Communication scientifique et technique

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Cet ouvrage fait partie de la série "Parcours ingénieur", réalisée en partenariat avec le réseau des écoles d'ingénieurs Polytech.

Il s'agit d'un manuel résolument pratique qui fait le point sur l'ensemble des techniques de communication et d'expression orale et écrite utiles au futur ingénieur. La communication scientifique et technologique a en effet des spécifités et des normes que l'élève ingénieur doit connaître et maîtriser dans le cadre de ses études et pour sa future activité professionnelle.

Chaque chapitre de l'ouvrage propose :

  • un cours synthétique accompagné de conseils, d'indications pratiques et d'astuces liés à la situation de communication concernée ;
  • des exercices de mise en application de la situation de communication avec corrigés.
Publié le : mercredi 7 juillet 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782100555451
Nombre de pages : 224
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Le
Plan
style
du
Cours 1.Une brève histoire du texte scientifique 2.Paramètres du style scientifique 3.La vulgarisation scientifique Synthèse Exercices Corrigés
Cours
scientifique
Objectifs
1
Replacer les grands acquis dustyle scientifiquedans leur contexte historique Décrire objectivementun objet scientifique ou technologique Utiliser les principaux mécanismes de lavulgarisationscientifique
Souvent, durant sa scolarité, l’élève de section scientifique a pu entendre que ses productions écrites pêchaient au niveau du « style », qu’elles comportaient des « problèmes de style », etc. Ce chapitre propose de dépasser ce plat constat d’échec (décourageant et peu productif libellé tel quel), en montrant qu’il existe une manière d’utiliser la langue française propre aux scientifiques : un style aux racines historiques très anciennes, des caractéristiques et des codes bien précis qui, s’ils sont maîtrisés, permettent de décrire le plus objectivement possible la réalité, en donnant juste ce qu’il faut d’informations, et sans perdre le lecteur. Il s’agit dans un premier temps de comprendre qu’écrire aujourd’hui est le résultat d’une tradition d’écriture très ancienne, dont il faut impérativement connaître les grands moments. Puis l’on verra quelles sont les contraintes propres à ce style. La fin du chapitre est quant à elle consacrée à la manière d’utiliser ce « style scientifique » afin de se faire compren dre du plus grand nombre de lecteurs : c’est ce que l’on nomme la vulgarisation scientifique, qui est un projet à la fois noble et ambitieux.
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Chap. 1. Le style du scientifique
1. UNE BRÈVE HISTOIRE DU TEXTE SCIENTIFIQUE 1.1 Le texte scientifique ne tombe pas du ciel Depuis que les hommes écrivent, et notamment dans le domaine scientifique, ils ont cherché àdécrirela réalité qui les entoure : le scientifique, plus que d’autres sans doute, est amené à décrire les objets (machines, procédés, outils, matières, etc.) avec lesquels, sur lesquels il travaille. Il lui fautdire la réalitéafin de la maîtriser, et avant de la modifier. Cette entreprise de description permanente du réel s’accompagne d’un certain nombre de règles destinées à garantirl’objectivitéde la description. En effet, il s’agit de décrire au mieux lesobjetsenvironnants, afin de les comprendre et de pouvoir les utiliser efficacement. Cette volonté de description s’est progressivement enrichie au fil du temps et, heureusement pour lui, un élève ingénieur n’a pas à tout inventer de la manière de décrire les objets qui l’entourent. Ces règles de description existent déjà et il s’agit donc de bien les connaître pour les utiliser à bon escient. 1 L’idée n’est pas ici de brosser une longue et exhaustive histoire du texte scientifique , mais de s’arrêter sur deux ou trois grandes étapes intellectuelles qui, historiquement, ont été fondatrices de ce qu’est un texte scientifique aujourd’hui.
