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L'instrumentation médico-chirurgicale en caoutchouc en France

De
118 pages
Le caoutchouc découvert par les explorateurs du Nouveau Monde au XV e siècle, s'avéra difficile à utiliser en Europe, mais petit à petit, les chimistes réussirent à lui donner la forme souhaitée. Mais ce caoutchouc vieillissait vite et mal : c'est ainsi que l'invention de la vulcanisation par Goodyear lui donna un second souffle et le rendit inusable, inodore, et souple. Une kyrielle d'instruments médico-chirurgicaux furent alors inventés dont un grand nombre sont encore utilisés de nos jours.
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Jean-Pierre MartinL’instrumentation médico-chirurgicale
en caoutchouc en France
e eXVIII -XIX
Le caoutchouc, découvert par les explorateurs du Nouveau Monde
eau XV siècle, s’avéra diffi cile à utiliser en Europe : collant à la chaleur,
cassant au froid, dégageant une odeur désagréable, il resta dans les cabinets
ede curiosités jusqu’au XIX siècle, où les chimistes commencèrent à L’instrumentation
s’y intéresser. Réussissant à le dissoudre, ils permirent de donner au
caoutchouc la forme souhaitée, le transformant même en fi l pouvant médico-chirurgicale être tissé. Les tissus caoutchoutés, imperméables, connurent un franc
succès. Des instruments médicaux en caoutchouc, comme les sondes
et les bougies urinaires, révolutionnèrent certains gestes techniques. en caoutchouc en France
Mais ce caoutchouc vieillissait vite et mal, s’écaillant, se cassant,
occasionnant des complications médicales graves. Alors que les limites e eXVIII -XIX
à son utilisation semblaient atteintes, l’invention de la vulcanisation par
Goodyear apporta un second souffl e à son exploitation. Stabilisé par
son mélange au soufre, le caoutchouc était inusable, inodore, souple,
élastique. Une kyrielle d’instruments médicaux furent alors inventés,
dont un grand nombre sont encore utilisés de nos jours. Outre l’histoire
du caoutchouc dans les instruments médico-chirurgicaux, de nombreux
fabricants ont été tirés de l’oubli et sont recensés dans cet ouvrage, qui
intéressera historiens de la médecine et collectionneurs.
Jean-Pierre Martin est docteur en médecine et gériatre. Il est membre des
Sociétés française et internationale d’histoire de la médecine, de la Société
française d’histoire des hôpitaux, de la Société d’Histoire et d’Archéologie du
Périgord, et de l’association de muséographie médicale de l’ancien hospice de
Hautefort. Après s’être intéressé à l’histoire de la vieillesse et de la gériatrie
(auteur de La femme âgée dans l’histoire, et de la Médecine des personnes âgées
de la préhistoire à nos jours), il mène depuis quelques années des recherches sur
l’histoire des instruments médicaux et de leurs fabricants. Il a publié un ouvrage
sur l’instrumentation chirurgicale et la coutellerie, et fondé Clystère (www.
clystere.com), une revue électronique devenue la référence en matière d’histoire
de l’instrumentation médico-chirurgicale. Préface du Pr Michel A. Germain
En couverture : crêpes de caoutchouc brut d’Indochine et
einstruments en caoutchouc. XIX © Dr Jean-Pierre Martin.
978-2-343-02130-0
9 782343 02130013 €
e e
L’instrumentation médico-chirurgicale en caoutchouc en France XVIII -XIX Jean-Pierre Martin








L’instrumentation
médico-chirurgicale
en caoutchouc en France
e eXVIII -XIX


Médecine à travers les siècles
Collection dirigée par le Docteur Xavier Riaud

L’objectif de cette collection est de constituer « une histoire
grand public » de la médecine ainsi que de ses acteurs plus ou
moins connus, de l’Antiquité à nos jours.
Si elle se veut un hommage à ceux qui ont contribué au progrès
de l’humanité, elle ne néglige pas pour autant les zones d’ombre
ou les dérives de la science médicale.
C’est en ce sens que – conformément à ce que devrait être
l’enseignement de l’histoire –, elle ambitionne une « vision
globale » et non partielle ou partiale comme cela est trop
souvent le cas.

