Écrits sur la technique militaire

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La technique militaire est l'un des multiples sujets sur lesquels produit Scheerbart, écrivain fertile par les thèmes qui l'intéressent et par les genres littéraires qu'il explore. En privilégiant ses écrits sur la technique militaire, cette publication vise à dévoiler une autre facette de la richesse intellectuelle de Scheerbart jusqu'à présent essentiellement connu en France pour ses seules productions sur l'architecture.
Ilaria Brocchini est philosophe et architecte.
Publié le : mercredi 1 octobre 2008
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EAN13 : 9782296205680
Nombre de pages : 107
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ECRITS SUR LA TECHNIQUE

MILITAIRE

MEMOIRE,

TECHNIQUE,

DESTRUCTION

Image de couverture: Colback du premier régiment des LeibhllStm!lI fondé en 1741 sousle roi de Prusse Frédéric fi Copyright de rûnage : Headgear's Museum (www.headgeats-museum.com)

Corrections

: Rmm~nuelle Guenon-Couturier

@ L'Harmattan, 2008 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo. fr

ISBN: 978-2-296-06308-2 EAN : 9782296063082

Paul Scheerbart
ECRITS SUR LA TECHNIQUE MILITAIRE

PRECEDE DE

Ilaria Brocchini
MEMOIRE, TECHNIQUE, DESTRUCTION

L'HAKMATrAN

Esthétiques Collection dirigée par Jean-Louis Déotte
Pour situer notre collection, nous pouvons reprendre les termes de Benjamin annonçant son projet de revue: Angelus Novus. «En justifiant sa propre forme, la revue dont voici le projet voudrait faire en sorte qu'on ait confiance en son contenu. Sa forme est née de la réflexion sur ce qui fait l'essence de la revue et elle peut, non pas rendre le programme inutile, mais éviter qu'il suscite une productivité illusoire. Les programmes ne valent que pour l'activité que quelques individus ou quelques personnes étroitement liées entre elles déploient en direction d'un but précis; une revue, qui expression vitale d'un certain esprit, est toujours bien plus imprévisible et plus inconsciente, mais aussi plus riche d'avenir et de développement que ne peut l'être toute manifestation de la volonté, une telle revue se méprendrait sur elle-même si elle voulait se reconnaître dans des principes, quels qu'ils soient. Par conséquent, pour autant que l'on puisse en attendre une réflexion et, bien comprise, une telle attente est légitimement sans limites -, la réflexion que voici devra porter, moins sur ses pensées et ses opinions que sur les fondements et ses lois; d'ailleurs, on ne doit plus attendre de l'être humain qu'il ait toujours conscience de ses tendances les plus intimes, mais bien qu'il ait conscience de sa destination. . La véritable destination d'une revue est de témoigner de l'esprit de son époque. L'actualité de cet esprit importe plus à mes yeux, que son unité ou sa clarté elles-mêmes; voilà ce qui la condamnerait - tel un quotidien- à l'inconsistance si ne prenait forme en elle une vie assez puissante pour sauver encore ce qui est problématique, pour la simple raison qu'elle l'admet. En effet, l'existence d'une revue dont l'actualité est dépourvue de toute prétention historique est justifiée... » Geneviève FRAISSE, L'Europe desidées,2008. Laurence :MANESSE CESARINI, Le sublime anomique,2008. Mathilde PRIOLET, culture,2008.
Olivier 2008. Daniel RAZAC,

La denréeculturelle.Éclipse du politique, expansion de la

Avec Foucault, après Foucault. Disséquer la société de contrôle,

Payot, Déroutements, 2008. Joly: Le réel à l'épreuve des arts. L'écran, la rue, la scène. Série ars,

Geneviève 2008.

 S.AMUEL

NOTE

Notte traduction des textes de Paul Scheerbart a cherché, en priorité, à reproduire son écriture factuelle et sèche. Celle-ci est en effet, en soi, un outil au service de l'intention comique qui traverse l'ensemble de son œuvre. Les textes de référence de l'essai « Mémoire, technique, destruction» ont aussi été lus dans leur langue d'origine. Cela a parfois été l'unique possibilité. De manière générale nous renvoyons donc aux textes d'origine et à notre propre traduction.

