Les dons du ciel des anciens Polynésiens

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L'astronomie occupait une grande place chez les Océaniens qui peuplèrent le « triangle » polynésien. Mais en quoi le ciel polynésien était-il un « don » ? Leurs connaissances et leurs croyances astronomiques étaient à l'égal de celles des grandes civilisations ? Sans écriture, ni mathématiques élaborées, comment auraient-ils fait pour nourrir et transmettre ces connaissances ? L'archéoastronomie, l'ethnologie et les études de terrain effectuées en Polynésie répondent à ces questions.
Publié le : vendredi 1 février 2013
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EAN13 : 9782336288277
Nombre de pages : 231
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Louis CRUCHET





Les dons du ciel des anciens
Polynésiens

Archéoastronomie en Polynésie française

Préface de Dominique Proust




Du même auteur
Ethnoastronomie et traditions astrologiques, Publibook,
2009.
À la découverte du ciel polynésien, CRDP, Papeete, 2006.
Le ciel en Polynésie. Essai d’ethnoastronomie en Polynésie
orientale, L’Harmattan, 2005.
En couverture : « Illustration de la célébration des Matari’i
i nia dans les îles Cook »
(source : Gill W. W., Historical Sketches of Sauvage Life in
Polynesia, Wellington, 1880)

© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

EAN Epub : 978-2-336-28827-7Collection Lettres du Pacifique
Collection dirigée par Hélène Colombani,
Docteur d’État ès lettres (LLSH)
Conservateur en chef principal des bibliothèques (ENSB),
Déléguée de la Société des Poètes français,
Sociétaire de la SGDL.

Cette collection publie ou réédite des textes (romans,
essais, théâtre ou poésie) d’auteurs du Pacifique, ainsi que
des travaux universitaires sur les littératures modernes, les
sciences humaines, et les traditions orales océaniennes.
Contact : helsav@mls.nc