Dernières parutions

Michel A. GERMAIN, Alexis Carrel, un chirurgien entre ombre et
lumière, 2013.
Henri LAMENDIN, Antoni van Leeuwenhoek (1632-1723), le mi-
croscope médical et les spermatozoïdes, 2013.
eChristian WAROLIN, Molière et le monde médical au XVII siècle,
2013.
Jean-Louis Heim, La longue marche du genre humain : de la
bipédie à la parole, 2013.
Mathieu BERTRAND, Horace Wells (1815-1848) et Villiam T.G.
Morton (1819-1868). La rencontre improbable de deux
précurseurs de l’anesthésie, 2013.
Xavier RIAUD, Des dentistes qui ont fait l’Histoire..., 2013.
Mathilde FRADIN, Entretiens avec le Docteur Lévy-Leroy, méde-
cin résistant, 2013.
Xavier RIAUD, Histoire indépendentaire, 2013.
Jean-Pierre MARTIN, Instrumentation chirurgicale et coutellerie
een France. Des origines au XIX siècle, 2013.
Henri LAMENDIN, Lazzaro Spallanzani (1729-1799), le père de la
biologie médicale expérimentale, 2013.
Gilles GROS, Le clou de girofle en médecine bucco-dentaire, 2013.
Gilbert GUIRAUD, André Breton médecin malgré lui, 2012.
erXavier RIAUD, Napoléon 1 et ses médecins, 2012.
Henri LAMENDIN, Thomas W. Evans (1823-1897), le dentiste de
Napoléon III, 2012.
Xavier RIAUD, Les Dentistes américains dans la guerre de
Sécession (1861-1865), 2012.
Michel A. GERMAIN, L’épopée des gants chirurgicaux, 2012.
Jean-Pierre Martin











L’instrumentation
médico-chirurgicale
en caoutchouc en France
e eXVIII -XIX


Préface du Pr Michel A. Germain






























































Du même auteur

Histoire de la gériatrie, de l’Antiquité à nos jours,
Pétrarque, 2007.
La femme âgée dans l’histoire, Pétrarque, 2009.
La médecine des personnes âgées, de la préhistoire à nos jours,
L’Harmattan, 2012.
Histoire des structures d’accueil pour personnes âgées,
MF, 2012.
Instrumentation chirurgicale et coutellerie en France,
edes origines au XIX siècle, L’Harmattan, 2013.


































































































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-02130-0
EAN : 9782343021300
PREFACE

