Comprendre l'évolution

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Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Ces trois questions qui hantent nos esprits depuis la nuit des temps, ou du moins depuis le temps des hommes ont-elles toujours du sens aujourd'hui ? La réponse est oui sans hésiter. Ce livre, facile à lire, présente, dans ses grandes lignes, sans développements excessifs, l'apparition de la vie, son évolution dans l'Univers et en particulier, sur notre belle Terre.
Publié le : dimanche 1 janvier 2006
Lecture(s) : 49
EAN13 : 9782336277714
Nombre de pages : 158
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Comprendre l'évolution
Du big-bang à l'homme

site: www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr e.mail: harmattan1@wanadoo.fr ~ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9813-6 EAN: 9782747598132

René Le GaI

Comprendre l'évolution
Du big-bang à l'homme

L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina Faso

Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa RDC

Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

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Biologie, Ecologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à l'Université de Paris XIL correspondant national de l'Académie d'Agriculture de France
Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l'avenir des milieux naturels et de l'homme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie.

Déjà parus Dr Georges TCHOBROUTSKY, Comment nous fonctionnons, 2005. Jean TOTH, Le cèdre de France, 2005. France Pologne pour l'Europe, Les enjeux de la Politique agricole commune après l'élargissement du jer mai 2004, 2005. Louis CRUCHET, Le ciel en Polynésie. Essai d'ethnoastronomie en Polynésie orientale, 2005. Henri LOZANO, Le sens des choses. une logique d'organisation de l'univers,2005. Pierre PIGNOT, Europe, Utopie ou Réalité ?, 2005. Pierre DE FELICE, L'image de la terre: les satellites d'observation, 2005. André NEVEU, Les grandes heures de l'agriculture mondiale, 2005. Philippe PREVOST (Sous la direction de), Agronomes et territoires, 2005. Claude MONNIER, L'agriculture française en proie à l'écologisme, 2005. Arnaud MAUL, Approche évolutionniste de la sexualité humaine, 2005. Laurent HERZ, Dictionnaire des animaux et des civilisations, 2004. Michel DUPUY, Les cheminements de l'écologie en Europe, 2004. René MONET, Environnement, l'hypothèque démographique, 2004. Ignace PITTET, Paysan dans la tounnente. Pour une économie solidaire, 2004. Ibrahim NAHAL, La désertification dans le monde. Causes Processus - Conséquences - Lutte, 2004. Paul CAZAYUS, La mémoire et les oublis, Tome I, Psychologie, 2004 Paul CAZAYUS, La mémoire et les oublis, Tome II, Pathologie et psychopathologie, 2004.

Du même auteur : Pour comprendre la génétique. L'Harmattan. Juin 2003 Devenez écologiste. Les Presses du Midi. Février 2005

La vie est la forme que prend la matière à un certain niveau de complexité.

Pierre TEILHARD DE CHARDIN

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Pour commencer

Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où alIons-nous? Cela commence plutôt mal ; ces lieux communs du discours philosophique n'annoncent rien de très original. On les retrouve, mot pour mot, dans de nombreux ouvrages scientifiques, philosophiques ou religieux. Alors, ces trois questions qui hantent nos esprits depuis la nuit des temps, ou du moins depuis le temps des hommes, depuis l'émergence de la conscience en même temps que celle du cerveau humain, ont-elles toujours du sens aujourd'hui ? La réponse est oui, sans hésiter. Cependant, il faut bien reconnaître qu'elles n'ont pas toutes trois la même pertinence au regard de la science. Qui sommes-nous? Pour répondre à cette interrogation, on peut faire appel à plusieurs disciplines, selon l'angle d'approche que l'on souhaite privilégier: l'histoire, par exemple, nous permet de comprendre l'organisation de nos sociétés, l'émergence des civilisations, le cheminement vers la démocratie, les frontières de nos états et le rayonnement de nos cultures; en cela, c'est incontestable, elle nous renseigne sur ce que nous 9

