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Histoire des plantes

De
544 pages

Le Créateur des mondes semble avoir voulu embellir ce qui est exposé à nos yeux et refuser l’élégance à tout ce qui se dérobe à nous. Tandis que les feuilles, gracieusement suspendues aux rameaux, se balancent avec grâce au souffle des airs ; tandis que les tiges, les rameaux et les fleurs font l’ornement de nos campagnes, les racines, privées de formes gracieuses, dépouillées de toute nuance brillante, et revêtues le plus souvent d’une uniforme couleur brune, accomplissent dans l’obscurité leurs fonctions, qui sont pourtant tout aussi importantes que celles des tiges, des feuilles, des rameaux et des fleurs.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

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UNE FORÊT VIERGE A LA GUYANNE. (Page 497.)

Louis Figuier

Histoire des plantes

Table des Figures

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INTRODUCTION

Dans la Terre avant le déluge et dans la Terre et les Mers nous avons considéré la terre pour ainsi dire nue. Dans le premier de ces ouvrages, nous avons étudié la formation de notre planète ; nous avons suivi les diverses périodes de son évolution, depuis le moment où une croûte solide vint envelopper sa masse brûlante et rouge de feu, jusqu’au temps où elle revêtit sa configuration actuelle. Dans le second, nous avons décrit l’aspect physique de notre globe, ses reliefs, ses dépressions, les cours d’eau qui l’arrosent, la mer immense qui couvre les trois quarts de sa surface. Mais dans ces deux ouvrages nous avons supposé que la terre était privée de son ornement naturel : nous avons fait abstraction de la verdoyante parure qui l’embellit. Que serait notre globe sans les plantes qui le décorent ? Un aride désert, une solitude immense, asile du silence et de la mort. Les plantes ont apparu sur la terre avant les animaux, car ces êtres n’auraient pu exister sans les végétaux qui servaient à leur nourriture. Quand les grands animaux qui précédèrent l’homme furent créés par la Sagesse éternelle, la terre avait déjà revêtu son magnifique manteau végétal. Dieu avait dit, comme nous-l’enseignent les livres saints : « Que la terre pousse son jet, de l’herbe portant de la semence, et des arbres fruitiers portant du fruit selon leur espèce, qui aient leur semence en eux-mêmes. Et il en fut ainsi. La terre produisit donc son jet, savoir, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres portant du fruit, qui avaient leur semence en eux-mêmes, selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon1. »

Oui cela était bon, car les plantes sont à la fois l’ornement de la terre et le moyen d’existence des animaux qui la peuplent. Et cet ornement naturel, la bonté infinie du Créateur sait le diversifier de la manière la plus merveilleuse ; si bien qu’aucune partie du globe, à peu d’exceptions près, ne saurait en être privée.

La végétation change de caractère et d’aspect selon la situation des lieux sur le globe, leur élévation et la nature du sol :

Dans notre.zone tempérée, le doux ombrage des forêts nous offre de paisibles retraites, tandis que les plaines se couvrent du riche tribut des pâturages et des moissons.

Aux approches du pôle, si l’on n’aperçoit que des arbrisseaux rabougris, le sol, durci par les frimas, se recouvre encore de la courte végétation des Lichens et des Mousses.

Dans les parages tropicaux, contrées aimées du soleil, les Palmiers dressent dans les airs leur stipe svelte et leur couronne empanachée, comme pour s’isoler de la terre brûlante où plongent leurs racines.

Les montagnes de tous pays se couvrent d’une végétation spéciale, verdure immuable, comme les neiges qui les couronnent. Sur leurs flancs s’échelonnent les Sapins, les Mélèzes ou les Cèdres, dont les silhouettes, nettement découpées, se détachent sur le fond du ciel, tandis que des herbes toniques chargent les airs de leurs parfums. Sur ces mêmes montagnes, les forêts qui doivent alimenter les foyers de l’hiver se mêlent aux pâturages qui nourrissent le bétail.

Au bord des mers croît une végétation particulière, qui emprunte ses caractères et son aspect au sol sablonneux des rivages.

L’inégale distribution de la chaleur et de l’humidité fait naître une végétation qui dépend de ces conditions extérieures. Sous l’ombrage et la fraîcheur, rampe la tribu, infiniment variée, des Cryptogames : les Mousses, les Champignons, les Fougères. Sous l’ardeur d’un climat tout à la fois humide et brûlant, croît et se développe le groupe précieux des Palmiers, des Bananiers, des Lataniers, présents inestimables de la nature, source de richesse et de bonheur pour les habitants des régions tropicales.

