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Histoire de la biodiversité

De
376 pages
Cet ouvrage n'est pas une monographie de plus sur la biodiversité, mais à la fois un travail d'historien, de géographe et de naturaliste. L'hypothèse biochimique a été choisie, plaçant l'apparition des premiers êtres vivants il y a près de 4 milliards d'années, et seule la thèse évolutionniste a été retenue. A l'évidence des espèces ont disparu depuis 1500, d'autres seront menacées d'ici 2100. L'accélératon du processus évoque l'imminence d'une extinction massive.
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Histoire de la biodiversité
Biologie, Ecologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à l’Université de Paris XII, et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l’avenir des milieux naturels et de l’homme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie. Déjà parus Bernard BOURGET,Les Défis de l’Europe verte, 2011. André MARCHAND,De l’agriculture d’antan à celle d’aujourd’hui. Les changements engendrés par les lois Pisani, 2011. André MARCHAND,Filière viande. Propositions pour conjuguer une agriculture rentable et une nourriture saine, 2011. Guy JACQUES,Virer de bord. Plaidoyer pour l'homme et la planète, 2011. Maurice BONNEAU,La forêt de Guyane française, 2010. Michel GAUDICHON,L'homme au miroir de la science, 2010. Jacques RISSE,L’élevage français. Évolutions et perspectives, 2010. Louis TSAGUE ;La Pollution due au transport urbain et aéroportuaire. Caractéristiques et méthodes de réduction, 2009. Marie-Françoise MAREIN,L’agriculture dans la Grèce du IVe siècle avant J.C,2009. Jean-Claude LACAZE,Le christianisme face à la crise écologique mondiale, 2009. Michel BRAUD,Paysans du monde. Parcours d’un agronome au service de la terre, 2009. Jean-Claude GALL,Des premières bactéries à l’homme. L’histoire de nos origines, 2009. Grou e de Bellechasse,L’Alimentation du
monde et son avenir, 2009. Maurice BONNEAU,Forestier dans le Haut Atlas. Maroc 1952-1956, 2009. Alain GIRET,Le Quaternaire : climats et environnements, 2009. René LETOLLE,La Mer d’Aral, 2008. René JACQUOT,Souvenirs d’un ais au Maroc 1952-1968, 2008.
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Du même auteur Alain GIRET (2006 sous la direction de) -Le risque hydrologique : du concept à sa gestion Actes -du Colloque tenu à l’Université de Paris 13, le 28 octobre 2005 – Editions “Le Manuscrit : recherches université. ” Alain GIRET (2007) -Hydrologie fluviale -Ellipses, Université, Géographie, 262 pages. Alain GIRET (2007) -Géographie de l'écoulement fluvial- L’Harmattan, Paris, 354 pages. Alain GIRET (2009) -Le Quaternaire : climats et environnements - collection Biologie, Ecologie, Agronomie, l’Harmattan, Paris, 293 pages. Alain GIRET (2011) -L’espèce humaine et la biodiversité Essais et Documents - Le Manuscrit, -Paris, 456 pages
© L’HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55368-2 EAN : 9782296553682
Introduction
C’est vers le milieu des années 1980 qu’est apparu un néologisme, celui de biodiversité. C’était vers cette époque que la communauté scientifique et celle des protecteurs de la nature commencèrent à prendre conscience de la disparition rapide d’un grand nombre d’espèces au cours des XIXe et XXe siècles. On eut alors besoin d’un mot nouveau pour désigner la diversité des êtres vivants qui peuplaient la planète. Vite adopté par la communauté scientifique, par les écologistes et par les médias, il gagna ses lettres de noblesse au cours de Conférence de Rio sur l'environnement et le Développement en 1992. La planète Terre constitue un écosystème se rapportant à son milieu naturel (continent, océan et atmosphère) qu’on nomme le biotope, et à l’ensemble des êtres vivants qui le peuplent : la biocénose. Comme la planète peut se diviser en biotopes d’échelles diverses - océans, continents, montagnes, forêts, fleuves, lacs - chacun sera peuplé par une biocénose caractéristique de l’adaptation de la vie à ce biotope. Une biocénose pourra être réduite à l’ensemble de ses espèces fondamentales, ce qui revient à dire que la biodiversité d'un écosystème tient à l'abondance des espèces qui la peuplent. Voici quelques définitions données par des écologues célèbres :
«La diversité biologique se rapporte à la variété et à la variabilité parmi les formes de vie et aux complexes écologiques dans lesquels elles se rencontrent. » (OTA, 1987).
