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Histoires de dinosaures

De
192 pages

À partir d'exemples choisis et à l'aide de nombreuses illustrations, cet ouvrage retrace les grandes lignes des connaissances actuelles sur ce moment privilégié de l'histoire de notre planète qui a vu les dinosaures dominer l'ensemble du monde vivant. Les lecteurs se feront ainsi conter les histoires de l'iguanodon, le diplodocus, l'oviraptor et autres dinosaures plus méconnus. Mêlant l'histoire des sciences, biographies de chercheurs, anecdotes et précisions scientifiques, Histoires de dinosaures présente les principaux débats qui animent la paléontologie contemporaine, dans un style vivant qui les rend accessibles à un très large public.

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A v a n t  P r o p o s
es soldats de plomb ne font plus recette auprès de nos enfants. Parlez L leur plutôt des dinosaures. DeDenver, le dernier des dinosaures,àLa Famille Pierrafeuen passant parGodzilla, Jurassic ParkouLe Petit Dinosaure de la vallée des merveilles,les dinosaures ont envahi les écrans du cinéma et de la télévision. On les retrouve sur les étagères de nos enfants, dans leurs coffres à jouets, dans les paquets de bonbons ou de bis cuits. Ils sont fièrement arborés sur les teeshirts, les casquettes… Avant même de savoir écrire, les enfants connaissent tout de ces animaux, sont capables d’enchaîner, à la surprise de leurs parents, une longue litanie de noms imprononçables, miment bruyamment dans leur chambre le com bat titanesque qui oppose le méchant tyrannosaure au gentilTriceratops, et connaissent bien mieux la vie et les mœurs de ces animaux que celles du chimpanzé qui est pourtant, dans la nature actuelle, notre plus proche parent.
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Cette fascination envers les dinosaures ne date pas d’aujourd’hui. Les premières reconsti tutions grandeur nature de ces animaux, réalisées par le sculpteur Hawkins, e ont mobilisé auXIXsiècle des foules de Britan niques venus les admi rer. Les écrivains se sont également emparés des dinosaures, comme Sir Arthur Conan Doyle, Le Monde perdu,1925, film de Harry O. Hoyt. le père de Sherlock Les dinosaures sont des maquettes réalisées en pâte Holmes qui les met en à modeler et filmées image par image. scène dans son romanLe Monde perdu.Ce roman sera même porté à l’écran dès 1925 par Harry O. Hoyt, dans un film où les maquettes de dinosaures en pâte à modeler sont animées image par image par Willis O’Brien. Ce dernier réutilisera d’ailleurs cette technique d’animation dans la version de 1933 du film King Kongpour mettre en scène différents combats entre King Kong et divers reptiles géants. Quant à Louis Figuier, le grand vulgarisateur scientifique, ses ouvrages ont largement contribué à fixer dans l’esprit du public l’image des dinosaures comme des monstres stupides. Bref, depuis qu’ils ont été identifiés, les dinosaures font partie de notre univers familier.
Cependant, de nombreuses erreurs se glissent dans la littérature qui leur est consacrée, à commencer par celle destinée aux enfants. Ces animaux y sont souvent qualifiés de « bêtes préhistoriques », entretenant de manière inconsciente l’idée qu’ils seraient contemporains de nos ancêtres préhistoriques. Pourtant, les dinosaures ont disparu de la sur face de la planète 60 millions d’années avant que le plus ancien de nos
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ancêtres hominidés n’en foule le sol. Pour les spécialistes, le mot « pré histoire » a un sens bien précis : c’est l’histoire de l’homme (et de lui seul), avant l’apparition de l’écriture. Les dinosaures étaient donc éteints depuis longtemps lorsque la préhistoire a commencé.
Jurassic Park,1993, film de Steven Spielberg. L’imagerie numérique vient au secours des créateurs d’effets spéciaux pour rendre vivants les dinosaures.
Parmi ces spécialistes, depuis plus de deux siècles, les paléontologues parcourent le monde pour récolter des fossiles, ces restes ou ces traces d’organismes qui ont jadis peuplé notre planète. Patiemment, ils les iden tifient, les comparent entre eux, les classent, les ordonnent. À la manière de policiers, ils mènent une enquête passionnante, parsemée d’erreurs, de mauvaises interprétations, de coups bas, de remises en cause, de théo ries audacieuses, dans le but de reconstituer une histoire singulière, une histoire qui nous intéresse tous puisque c’est la nôtre : l’histoire de la vie.
À partir de quelques exemples choisis, cet ouvrage tente, en mêlant histoire des sciences, biographies de chercheurs, anecdotes et informations scientifiques, de tracer les grandes lignes des connaissances actuelles sur ce moment privilégié de l’histoire de notre planète qui a vu les dino saures dominer l’ensemble du monde vivant.
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Richard Owen C H A P I T R E 1 et l’invention
Richard Owen ) (18041892
anglaise, né à Lancaster. Nationalité : médecin et paléontologue Découvertes : de génie, on lui doit l’invention du mot « dinosaures » ; mais il pouvait aussi discourir sur n’importe quel vertébré fossile.