Ailleurs, sous les brûlantes latitudes de l’Afrique, ou dans les contrées équatoriales du Nouveau-Monde, de magnifiques et robustes Cactus font admirer leurs formes étranges dans les lieux découverts, tandis que dans les forêts vierges une masse serrée de végétaux de tout ordre s’entrelace en formant un impénétrable réseau.

Au fond des mers, des Algues, aux mille couleurs, cachent sous les vagues mobiles leurs rubans onduleux et l’enchevêtrement de leur délicat feuillage.

Dans les fleuves et les rivières vit une autre population d’herbages, qui se dérobe à nos yeux, tandis que des nappes de verdure, les Nymphéa, les Lemna, les Victoria regia, s’étalent mollement à la surface des eaux.

Voilà un tableau fort abrégé des spectacles divers que la végétation étale à nos regards.

C’est peut-être un élan de reconnaissance pour l’auteur de tant de merveilles, qui fait naître en nos âmes l’involontaire et puissante sympathie que les plantes nous inspirent. Personne, en effet, ne saurait rester indifférent à l’aspect des tableaux que la végétation létale à nos yeux. Une plante, une fleur détachée de sa tige, suffisent pour remuer notre cœur, pour nous rappeler le sol natal, les joies évanouies ou les affections perdues. Nous comprenons le transport de sentiments qui fait que le sauvage arraché des bords de l’Orénoque embrasse en pleurant l’arbre de son pays, et les larmes qui coulaient des yeux de J.J. Rousseau à la seule vue d’une Pervenche.

Par suite de cette sympathie naturelle, l’homme a toujours demandé aux plantes les symboles divers de ses sentiments et de ses affections. Chez tous les peuples, des tresses de feuillage couronnent le front du vainqueur, ou récompensent la vertu. De frais bouquets, des guirlandes gracieuses, président aux fêtes qui marquent les époques heureuses de notre vie.

Des fleurs ont orné notre berceau et elles couvriront notre tombe. Des guirlandes de feuilles et de fleurs ont embelli nos fêtes, de noirs Cyprès ombrageront notre dernier asile.

Il ne faut donc pas être surpris que l’étude des plantes soit aussi ancienne que la civilisation. Les livres sacrés nous parlent d’une foule de plantes qui étaient cultivées ou révérées par les premiers hommes. Les anciens poëtes en ont tracé de gracieux tableaux ; Homère les a chantées sur sa lyre. Combien d’autres ont célébré dans leurs vers le plaisir des champs, le charme des ombrages et les vertus des plantes ! Hésiode, Théocrite, Lucrèce, Virgile, Horace, Ovide, Tibulle, Claudien, les ont décrites tour à tour. Dans la littérature moderne, les plantes ont bien souvent inspiré le génie des poëtes, qui se sont plu à en tracer les plus séduisantes peintures. Citons en exemple le Tasse, l’Arioste, Métastase, Darwin, Pope, Thomson, Gessner, Rapin, Saint-Lambert, Parny, Delille, Roucher, Castel, J.J. Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre, et, de nos jours, Victor Hugo et Lamartine.

Les plantes fournissent à tous les âges de la vie des distractions agréables ou des enseignements utiles.

L’enfance aime les fleurs ; elle se plaît à les rechercher. Les fleurs font dans le jeune âge le charme des promenades champêtres ; elles éveillent nos premières sensations. Nous saluons celles qui se rencontrent sous nos premiers pas, car notre cœur nous dit qu’elles ne sauraient nous être indifférentes.

Ce goût, naturel à la tendresse de l’enfance, ne s’affaiblit point dans la jeunesse. La simple culture d’un jardin procure au jeune homme des plaisirs sans cesse renaissants ; c’est un fertile enseignement pour son esprit et son cœur. La jeune fille se plaît à retracer de son pinceau les formes capricieuses des fleurs, à imiter l’éclat brillant de leur coloris. Quel intérêt nouveau s’ajouterait à cette simple reproduction des lignes extérieures, si la jeune fille pouvait y joindre une connaissance exacte de ces végétaux élégants dont elle aime à retracer les contours !

