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Le top 14 des découvertes scientifiques qui n'ont servi à rien

De
191 pages
Les cornues, les équations et les nanotechnologies vous fascinent ? Vous avez décidé de vous vouer corps et âme à la science ? Mais à quoi serviront vos découvertes ? Peut-être à rien, comme certains scientifiques qui y ont pourtant consacré leur vie… S’agit-il de génies incompris ou de moutons noirs, d’inventeurs de haut vol ou de savants fous ? Et si d’authentiques percées se cachaient tout de même parmi leurs expérimentations loufoques ? En voici un réjouissant florilège !
On peut faire léviter une grenouille dans un champ magnétique ; Les spaghettis se cassent toujours en plus de deux morceaux ; Les entreprises seraient plus performantes si les promotions étaient faites au hasard, ; On résiste mieux à la douleur en regardant une belle œuvre d'art.
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Aleksandra Kroh et Madeleine Veyssié
Le top 14 des découvertes scientifiques qui n’ont servi à rien
encore que ça reste à démontrer
Flammarion © Flammarion, 2016 ISBN Epub : 9782081382589
ISBN PDF Web : 9782081382596
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081375871
Ouvrage composé et converti par Pixellence/Meta-sys tems (59100 Roubaix)
Présentationde l'éditeur Lescornues, leséquationset lesnanotechnologiesvousfascinent ? Vousavezdécidéde vousvouer corpset âme à lascience ?Maisà quoiserviront vosdécouvertes? Peut-être àrien,commecertains scientifiquesqui y ont pourtantconsacré leurvie… S’agit-ilde géniesincomprisoude moutonsnoirs,d’inventeursde haut vol oudesavantsfous? Et sid’authentiques percéessecachaient toutde même parmi leurs expérimentations loufoquesEn ? voici unréjouissant florilège ! On peut faire léviterune grenouilledansunchamp magnétique ; Lesspaghettissecassent toujoursen plusdedeux morceaux ; Lesentreprisesseraient plusperformantessi lespromotionsétaient faitesau hasard; Onrésiste mieux à ladouleurenregardant une belleœuvred'art.
Aleksandra Kroh est physicienne. Anciennechercheure à l’Inserm, elleseconsacredésormais à l’écriture.
Madeleine Veyssié est physicienne,scialistede la matière molle. Elle a longtempsdirigé le laboratoire lié à lachairede Pierre-Gillesde Gennesau Collègede France.
Le top 14 des découvertes scientifiques qui n’ont servi à rien
encore que ça reste à démontrer
En toute modestie,ce livre aborde un problèmede la plushaute importance qui est la perception de lasciencedanslessociétésmodernes. Leurscitoyensprofitent largementduconfort quotidien que lascience leur apporte, mais ilssont étonnamment nombreux àse laisserconvaincre parses détracteursl'a qui ccusentd'êtrescrosée, viscéralement attachée àsesdogmes etrécalcitrante aux grandes idées novatrices. Pis encore, il n'est pasrare qu'ilssuccombent auxsuperstitions moyenâgeuses, auxrévélationsrocambolesques, voire à laspiritualité New Age. Il est vrai quesi la science fascine, elle inspire également lacrainte et la méfiance, puisqu'on lasoupçonnedese précipiter, à l'occasion,sur les hypothèses les plus follessansse préoccuperde leursdangereuses conséquences. De même, lesscientifiquesn’ont pastoujoursbonne presse. Pourlesuns, ilsseraientdesgamins immaturesnesongeant qu’às’amuser, gaspillant lesdenierspublicspourdescalculssrilesoudes expériencesdangereuses. Pour les autres, ils travailleraient pour lecomptede lobbiesdivers et vars, et ilspourraient même être impliquésdansdescomplotsourdisparlesgouvernementset les servicessecrets! Commentdéfendre laréputationde lascience etdesesserviteursSa ? chant que les arguments rationnels n’ysuffisent pas, nous avons prispa le rtid’utiliser pource faire un échantillonde découvertes extravagantes qui ont étérécompensées par un prix parodique, l’Ig-Nobel – unesorte d’anti-Nobel. Depuisqua un rtdescle, un organisme original, lesAnnalesde l’improbable recherche, endécerne en effetdixchaque année, avec l’ambitionde « fairerired’abord,réfléchir ensuite ». Ces prixrécompensentdesdécouvertesdans