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Le Monde invisible dévoilé

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556 pages

A tout seigneur tout honneur ! — C’est bien le moins de nous occuper d’abord de l’homme, malgré la singulière origine que d’aucuns prétendent lui assigner de nos jours, car, sous ou sur son enveloppe parfois si belle, mais souvent aussi hélas ! si peu avenante, le microscope sait faire découvrir des organes mystérieux, des structures étonnantes dont, avant l’invention de notre instrument d’optique, on ne pouvait avoir aucune idée.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Henri-Philippe Adan
Le Monde invisible dévoilé
Révélations du microscope
ERRATA
Page 18, ligne 26. — Au lieu de l’objet,lisez l’objectif.
Page 61, ligne 4. — Au lieu deentamostracés,lisezentomostracés
Page 64, ligne dernière. — Au lieu delabials,lisezlabiauxou mieux encorelabiales.(Le er e 1 adjectif estsavant,le 2 estfrançais.)
Page 350, note (1). — Au lieu de p. 356, lisez p. 353.
Page 443, ligne 8. — Supprimez le trait mis au commencement de l’alinéa.
AVANT-PROPOS
En livrant à la publicité, sous une forme nouvelle, l’œuvre première accueillie naguère avec tant d’indulgence, je me suis vu amené à lui chercher un autre titre. Il ne s’agit pas, en effet, d’une simple reproduction, de quelques co rrections futiles, mais bien d’une transformation, d’un remaniement total. Dans un pre mier essai, j’avais, je l’avoue, marché à l’aventure, glanant de ci de là ce qui me semblait mériter l’attention, négligeant l’ordre et la méthode, confondant les règnes de la nature, ne respectant aucune des classifications préconisées par la science, et omettant surtout bon nombre de créations dignes cependant d’arrêter les regards. Encouragé par le succès, et ne pouvant me décider à garderde Conrard le silence prudent,œuvre un peu complète,m’a pris fantaisie de publier à cette heure une  il passablement coordonnée, et dans laquelle les grandes lacunes seraient plus ou moins comblées. Ce livre n’est donc plus uncoup d’œil discretbien un mais coup d’œil fort indiscret,sur le monde invisible, et dès lors, l’ancien titre ne pouvait être conservé. Que personne ne s’y trompe cependant ; non plus qu’autrefois, je n’ai pas aujourd’hui l’outrecuidance de vouloir enseigner ici l’histolog ie, la zoologie, l’entomologie, la botanique, la minéralogie, ni aucune des divisions si nombreuses de l’histoire naturelle ; je n’affiche pas davantage la prétention d’explique r par le menu le mécanisme de l’instrument auquel est due la connaissance des secrets de la nature. Sur l’un et l’autre de ces sujets les publications abondent et il ne me convient pas de devenir un simple compilateur. Non ; le but que je me suis proposé est tout autre. Le voici : Il y a de par le monde bon nombre de personnes qui ne se soucient en aucune façon du microscope, d’abord parce qu’un bon instrument c oûte cher, ensuite parce qu’elles n’ont ni le temps ni la volonté de se livrer à des observations souvent ardues, et puis encore parce qu’elles craignent, bien à tort assuré ment, mais enfin, elles craignent de compromettre leur vue ; et cependant, la curiosité aidant, elles ne seraient peut-être pas fâchées de savoir ce qu’en fin de compte le microscope, dont les adeptes vantent à cor et à cri les mérites, peut bien avoir à révéler. Eh bien, ce livre est en partie écrit pour donner à ces indifférents cette suprême satisfaction et pour leur permettre de se rendre co mpte, sans avoir recours à aucun objectif, des diverses merveilles de la nature, de celles qu’elle cache à tous les yeux dans ce qu’elle a produit de plus admirable, depuis l’homme jusqu’à la pierre. Cependant, on le conçoit, je n’ai pu m’astreindre à m’adresser aux lecteurs de cette première catégorie seulement ; il en est d’autres q ui désirent s’initier de plus près aux mystères du monde invisible. Or, y. réussir sans être préparé, n’est pas chose facile, et les publications parues à ce sujet ne sont pas touj ours assez élémentaires pour être comprises des profanes. J’ai donc également voulu v enir en aide à ces curieux en essayant de leur tracer la voie, de les guider dans le dédale de ces innombrables créations inconnues, révélées par le microscope. Sa ns doute, cet écrit n’est pas de nature à former des savants, mais peut-être pourra-t-il bien inspirer le désir de le devenir, et, quoi qu’il arrive, le lecteur ne fermera pas le livre, sans être édifié sur les secrets les plus intéressants de la nature. Quant à la forme de l’œuvre, je dois redire ce que j’écrivais en publiant mon premier essai : « Le style — si toutefois on veut bien reconnaître ici un style quelconque — n’est-il pas trop familier ? N’y a-t-il pas abus de digressions, de citations, d’anecdotes, d’historiettes ? — Je ne sais ; mais, préoccupé avant tout du soin d’éviter l’ennui, voulant
essayer par tous les moyens de joindre l’agréable à l’utile et d’intéresser à la lecture de ces pages éphémères, j’ai pensé ne pouvoir y réussi r en suivant les sentiers battus. — Après cela, Samson Carrasco m’a depuis longtemps averti : un jour, il vous en souvient, peut- être, ce joyeux bachelier, tour à t our désarçonné par le vaillant Don Quichotte ou le désarçonnant, causant avec lui de b onne amitié, disait : «Celui-là s’expose à un grand danger qui se décide à publier unlivre, car il est complétement impossible de lecomposer tel qu’il satisfasse tous ceux qui le liront.» Je devrai donc m’estimer heureux si, ne pouvant espérer plaire à tout le monde, je ne me suis pas exposé à ne plaire à personne. H.P.A.
