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M. Gillot Saint-Èvre

Du feu et de la combustion

Leçon professée à Angoulême, le 20 février 1866

DU FEU ET DE LA COMBUSTION

*
**

Dans les sciences expérimentales, à côté des grandes vérités découvertes par le génie de l’homme, on rencontre souvent, comme contre-partie, l’erreur qui en précède ou en accompagne la démonstration. Si l’étude approfondie des premières est de nature à nous inspirer un sentiment d’admiration et même d’orgueil, l’histoire de la seconde nous fournit, à son tour, un sujet utile de méditation et d’enseignement.

Rien n’est plus vrai, rien n’est plus directement applicable à l’histoire scientifique des interprétations données aux phénomènes dits phénomènes de combustion. Nous n’en connaissons pas de plus remarquables, de plus propres à frapper l’œil, même le plus indifférent, par leur importance, leur éclat, leur durée. Il n’en est point dont l’explication ait été plus pénible, plus obscure, plus fausse pendant une longue période de siècles écoulés.

Le feu du ciel tombe sur un arbre et l’embrase ; l’homme accourt. De suite, il constate et utilise à son profit la chaleur dégagée et la lumière produite. Dans le résidu de la combustion, il observe une substance grise, terreuse, pulvérulente, fusible : la cendre, dont un jour il se servira pour la fabrication du verre. Il remarque des fragments d’une matière solide, noire, brillante, conductrice de la chaleur, combustible en produisant une température bien plus élevée que le bois dont elle provient. Le charbon est découvert. Ses propriétés ne tardent pas à être connues et appliquées. Une suite d’accidents vraiment providentiels font connaître les effets dus au contact du charbon avec certaines substances terreuses que nous appelons aujourd’hui les oxydes métalliques. Sous l’influence du feu, l’homme voit ces terres diverses changer d’apparence et d’aspect. Il trouve au fond de son foyer, devenu un creuset, une masse fusible, malléable, pesante sous un petit volume, tantôt rouge, c’est le cuivre ; tantôt d’un gris bleuâtre, c’est le plomb ; tantôt d’un blanc jaunâtre, c’est l’étain. Les métaux utiles, cuivre, plomb, étain, sont découverte. Autant il y aura de métaux fusibles et d’oxydes tacitement réductibles, autant il y aura de nouvelles conquêtes faites sur la matière. Mais bientôt les procédés de fusion se perfectionnent : on invente, on prépare et on emploie les alliages, ces nouveaux métaux composés d’éléments métalliques différents, et chez lesquels les défauts des uns sont corrigés et compensés par les qualités des autres. Le bronze et, longtemps après lui, le fer fournissent à l’homme des armes et des ustensiles bien supérieurs aux instruments de pierre, d’os. de bois ou d’argiles grossières des premiers âges, et l’état relatif de la civilisation reçoit dans la voie du progrès une impulsion puissante et durable.

C’est donc à l’application du feu, c’est à l’emploi intelligent du charbon que l’homme doit ses premières notions de métallurgie et la découverte des métaux usuels, véritables trésors, plus précieux que ceux qui, aujourd’hui encore, en conservent le nom. Connus les premiers à l’état natif, tout leur mérite réside dans une forte densité et une inaltérabilité relative, qui ne permettaient guère, à ces époques, d’en faire autre chose que des objets d’ornement. Ce ne fut qu’au bout d’un long temps qu’ils méritèrent enfin ce titre de métaux précieux, en devenant un moyen de commerce et d’échange, un symbole matériel de puissance et de prospérité. C’est là encore une phase distincte et fatale en quelque sorte de l’histoire des matières métalliques au milieu de la marche générale de la civilisation.

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