lesdomaines les plus vars et parfois totalement inattendus,si bien qu’on y trouve tout et n’importe quoi :desimpostures,destrouvailles aberrantes,des petitescontributions honnêtes,des avancées majeurespa et, rfois,de véritables feux d’artifice. Cesontces prix-là qui ont inspiréce livre. Nous allons nous enservir pour illustrer la démarchedeschercheurs, la marquede leurpersonnalité, lerôlede l’environnement,desphénomènes de mode etde lademandedu public, avecsesespoirs,sesangoissesetsesphantasmes. L’idéedesIg-Nobel est néedans lecerveaud’un amuseur hors pair,MarcAbrahams,créateur et chefdesAnnalesde l’improbablerechercheou AIR pourlesintimes. Il faut l’applaudirpouravoir conçu une approche à la fois paradoxale etrésolument moderne : appâter le public enramenant le problème au niveaud’une farce,rendre larecherche et leschercheursséduisants en les « peopolisant ». C’est ense moquant joyeusement et avecbriodesaMajesté la Science qu’Abrahamsremporte un fulgurantsuccès médiatique. Lacérémoniede laremisedes prixse tient en octobre au Sanders Theater,sur lecampusde l’universitéde Harvard,Massachusetts, lorsd’un grand bêtisier scientifique, le gala Ig-Nobel. Leslauréatsviennent à Harvardà leurfrais,de trèsloin parfois, pour chercherleurprix qu’accompagne en guisederécompense un grosdaillon en béton quise porte autourducou. Lorsdu gala, ilsdisposentde trentesecondes, et pasunede plus, pourprésenterles fruitsde leur travail. Ilsse gaussentsi biende leurrecherche etd’eux-mêmes qu’ilsréussissent à faire hurlerderire le public. C’est pourtant un publicexigeant,composédesétudiantsde l’université de Harvard,dechercheurs,de journalistesscientifiques et nonscientifiques,destarsdu mondede spectacle etde toutessortesde personnalitéséminentesou bizarres. Si leshowressemble à quelquechose,c’est éventuellement auMonty Python’s Flying Circus. D’ailleurs, l’undesescréateurs, le grand maîtrede l’humour Terry Jones, en est fan : « C’est hilarant… On neregardera jamaispluslesscientifiquesde la même manière. » Trèsélégantdansson frac,chapeautédeson haut-de-forme,MarcAbrahamsfait le présentateurdanslestylede Kermit la Grenouille, la marionnette-phareduMuppet Show. Des mini-opéras etdes mini-balletssontcréés chaque annéesurdes librettosd’Abrahams. Desconférenciers prestigieux viennent présenter leur domainederecherchedansun format 24/7 –soit une «description techniquecomplète » en vingt-quatresecondes,suivied’un «résumécompréhensible pourle mon tout de » ensept mots ! Cette seconde partie est parfoisétonnamment pertinente : « L’histoire est l’étudede gensdécédés» est un modèledu genre. Transmis endirect par les télévisions, lespectacle voyagedansmon le de entier. Partout, le publics’emballe et les médias ne tarissent pasd’éloges,surtouts’il y a uncompatriote parmi les lauréats. Et tous les Ig-nobélisés intègrent fièrement le prix Igdansli la stede leurs distinctionsetrécompenses. Abrahamsasus’entourerd’unecentainede volontairesdontde nombreuxchercheurséminents, y comprisdeslauréatsde vraisprix Nobel. De fait,cesont toujourscesderniersquiremettent lesIg-Nobel lorsdu gala. Ilsfont lespitresavecbrio etde bonne grâce, même lorsque le publicdéchaîné
lesprendpourcible en leurlançantdesavionsen papier. Ilsse griment,chantent etdansent àcôtéde divasdu mondeduspectacle, tenant,selon le thèmede l’année, lesrôlesd’atomes,d’électrons,de microbes,d’enfantsdu quartier, voirede poissonniers ! Et ils acceptentd’être le gros lotde la tombola « Gagnez unrendez-vousgalant avecun nobélisé ». Pourquoidonccesseigneursde lascience apportent-ils, parleurseule présence, une tellecaution à l’entrepriseAnnalesde l’improbablerechercheen général et aux galasen particulier? Parce que, disent-ils,cesgalasdrôleset irrévérencieux éveillent l’intérêtdu publicpourlarecherche, parce que lascience a besoinde mise enscène et qu’il faut montreraux jeunesgensqu’unecarrrescientifique n’est pasquesynonymededurlabeur, qu’elle permet aussides’amuserprodigieusement. D’autant qu’il estsansdoutedifficilededire « non » àMarcAbrahams, grandqui enfant croit toujoursau Père Noël en même tempsque findémagogue. Lechemin versladécouverte est parsemé d’échecs,dit-il. Le travaildesscientifiquesest tellementdifficile et exigeant que,s’ilsn’étaient pas capablesd’enrire etderired’eux-mêmes, ilsrisqueraientdedevenir fous, Lesscientifiques ont un extraordinairesensde l’humour, affirmeMarcAbrahams, et leslauréatsde prix Nobels’appliquent aimablement à ledémontrer, tout ensachant qu’il existe aussideschercheursmortellementsérieux et beaucoup trop imbusde leurterne personne poursupporterle moindresoupçond’irrespect. LesIg-nobélisésont l’airheureux, etcomments’en étonner? Sortirde l’ombre,se faire applaudir, être traité aveclesmêmeségardsque lesgrandsde lascience,cela vaut bien le petit inconvénientde voirsarecherche présentéecomme loufoque… Aprèstout, la tentationdese faireconnaître – même mal – pourexi mieux ster est la marquede notre époque. C’est elle qui attirede parfaits anonymes danslesémissionsde téléréalité et pousse leshommespolitiquesà fréquenterlesplateaux, aurisque dese faire agresseretridiculiser. Pourquoi lesscientifiquesn’ysuccomberaient-ilspas?
L’histoiredeMarcAbrahamsvaut la peined’êtreracontée. Aprèsavoirétudié lesmathématiques appliquéesla Ha à rvard Business School, ildevintdéveloppeurde programmes informatiques et, passantd’une boîte à l’autre, aboutitchez Xerox. Là, ilremarqua quesescollègues informaticiens avaientdu mal às’adapter aux méthodesde gestiond’une grandesociété, avecsastructure hiérarchique etsa bureaucratie pesante. Leurefficacités’enressentait à un point tel que ladirection entrepritde placarderdes mémos avecdesdirectives que les employésave négligeaient csuperbe. Abrahamsvit une belle o y ccasiondes’amuseril affi : chait,sur le même tableau,des notes subversives fabriquées avec quelquescomplices. Les faux mémoscaricaturaient lestyle guindé et formalistedesvraiset pointaient toutce qu’il y avaitdecontraignant pourle personnel etdecontre-productif pour l’entreprise. Ladirection n’apprécia guère, jusqu’àce quedesscialistesde la gestiondesressourceshumainesremarquent que l’impactdesfaux mémosétait bien pluspositif que celuides originaux, à la fois parce qu’ilsle mettaient s employésde bonne humeurqu’il et s dénonçaientcertainesrègles aberrantes. Abrahams futdûment félicité et promu à un postede responsabilité, etc’est peut-être àce moment-là que l’idée naquitde « fairerired’abord,réfléchir ensuite » qui allaitdevenirsoncredo. Ilse mit alorsà larecherched’une petitesociété innovante où il pourrait appliquercettedevise à un projet plus ambitieux, mettant à profitsonsensde ladérision en plusdesescompétences en informatique. Fauted’en trouver une, il finit en 1984 par fondersa propre entreprise au nom alléchant, Wisdom Simulators,soit « Simulateursdesagesse ». L’homme avait assez fréquenté le milieude l’entreprise poursavoir que lesdécideurs étaient terrorisés par la peurdese tromper et qu’ilsp étaient rêtspaye à rcher pour évitercerisque. Ilse proposaitdoncdedévelopper un outil informatique permettantde prendre la bonnedécision en toutescirconstances,rien que ça. Pour commencer, il partit à la pêche aux histoires édifiantes, et il en entenditde toutessortes, tantôt effrayantes, tantôt burlesques. Lesvétéransde l’industrie bancaires, lespremiersqu’il aitcontacs, nese faisaient pas prier pourraconterdes expériencesdont ilsti avaient réde grandes leçonsde sagesse, mais où ilsfailli êt avaient re licencs, tués oucondamnés àde longues annéesde prison pour avoir prismauvai une sedécision. C’est à partirde là qu’Abrahamscréases outils qui entraînaient lescadres àchoisir lasolution la mieux adaptée, mettant à ladispositiondechaque utilisateur l’expériencede tous lesdécideurs,du bashaut en de l’échelle, qui autrement ne communiquaient pas entre eux, ousi peu. Excellents produits, lessimulateurs trouvaient aisément preneurs.Minederien, ilsl’avènement annonçaient de l’entraînement interactif qui, avec le temps, allaitdeveniromniprésentdansle mondedesaffaires,de l’industrie etde l’éducation. Abrahamsne
