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e Jérôme Segal,Le zéro et le un. Histoire de la notion d’information auXXsiècle, Paris, Éditions Matériologiques [materiologiques.com]
Introduction (2011) le 0 et Le 1, 10 ans pLus tard
vre trate avant tout de ’hstore de a noon d’n-e formaon au xx sèce et, en ce sens, son objet reste qeueeqCsreetesuvmeéeenmnteuqsujasrcse,uonduueévoatdnsqtene,m1p0p02ovneeédeterovasrsenoadostnsesouessecrces e même, en 2011 comme ors de sa rédacon, une dzane d’années pus tôt. Toutefos, depus a premère édon (2003), qu correspond à des recherches essen-étoées de des technques ont perms de précser queques tendances et, pus rarement, de reformuer queques conjectures eXposées dans ’ouvrage. La thèse prncpae, seon aquee a théore de ’nformaon a perms, au cours du sèce précédent, de tenter une unîcaon du savor, demeure aujourd’hu vade. Du fat que cee unté s’est déveoppée de façon mpcte, de facoet sans vértabe programme n nstance pour porter ce projet, de nombreuses dérves ont pu être observées dans des domanes auss varés que a booge, a physque ou smpement es réleXons concernant ’avènement d’une possbe « socété de ’nformaon ». Au contrare, dans es domanes où a îaon avec a théore de ’nformaon fut carement étabe sans que cee-c sot surnterprétée, des résutats probants ont été obtenus. C’est par eXempe e cas dans es théores eXposées par Antone Danchn dans a posace à cee édon, orsqu’ nsste sur ’mportance de ’étape d’eacement de ’nformaon pour eXpquer a rchesse des ens entre théore de ’nforma-on, nformaque et scences de a ve. Dans un tout autre domane, a cryp-tographe quanque, on peut noter que es premères appcaons praques, annoncées dans echapitre 9de ce vre, ont récemment vu e jour. Avant d’aborder ces travauX, reevant de domanes à a fos scenîques et technques, une dzane d’écrts mértent d’être sgnaés au ecteur. En 2004, a socoogue québécose Céne Lafontane a pubé une étude –L’Empîre cyber-néïque– dans aquee ee s’aachat surtout à montrer comment a théore
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de ’nformaon avat donné nassance à un an-humansme qu a durabe-1 ment marqué es scences socaes dans es années d’après-guerre . Proongeant ee auss notrechapitre 6, portant sur e rôe de a noon d’nformaon dans ’émergence du structurasme, Emmanuee Loyer a fourn une étude préceuse sur es reaons qu se sont nouées à New York pendant a DeuXème Guerre 2 mondae et dans es années qu ont suv . Dans une démarche reevant pus drectement de ’hstore des scences, Ronan Le RouX a étudé de près e cas 3 de a cybernéque dans ’œuvre de Caude Lév-Strauss . Sa thèse de doctorat soutenue en 2010 concernat a cybernéque en France de 1948 à 1970 et se vouat une « contrbuon à ’étude de a crcuaon nterdscpnare des modè-4 es et des nstruments conceptues et cognfs » . Queques années auparavant, en 2006, une autre thèse avat été soutenue sur un sujet conneXe par Matheu 5 Trcot, qu se paçat, u, dans une perspecve pus épstémoogque . Trcot esmat qu’au nveau phosophque, un cvage état apparu, au sen du meu technque u-même, entre, d’une part, une représentaon de ’nformaon comme symboe (a sute de zéros et de uns) et, d’autre part, une représentaon comme sgna (’eXpresson d’une snguarté matéree). À ’automne 2011, dans un arce paru auX États-Uns dans une revue en vogue, Bernard Geoghegan a tenté de synthéser es dérentes posons, aïr-mant à tort que notre ouvrage aurat néggé a varété des dscours pour mon-trer qu’une unîcaon du savor aurat réeement eu eu autour du concept 6 d’nformaon . Au contrare, nous esmons putôt que cee unîcaon ne
1. C. Lafontane (2004),L’Empîre cybernéïque. Des machînes à penser à a pensée machîne, Seu. 2. E. Loyer (2005),Parîs à New York, Ineecues e arïses françaîs en exî (1940-1947), Grasset. 3. R. Le RouX (2009a), « Lév-Strauss, une récepon paradoXae de a cybernéque », L’Homme, 189, janver-mars 2009, p. 165-190@. 4. Du même auteur, « L’mpossbe constuon d’une théore générae des machnes ? La cybernéque dans a France des années cnquante »,Revue de synhèse, 2009, 130, n° 1, p. 5-36@etLa Cybernéïque en France (1948-1970). Conrîbuïon à ’éude de a cîrcuaïon înerdîscîpînaîre des modèes e des însrumens concep-ues e cognîïfs@, thèse de doctorat de ’Écoe des hautes études en scences socaes, soutenue e 30 août 2010, sous a drecon d’Érc Bran. 5. Vor e vre qu en a résuté, M. Trcot (2008),Le Momen cybernéïque. La consï-uïon de a noïon d’înformaïon, Champ Vaon. 6. B.D. Geoghegan (2011), “From Informaon Theory to French Theory : Jakobson, Lév-Strauss, and the Cybernetc Apparatus”,Crîîca Inquîry, 38, Fa 2011, p. 96-126@.