INTRODUCTION
Le microscope est peu en faveur en Belgique. A part les savants et de rares amateurs, 1 personne ne se soucie de cet instrument merveilleux . Cette indifférence doit-elle être attribuée à l’absence de constructeurs indigènes ? Je ne le crois pas ; il est si facile aujourd’hui de se pourvoir à Paris, à Londres, à Postdam, à Iéna, etc. ; mais ce qui nous manque, ce sont des publications assez attrayantes pour inspirer aux profanes le désir de s’initier aux mystères de la science, de pénétrer dans les secrets innombrables de tout un monde nouveau, alors cependant qu’il suffit de q uelques petits morceaux de verre pour pouvoir l’admirer. Les savants ont droit à toute notre reconnaissance, à notre admiration même ; grâce à eux, les découvertes s’accumulent, le champ du conn u s’agrandit ; mais, qu’ils ne s’y trompent pas, la volonté de les suivre dans leurs l aborieuses recherches, ils ne la font pas toujours naître ; négligeant l’éclat du style, la délicatesse du langage, trop souvent ils rebutent les novices par la sécheresse, l’aridité, je dirai même la barbarie de leurs termes techniques ; affectant un mépris souverain pour les beautés de la forme, ils ne font état que de la seule exactitude des analyses et haussent les épaules de pitié quand on évoque devant eux le souvenir d’anciens écrivains dont le péché originel, irrémissible à leurs yeux, est d’avoir négligé les interminables nomenclatures, les froides définitions de la science moderne. Parlez donc devant ces messieurs, de Bernardin de S aint-Pierre, de Buffon même ; aussitôt un sourire de dédain se dessine sur leur f ace hautaine ; et pourtant, s’ils voulaient bien recueillir leurs souvenirs, ne serait-ce pas dans les pages si imagées de ces immortels écrivains, aujourd’hui dédaignés, qu’ils se rappelleraient avoir trouvé le premier attrait d’une science à laquelle ils ont de puis voué leur vie entière ? On ne change pas la nature de l’homme : pour l’intéresser, il faut savoir le charmer, et comment y réussir si l’on se contente de lui mettre sous les yeux des descriptions sèches et arides, si l’on ne prend aucun souci de semer sur le chemin ardu de la science quelques fleurs recueillies dans le champ des observations et rendues plus aimables par un style élégant et harmonieux. Ah ! si messieurs les savants disposaient, pour éta ler leur science, de la plume si féconde, si éloquente et si correcte mise par Georg e Sand au service d’une mauvaise cause, c’est alors que l’on verrait la foule se pré cipiter sur leurs pas, c’est alors que la science, soutenue par le charme de la parole, brillerait de tout l’éclat que la beauté du langage et l’intérêt des descriptions peuvent seuls lui donner. Hélas ! il n’en est point ainsi ; les savants s’entêtent presque toujours à demeurer des savants, sans plus ; l’opinion des ignorants ne les inquiète guère, et trop tôt ils oublient qu’eux-mêmes ont commencé par l’être. Je voudrais bien prêcher d’exemple ; par malheur je ne le puis ; la raison, je ne l’avouerai pas, mon amour-propre aurait trop à en s ouffrir, et comme le bégaye Brid’oison : « On peut se dire à soi-même ces sortes de choses-là, mais » Toutefois, rien n’empêche peut-être de montrer ou tout au moins de faire entrevoir la voie qu’il faudrait suivre pour rendre la science aussi aimable qu’elle est imposante. Mais, avant d’entrer en matière, avant de passer en revue les curiosités les plus remarquables que le Créateur a jugé convenable de cacher à nos yeux imparfaits, il me faut bien parler un peu de l’instrument révélateur, et ne pas négliger d’éclairer ma lanterne ; la leçon du singe de la fable ne doit pas être perdue. Je ne m’arrêterai pas, cependant, à décrire le microscope. simple qui, tout compte fait,