ndes dinosaures
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es termes scientifiques recueillent rarement un grand succès : trop L compliqués, trop précis et nécessitant de surcroît une connaissance du latin et du grec ! Le mot « dinosaure » fait exception à cette règle et constitue un élément du vocabulaire courant. Un moteur de recherche sur Internet relève 28 000 pages comportant ce mot en français. La même recherche en langue anglaise donne plus de 1 400 000 résultats ! Plus sur prenant encore est de le voir figurer dans un article consacré à l’infor matique, discipline de haute technologie qui, de prime abord, semble bien éloignée du monde des fossiles. L’explication est simple : une entre prise qualifie sa concurrente de dinosaure, la considérant gigantesque et sur le point de disparaître ! Ce sens figuré repose sur une vision, au demeu rant complètement dépassée, d’animaux lourds, stupides et mal adaptés. Il n’est pas rare d’entendre ce terme stigmatiser également certaines admi nistrations, voire certains hommes politiques…
Scientifiquement, l’invention du terme « dinosaure » est due au paléon tologue britannique Richard Owen. Richard Owen naît à Lancaster le 20 juillet 1804, d’un père originaire du Lancashire et d’une mère descendant de huguenots français. Certains prétendent que c’est à ses origines fran çaises qu’il doit sa chevelure brune. À la mort de son père, il n’est âgé que de cinq ans. Commence alors une scolarité dans une école de Lancaster, où ses professeurs le considèrent paresseux et insolent. En 1820, après un bref passage comme aspirant dans la Royal Navy, il débute des études de médecine et de chirurgie. Une dizaine d’années plus tard, il abandonne la médecine au profit de l’anatomie comparée et publie un travail sur l’ana tomie du nautile. À partir de 1837, il donne ses premiers cours publics, cours qu’il dispensera pendant les vingt années suivantes, trois fois par semaine, sans jamais traiter deux fois le même sujet. Dans son auditoire, on note la présence de Charles Darwin, père, une quinzaine d’années plus tard, de la théorie de l’évolution par la sélection naturelle (voirEn savoir plusn°3, page 179). Richard Owen est également précepteur des enfants de la reine Victoria, auxquels il enseigne les sciences naturelles, étonnant la cour en racontant comment les têtards se transforment en
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grenouilles. Sa réputation d’homme de science ne cessant de croître, il devient expert auprès du gouvernement pour toutes sortes de questions scientifiques. En 1856, il est nommé responsable des collections d’histoire naturelle du British Museum. Très vite, il entame une campagne qui aboutit à la création, en 1873, d’un nouveau bâtiment pour abriter les col lections et les présenter au public. Architecturalement, le musée qui ouvre ses portes en 1881 est conçu comme un temple de la science voué à la gloire de l’empire britannique.
Au cours de sa vie, qui s’achève en 1892, Richard Owen est l’auteur de plus de six cents publications scientifiques. Mais celle qui assure son immortalitéen faisant de lui le père du mot « dinosaure » paraît en avril 1842, dansles comptes rendus du Richard Owen âgé, à côté d’un moaonzième congrès britannique pour (Dinornis struthoides), l’avancement des sciences. Depuis oiseau fossile de 1838, l’Association britannique NouvelleZélande. pour l’avancement des sciences avait missionné Richard Owen pour étu dier les reptiles fossiles d’Angleterre. En 1841, la communication de synthèse qu’il présente lors du congrès ne mentionne pas encore le terme « dino saure ». C’est à l’occasion deson rapport final qu’il écrit, dans le style un peu ampoulé de l’époque victo rienncombinaison« La e : de tels caractères, certains, comme ceux du sacrum, tout à faitparticuliers au sein des reptiles, d’autres empruntés,
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les choses étant ce qu’elles étaient, à des groupes maintenant distincts les uns des autres, et se révélant tous chez des créatures dont la taille sur passe le plus grand de nos reptiles vivants, devrait, on le suppose, être une assise suffisante pour établir une tribu distincte ou un sousordre de rep tiles sauriens, pour lequel je proposerai le nom dedinosauria.» Par la combinaison des racines grecsdeinos(terrible) etsauros(saurien), il vient d’inventer le mot « dinosaure ».
Représentation ancienne d’unMegalosaurus(à droite), attaqué par unIguanodon(à gauche).
Si aujourd’hui on connaît de petits dinosaures qui n’ont rien de bêtes terribles, il faut reconnaître qu’à cette date, seuls trois dinosaures, tous de grande taille, ont été découverts en Angleterre et étudiés par des spécia listes :Megalosaurusdécrit par le révérend Buckland en 1824,Iguanodon etHylaeosaurusdécrits respectivement en 1825 et 1833 par Gideon Mantell (voir chapitre 4). Owen n’a pas manqué de remarquer ce qui fait la par ticularité des dinosaures par rapport aux autres sauriens connus à son époque : la position de leurs membres. Chez des sauriens comme les cro codiles, les premiers os des membres (le fémur pour la patte postérieure