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La philosophie du hasard ou la rétroaction cognitive

De
148 pages
Pour quelles raisons la quête des origines est-elle obsesionnelle pour l'homme ? Comment espliquer qu'une science comme l'histoire, tournée vers le passé, soit ressentie comme indispensable ? Comment les penseurs Grecs ont-ils pu approcher d'aussi près la nature de la matière et de l'univers ? En réalité, tous ces phénomènes et bien d'autres sont la résultante d'un mécanisme continu de rétroaction cognitive qui a engendré toute la diversité et la complexité du monde et de l'univers observable. Les dernières avancées en neurosciences sur le fonctionnement du cerveau permettent d'envisager une nouvelle perspective de la connaissance. Une nouvelle humanité plus globale et solidaire doit voir le jour, synthétisant toutes les branches du savoir.
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René Bokobza
La philosophie du hasard ou la rétroaction cognitive
Les impliqués É d i t e u r
LA PHILOSOPHIE DU HASARDOULA RÉTROACTION COGNITIVE
Les Impliqués Éditeur Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines des sciences humaines et de la création littéraire. Déjà parus
Dejean (Christine),Le management, ça se vit passionnément,2017. Juan (Colette),Algérie : quand souffle le vent de l'Histoire,roman, 2017. Le Bihan (Alain),Etat de droit ou république. Le hollandisme, phase finale du socialisme,2017.De Boissoudy (Philippe),Le camp des Saras.Les premiers pas de la France Libre en Afrique,2017.Groud (Éric),Au pire, ça marche !, essai, 2016. Jourdan (Joël),300 ans à eux cinq, récit, 2016. Mbemba (Rudy),Le testament socio-institutionnel du cardinal Emile Biayenda. Le sacre du M’pfumu mpu ou du chef à couvre-tête,2016.Ben Charafaine (Mohamed),Complaintes, poésie,2016. Kembo (Dieudonné Mukundila),pagne, une réalité socioculturelle Le africaine, essai, 2016. Mvone-Ndong (Simon-Pierre Ezéchiel),Poétique de la médecine interculturelle : la sagesse, essai,2016.
Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site : www.lesimpliques.fr
René Bokobza La philosophie du hasard ou la rétroaction cognitiveLes impliqués Éditeur
© Les impliqués Éditeur, 2017 21 bis, rue des écoles, 75005 Paris www.lesimpliques.fr contact@lesimpliques.fr ISBN : 978-2-343-10797-4 EAN : 9782343107974
Introduction
Lorsqu’on observe le ciel par une nuit noire et sans nuages, le spectacle magnifique du ciel étoilé est exacte-ment le même qu’il y a 150.000 ans, date approximative de l’apparition du genreHomo sapiens. Si on observe les mouvements des astres, ils semblent tous tourner autour de la terre et si on regarde l’horizon à l’aube, la terre nous semble complètement plate. Or on sait maintenant que non seulement la terre est ronde et tourne autour du soleil comme les autres planètes, mais aussi que l’univers est en perpétuel changement depuis 13,7 milliards d’années. Les outils sophistiqués actuels (satellites, télescopes, ra-diotélescopes etc.) nous montrent un univers très dyna-mique en expansion et siège de nombreux cataclysmes. C’est une vision bien récente par rapport à l’âge de notre espèce (cela n’a vraiment commencé qu’en 1915 avec la théorie de la relativité générale d’Einstein). Devant cette énorme différence entre l’observation im-médiate et la réalité scientifique, on ne peut que s’étonner que l’homme ne se contente pas d’expliquer simplement ce qu’il voit mais qu’il soit constamment poussé en avant par nature dans la compréhension de plus en plus profonde du monde, élaborant des spéculations intellectuelles complète-ment contre-intuitives en s’appuyant sur des instruments de plus en plus sophistiqués pour les vérifier. Cela est d’autant plus mystérieux qu’a priori la compré-hension du ciel profond n’est nullement indispensable pour améliorer l’humanité ici-bas. Nous allons essayer de comprendre la raison de ce com-portement.
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Tout n’est que question de perspectives et les plus grandes révolutions scientifiques qui ont conduit aux diffé-rents paradigmes ont souvent consisté en de simples chan-gements de points de vue. Prenons l’exemple des différentes cosmogonies des Grecs jusqu’aujourd’hui.
Ptolémée, repris par Aristote, voulant expliquer le spec-tacle de la ronde des astres dans le ciel, avait élaboré toute une cosmogonie basée sur le fait que la terre était au centre de l’univers ce qui correspondait à l’observation immédiate. Ce système compliqué et n’expliquant pas tout parfaite-ment s’imposa cependant à tous pendant des siècles et fut repris comme un dogme par l’Eglise. A la suite d’une longue période de gestation, Copernic déplaça le centre de rotation du système solaire en mettant le soleil au centre du dispositif. Ce déplacement de l’axe de rotation du système solaire de la terre vers le soleil, bien que contraire à l’observation, permit d’expliquer de manière beaucoup plus simple et beaucoup plus satisfaisante la marche des planètes. C’est à cause de ce changement de perspective que tout l’édifice de pensée qui régnait sur l’Occident depuis Aris-tote vacilla sur sa base et vit son dogme se fissurer. La toute-puissance de l’Eglise avec son immense in-fluence intellectuelle et politique commença à s’affaiblir. A bien des égards on peut dire que ce nouveau point de vue d’astronome, somme toute peu différent conceptuelle-ment de l’ancien, ouvrit la porte à une pensée libre et fut l’amorce lointaine du siècle des Lumières. Un autre changement de perspective révolutionna de la même façon la pensée humaine, contredisant un peu plus les dogmes religieux. Il s’agit de la théorie de l’évolution de Darwin qui fit passer l’homme du statut d’une création directe de Dieu à
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celui d’une petite branche de l’arbre de l’évolution, un des-cendant des primates.. On pourrait citer de très nombreux autres exemples dans tous les domaines de la connaissance où déplacer simple-ment le point de vue peut révolutionner la nature de notre connaissance. Nous voulons précisément montrer ici la possibilité d’une nouvelle perspective résultant des découvertes ré-centes en neurosciences sur le mode de fonctionnement du cerveau et sur ce que nous appellerons ici continûment la rétroaction cognitive. La notion d’information sera centrale dans notre raison-nement. Les derniers acquis des neurosciences peuvent en effet être interprétés comme une preuve de ce que notre cerveau est en lien avec l’information ayant présidé au début de l’univers et qu’il y revient sans cesse, consciemment ou non, parce que telle est sa nature profonde. Nous voulons surtout mettre en valeur le fait qu’il fonc-tionne de telle sorte qu’il se boucle sur cette information de manière spontanée. C’est donc en étudiant le cerveau et en pénétrant ses ar-canes, maintenant accessibles au moins partiellement grâce à l’imagerie fonctionnelle, qu’il faut revoir notre façon d’explorer et de comprendre l’univers. Jamais dans l’histoire de l’humanité, apparemment ten-due vers le futur, n’avait vraiment été remis en question le principe selon lequel c’est de l’extérieur que l’homme re-garde la nature. Il l’admire, il l’étudie, la manipule, la dé-truit ou la protège, mais tout semble toujours se passer comme s’il lui était au fond un completétranger. Qu’est-il pourtant, sinon son produit le plus achevé ?
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