Le livre du docteur Jean-Pierre Martin: L’instrumentation
e emédico-chirurgicale en caoutchouc en France (XVIII -XIX
siècles) constitue un important travail qui sera fort utile aux
historiens de la médecine.
L’ouvrage peut être divisé en trois parties : le caoutchouc et les
dérivés, l’histoire de quelques instruments médicaux et
chirurgicaux, et une rare encyclopédie colligeant l’ensemble des
fabricants français de caoutchouc ayant participé à la création
d’instruments médicaux ou chirurgicaux en caoutchouc.
Le caoutchouc est la gomme élastique de l’hévéa. Les Mayas,
les Olmèques puis les Aztèques considéraient le caoutchouc
comme le «sang» du monde. Le Français La Condamine
l’introduisit en France en 1736 et a francisé le nom en
« caotchu ». La récolte du latex se fait par incision de l’écorce
de l’hévéa et la quasi-totalité utilisée en Europe provenait du
eBrésil au XVIII siècle. L’Anglais Prisley inventa la future
« gomme à crayon » dénommée Indian Rubber. Toutefois le
caoutchouc a ses limites à cette époque en raison de son odeur,
du ramollissement à la chaleur et du durcissement au froid.
Puis en 1839, Charles Goodyear après un long travail et après
une persévérance talentueuse, a l’idée de chauffer le caoutchouc
et d’y mélanger du soufre : c’est la vulcanisation. C’est aussi le
début d’une épopée. Les premières applications sont les
seringues à clystère pour les lavements intestinaux; puis ce sont
les bougies et sondes médicinales. C’est à partir de 1844 que la
vulcanisation permet l’essor de la production d’instruments
médicaux. Les pionniers français sont Garriel et Galante. A côté
du caoutchouc apparaît la gutta-percha : c’est une substance
tirée du latex produit à partir de feuilles végétales. Cette matière
est appréciée pour sa cristallisation à température ambiante.
Cela la rendait très rigide, très résistante et elle conservait
indéfiniment la forme qu’on lui donnait. Les applications en
dentisterie ont été importantes, en particulier la gutta-percha
permettait l’obturation du canal dentaire. La gutta-percha
permettait de confectionner des attelles pour fractures. Elle était
7
aussi utilisée comme traitement des hémorragies dans des plaies
par balle et par armes blanches. D’autres gommes, les gommes
dites « factices » étaient fabriquées à l’aide d’huile de lin ou de
noix. Avec l’invention du caoutchouc vulcanisé, cette gomme
fut abandonnée.
Les fabricants français d’instruments médicaux ou chirurgicaux
en caoutchouc sont très nombreux. Leur inventaire est réalisé à
partir d’almanachs, de catalogues, de factures. Les bandagistes
eétaient trop nombreux pour être cités. Au début du XIX siècle,
la production de ces instruments est confidentielle et le
caoutchouc avait encore une odeur fétide. Le caoutchouc
vulcanisé apparaît réellement en 1849. Ce sont les couteliers qui
développèrent les instruments en caoutchouc. Les fournitures à
usage dentaire d’abord d’origine américaine ou anglaise
comprennent les dents artificielles, les instruments et les
meubles pour dentistes. Certains caoutchoucs de qualité
supérieure sont les meilleurs que les dentistes peuvent
employer. La majorité des fabricants de ces instruments était
installée à Paris et le docteur Martin en recense plus de quatre-
vingt. L’essentiel de ces instruments était composé de sondes,
canules, bougies, bandages et instruments en gomme élastique,
préservatifs en caoutchouc. D’autres fabriquaient des bas à
varices en caoutchouc. Il faut citer les établissements Delamotte
qui furent les plus anciennes et les plus importantes fabriques
d’instruments de chirurgie en gomme et en caoutchouc.
Galante et Varnoux ont assuré la diffusion du matériel en
caoutchouc vulcanisé: matelas hydrostatiques, appareils
d’orthopédie à coussinets gonflables, sondes urétrales,
compresseurs d’urètre pour incontinence. Certains instruments
en caoutchouc sont particuliers: ceintures périodiques pour
femme, chaufferettes en caoutchouc, couvre-oreilles en
caoutchouc, matériels dentaires, prothèses en caoutchouc pour
corriger les dégâts bucco-dentaires, souliers et jouets en
caoutchouc. Il convient de souligner le rayonnement des
entreprises Porgès, leaders mondiaux pour la fabrication des
sondes en caoutchouc, en particulier les ballonnets des sondes
de Foley. Une de leurs premières usines est d’ailleurs toujours
