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La
science
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de
l’in
humanié
ustions C ontmporins C ollection dirigée par B  équignot et D  Rolland C hômage exclusion globalisaion… amais les « quesions conemporaines » n’on éé aussi nombreuses e aussi complexes à appréhender Le pari de la collecion « Quesions C onemporaines » es d’offrir un espace de réflexion e de déba à ous ceux chercheurs milians ou praiciens qui osen penser auremen exprimer des idées neuves e ouvrir de nouvelles pises à la réflexion collecive D rnirs ouvrgs prus Séphane Scrive ’ E urope au temps des euf ou la fin des illusions  Marie Saige ’U face aux violences sexuelles de son personnel  Vanessa F argnoli Viols comme arme de guerre  eanacques L ED OS etite contribution à l’histoire de la radio   eanacques L ED OS etite contribution à l’histoire de la télévision  ulien DE N E UL C oncentration éditoriale et bibliodiversité   Roland G ULLON a éditerranée à l’épreuve de la globalisation  E sher R E ST A a société patriarcale face à la résistance des femmes  E sher R E ST A D u matriarcat au patriarcat   Saïd KOUT A N e devenir du métier d’ingénieur  B ernard G OURM E L E N andicap projet et réinsertion A nalyse des processus identitaires pour les travailleurs handicapés   E ric S A RTOR e socialisme d’ A uguste   ean C hrisophe TORR E S D u narcissisme ndividualisme et amour de soi à l’ère postmoderne  Yvon OLLV E R a D ésunion française E ssai sur l’altérité au sein de la République   oachim M A R C USST E FF a société sousinformée  
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eanMarc Royer
sin rust  l’inhumnité
D écoloniser l’imaginaire
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5-7,
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© LH A RM A TT A N , 2012 l É cole-Polytechnique ; 75005
http://www.libr irieh rm tt n.com diffusion.h rm tt n@w n doo.fr h rm tt n1@w n doo.fr
 B : 978-2-296-96233-0 EA : 9782296962330
Paris
l n’ét it évidemment p s im gin ble de critiquer l dém rche scientifique s ns un minimum de sources sérieuses à l’ ppui du r isonnement. l en résulte un nombre import nt de notes de b s de p ges et de renvois à des "notes de fin de texte". C es dernières sont des développements p rticuliers ou bien des documents nnexés de plusieurs p ges qui peuvent se lire de m nière tout à f it indépend nte. uis-je enfin ttirer l’ ttention du lecteur sur le f it que toutes les cit tions remplissent un rôle très méticuleusement él boré d ns le cheminement du propos.
" 'ét is conv incu, à l'heure de l mondi lis tion comme G ér ld B erthoud qu'il f ll it dénoncer les r v ges cognitifs et culturels du " dogme de l' mm culée C onception de l cience ", selon l formule fr pp nte de ierre huillier. "  cques G rinev ld 1 "  is précisément cel nous r mène à l’occident et à s construction im gin ire de l’évolution des sociétés d ns le mythe du progrès, qui joue un rôle essentiel d ns s cosmogonie. n s it le rôle qu’ joué cette figure d ns l légitim tion de l’entreprise coloni le u  e siècle. e siècle qui vient de finir, cepend nt, lui porté un coup presque f t l et tous les piliers de cette représent tion se sont effondrés, tous s uf un : le progrès technique [et scientifique d ] . A l in G r s 2 " " l est sûr que m h rdiesse p r îtr s crilège. C e n’est p s s ns hésit tion que je me suis décidé à écrire ces lignes, u risque de p sser pour un contempteur des D ieux que je ne suis point. A ucun f n tisme ne m’inspire, ucun zèle iconocl ste ne me pousse.  is j’ ime et je recherche librement l vérité. A y nt été mené – p r devoir professionnel à considérer le tr gique imbroglio d ns lequel l’hum nité civilisée se déb t présentement, j’ i voulu en conn ître les c uses profondes pour mieux en discerner l signific tion réelle et l’issue prob ble. C ’est insi que je me vois contr int d’écrire : A u commencement, il y l cience. " ules s  c 3
A ux rtistes indociles. A om in oll nd, G eorges D uh mel, A ldous uxley, G eorges rwell, r evin, ivi ne F orrester, A ndré elter, A rm nd G tti, B e udoin de B odin t.
