-birmane, il découvrit dans la montagne de Hougshanding cette espèce devenue légendaire : le panda géantAiluropoda melanoleuca, sigle du Fonds mondial pour la nature, leWorld Wildlife Fundcréé en 1961. Alors que sur les autres continents, Afrique, Amérique, Océanie, sur de plus ou moins vastes étendues on peut encore découvrir nombre de formations naturelles guère altérées ou modifiées par l'homme, l'Eurasie a ce caractère particulier : ici, hormis dans les régions polaires et celles d'altitude, n'ont été préservés de l'influence humaine que de très rares espaces vierges. En 1994, étant invité à Bucarest par l'Académie roumaine à faire une conférence dans le cadre d'une célébration de Jean-Baptiste Lamarck, nous avions été ma femme et moi-même pendant une semaine les hôtes de mon confrère du Musée d'histoire naturelle Grigore Antipa le Dr. Alexandru Marinescu, et de son épouse. Ils nous firent connaître quelques-uns parmi ces admirables massifs montagneux des Carpates. Si nous y avons surtout rencontré des essences pour nous familières, nous avons eu aussi le privilège de faire connaissance avec des formations qui sont les dernières forêts vierges d'Europe. Dans celles-ci persistent des écosystèmes équivalents à ce qu'ils étaient avant l'apparition de l'homme, où le hêtreFagus sylvatica s'est imposé par une dominance absolue qui témoigne de la recolonisation telle qu'elle a pu s'opérer après les dernières glaciations. Comme le confirme le WWF qui récemment, a lancé une pétition en vue de leur sauvegarde, ces magnifiques hêtraies ont été jusqu'à présent épargnées parce qu'elles n'hébergent qu'un peuplement humain très lâche, mais cela, pour combien de
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temps encore ? Ces forêts sont donc qualifiées par les spécialistes de « forêts primaires », car elles n'ont sans doute jamais été exploitées. L'Eurasie a donc été de très bonne heure peuplée par l'espèce humaine ; tôt sortie de son berceau en Afrique, celle-ci a là plus que partout ailleurs dans le monde, aménagé la presque totalité de l'espace habitable. Elle s'est implantée dans la plupart des milieux, dans les régions tempérées ou bien tropicales pour leur plus grande part converties en zones de culture. L'Eurasie est le continent le plus vaste de notre planète mais aussi, avec près de cinq milliards d'habitants, c'est le plus peuplé. Nous irons autant que faire se peut dans des régions où l'altitude, la latitude et de nombreux espaces relativement à l'abri des perturbations dues à l'influence de l'homme, donnent encore au naturaliste la possibilité de se rapprocher au plus près des conditions originelles. Nos pérégrinations nous mèneront également dans des espaces où la race humaine a beaucoup marqué son emprise, mais où elle a cependant réussi à établir une relative symbiose, comme c'est le cas chez ceux qui vivent essentiellement des productions de la terre. Enfin, l'Eurasie, c'est aussi le continent où pour le bien-être du corps et l'enrichissement de l'esprit, l'homme a conçu ces espaces si riches et parfois enchanteurs que sont de modestes ou bien de très vastes jardins.
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Les flores et les milieux européens