sommes. La biologie, de son côté, et en particulier la physiologie, tente d'expliquer le fonctionnement de notre organisme; c'est une autre façon de nous connaître et donc de répondre à la question. On pourrait envisager bien d'autres manières d'aborder ce problème: philosophique, économique, religieuse, géographique, politique. D'où venons-nous? Il Ya dans ce questionnement une part d'irrationnel. C'est cette part qui a conduit les humains vers le mystique, vers la religion. Nous ne savons pas d'où nous venons car notre origine est mystérieuse. Nous ne la connaîtrons jamais; elle sera, éternellement, hors de notre portée ici-bas. Nous n'y accèderons qu'après notre mort. La vérité se situe dans l'au-delà, un au-delà qui se mérite; seules nos âmes seront invitées au paradis, ou en enfer. Nos corps ne sont que matière, méprisable et éphémère, 1'habillage approximatif de nos âmes. Cette réponse religieuse à la question de l'origine peut s'interpréter de différentes manières. Soit comme une réponse provisoire: en attendant mieux! Je crois, mais je ne suis sûr de rien; c'est la foi faute de mieux. On verra bien, mais dans le doute.. .je ne m'abstiens pas. Soit comme une affirmation prétentieuse, égocentrique: si je suis incapable de connaître mon origine, c'est tout simplement parce qu'il est impossible d'y accéder, sousentendu, moi, si intelligent, si instruit... C'est la foi suffisante, celle qui renie les progrès de la connaissance scientifique, dès lors qu'ils prétendent concerner ce problème fondamental des origines. Touche pas à mon origine ! Il est curieux de constater que le progrès scientifique est accepté et même fortement encouragé lorsqu'il se rapporte à notre vie quotidienne, surtout s'il est générateur de richesse, il faut bien le reconnaître, et qu'en revanche, il est suspect lorsqu'il touche à des domaines plus... gênants, nos origines par exemple, tout simple10

ment pour savoir, sans arrière pensée. Le comportement de certains états des Etats-Unis d'Amérique est assez révélateur de cette croyance dogmatique et sans appel; n'ont-ils pas, pour certains, interdit purement et simplement l'enseignement de l'évolution et, pour d'autres, sans doute moins extrémistes, n'ont-ils pas placé cet enseignement sur un plan d'égalité avec le créationnisme? Accorder la même valeur morale à la science qui recherche la vérité en ne s'appuyant que sur des preuves ou sur des arguments maintes fois vérifiés et à la religion, qui n'est qu'une croyance sans la moindre petite trace de preuve, paraît bien peu justifiable. C'est une injure faite à la science et aux scientifiques. C'est une insulte à la raison. Et pourtant, les croyances se portent bien en ce début de troisième millénaire! C'est peut-être là qu'est le mystère. .. Où allons-nous? Voila une autre question que l'on peut aborder sous des angles différents. On peut faire de la prospective, par exemple, c'est-à-dire imaginer le futur à partir de données et de tendances actuelles; extrapoler. Cela concerne une multitude de domaines, tels que l'économie, la géopolitique, la climatologie, la démographie. Ces disciplines nous éclairent le chemin vers un avenir à court ou moyen terme. On peut aussi imaginer des scénarios rocambolesques d'une vie dans l'espace sidéral, fuyant notre Terre délabrée, à la recherche de paradis lointains, hors de notre système solaire qui n'est pas très hospitalier. On fait alors de la sciencefiction. Mais, par définition, si elle est fictive ce n'est pas de la science. Je n'ai, bien entendu, que du respect pour cette littérature qui a conquis ses lettres de noblesse depuis fort longtemps, mais ce n'est pas l'objet de ce livre. Vous l'aviez compris. .. Il

Ces trois questions, au centre des préoccupations humaines depuis Homo habilis, peut-être, notre lointain ancêtre qui vivait en Afrique il y a environ deux millions d'années, nous allons essayer de les aborder ici avec le souci constant de la simplicité et celui de ne pas sortir du cadre choisi: la vie, tout simplement, avec enthousiasme, mais aussi avec rigueur; la vie, depuis le big-bang du commencement de tout, jusqu'à la conscience de l'Univers. Ce livre n'est pas un manuel de Sciences de la Vie et de la Terre destiné exclusivement aux lycéens, ni un cours de niveau universitaire, exhaustif et austère. Mon ambition est plus modeste: il s'agit de présenter, dans ses grandes lignes, sans développements excessifs et inutiles, l'apparition de la vie et son évolution dans l'Univers et en particulier, bien sûr, là où on la connaît le mieux, c'est-à-dire sur notre belle Terre. Mais simplification ne veut pas dire absence de rigueur. Quelques idées simplistes, voire fausses, seront combattues sans complaisance. Le sujet est vaste et impose des choix: les grands mécanismes de l'évolution et quelques étapes choisies pour leur aspect pédagogique ou spectaculaire, constitueront des points d'ancrage faciles à repérer de manière à éviter la dispersion qui risquerait de guetter le lecteur submergé par un flot d'informations pas forcément utiles pour le simple curieux, cible privilégiée de cet exposé. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, sans pour autant se confronter à un niveau universitaire trop rébarbatif, une bibliographie sommaire propose quelques titres incontournables et accessibles. Si ce petit livre provoquait chez le lecteur cette irrépressible envie d'en savoir plus...