Ces pures et délicates jouissances ne s’évanouissent pas avec l’âge mûr, comme les amusements stériles de la jeunesse : elles prennent une direction plus sérieuse. Pour peu que nous ayons porté notre attention sur le spectacle de la nature, ces productions que nous avons considérées dans le jeune âge, isolément et sans but particulier, nous offrent plus tard un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. La végétation, prise dans son ensemble, revêt un caractère tout particulier de grandeur qui nous étonne. Nous apprenons à considérer les plantes dans leur généralité. Leurs harmonies naturelles, leurs rapports avec le reste des êtres vivants, leur commune origine, tout nous conduit à l’idée d’un Dieu créateur. En contemplant les secrets et merveilleux ressorts qui régissent le mouvement et la vie, en admirant ces organes multiples au moyen desquels s’accomplissent les fonctions végétales, nous élevons nos cœurs vers l’auteur de la nature.

De cette simple admiration des plantes au désir de les étudier avec quelque attention, il n’y a qu’un pas, et il est aisé à franchir. Ces êtres aimés et charmants sont à nos pieds ; nous n’avons qu’à nous baisser pour les recueillir. Tout nous invite à leur étude, et cette étude n’est environnée d’aucune difficulté particulière ; elle ne demande aucune, préparation préalable. Quelques promenades dans les champs et dans les jardins, les plaisirs imprévus de l’herborisation, voilà les moyens qui suffisent pour arriver à la connaissance des plantes, si on leur ajoute la lecture de quelque ouvrage élémentaire.

Nous n’apprendrons rien à nos lecteurs en rappelant dans combien de circonstances la connaissance des plantes peut rendre des services. Celui qui habite la campagne et qui ne connaît pas les plantes qu’il foule sous ses pieds ; celui qui vit au milieu des richesses de la nature sans en comprendre le sens et l’utilité, est comme un étranger qui serait transporté dans un pays plein de charmes, mais dont il ignorerait la langue et les coutumes.

Dieu n’a pas seulement accordé aux plantes l’élégance et la beauté, il leur a aussi donné en partage la puissance de calmer nos maux et d’adoucir nos souffrances physiques. L’illustre médecin anglais Sydenham appelle, avec raison, le Pavot, qui nous fournit l’opium, un présent de Dieu. Or l’étude de la botanique permet à chacun de connaître les propriétés des plantes, et de chercher des succédanés aux herbes médicinales.

Dire que la botanique est indispensable à l’agriculteur, c’est énoncer une vérité qui n’a pas besoin de commentaire. Le cultivateur, le propriétaire, le métayer, dirigent leurs exploitations avec d’autant plus de succès, qu’ils ont une connaissance plus approfondie des plantes et de la meilleure manière de tirer parti des productions du sol.

Cette remarque conserve la même évidence si on l’applique à l’horticulteur, ou au simple amateur de jardins. Quand on considère le grand nombre de nouvelles plantes d’ornement dont la science moderne a enrichi l’horticulture, ces Rhododendrons aux nuances éclatantes, empruntés aux sommités alpestres, ces Begonias aux feuilles veloutées, ces Orchidées aux formes étranges et ravissantes, ces magnifiques Azalées, et cent autres espèces, on ne peut mettre en doute less ervices immenses que la botanique a rendus à l’art des jardins. Celui qui n’aurait vu que les plantes d’agrément cultivées en France il y a trente ans, aurait peine à se reconnaître dans les fleurs admirables qui de nos jours décorent les jardins.

 

Sans vouloir déprécier les ouvrages de botanique élémentaire qui existent aujourd’hui, nous pensons qu’aucun ne répondait exactement à l’objet que nous nous sommes proposé en écrivant cette Histoire des plantes. Notre but a été de réduire la botanique à ses faits et à ses principes essentiels, de la dégager des détails dont elle est surchargée dans la plupart des livres qui servent, dans les Facultés et les Écoles, à l’exposition de cette science,. Nous avons voulu inspirer à nos jeunes lecteurs une juste admiration pour la toute-puissance et la bonté de Dieu, mais une admiration raisonnée, fondée sur la connaissance réelle de ses œuvres. Aussi nous sommes-nous appliqué à donner des notions précises, à exposer rigoureux sement l’état présent de la science des végétaux. C’est ainsi, par exemple, que nous avons cru devoir insister sur une partie de la botanique entièrement négligée jusqu’ici dans les ouvrages élémentaires, et totalement ignorée des gens du monde : nous voulons parler des Cryptogames (Algues, Mousses, Champignons, Lichens et Fougères). Les botanistes modernes ont fait dans la classe des Cryptogames des découvertes vraiment étonnantes, qui ouvrent à la science et à la philosophie des horizons imprévus. C’est ce qui nous a engagé à développer avec quelque soin cet ordre original de faits.