«La diversité biologique englobe l'ensemble des  espèces de plantes, d'animaux et de micro-organismes ainsi que les écosystèmes et les processus écologiques dont ils sont un des éléments, c'est un terme général qui désigne le
degré de variété naturelle incluant à la fois le nombre et la fréquence des espèces et dans un ensemble donné. » (Mac Neely, 1990).
«La variété structurale et fonctionnelle des  diverses formes de vie qui peuplent la biosphère aux niveaux d'organisation et de complexité croissants : génétique, population, espèce, communauté, écosystèmes. » (Sandlund et coll., 1993)
L’on retiendra donc que la biodiversité est le nombre total d'espèces peuplant l’ensemble d'un écosystème. Ce nombre constitue la richesse spécifique de cet écosystème, et la biodiversité devient la richesse spécifique totale d'une communauté vivante donnée, ou nombre total d’espèces qu’on y rencontre quelle que soit l'étendue de leurs habitats. Pendant des années, nous avons enseigné la biogéographie à des étudiants du premier cycle d‘Histoire et de Géographie, et nous avons eu maintes fois l’occasion de constater l’ignorance de l’auditoire pour tout ce qui concerne la biologie. Notamment, et le fait est fréquent également dans les médias, on confond la notion d’espèces et d’individus, ce qui signifie que pour tous, la biodiversité englobe l’ensemble des individus de cette planète. C’est vrai dans un certain sens, mais c’est une mauvaise interprétation des termes ; une espèce regroupe des individus, mâles et femelles présentant un ensemble de caractéristiques morphologiques, anatomiques, physiologiques, biochimiques et génétiques, communes, pouvant se reproduire entre eux et dont la descendance est fertile. Par exemple, 6 milliards d’individus constituent l’espèce humaine. La biocénose rassemble cet ensemble des êtres vivants mais est-il possible de donner une définition simple de la vie ? Dans le créationnisme, le processus religieux l’emporte ; c’est la divinité qui pense et crée le monde. Paradoxalement, le m the est roche de la
réalité scientifique, La création débute par celle des choses ; scientifiquement, c’est le biotope constitué des étoiles, du soleil, de la Terre, de la mer, des continents, des montagnes, des fleuves, et ainsi de suite. Puis Dieu peupla ce biotope. Plus précisément, il n’en peupla qu’un seul : la Terre. Il installa des plantes et des animaux, c’est-à-dire une biocénose. Mais comme Dieu avait besoin d’un intermédiaire entre les choses et les êtres d’une part, et Lui d’autre part, il créa un animal pensant, l’Homme. Puis ce mythe laissa la place à des spéculations philosophiques, puis métaphysiques. Sans renoncer à l’idée de création (ce qui, avant le XVIIIe siècle, les aurait conduits droit au bûcher), les philosophes, les penseurs, se rendaient compte que des êtres apparaissaient et disparaissaient sans raison. Les boulangers, les brasseurs, se rendaient bien compte que le fait de laisser moisir une denrée engendrait l’apparition de la levure, une forme de vie. On trouve là l’origine du mythe de la génération spontanée. Cette croyance existait déjà chez les Romains, qui pensaient que le fait de stocker du blé dans un silo entraînait la naissance des souris. Il faudra toute l’énergie de Louis Pasteur pour éradiquer cette idée, à la fin du XIXe siècle. Il faudra encore plus de temps pour faire admettre que la vie n’est qu’une réaction chimique très complexe. Il est très difficile de définir la vie, car, suivant l'expression de Claude Bernard : « Ce n'est qu'un mot qui veut dire notre ignorance, c'est un état qu'on ne comprend que par opposition à la mort, on peut la caractériser, mais non la définir. » La seule manière de comprendre la vie est de l'étudier, dans ses manifestations, sur une série d'exemples concrets. C’est le domaine de la biologie qui décrit et étudie les mécanismes qui conditionnent les phénomènes de la vie, qui étudie l'être vivant dans son milieu : en lui-même et en relation avec son milieu. À l’heure actuelle, le mode vivant est assez bien connu, les classifications systématiques tendent à s’accorder sur une partition en six règnes : les bactéries, les rotozoaires tous unicellulaires , les