serait pasAbrahamss’il ne profitait pasde l’occasion pour ajouter une touched’humour,raillant sanspitié l’utilisateurqui faisait fausseroute. Au boutde quelquesannées, ildut toutefoisserendre à l’évidence : Wisdom Simulatorsétait une entreprise fragile qui n’arrivait pasà prendreson élan. Épuisé,découragé, ennuyé parlaroutine, il en vint àsedire qu’il faisait fausseroute. Depuislongtemps, il était hanté parlacraintedeseréveiller, un jour, aveclesentiment qu’il aurait pu avoirune tout autre vie, bien plussatisfaisante,s’il avait seulement eu lecouragedese jeterà l’eau,de tenterquelquechosede fou. Quelquechose, maisquoi au juste ? Il avaitde multiples talentsdont aucun n’était exceptionnel, il était bondans plusieurs domainessans excellerdans aucun. C’était un informaticiencompétent, maisn’a il rrivait pas à la chevilled’un autre anciende Harvard, Bill Gates. Ilsesavaitdrôle, mais nese voyait pas faire carrred’humoriste. Il avait toujoursaimé écrire, maisnese prenait paspourun grandécrivain. Il connaissait le mondede larecherche, maisn’avait pasl’étoffed’unchercheur. Il avaitréussi àcréer une entreprise, maisn’était pascapablede la faire vivre. Voilà le problème quede nombreux hommesfemme et s affrontent quand ilsserendentcompte que leurs atouts nesont passuffisants pour leur permettrede brillerdans la voie qu’ils avaient choisie. Si tel est votrecas, inspirez-vousde l’histoiredeMarcAbrahams! Plutôt quede pleurersur son tristesort,d’accuserle monded’êtrecruel,deseconsidérercomme un bon àrien etd’accepter, la mortdansl’âme, une vie morose, il achercsa vocation avecimagination et persévérance. Et il l’a trouvée, encréantde toutespiècesundomaine oùsescompétencessont utileset oùsesdéfautsse transforment en atouts. Ledomaines’appelle l’humourscientifique et il en est le maître incontesté.
L’aventuredébuta en 1990, quandAbrahamsse mit en quêted’unerevue mariant lascience et l’humourpourlui proposerdeshistoiresinsolitespuiséesdansson milieu professionnel. LeJIR ou «Journaldesrésultatsnonreproductibles» (Journal of Irreproductible Results), était pratiquement leseul àremplircettecondition. Fondé en 1957 en Israël pardeuxscientifiques facétieux, le virologue Alexander Kohn et le physicien Harry J. Lipkin,racheté parg un rand éditeurderevues scientifiqueset médicales, Blackwell ScientificPublications,c’était un vrai faux journalscientifique mêlantdes blagues,des parodies,des pamphlets,des bandesdessinées etdes histoiresréelles bizarrdes. N’arrivant pas à trouverson public, leJIR périclitait et Blackwell ne voyait pas trop qu’en faire. Aussi, quelquessemainesaprèsavoirenvoyésestextesauJIR, Abrahamsrecevait-il un coupde fil avecune proposition inattendue :devenirlerédacteurenchefde la publication et tenter de laressusciter. Il ne lui fallut quecinq minutespourdire « oui ». Avantson arrivée, leJIRdécernaitdéjà touslesansun prixdit « Ignoble » à unscientifique ayant présenté lesrésultats les plus loufoques. Abrahamsrebaptise les prix pourfai en re Ig-Nobel, il multiplie leurnombre pardix et lesremet lorsd’un grandgala. Au boutde quatre ans, il prendune grandedécision : il quitte leséditionsBlackwell. Et il ne part passeul : la quasi-totalitédesauteurs occasionnelsduJIRabandonnesansregretslarevue agonisante pours’embarquerdansune nouvelle aventure. Abrahams lance aussitôt lesAnnalesde l’improbablerecherche. Ildevient l’ambassadeur infatigabledeson entreprise, ildonnedesconférences, ilse produit à laradio et à la télévision. Il tient unecolonne hebdomadairedansThe Guardian, où il informe leslecteursd’étudesimprobables et pourtantréelles, allantd’un modèle mathématiquedestroublesbipolairesà l’analysede la forme du posrieurde PippaMiddleton, ladélicieuseurde laduchessede Cambridge. Il présentedescas particulièrementcocassessurdesvidéosde troisminutes, accessiblessurlesite trèsfréquentéd’AIR. AllezsurInternet, tapez le mot « improbable »dansun moteurderecherche et vousverrez paraître « Improbable Recherche » tout en hautde la liste.