implantée à Sarlat (Dordogne), où exerce l’auteur.
8
Les instruments médicaux et chirurgicaux en caoutchouc ont
changé significativement la vie des patients et des médecins.
Les sondes urinaires avaient pour but de vider la vessie, soit en
raison d’un obstacle soit en raison d’une paralysie. L’idée est
très ancienne et date de 3000 ans avant notre ère. Beaucoup de
matériaux ont été utilisés ; argent, fils d’or, peau d’animal. Ces
sondes devaient avoir trois qualités : la résistance mécanique, la
résistance chimique à l’urine, et la souplesse pour ne pas léser
les muqueuses. En 1863, Auguste Nelaton fit l’éloge des sondes
urinaires en caoutchouc vulcanisé, fabriquées par Galante.
Frédéric Charrière proposa la standardisation du calibre des
sondes : elle est toujours d’actualité. Toutefois, l’allergie au
latex fait abandonner ces matériaux au profit du silicone et de
substances synthétiques. Les autres applications du caoutchouc
concernent les bougies urétrales, simples et rigides, ou simples
et molles. Elles servent à dilater l’urètre sténosé. En 1839,
Béniqué décrivit l’utilisation des bougies de calibre progressif :
cette nomenclature est, elle aussi, toujours utilisée.
Les gants chirurgicaux sont une importante application du
caoutchouc. Actuellement, 95% des gants chirurgicaux sont
fabriqués en latex de caoutchouc naturel. Ce qui a changé
depuis 1982, c’est l’abandon de la poudre et l’utilisation d’un
revêtement interne de type polymère hydrophile. De plus
d’autres matériaux sont rentrés dans la constitution des gants :
néoprène, vinyle, copolymères. Le nouveau matériau de
prédilection est le polyisoprène, plus souple que le néoprène.
Des progrès importants sont faits par la couverture interne des
gants par un agent désinfectant à base de digluconate de
chlorhexidine et de sels de zinc, donnant une action antivirale
(VHC et VIH) et antibactérienne pour les huit bactéries
infectieuses courantes. Le latex de caoutchouc naturel est une
ressource durable et renouvelable et l’arbre à caoutchouc dont il
est extrait absorberait par an 363 millions de Kg de dioxyde de
carbone. Ainsi le latex reste un matériau de choix pour la
fabrication de gants et doit continuer à être employé : c’est un
produit naturel. Il faut noter qu’un tout nouveau latex naturel est
en cours de développement : le guayule, obtenu à partir d’une
variété de cactus. Ce matériau fait l’objet d’un brevet.
9
Le caoutchouc est utilisé pour d’autres instruments. Le
stéthoscope inventé par Laennec initialement en bois fut
rapidement fabriqué avec une partie en caoutchouc. Les alèses
pour la literie utilisaient de la toile recouverte de caoutchouc, de
même que les bonnets servant à la réfrigération de la tête.
Certains matériels chirurgicaux étaient en caoutchouc : drain de
Redon, drain de Carrel, lame de Delbet en caoutchouc,
sparadrap en caoutchouc, bandages à saignées, bande
d’Esmarch pour le garrot, bandes pour le traitement des
fractures, bas à varices, bandages herniaires. D’intérêt
particulier est le matériel dentaire en caoutchouc : traitement
orthodontique de redressement ou d’écartement des dents.
Le docteur Jean-Pierre Martin a déjà publié sur
l’instrumentation chirurgicale et la coutellerie. L’auteur a acquis
une grande culture et une importante documentation en la
matière. Dans ce précieux livre, il nous guide et nous instruit à
la découverte d’un certain pan de notre histoire médicale. Le
docteur Jean-Pierre Martin relate avec précision l’évolution des
mentalités et le rôle historique joué par le caoutchouc dans
l’environnement instrumental médico-chirurgical et dentaire. Et
quel étonnement à la découverte, grâce aux recherches de
l’auteur, d’un nombre insoupçonné de fabricants français de
caoutchouc à cette époque ! Et comme le souligne le docteur
Jean-Pierre Martin, cette époque est en passe d’être révolue, et
les inconvénients du caoutchouc (allergies) incitent
actuellement les fabricants à le délaisser au profit de nouvelles
matières synthétiques. Cet ouvrage consacré à cette fabuleuse
aventure est donc le bienvenu !
Professeur Michel A. Germain
Chirurgien des Hôpitaux
Membre de l’Académie Nationale de Chirurgie
Membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine
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