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fut pas couronnée de succès et que s, aujourd’hu, ’nformaon est partout, c’est souvent en rason des ambgutés nhérentes à cee noon et sute à des dérves manfestes, carement eXposées dans es pages qu suvent. Enîn, pour arrêter à ce tour d’horzon des prncpaes pubcaons, rappe-ons que es personnages es pus marquants de cee hstore ont fat ’objet de bographes, a pus mportante étant cee de Fo Conway et Jm Segeman 7 sur Norbert Wener . Concernant Caude Shannon, es dernères connassances ont été synthésées dans un arce paru dans eNew Dîcïonary of Scîenïic 8 Bîography. En dehors de ’usaon de a noon scenîque d’nformaon dans es scences humanes, deuX autres thèmes abordés dans ces pages ont fat ’objet d’mportantes recherches dont témogne à chaque fos a paruon d’ouvrage s coecfs se référant à notre vre : ceu drgé par Caus Pas sur a cybernéque, é auchapitre 3, et ceu drgé par Frank Dmann et Rudof 9 Sesng sur a cybernéque en RDA, abordée auchapitre 10. I semberat que es recherches actuees, dans des domanes scenîques éognés, n’aent été que trop rarement prses en compte par es hstorens ou socoogues contemporans ntéressés par es usages de a théore de ’n-formaon. Ben sûr,  est toujours décat de dsposer du recu nécessare, mas d’ores et déjà deuX ponts mportants peuvent être sgnaés. Dans e chapitre 7portant sur e rôe de a noon d’nformaon en booge, une pare mportante état consacrée au déveoppement de a généque moécuare. On voyat pondre es mtes du Projet Génome human et  état déjà queson, au début des années 2000, d’une remse en cause de ’mportance démesurée accordée à a théore de ’nformaon à travers es usages de ce qu’on nom-mat aors ’nformaon généque. L’épgénéque s’est depus révéée comme un champ d’études qu avat été néggé et des sujets de recherche comme e repement des proténes se sont avérés essenes pour comprendre es maades à prons comme ’encéphaopathe spongforme bovne (dte maade de a vache foe) ou des pathooges devenues des sujets de socété comme a
7. F. Conway & J. Segeman (2005),Dark Hero of he Informaïon Age : In Search of Norber Wîener, he Faher of Cyberneïcs, Basc Books. 8. J. Sega (2007), “Caude Ewood Shannon”,înN. Koertge (ed.),New Dîcïonary of Scîenïic Bîography, Chares Scrbner’s Sons, p. 424-430. 9. Vor F. Dmann & R. Sesng (Hrsg.) (2007),Kyberneïk seck den Osen an : Aufsïeg und Schwîerîgkeîen eîner înerdîszîpînären Wîssenschat în der DDR, Trafo Verag et C. Pas (Hrsg.) (2004),Cyberneïcs-Kyberneïc. The Macy Conferences 1946-1953, Band 2: Dokumene und Relexîonen, Daphanes@.
