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L’amitié des voix, 2 : le temps des voix

De
379 pages

La présence de Jacques Ancet dans publie.net va bien au-delà de la simple mise à disposition de textes importants.

Auteur décisif, nous sommes quelques-uns à le savoir. Le non renoncement dans la part lyrique de la langue, l’implication poétique de la prose, ou, symétriquement, que la poésie ait encore à faire avec nos temps mornes, pourvu – se rapprochant de la dureté et de la violence du réel – qu’elle continue à s’en remettre au récit et aux voix... On le sait en littérature depuis L’Incessant, et c’est avec fierté qu’on accueille, de Jacques Ancet, le Silence des chiens.

Mais Jacques Ancet c’est aussi une voix ouverte, sans jeu de mots. Qui s’offre aux grandes et extrêmes explorations de Jean de la Croix, de Jose Angel Valente, ou en ce moment de Borges, et que le traducteur doit s’y faire écrivain ou poète comme celui dont il reçoit les pages. Alors dialogue ouvert, toute une vie, avec ceux qui portent la langue dans cet extrême : Bonnefoy, Jaccottet, Bernard Noël...

Avec le numérique, une nouvelle possibilité de permettre la circulation de cette réflexion, ouvrant vers ceux qu’elle commente, nous guidant vers des lectures neuves.

L’autre cohérence de ce très vaste ensemble, deux fois 300 pages, c’est que le premier s’enracine plus dans les voix du passé, depuis la figure immense et emblématique de Don Quichotte, puis, via Quevedo ou Saint-Jean de la Croix, jusqu’à Cortazar, Maria Zambrano ou Claude Simon, tandis que le second suit cette même exigence découvreuse de l’écriture dans les chemins escarpés du contemporain, de Valente ou Castaneda vers Jacques Roubaud, Henri Meschonnic ou Claude Louis-Combet.

Très fier donc, avec une matière aussi lourdement belle, de contribuer à la présence et la visibilité sur Internet de ceux qui ont porté la littérature dans ces chemins d’exigence. Et Jacques Ancet nous y appelle, nous aide à franchir le rebord...

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Les textes ici réunis sont de plusieurs ordres : des essais, des préfaces à des traductions, et de simples notes de lecture. Ces notes, j’ai beaucoup hésité à les faire figurer dans cet ensemble. Si je me suis décidé c’est que, malgré leurs limitations évidentes (elles ne portent souvent que sur un livre et parfois sur des écrivains ou des poètes un peu oubliés), et à côté d’études plus générales et d’une plus grande extension, elles témoignent d’un itinéraire de lecteur guidé surtout par les circonstances et un plaisir ou une émotion que j’espère pouvoir encore faire partager. Qu’on ne voie donc là aucun panorama ou palmarès mais, plutôt, une géographie de préférences personnelles qui s’étend sur près de quarante ans. Les voix dont il est question dans le titre viennent d’époques et d’horizons différents avec, bien sûr, une dominante franco-hispanique où se confond ma double activité d’écrivain et de traducteur.

Mais pourquoi avoir entrepris ce travail ? Peut-être, d’abord, afin de mettre de l’ordre là où il n’existe que le désordre du devenir qui emporte, qui efface tout. Autrement dit, pour garder une trace. Avec cet étonnement de voir, au fil du temps, se dessiner un chemin qui n’existait pas au moment où je le parcourais. Un chemin ou une cohérence qui tient à un questionnement insistant déjà au centre d’un précédent recueil d’essais : qu’en est-il des rapports de l’écriture et du réel — de la littérature et de la vie ? C’est pourquoi ce livre ne pouvait s’ouvrir que par une réflexion sur Don Quichotte qui est, sans doute, la tentative la plus profonde jamais menée pour répondre à cette question. Et c’est, peut-être ce qui réunit les auteurs ici présents. Avec aussi le cours d’une existence habitée par l’amitié de ces voix qui, toutes, ponctuellement ou plus durablement, m’ont accompagné au long des années. C’est ainsi que, tout autant que réflexion au sens spéculatif, ces textes le sont au sens spéculaire du terme : ils réfléchissent une clarté — une échappée — qui a souvent éclairé ma lecture et ma vie et dont, depuis longtemps, je voulais témoigner.