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Stabilité et variabilité

Commençons par quelques observations banales, mais non dépourvues de sens profond pour peu que l'on soit enclin à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons. Chaque année, lorsque nous retrouvons enfin le lieu de nos vacances, au bord de mer ou à la montagne, nous sommes heureux de retrouver des paysages familiers qui nous ont manqué pendant de longs mois. Bien sûr, la route a changé, de nouveaux immeubles ont fait irruption dans ce paysage, pas toujours de manière harmonieuse d'ailleurs, mais il ne s'agit que de changements d'aménagement. Le paysage naturel, lui, n'a pas varié et c'est heureux; il est stable, immuable, comme figé dans son éternelle beauté depuis toujours et c'est rassurant. Nous y retrouvons notre sérénité, nos racines parfois. Pourtant, une étude plus attentive, des indices discrets, des témoins qu'il faut savoir faire parler, nous révèlent que cette stabilité n'est qu'apparente. Ce paysage alpestre, ce décor grandiose, que je contemple de ma fenêtre, n'a pas toujours existé. Et j'en ai la preuve, irréfutable. En me promenant dans un petit chemin de randonnée qui 13

surplombe la vallée, tortueux et charmant, j'ai trouvé, emprisonnées, moulées dans des roches sédimentaires datées de cent cinquante millions d'années, des coquilles fossilisées d'animaux marins, des ammonites. Comment ces coquilles de mollusques céphalopodes, apparentés au nautile qui vit actuellement dans les mers chaudes, peuvent-elles se retrouver à quelque mille mètres d'altitude, dans un massif alpin? D'autres indices, tels que les fameux basaltes en coussins issus des dorsales océaniques, perchés à quelque deux mille cinq cents mètres d'altitude, ont confirmé l'invraisemblable: avant d'être dominée par cette puissante chaîne de montagne, parcourue d'aiguilles et de sommets majestueux, la région alpine était occupée par un océan, il y a cent cinquante millions d'années à peu près, océan aujourd'hui disparu. Un jour, dans très longtemps, un de mes lointains descendants rêvera, peutêtre, en contemplant un paysage vallonné et champêtre, à ce que devait être cette chaîne de montagne disparue et aux exploits des alpinistes conquérant les grandes aiguilles du massif alpin. Le temps aura passé. Donc, la Terre change. Ce qui nous la rend apparemment stable, c'est notre propre échelle d'observation. Dans la durée d'une vie humaine, en effet, les phénomènes géologiques liés à la tectonique des plaques ne sont pas perceptibles, à l'exception du volcanisme et des séismes, bien sûr, qui eux sont des manifestations violentes et brutales des mouvements et des changements de la Terre. Pourtant, les phénomènes tectoniques ne cessent de modeler et de remodeler le visage de la planète: les montagnes succèdent aux océans, avant d'être démantelées et effacées par l'érosion. Mais cette histoire géologique, c'est en millions, voire en dizaines de millions et même en milliards d'années qu'elle se conte. Or, pour nous les hommes, le temps se compte en heures, jours, 14

semaines, années et l'on a déjà du mal à concevoir des durées historiques telles que les siècles par exemple. Voilà pour la Terre, le support de la vie. Mais qu'en est-il du monde vivant justement? Stable ou variable lui aussi? Si vous avez la chance de connaître un milieu naturel peu fréquenté par l'homme, à l'abris de ses délires commerciaux et immobiliers, une forêt ancienne par exemple, un maquis, une garrigue ou un étang, vous serez frappés par sa stabilité au fil des ans. Pourtant, là encore, il ne faut pas s'y tromper, ce n'est qu'une apparence. La stabilité de l'écosystème forestier cache la variabilité de ses composantes; les espèces animales et végétales que vous côtoyez cette année ne sont pas toutes constituées des mêmes individus que celles de l'an dernier; elles se renouvellent, se reproduisent, c'est une des caractéristiques essentielles du vivant. De même, la stabilité des individus s'accompagne d'une variabilité de certains de leurs constituants: les cellules immunitaires, par exemple, chargées de défendre l'intégrité de notre organisme, s'adaptent sans cesse pour faire face à la multitude d'agresseurs qui tente de s'introduire au sein même de notre milieu intérieur. On pourrait multiplier les exemples: la formation d'un œuf et son développement, la croissance d'un individu, son vieillissement et sa mort, la durée de vie d'une cellule... Le monde vivant actuel, dans son ensemble, aussi parfait et aussi stable à notre échelle d'observation, est, lui aussi, modelé par la variabilité des espèces qui le constituent. Les espèces actuelles, tant animales que végétales, ne peuplent pas notre planète depuis son origine. La paléontologie nous révèle avec insistance des mondes disparus, des fossiles d'animaux et de végétaux qui n'existent plus aujourd'hui. Qu'on ne s'y trompe pas, il 15

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