Bien que condensé en un seul volume, l’ouvrage que nous présentons à la jeunesse embrasse le tableau complet de la botanique. Si nous n’avons approfondi aucune des grandes divisions de cette science, au moins figurent-elles toutes dans notre cadre. De cette manière, ceux de nos lecteurs qui voudront pousser plus loin leurs études, seront préparés à aborder toutes les parties de la science des végétaux. Notre intention, on le sait, n’est pas de composer sur chaque science des traités complets, mais seulement de donner une idée exacte des principes de cette science, afin de mettre le lecteur en état de consulter plus tard avec fruit les ouvrages spéciaux. Ce que nous voulons, c’est préparer à l’étude des livres de nos savants, c’est inspirer le désir de compléter dans les véritables traités les simples notions scientifiques que nous nous efforçons de présenter avec méthode et clarté.

 

L’Histoire des Plantes se divise en quatre parties :

L’Organographie et la Physiologie des plantes, comprenant la description des organes essentiels qui entrent dans la composition des végétaux, et l’exposé des fonctions qui s’exécutent par l’intermédiaire de ces organes.

2° La Classification des plantes, c’est-à-dire le développement des principes sur lesquels repose la distribution des végétaux en groupes particuliers.

3° Les Familles naturelles. Nous avons choisi 45 familles parmi les plus importantes à connaître. Après avoir décrit avec soin une plante prise comme type de la famille, nous citons les espèces les plus connues appartenant à ce groupe naturel, ce qui nous permet de donner l’idée d’un nombre considérable de végétaux usuels.

4° La Géographie botanique, c’est-à-dire la distribution des plantes,à la surface du globe, selon les lieux où on les rencontre.

Ce cadre embrasse, on le voit, le cercle entier des études qui composent la science des végétaux.

 

On nous permettra de faire une mention spéciale des figures qui accompagnent cet ouvrage. Nous n’avons pas voulu emprunter aux traités élémentaires de botanique des figures banales, et pour ainsi dire convenues. Presque tous nos dessins ont été faits d’après nature. Ceux qui se rapportent à la classe des Cryptogames sont empruntés aux mémoires originaux qui ont paru dans les Annales des sciences naturelles. L’auteur de ces dessins est M. Faguet, préparateur du cours de botanique à la Faculté des sciences de Paris, qui a su très-heureusement combiner dans cette œuvre le sentiment de l’artiste et la précision du savant.

Grâce au soin qui a présidé à la rédaction de cet ouvrage, comme à l’exécution des figures qui l’accompagnent, nous espérons atteindre le but que nous nous sommes proposé, c’est-à-dire donner à la jeunesse une idée précise des merveilles de la nature considérée dans les plantes, et cela, non par des considérations vagues, mais par des indications rigoureuses, qui représentent exactement l’état actuel de la science des végétaux.

PREMIÈRE PARTIE

ORGANOGRAPHIE ET PHYSIOLOGIE DES PLANTES

*
**

Confiez une graine à la terre ; placez, par exemple, une graine de haricot (fig. 1) à quelques centimètres de profondeur dans la terre végétale humectée ; si la température extérieure est de 15 à 20° la graine ne tardera pas à germer : elle se gonflera, et par cet admirable travail de la nature dont il nous est permis de contempler les merveilleux résultats, mais non de comprendre l’étonnant mystère, un végétal en miniature ne tardera pas à éclore. Deux parties bien distinctes apparaîtront : l’une, de couleur jaunâtre, habituellement ramifiée, s’enfoncera dans le sol : c’est la racine ; l’autre, colorée en vert, se dirigera à l’opposé de la première et s’élèvera vers le ciel : c’est la tige (fig. 2).

Illustration

Fig. 1. Graine de Haricot en germination.

Étudions d’abord, et d’une manière générale, la racine et la tige, organes essentiels des végétaux, parties fondamentales qui existent chez toutes les plantes, ou du moins, si-l’on fait abstraction de certains végétaux d’un ordre inférieur, qui existent chez toutes les plantes parées de feuilles et de fleurs. Nous passerons ensuite à l’étude générale d’autres organes essentiels des végétaux, tels que les branches, les bourgeons, les feuilles, les fleurs, les fruits, les graines, etc.

Illustration

Fig. 2. Jeune Haricot.