L’ordre choisi n’est, tout simplement, que l’ordre chronologique, mais l’abondance de la matière m’a conduit à le scinder en deux grands ensembles qui peuvent être lus séparément ou dans leur continuité : le premier, Les voix du temps, consacré à des écrivains et poètes dont l’œuvre est demeurée vivante et active pour moi, malgré la distance, et qui donc me restent contemporains : cinq auteurs du XVIe, du XVIIe et du XIXe (Miguel de Cervantès, Jean de la Croix, Francisco de Quevedo, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud) ; cinq auteurs nés à la fin du XIXe siècle et dont la vie et l’œuvre se sont déroulées pour une bonne part dans la première moitié du XXe (Miguel de Unamuno, Juan Ramón Jiménez, Ramón Gómez de la Serna, Pierre Reverdy, Vicente Huidobro) ; dix auteurs, enfin, nés dans les deux premières décennies de ce même siècle (Vicente Aleixandre, Luis Cernuda, María Zambrano, Eugène Guillevic, Yannis Ritsos, Claude Simon, Julio Cortázar, Jean Malrieu, André Henry, Octavio Paz).

À ces voix venues du temps et de sa profondeur, répond ce temps où ne cessent de se faire les voix du présent, ce Temps des voix, deuxième partie où figurent un certain nombre d’auteurs vivants, dont la naissance s’échelonne, en gros, dans la décennie des années 20 et 30 (d’Yves Bonnefoy à Henri Meschonnic) et 30 et 40 (de Bernard Vargaftig à Christian Hubin). D’autres auraient pu figurer ici, notamment de plus jeunes, mais il fallait se donner des limites et c’est bien arbitrairement que ce parcours s’achève finalement avec deux auteurs nés au seuil des années 40.

Jacques Ancet, sept 2009.