1.2 Les Grecs et la volonté de démonstration On dit souvent que les Grecs ont inventé les mathématiques et la philosophie, mais il faut également leur accorder la paternité des bases de la rédaction scientifique. En effet, lavolonté de démonstrationest bien à l’origine de l’écriture d’un texte scientifique : l’idée d’enchaîner les vérités en les articulant les unes aux autres par des liens logiques forts (« donc », « si », « alors », etc.), ne rien inscrire qui ne soit considéré comme vrai, tels sont les principes élémentaires d’un texte scientifique digne de ce nom. Le principe dedéduction(je déduis cet élément de discours de l’élément qui le précède, celuici étant luimême déduit de l’élément supérieur, etc., sachant qu’au début de la chaîne se trouve le postulat, c’estàdire la vérité première, indémontrable) est un principe d’écriture simple et scientifiquement efficace. Exemple «Ces deux droites sont parallèles, donc elles ne se coupent jamais.» Dans cet exemple, la première proposition «Ces deux droites sont parallèles» est l’élément supérieur qui va permettre de déduire l’élément inférieur «elles ne se coupent jamais» ; le mot «donc» est le connecteur logique assurant l’articulation entre la première et la seconde proposition.
1.À ce sujet, on consultera par exemple avec profit l’Histoire des méthodes scientifiquesde JeanMarie Nicolle (édition Bréal).
1. Une brève histoire du texte scientifique
Dans la déduction logique, on a souvent un mouvement qui part d’une vérité générale (ici : une propriété géométrique, comme le parallélisme) pour arriver à quelque chose de plus précis, de plus particulier (ici : ces 1 droites n’ont pas de point d’intersection, elles ne se coupent pas) .
On doit aussi aux Grecs (ainsi en estil tout du moins dans les premiers énoncés de grands principes mathématiques) l’idée que le narrateur d’un texte, par souci d’objectivité, ne se manifeste pas directement dans son écrit. Ainsi le « je » estil rarement utilisé dans un texte scientifique.
Exemple «Cette machine fonctionne sur le principe de la combustion.» est une formulation estimée plus objective, neutre et impartiale que : «Je vous annonce que cette machine fonctionne sur le principe de la combustion, dont je vous ai déjà parlé avanthier». Dans la première phrase, on ne sait pas qui parle, à qui et dans quel contexte (il y a une certaine impersonnalité de cet énoncé scientifique). En revanche, dans la seconde phrase, on devine une relation entre deux personnes, ou une personne et un groupe Je»/«vous»), par exemple un enseignant et un groupe d’élèves ingénieurs, et le contexte temporel («avanthier») permet de préciser la situation en l’ancrant dans un moment particulier.
Souvent les élèves ingénieurs et scientifiques, quand ils apprennent à maîtriser ce code de la nonsubjectivité du texte scientifique professionnel, se plaignent de cet aspect des choses, déplorant par exemple « le manque de vie dans le texte », en pointant le fait que « si je ne dis pas « je » dans mon texte, celuici va donner une impression de froid, de manque de chaleur humaine, etc. ». En disant cela, l’élève ingénieur confond le but des textes qui se veulent objectifs avec celui des textes qui se veulent plus subjectifs : dans le premier cas, il s’agit avant tout de communiquer de la manière la plus neutre possible des informations que n’importe quel lecteur scientifique pourra réutiliser telles quelles, sans se poser la question de savoir qui les a produites, depuis quelle salle de cours ou depuis quel laboratoire, quel jour, à quelle heure, etc. Il s’agit là d’une communication purement scientifique qui se fonde sur l’intemporalité et 2 l’universalité du texte scientifique . Ce style garantit l’impartialité (ou la recherche d’impartialité, pour rester modeste) du texte scientifique ainsi produit.
1.Le principe d’inductionest construit sur la logique inverse : je pars d’un constat particulier que j’explique ensuite par une vérité plus générale (i.e.une proposition induite) ; ex. : « Ces deux droites ne se coupent jamais, c’est donc qu’elles sont parallèles » : on constate que les deux droites ne se coupent pas, et on eninduitla propriété géométrique qui les relie (leur parallélisme). 2.Le style « subjectif » peut quant à lui néanmoins être utilisé dans un contexte professionnel, mais avec une autre visée : cf. « 1.2 Paramètres du style scientifique », sur la différence entre « styleobjet » et « stylesujet ». © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
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