n gr nd merci à  ndrine  rch l dont l lecture ttentive du m nuscrit permis bien des cl rific tions. 1  cques G rinev ld,  révolution industrielle à l'é helle de l'histoire hum ine de l   iosphère , éenne des sciences soci les, uméro  1 -134 (2006). 2 ev A ul eienuro G pr s, A rt et te hnique d ns le f it milit ire : une question nthropologique , http://cetco -r fr/ D ocuments/ rt histoiremilit ire.pdf 3 ules s  pcr, .euxtnri vitpdiusn1.texterédigéen1_922,p ru en 1923 d ns   evue de  ris, publié en volume en 1936 chez ieder et de nouve u en 1989 chez C lm nn. C ité p r l revue A lli ge °52 http://www.tribunes.com/tribune/ lli ge/52/ s  c_52.htm
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PR EA M B UL E
" i l’on considère l situ tion ctuelle, situ tion non p s de crise, m is de décomposition, de dél brement des sociétés occident les, on se trouve dev nt une ntinomie de première gr ndeur.  voici : ce qui est requis est immense, v très loin […] C ompte-tenu de l crise écologique, de l’extrême inég lité de l rép rtition des richesses entres les p ys […] de l qu si impossibilité du système de continuer s course présente, ce qui est requis est une nouvelle cré tion im gin ire d’une import nce s ns p reille d ns le p ssé, une cré tion qui mettr it u centre de l vie hum ine d’ utres signific tions que l’exp nsion de l production et de l consomm tion, qui poser it des objectifs de vie différents pouv nt être reconnus p r les êtres hum ins comme v l nt l peine. […] C el n’est p s seulement nécess ire pour éviter l destruction définitive de l’environnement terrestre, m is ussi et surtout pour sortir de l misère psychique et mor le des hum ins contempor ins. " C ornélius C stori dis, juin 93. 4 " A cceptons-nous de prendre l mesure politique de ce moment tout nouve u ? our l première fois d ns leur histoire multimillén ire, les sociétés hum ines sont men cées d ns leur existence physique, et cel du f it même de leur ctivisme économique et technique inconsidéré. ’hum nité se révèle c p ble de détruire l b se même de son être historique. […] C ’est pour ffronter ce moment singulier qu’il nous f ut él rgir notre culture politique à de nouve ux outils conceptuels […], devenir f miliers vec de nouve ux types de dossiers, et encore él borer un nouvel im gin ire ". e n C hesne ux, m rs 2007. 5 " C ette p rt des r pports soci ux qui existe à l’intérieur des individus est ce que j’ ppelle leur rm ture "idéelle et subjective", qui n’est p s f ite seulement de représent tions m is ussi de principes d’ ction et d’interdictions. […] n mesure donc le rôle immense de l’im gin ire d ns l construction des ré lités soci les et des subjectivités qui les vivent et les reproduisent. "  urice G odelier, nov. 2008. 6
D ns l deuxième p rtie du 19 e siècle, l science ét bli son hégémonie bsolue en ccident. D epuis, nul ne peut éch pper u désir de scientificité qui lui est m ssivement inoculé depuis son enf nce, s ns pour cel qu’il soit en mesure d’y répondre vec ses propres mots. C ette injonction p r dox le et imp r ble se tr nsforme insi en un " trou " inconscient d ns l’ordre symbolique du sujet (le l ng ge). n des moyens dont dispose l’idéologie pour devenir inintelligible et invulnér ble, c’est justement d’infiltrer le l ng ge, les mots de ch que jour. C ’est d ns l critique r dic le de ce " modèle symbolique emb rqué " et d ns celle de l’im gin ire qu’on lui propose à peu de fr is, que le sujet des ch nces de m intenir une p role viv nte, et le monde de survivre.
12. 54 C .e C nst C orhie sdnise, u x,m C o o nt n é st e r d ui e r l e ’in u s n i e gn if u i l tu n r c e e. p o e l s iti c q r u r e ef d o e ur l s ’é d u o l l o b g y ie ri,nt A hleli g,e eu°i6l,1,19h9tt6p.:/p/w1ww. t 6 ribunes.como/tdreilbiuern,e/ C l o li m m ge u / n 6 1/ u p ge4/p ge4.html  urice G té, s ien e, ulture , C  éditions, 2009. p 44
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A V E RTISS E M E NT
" l f udr it que les scientifiques b ndonnent leur préoccup tion exclusive pour l recherche et l découverte, et qu’ils entreprennent de f ire de l science un objet de médit tion. l f udr it qu’ils commencent à org niser leurs idées et à trouver un voc bul ire critique c p ble de les exprimer un tr v il déjà été f it pour l littér ture, l peinture, l musique, l’ rchitecture, l’éthique, l religion, l politique, l guerre, l’histoire, les sentiments collectifs et individuels, les jeux, les sports et les utres p sse-temps … l n’y   ujourd’hui ucun signe d’une telle tr nsfigur tion de l science, et même p s d’une conscience de s nécessité. " 7 " B ien que l’époque soit féconde en polémiques contre l fonction, et l notion même de critique d ns le dom ine rtistique, il me p r ît que l’ ctivité scientifique qu nt à elle, est l rgement en m l de critique et qu’elle ur it tout à g gner se doter de critiques de sciences " 8 B ien fou celui ou celle qui croir it que les scientifiques ou les chercheurs ont un dessein m chi vélique. C omme tout un ch cun ils sont