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JACQUES ANCET L’AMITIÉ DES VOIX, 2 LE TEMPS DES VOIX
À ces voix venues du temps et de sa profondeur, répond ce temps où ne cessent de se faire les voix du présent, ce Temps des voix... publie.net
ISBN 978-2-8145-0243-7 © Jacques Ancet & publie.net – tous droits réservés première mise en ligne le 13 octobre 2009 mise à jour le 20 avril 2010
I 11 Tadeusz Rozewicz,Agir 13 Eugenio de Andrade, La voix de l’air 21 Yves Bonnefoy,André Du Bouchet, Philippe Jaccottet, Hubert Juin, Jac-ques Dupin, Cinq notules 26 Carlos Castaneda, Le feu et le silence 41 Bo Carpelan, Une mystique quotidienne 50 Anise Koltz, La voix de l’inhumain 55 François Jacqmin, Coïtus interruptus 59 José ÁngelValente, Suivre la trace 65 José ÁngelValente,Voir et ne pas voir 73 Bernard Noël, La coïncidence 88 Bernard Noël, L’horreur et l’extase 103 Juan Gelman, Bouleversée / bouleversante 110 Vahé Godel, La maison de la lumière 120 Vahé Godel,Tromper sa faim 129 Antonio Gamoneda, L’extase blanche 133 Bernard Delvaille, Pour ne pas être seul 165 Jacques Roubaud, Le dessaisissement 170 Claude Louis-Combet, Le chant de la prose 181 Henri Meschonnic, La vie dans la voix 194 Henri Meschonnic, L’in!nissable (le récit dans la poésie d’Henri Mes-chonnic) 224 Henri Meschonnic, Obéissance au vent 238
II 251 Guennadi Aïgui, L’enfance du monde 253 BernardVargaftig, L’aveuglement 259 Claudio Rodriguez, Dans la contagion 274 Lionel Ray, L’ordre du sable 279 KennethWhite, Un hymne au chaos 296 Philippe Sollers, Paradise now 301 Israël Eliraz, L’intouchable 305 Pierre Dhainaut, L’air et la voix 321 Conrad Detrez, Un métis culturel 324 Gaspard Hons ; Divagation sur les pas de Gaspard à Rome 329 Gaspard Hons, Le bol sans fond 335 James Sacré, Ce qui se dit mal 341 Dominique Grandmont, Une archéologie du présent 351 Christian Hubin, L’illisible (quatre lectures) 360 Éric Hazan, La voix de son Maître 374
Les textes ici réunis sont de plusieurs ordres : des essais, des préfaces à des traductions, et de simples notes de lecture. Ces notes, j’ai beaucoup hésité à les faire "gurer dans cet en-semble. Si je me suis décidé c’est que, malgré leurs limita-tions évidentes (elles ne portent souvent que sur un livre et parfois sur des écrivains ou des poètes un peu oubliés), et à côté d’études plus générales et d’une plus grande extension, elles témoignent d’un itinéraire de lecteur guidé surtout par les circonstances et un plaisir ou une émotion que j’espère pouvoir encore faire partager. Qu’on ne voie donc là aucun panorama ou palmarès mais, plutôt, une géographie de pré-férences personnelles qui s’étend sur près de quarante ans. Les voix dont il est question dans le titre viennent d’époques et d’horizons différents avec, bien sûr, une dominante franco-hispanique où se confond ma double activité d’écrivain et de traducteur. Mais pourquoi avoir entrepris ce travail ? Peut-être, d’abord, a"n de mettre de l’ordre là où il n’existe que le désordre du devenir qui emporte, qui efface tout. Autrement dit, pour garder une trace. Avec cet étonnement de voir, au "l du temps, se dessiner un chemin qui n’existait pas au mo-ment où je le parcourais. Un chemin ou une cohérence qui tient à un questionnement insistant déjà au centre d’un pré-cédent recueil d’essais : qu’en est-il des rapports de l’écri-ture et du réel — de la littérature et de la vie ? C’est pour-quoi ce livre ne pouvait s’ouvrir que par une ré$exion sur Don Quichotte qui est, sans doute, la tentative la plus pro-
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fonde jamais menée pour répondre à cette question. Et c’est, peut-être ce qui réunit les auteurs ici présents. Avec aussi le cours d’une existence habitée par l’amitié de ces voix qui, toutes, ponctuellement ou plus durablement, m’ont accom-pagné au long des années. C’est ainsi que, tout autant que ré-$exion au sens spéculatif, ces textes le sont au sens spéculaire du terme : ils ré$échissent une clarté — une échappée — qui a souvent éclairé ma lecture et ma vie et dont, depuis longtemps, je voulais témoigner. L’ordre choisi n’est, tout simplement, que l’ordre chro-nologique, mais l’abondance de la matière m’a conduit à le scinder en deux grands ensembles qui peuvent être lus sépa-rément ou dans leur continuité : le premier, Les voix du temps, consacré à des écrivains et poètes dont l’œuvre est demeurée vivante et active pour moi, malgré la distance, et qui donc me restent contemporains : cinq auteurs du xvie, du xviie et du xixe (Miguel de Cervantès, Jean de la Croix, Francisco de Quevedo, Stéphane Mallarmé, Arthur Rim-baud) ; cinq auteurs nés à la "n du xixe siècle et dont la vie et l’œuvre se sont déroulées pour une bonne part dans la pre-mière moitié du xxe (Miguel de Unamuno, Juan Ramón Ji-ménez, Ramón Gómez de la Serna, Pierre Reverdy, Vicente Huidobro) ; dix auteurs, en"n, nés dans les deux premières décennies de ce même siècle (Vicente Aleixandre, Luis Cer-nuda, María Zambrano, Eugène Guillevic, Yannis Ritsos, Claude Simon, Julio Cortázar, Jean Malrieu, André Henry, Octavio Paz).
JACQUESANCET|L’AMITIÉ DES VOIX
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À ces voix venues du temps et de sa profondeur, répond ce temps où ne cessent de se faire les voix du présent, ce Temps des voix, deuxième partie où "gurent un certain nombre d’auteurs vivants, dont la naissance s’échelonne, en gros, dans la décennie des années 20 et 30 (d’Yves Bonnefoy à Henri Meschonnic) et 30 et 40 (de Bernard Vargaftig à Christian Hubin). D’autres auraient pu "gurer ici, notam-ment de plus jeunes, mais il fallait se donner des limites et c’est bien arbitrairement que ce parcours s’achève "nalement avec deux auteurs nés au seuil des années 40.
J.A., octobre 2009.
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