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e maade d’Azhemer. Cependant, s ’enthousasme du xx sèce a été tempéré, a posace d’Antone Danchn nous montre que a théore de ’nformaon n’a 10 pas în de rendre servce auX boogstes . En physque, c’est autour de a noon d’nformaon quanque, eXposée auchapitre 9du présent ouvrage, que des réasaons mportantes ont été accompes. L’entreprse ID Quanque, start-up de ’unversté de Genève, a déjà pu prendre en charge une pare des communcaons cryptées ées à a Coupe du monde de footba pendant qu’à Venne, en Autrche, ’équpe rassembée autour d’Anton Zenger est parvenue à bare e record de trans-msson avec une ntrcaon de photons (sur pus de 140 km). Pendant que des scenîques connuent ans à proonger es appcaons de a théore de ’nformaon, a noon d’nformaon demeure centrae dans ’anayse de ’évouon de nos socétés. L’eXpresson « autoroutes de ’nforma-on », évoquée auchapitre 8, n’a pas eu a postérté qu’on aurat pu supposer, sans doute en rason du en entre transport rouer et pouon, mas  n’en demeure pas mons nous vvons de pus en pus noyés sous es luX d’nfor-maon. Les serveurs nformaques tout comme es chanes de téévson ou de rado n’ont de cesse de déverser des torrents de 0 et de 1, parcpant à a nassance d’un homme nouveau qu perd certanement son autonome et sa capacté de résstance. On se souvent des propos du PDG d’une grande chane de téévson commercae françase eXpquant que son méer consstat à vendre auX ndustres du « temps de cerveau human dsponbe ». À ’opposé de ces entreprses de décérébraon, es 0 et es 1 peuvent auss permere d’améorer a duson des savors, non seuement en es reant entre euX, mas auss en factant a communcaon entre es ecteurs. Dès es années 1930, Vannevar Bush concevat une machne nommée MemeX, présen-tée dans une pubcaon en 1945 (anaysée dans echapitre 2), qu présentat de nombreuses anaoges avec ce que nous appeerons aujourd’hu une ency-copéde hyperteXtuee. Lorsque e cofondateur des Édons Matéroogques, Marc Sbersten, a eu ’dée de réédter sous forme de vre éectronqueLe Zéro e e un, cea se présentat comme une sute ogque après a duson de 11 ’édon paper , ce vre ayant trouvé son pubc en tant que vre de référence sur e sujet. Ce projet a donc abou à un pet MemeX sur ’hstore de a noon
10. Vor par eXempe O. Menkovce a.(2010), “Introducon to the Speca Issue on Informaon Theory n Moecuar Boogy and Neuroscence”,IEEE Transacïons on Informaïon Theory, 56(2), 2010, p. 649-652@. 11. L’édon paper de 2003 n’étant pus dsponbe…
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scenîque d’nformaon, de ses orgnes dans es années 1920 jusqu’à nos jours. Le résutat m’a mpressonné et j’a pu mesurer e trava énorme accom-p c par Marc Sbersten, notamment pour a créaon de ens hyperteXtes tout au ong de ’ouvrage. C’est à u que vont mes remercements, ans qu’auX ectrces et ecteurs qu se asseront tenter par cet objetnumérque rche, je ’espère, en nformaons.