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1

RACINE

Le Créateur des mondes semble avoir voulu embellir ce qui est exposé à nos yeux et refuser l’élégance à tout ce qui se dérobe à nous. Tandis que les feuilles, gracieusement suspendues aux rameaux, se balancent avec grâce au souffle des airs ; tandis que les tiges, les rameaux et les fleurs font l’ornement de nos campagnes, les racines, privées de formes gracieuses, dépouillées de toute nuance brillante, et revêtues le plus souvent d’une uniforme couleur brune, accomplissent dans l’obscurité leurs fonctions, qui sont pourtant tout aussi importantes que celles des tiges, des feuilles, des rameaux et des fleurs. Quelle différence entre la cime verdoyante et fleurie d’un arbre ou d’un arbrisseau qui s’élève avec élégance au milieu des airs, et la masse grossière de ses racines, divisée en rameaux tortueux, sans harmonie, sans symétrie, et formant un inextricable réseau comme une chevelure en désordre ! Ces organes, si peu favorisés sous le rapport de la beauté, sont appelés à remplir des fonctions d’une importance fondamentale dans l’ordre des actions végétales. Commençons par exposer les dispositions extérieures et la structure des racines ; nous passerons ensuite à l’étude des fonctions physiologiques qui leur sont dévolues.

Illustration

Fig. 3. Racines aquatiques de. la Lentille d’eau.

Toutes les racines ne sont pas implantées dans le sol. Il en est qui flottent dans l’eau, comme celles de la Lentille d’eau (fig. 3), et ne touchent aucunement la terre. Il en est qui vont puiser leur nourriture dans les tissus mêmes d’autres végétaux : telles sont les racines du Gui, plante singulière qui forme sur le Pommier, le Peuplier et une foule d’autres arbres, des touffes d’un beau vert.

Certaines racines paraissent n’avoir d’autre fonction que de fixer la plante au sol ; elles ne contribuent en rien à leur nutrition. On voyait, il y a quelques années, au Muséum d’histoire naturelle de Paris un magnifique Cierge du Pérou, d’une hauteur extraordinaire, qui poussait avec vigueur et avec une grande rapidité d’énormes rameaux. Ses racines étaient renfermées dans une caisse d’un mètre cube, remplie d’une terre que l’on ne renouvelait et n’arrosait jamais. Évidemment les racines de ce Cactus ne lui servaient que comme moyen d’attache.

« Au milieu d’une contrée où six mois se passent sans qu’il tombe jamais de pluie, j’ai vu, dit Auguste de Saint-Hilaire, durant la sécheresse, des Cactus chargés de fleurs se soutenir sur des rochers brûlants, à l’aide de quelques faibles racines enfoncées dans l’humus desséché.qui s’était introduit dans des fentes étroites. »

Cependant la plupart des plantes se nourrissent au moyen de leurs racines. Aussi voit-on cet organe se développer, se ramifier, et se multiplier indéfiniment dans presque tous les végétaux.

La multiplication des racines se fait de deux manières. Tantôt la racine s’allonge et s’épaissit, en n’émettant latéralement que des appendices grêles et courts, que l’on nomme radicelles et qui accompagnent le corps, ou le pivot du système descendant. On nomme ces racines pivotantes. Tantôt, au contraire, la racine est entièrement composée d’axes plus ou moins nombreux, à peu près de même calibre et qui partent de la partie inférieure de la tige : on nomme ce dernier type racines fasciculées. La Betterave, la Carotte, le Navet (fig. 4) ; les arbres de nos bois, nous offrent des exemples de racines pivotantes. Le Melon (fig. 5), le Blé, le Lis, les Palmiers, donnent des exemples de racines fasciculées.

Cette différence dans la constitution du corps radiculaire doit être prise en considération dans un grand nombre de circonstances. Le vieux Sapin, fixé au sol par un enracinement profond, brave les plus violents orages, et sur le sommet des montagnes il résiste aux plus terribles tempêtes. Mais le Palmier àéventail, dont les racines fasciculées courent et s’allongent ho. rizontalement dans le sable, est renversé, abattu par le vent, dès qu’il a atteint une hauteur de 1 à 2 mètres. Si l’on soutient d’une manière artificielle la tige de ce Palmier, il peut atteindre même dans nos climats, une hauteur de 15 à 20 mètres. Devant le grand amphithéâtre des cours du Muséum d’histoire naturelle de Paris on voit deux Palmiers ainsi soutenus élever très-haut leur tête, chargée de feuilles en éventail (fig. 6).

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