MarcAbrahams ade nombreuses qualités. Il estdrôle, il estchaleureux, il traite avec le même respect et la mêmecourtoisie lesplusaberrantsdesIgset lesplusextraordinairesdesNobel. Il a le donde présentertouteslesdécouvertes, qu’ellessoient farfeluesou parfaitementsérieuses,comme également hilarantes. Si Copernicn’était pasmort, Abrahamslui auraitsansdoute attribuéson prix pourl’hypothèse fantaisiste que la Terre tourne autourdu Soleil. Et le publicaurait étéravi,comme il estravi en apprenant que les poules transmutent le potassium encalcium, que les grenouilles lévitent et que lesextraterrestrespratiquent le landart.
Enrécompensant lesexploitsde lascience etde la pseudoscience, Abrahamsne veut passavoirsi larecherche est valable ou pas, pourvu qu’ellesoit amusante. Il laisse à tout unchacun lesoindese fairesa propre opinionsur la ritable valeurde ladécouverte. C’est là qu’il y a erreursur la marchandise. Nousavonspatiemment visionné lesgalas, nousavonslu leslivresdeMarcAbrahams, nous avons passédu tempssur lesitedImprobablerecherche, et nous affirmons queseule la première partiede la promesse, « faire les gensrired’abord,réfléchir ensuite », est tenue.Mais la seconde non, parce quesi Abrahams faitrire, il ne facilite enrien laréflexionsur la valeurd’un travail présenté en trentesecondes. Ainsi l’Improbablerecherche avecses Ig-Nobelreste-t-elle une créature unijambiste. Promettrede lui faire pousserla jambe manquanteserait présomptueux, mais au moinspouvons-nouslui fournirune béquille. En présentant lesprix, nousnousoccuperonsde la seconde partieducredodeMarcAbrahamset nousfournironsau lecteurlesinformationscessaires pourqu’il puissese forgerun jugement enconnaissancedecause. Bref, nousl’inviteronsà jouerau chercheur. Dix prix Ig-Nobel par andepuis 1991,cela fait un gros lotde vrai etde faux,desérieux etde loufoque. Il y a làde quoi faire une esquissede la famillescientifique, explorerdesuniversinconnus, voir lasciences’affairerdans notrecuisine,scruter notrecerveau,se mêlerd’économie oude géopolitique, etc. Il y ade quoidémontrerque, mêmesi parfoiselles’égare,si elle est pratiquée par desêtreshumainsdoncforcément imparfaits– ycomprisdesvieux gâteux,descarrristesauxdents longues,desilluminéset, pourquoi pas,destricheurs–, ellesait êtresubtile, fascinante et grandiose. Nous avonssélectionné quatorze prix Ig-Nobel qui nous paraissent particulièrement instructifs. Deuxrelèventdu bon vieux mythedesextraterrestres. Deuxrécompensent lesexploitsde guérisseurs mystiques. Deux ont étédécersal aux chimistesdes temps modernes. Deuxrappellent la tragicomiquedécouvertede la mémoirede l’eau. Il y a aussideux beaux prixde physique et trois plaisanteshistoiresd’économie. Et pourlaisserle lecteurd’agréable humeur, noustermineronspar un prix pourlarechercheconsacrée à l’art et la beauté. Voicidoncune poignéede pacotille etdediamantspurs, puiséedanslasacochede l’improbable recherche.