e Jérôme Segal,Le zéro et le un. Histoire de la notion d’information auXXsiècle, Paris, Éditions Matériologiques [materiologiques.com]
1 Préface d’AntoineDanchin éLoge de La récursivité
scence est une acvté raonnee de ’humanté. Mas a rason n’est pas hors de a socété, ee n’est pas pus Lhors de a psychooge. Les concepts scenîques et même mathémaques, ben qu’on pense souvent e contrare, ne sont pas désncarnés. Le cerce n’eXste pas. Ses proprétés découent de sadéînon (aujourd’hu assmabe à un agorthme) et d’une ntuon ben concrète qu a commencé par e dessner, et à trouver que son pérmètre vaat tros fos son damètre. I a fau un eXtrême raïnement de a pensée pour découvrr une nature abstrate au cerce, et nventer p. À mons d’être déaste, et de crore au monde patoncen (et même pythagorcen) des archétypes, es concepts sont ancrés dans es socétés, et sont véhcués par es angues humanes. Is ne sont pas, en généra, drectement compréhensbes, et certanement pas par tous. John Myh,  y a de cea un dem-sèce, dsnguat tros types de ce qu’ appeat des «characers» (peut-être pour évter de fare référence au concept kanen). I y avat es caractères eecfs – qu se transmeent mmédatement d’un ndvdu à un autre, sans ambguté –, es caractères construcfs – qu condusent euX auss à une communcaon non ambguë, mas qu demandent un processus cérébra construcf de a part de ’nterocuteur, un cacu –, et enîn es caractères prospecfs – dont a communcaon change a sgnîca-on (mutuee) de façon récursve au cours de ’échange… Le concept d’nfor-maon, typquement de cee nature prospecve, est au cœur du trava de Jérôme Sega, qu fat à œuvre d’hstoren, mas auss de phosophe, sans qu’ e dse. C’est ce que je souhate aborder c pour eXtrare queques jaons de son trava. Mas sans doute, en mnare, devras-je e remercer d’abord d’avoîr u. Non seuement nous ne pouvons tout comprendre mmédatement,
1. Vor a page fnae de cette préface pour a notce bographque d’Antone Danchn.
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mas nous bénéîcons du trava ncessant de nos pères. Cea est ben oubé aujourd’hu. Or, pourquo rénventer – ma – a roue ? Même es nteectues, fascnés par notre monde nfane de ’mage, ne sent pus, s regardent tout au pus a couverture, et a dernère page des vres. Et pourtant, un vre par semane (comben d’entre nous s’astregnent à cemînîmum?), cea ne fat que mons de 5 000 dans toute une ve… Un vre comme ceu-à a e mérte d’eXtrare des pans fascnants de a connassance, et de suscter à son tour ecture et réleXon. Peut-être, pour commencer, une anecdote. L’arce de John Myh, je ’a découvert dans ’eXceente bbographe (commentée) du vre de Dougas Hofstadter,Göde, Escher, Bach. An Eerna Goden Braîd(1979). Lorsque que-ques années pus tard, j’a vouu vor a traducon françase de ce tour de force (une vértabe gageure), je n’a pas retrouvé cee référence dans e teXte fran-ças. Myh apporte pourtant une réleXon très profonde sur es conséquences de a récursvté, en phosophe et en métaphysque, dans e bon sens du mot, qu va précsément à ’encontre des dérves mses en évdence par Sega dans son anayse du déveoppement de a théore de ’nformaon. Cet « oub » de Myh dans ’édon françase est- dû à une erreur ou à une omsson voontare ? Quee qu’en sot a rason,  pontat vers une queson concernant spécîquement a socété et a ve poque françases, cee que j’a appeée ’avènement de a phosophe moe (cee qu adore comparer « vacances des grandes vaeurs » et « vaeur des grandes vacances »), soutenue par un monde poque gravement corrompu et qu a consacré a mort de a phosophe et peut-être de toute a ve nteectuee dans notre pays, pour au mons une généraon. Ce monde-à se gargarse des mots lous dont on fat a mode, d’autant pus facement qu’on ne es comprend pas (ou qu’on fent de es comprendre) : nformaon et ses parents, chaos, compeXté, entrope, ordre (désordre) en sont es perres anguares. C’est à ’hstore de a noon d’nfor-maon que Sega s’est ntéressé. Son trava très approfond nous fat connatre non seuement ’hstore (récente) de cee noon, mas auss ses avatars, et queques ééments psychosocoogques qu u sont assocés. I eXpque ans a rason d’être du succès de ce mot, parcuèrement en France. Putôt que de résumer cet ouvrage (ce serat non seuement e délorer, mas j’en seras ncapabe) je vas c me pacer dans sa connuté, en amont, c’est-à-dre très tôt dans ’hstore, et en ava, c’est-à-dre vers queques éé-ments de prospecve conceptuee. I ne s’agra, ben sûr, que d’une esqusse, mas j’espère qu’ee nvtera à une ecture approfonde de ce vre.