INTRODUcnON

Ce volume réunit quinze textes autour de la technique militaire produits par Paul Scheerbart pour la presse entre 1902 et 1910. Les nombreux journaux et périodiques d'actualité et de

culture qui publient les écrits de Scheerbart 1 recouvrent des
orientations intellectuelles et politiques diverses. Ainsi Die AktiofJ, Der Demokrat et Das Blaub1lchreprésentent l'opinion politique de la gauche, Der Kampf celle des anarchistes, Die Zukunft est influencé par le monarchisme de son fondateur M9x1m111an Harden et Die Gegenlllort outient, sous la direction s de son fondateur Paul Lindau, la politique du chancelier Otto von Bismarck. Mais en dépit de la diversité de leurs sensibilités politiques, ces titres ont tous en commun, au moment où Scheerbatt écrit, de prôner une position pacifiste dans laquelle l'aversion qu'a ce dernier pour la guerre peut trouver sa place. Scheerbart est en effet pacifiste au sens où il attribue à la guerre d'avoir pour unique vocation de déttuite l'humanité. La guette n'est jamais pour lui un outil de règlement de différends en vue d'obtenir la paix. La technique militaire est l'un des multiples sujets sur lesquels produit Scheerbart, écrivain fertile non seulement par les thèmes qui l'intéressent mais aussi par les genres littéraires qu'il explore. Scheerbart est en effet auteur de poésies, de romans, de contes fantastiques, d'essais et d'articles et il traite, entre autres domaines, d'art, d'architecture, du monde
1

Scheerbart écrit pour plus d'une trentaine de journaux et périodiques.

Panni

ceux-ci figurent : Die Aktioll, Das Blalllmcb, Der Demokrat, Die Foçkel, FTiihlicbt, Die Gegenwart, Die Gesellscbaft, IlIgeml, Der Kampf, Mtngm, Pan, Die Sclxlllbiihne, Die Statltkrone, Der SIIIrm, Vas Tagelm&b, Ver SamI1IJ, Wimer RNndrcbmt, Dit Zeit, Die ZRIettnft.

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militaire ou du fantastique d'une ,rie extraterrestre.. Cette richesse de thèmes et de genres a rendu son œuvre, déjà pour ses contemporains, difficile à classer. Cependant il est possible d'affirmer que celle-ci est parcourue par delL"\{ fils conducteurs.. Elle sollicite t011jOurs le rire dl1 lecteur et elle contient une réflexion cohérente et constante sur la technique. Qu'il s'agisse des architectures mobiles que Münchhausen magnifie à une Clarissa stl1~péfaite,de la gigantesque tOl.1:C que Lesabéndio élève sur Pallas l'astre imaginaire, du journal qui relate la construction par Scheerbart lui-même d'un perpetuum mobile ou encore des nouveau..~: explosifs inventés par les chimistes au XIXe siècle, les écrits de Scheerbart traitent d'ingéniosité et d'ingénierie.. Ils traitent d'un être qui réfléchit, mû par le désir de modeler son environnement. Scheerbart conçoit la technique comme l'ensemble des moyens concrets ou non que l'homme se donne afin de réaliser une intention. Elle commence par les capacités physiques et se prolonge dans les processus mentalLx et dans les outils extérieurs au corps. Ainsi comprise, elle définit ce que l'humanité signifie poUt: Scheerbart: Phomme est avant tout un technicien même si il n:)en est pas toujours conscient. À travers rétude de la technique militaire du début du XXe siècle, Scheerbart montre que l'humanité qui oublie d'être avant tout technicienne est condamnée au malheur. Seule une humanité qui vivrait la technique comme son produit et qui s'en sentirait à son tour elle-même le produit serait une humanité heureuse. Les textes choisis pour fonner ce recueil permettent de saisir cette vision scheerbartienne de la technique. L'essai qui les précède, quant à lui, la présente. S'appuyant sur le travail de Scheerbart et sur celui d'autres penseurs de la technique, il montre par ailleurs l'existence chez l'Homo ~faber de delLx approches du passé indissolublement liées: l'une utilitaire,

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