n’est qu’une loupe perfectionnée, et j’aborde de pr ime-saut l’examen du véritable microscope, ditmicroscope composé. Cet instrument se compose de deux parties bien distinctes, la partie mécanique et la partie optique. La première comprend un tube principal formé parfoi s de deux fractions s’emboîtant l’une dans l’autre et se glissant ensemble, soit à la main, soit au moyen d’une vis à 2 crémaillère, dans un second tube attaché par un coude à un troisième, fixé à demeure sur la platine, le tout reposant sur, un pied dont la forme varie à l’infini. C’est généralement dans ce dernier tube que se trouve un mécanisme d’une sensibilité extrême et dont l’office est de permettre à l’obser vateur de rapprocher d’une quantité infinitésimale le tube principal de l’objet à exami ner. Chaque constructeur a ici son système particulier, et la plupart de ces mécanismes ne laissent rien à désirer. Sous la platine apparaît une cuvette mobile sans fo nd, destinée à recevoir certains accessoires, et elle est souvent pourvue d’un diaph ragme à plusieurs ouvertures de différentes dimensions ; enfin, un miroir réflecteu r, pouvant se mouvoir dans tous les sens quand l’instrument est construit pour répondre à toutes les exigences, est également attaché sous cette même platine. — Celle-ci, à son tour, est fixe ou tournante, et tout le corps de l’instrument, non compris le pi ed immuable, est tantôt établi à demeure, tantôt construit de façon à pouvoir s’incl iner jusqu’à prendre la position horizontale. Voilà tout pour le moment. On connaît une foule de modèles de microscope ; leq uel est le meilleur ? — Je ne sais ; si vous êtes né sous une heureuse étoile, si les dons de la fortune vous sourient sur cette terre, prenez un microscope anglais ; Tho mas Ross, Beck, Powel et Lealand, Swift, etc. vous en fourniront d’excellents. Cela vous coûtera un peu cher, par exemple, la bagatelle de 5 à 6,000 francs ; mais vous aurez ainsi un appareil complet, dont toutes les parties sont parfaitement agencées, et il vous suffira de tourner tantôt une vis, tantôt une autre pour obtenir les résultats désirés.
Grand microscope de Ross d’après le dessin du Dr Van Heurck.
Les microscopes français et allemands, sortis des a teliers des habiles constructeurs 3 Nachet de Paris, Hartnack de Potsdam, etc. , sont infiniment plus simples, et peut-être sont-ils par cela même préférables, car le maniemen t en est plus facile, et puis ils présentent cet avantage considérable, par le temps calamiteux qui court, d’être d’un prix bien moins élevé, leurs instruments les plus complets valant tout au plus 1,800 à 2,000 francs. A la rigueur, pas n’est même besoin de disposer d’u n de ces grands monuments à platine tournante et pouvant s’incliner à volonté. Pour résoudre toutes les difficultés, il suffit en général du modèle le plus simple, vertical et fixe, et, moyennant la somme de 5 à 600 francs, on peut se procurer chez l’un ou l’autre de ces maîtres, un microscope assez
parfait pour faire pénétrer dans les arcanes les plus secrètes de la nature. En faisant ici mention de ces prix si différents, je ne veux pas dire que ce sont ceux de la seule partie mécanique du microscope. Jusqu’ici, à ma connaissance du moins, les constructeurs n’aiment pas à livrer celle-ci isolément et, bon gré mal gré le plus souvent, il nous faut prendre le tout ensemble, optique et mécanique à la fois.
Grand microscope de Nachet d’après le dessin du Dr Van Heurck.
Pour en revenir au choix du modèle, voici la vérité en cette matière : le meilleur est celui avec lequel on a pu se familiariser. Choisissez donc parmi les bons celui qui vous plaira davantage, peu importe lequel ; seulement, il faut rejeter sans pitié ces instruments de pacotille étalés chez nos marchands de lunettes, et pouvant servir tout au plus à amuser les enfants. Mon observation ne s’applique toutefois qu’à la par tie mécanique. Pour la partie optique dont je vais parler, c’est tout autre chose , et ici le talent et l’habileté du constructeur sont d’une importance capitale. Voici d’abord l’oculaire ;un petit tube à deux lentilles, l’une piano-convexe fixée c’est en tête et de laquelle l’œil de l’observateur doit s’approcher ; l’autre, nomméeverre de champ,est reléguée au bas, et le tout doit s’insinuer à la main dans l’orifice supérieur du tube principal. Les bons instruments ont ainsi plus ieurs oculaires de rechange dont la dimension varie entre deux et cinq ou six centimètr es, et dont le pouvoir amplifiant est
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