sensibles à l be uté du monde et à son immense prodig lité, ux moments de bonheur fugitifs et ux tourments de l’ mour, à l’envoûtement de l musique ou à celui des utres rts. E t les plus ouverts d’entre eux de nous r conter les joies profondes et étonn ntes ressenties à l résolution d’une énigme qui les poursuivis jours et nuits dur nt des nnées. ue celle-ci soit in ccessible u prof ne entr îne-t-il de douter d’une p role qui se dit u service du s voir, du progrès ou de l’hum ine condition ? urtout lorsqu’il devient évident que des pplic tions en sont ttendues pour l s nté et le bien-être de tous. ui pourr it croire que le but des chercheurs est encore orienté vers l domin tion de l   ture comme le dis it D esc rtes, t nt le l beur de ceux-ci p r ît ujourd’hui plus pros ïque, plus ré liste d ns ses mbitions ? E t d’ illeurs lorsque cel   rrive, comme d ns le c s de l découverte de l pénicilline p r exemple, qui pourr it s’en pl indre ? E n quoi imer une science ou imer les m thém tiques empêche-t-il d’être ouvert u monde et ux utres ? E n rien, évidemment. jouter is qu’il f ut voir l’honnêteté de reconn ître chez cert ins d’entre eux l’exemple du cour ge et d’une cl irvoy nce que toute une vie n’ p s démenti. C ’est l r ison pour l quelle je me suis tenu à dist nce de toutes les pproches qui consistent de f cto en une décl r tion de belligér nce à l’ég rd des scientifiques, en v nt des priori qui constituent ut nt de sign ux de rupture du di logue et sont les signes v nt-coureurs d’un ffrontement stérile. A ffirmer que l science n’est
7 F urç t,  s ien e sui id ire , F r nçois- vier de G uibert, 1999. p71. -  evy-eblond dit à peu près l même chose d ns  pierre de tou he , G llim rd, 1996 pp 10 et 11 et d ns l revue 8 A lli ge(jene iblpo nsd,did é s e i p e r n é ci e s n e s e u s r t l p s nt l é r i r o t ,rit ée).rm nn, 2010, p 84.   evy-
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qu’une construction soci le ou que l science n’est que politique, c’est leur décl rer l guerre, comme le dit s belle tengers. enter une critique de l ou des sciences ne peut se f ire contre les chercheurs, m is suppose p r contre un minimum d’écoute de leur p rt, même si les thèses v ncées sont inh bituelles ou dér nge ntes comme celles du physicien F r nçois urç t : " n ren ontre à tous les oins de rue une thèse qui relève plus de l’idéologie que de l pensée ritique : l s ien e ne peut p s être jugée, p r e qu’elle se orne à dire e qui est.   ne utre forme de l même thèse disqu lifie tout jugement sur l s ien e en rgu nt, non de l’o je tivité de ses énon és, m is de s propre existen e so i le : elle est l à , inévit  lement, don quel sens y ur it-il à prétendre l juger ? " 9 l v de soi ég lement qu’ dopter une ttitude critique vis-à-vis de l dém rche scientifique n’empêche ucunement d’être circonspect.  r exemple, l’extension " du physic lisme " 10 d ns ce qui été ppelé " les sciences hum ines ", n'est p s à mettre u compte de l dém rche scientifique m is de son us ge busif et même, comme on le verr plus t rd, de son mésus ge. 'ex men de ce mésus ge renvoie à une histoire et une sociologie de l science, c'est-à-dire à un point de vue critique certes intéress nt, m is extérieur à l’ex men de l dém rche scientifique dont il ser question d ns cet ouvr ge. D e plus, ce qui constitué m quête initi le, mon point de dép rt, c’est ce que d’ ucuns ppeller ient l’ n lyse, l " déconstruction " de l’im gin ire 11 d’un monde que je juge, comme d’ utres, r dic lement obsolète puisqu’ ussi bien ce monde décl ré " l’obsolescence de l’homme " 12 près s’être ppuyé, à ses débuts, sur un hum nisme fl mboy nt. C ’est u cours de ce tr v il que l’hypothèse princeps concern nt l pl ce de l science d ns l’im gin ire occident l moderne s’est progressivement imposée à moi. on p s que l science en soit l’unique ressort.  is j' i été conduit à n lyser de près comment l n iss nce, l’ gencement, l méthode, le corpus scientifique peu à peu constitués, ont f çonné cet im gin ire occident l moderne depuis C opernic, B runo, G lilée. A n lys nt l structure de l conn iss nce scientifique, je tenter i de voir quelles réson nces, quelles synergies ont été ou sont encore à l’œuvre qui peuvent rendre compte des lignes de force de cet im gin ire. E t nt donné l sévérité de l critique (qui n’ét it en ucune m nière prévue ou progr mmée, je dem nde u lecteur de m'en f ire le crédit), on pourr s’étonner de ce que cette étude ne débouche ni sur un " rejet " de l science,
910 F r nhçyosiics liusrmç et,: e s ien e sui id ire , F r nçois- vier de G uibert, 1999. pp 91 et 128. mprunt illégitime des principes, de l dém rche ou des conclusions de l 1 p 1 h yesiqmuee.ré fèéroeloegxipslmiceitdeûmàen F t àulr çd té.finitionde C ornélius C stori dis, emprunt nt insi en p rtie l voie qu’il ouverte. 12 C ’est le titre des livres de G ünter A nders, uteur bond mment cité d ns cette étude et sur lequel je reviendr i en dét il.
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