Déjà parus

N°1 – Hélène SAVOIE, Les Terres de la demi-lune.
Nouvelles, 2005.
2 – Dany DALMAYRAC, L’Île monde. Nouvelles, 2005.
3 – CERCLE DES AUTEURS DU PACIFIQUE, Du Rocher
à la voile. Récits et nouvelles de quatorze auteurs du CAP,
illustré, 2006.
4 – Christian NAVIS, Mystérieuses Civilisations du
Pacifique, illustré, 2005, et no 20–Eurasie-Pacifique,
Archéologies interdites, illustré, 2009.
5 – Dominique CADILHAC, Les Montagnes du Pacifique,
roman (îles Marquises), préface d’Hélène COLOMBANI,
2006.
6 – Joël PAL, Coup de soleil sur le Caillou. Nouvelles,
2006.
no13 – Le « Calédonien », roman, 2008.
7 – Karin SPEEDY, Colons, créoles et coolies.
L’immigration réunionnaise en Nouvelle-Calédonie
e(XIX siècle) Préface du Dr Bernard BROU, Université de
NSW, 2007.
8 – Alain JAY, Quel ennui ! Essai littéraire, Préface de
Véronique BEUCLER, illustré, 2007.
9 – Gilbert THONG, Show Pacifique. (Manou et noeud
papillon), mémoires, préface Marie Claude TJIBAOU,
illustré, 2007.
10 – Nathalie MRGUDOVIC, La France dans le Pacifique
Sud. Les enjeux de la puissance, préface de Michel Rocard,
2008.
11 – Régine REYNE, L’oeil en coulisses, préface d’Annie
CORDY, illustré, 2008.
12 – Isabelle AUGUSTE, L’administration des affaires
aborigènes en Australie depuis 1972, Université
Canberra/Réunion, 2008.
14 – J.DELATHIERE, Negropo rive gauche, le roman des
colons du café calédonien, préface Hélène Colombani,
2008.
15 – Camille COLDREY, Segalen, la langue Tahitienne
dans les Immémoriaux, essai littéraire, 2008.
16 – Pr John DUNMORE, L’épopée tragique : le Voyage de
Surville, (traduit du Néo-Zélandais), New Zealand Best
book prize, (Prix du meilleur livre néo-Zélandais), 2009.
17 – Hélène SAVOIE, Half moon lands, (Nouvelles),
édition bilingue traduite par Karen SPEEDY (Université
Australie), Préface du Pr. René BOURGEOIS de
l’Université Stendhal, 2009.18 – Annick LEBROULOT, Un nuage nimbé de lumière,
roman, 2009.
19 et 31 – Gérard DEVEZE, Histoires fantastiques de
Nouvelle-Calédonie, récits et nouvelles, illustré,
Vol.1. Le boucan, 2009.
Vol.2. Promenons-nous au Koghi, 2010.
21 – Julien ALI, Veriduria 2011, roman fantastique, 2009.
22 – Alexandre JUSTER, La Transgression verbale en
Océanie, exemples du Nengone (Lifou) et du Tahitien,
préface D’EMMANUEL TJIBAOU (ADCK), 2009.
23 – Frédéric MARIOTTI, De la vendetta à la Nouvelle-
Calédonie, Paul Louis Mariotti, matricule 10318, préface
d’Hélène Colombani, illustré, 2010.
24 – Agnès LOUISON, (pseud.), L’ami posthume, récit
autobiographique (Nouvelle-Calédonie), 2010.
25 – DORA, (pseud.) Deuxième chance, roman (Nouvelle-
Calédonie), 2010.
26 – Florence FERMENT-MEAR, Pour la défense de la
langue Tahitienne, état des lieux et propositions, illustré,
2010.
27 – Isabelle FLAMAND, Les Rescapés, roman (Lifou),
2010.
28 – Philippe GODARD, La tragédie du Batavia, récit
historique, illustré, 2010.
29 – Pr John RAMSLAND, Gardiens de la terre,
èmeAborigènes et Européens en Australie au XIX siècle,
Université de Newcastle, traduit de l’Australien par le Dr
DJENIDI, illustré, 2010.
30 – Christine PEREZ. L’Echappée Pacifique, Triangle
polynésien, religion, pouvoir et société, Université de
Polynésie Française, préface d’Hélène Colombani, illustré,
2010.
32 – APANA (pseud). Les Racines au bout des branches.
Préface Fote Trolue et RP Apikaoua, 2010.
33 – Jean GUILLOU. La Pérouse, et après ? dernières
nouvelles du mystère de l’Astrolabe, Illustré en couleur,
2010.
34 – Pierre LAMBLÉ, Chroniques wallisiennes, récits et
Nouvelles, 2010.
35 – Michel DESTRETEFONDS (pseud.) Adieu vieux Nick,
roman (Nouvelle-Calédonie), 2010.
36 – Vice-Amiral Emmanuel DESCLEVES, Le Peuple de
l’Océan, l’art de la navigation en Océanie, préface de
Michel Rocard, illustré, 2010. Ce livre a obtenu le Prix
Eric Tabarly en 2011. Finaliste du prix littéraire du Salon
Etonnants Voyageurs (St Malo).
37 – Laurent DEDRYVER. Neeminah, Légende de
Tasmanie, roman, illustré, 2010.
38 – Pierre GRANAUD, L’Offrande polynésienne,
Nouvelles, 2011.
39 – Sylvie BALLE, Swing à Lifou, roman, préface de
Danièle GUAENERE, 2011.
40 – Danick LOQUET, Thio, de mon enfance aux
événements de 1984 en Nouvelle-Calédonie, préface du
grand chef Nidoish NAISSELINE, ill., 2011.
41 – Christine PEREZ, L’Echappée pacifique, triangle
polynésien religion, pouvoir et société (tome 2), Université
de Polynésie Française, préface d’Hélène COLOMBANI,
2012.
42 – Yves-André DELUBAC, Tahiti love song, roman,
2011.
43 – Joëlle DAUVERGNE, Chimères et cabrioles en eaux
troubles, roman (NC), 2011.
44 – Serge LE CORDIER, Hanakée baie des traîtres,
parcours d’une vie aux Marquises, illustré, 2012.45 – Gérard BARTHOUX – L’Enfant polynésien et l’école,
2012.
46 – Depal STERMANS (pseud.), Le Poisson aux longues
jambes, roman, 2012.
– Hélène SAVOIE, L’île aux étoiles (nocturne australien),
roman, 2010 (hors collection).Avertissement
La science s’intéressant aux anciennes connaissances
astronomiques, science que l’on nomme
« archéoastronomie », est une discipline naissante en
Polynésie. Beaucoup d’éléments de recherche restent
purement hypothétiques, néanmoins nous avons tout fait
pour corroborer ces hypothèses avec les disciplines
universitaires ayant déjà fait leurs preuves.
L’archéoastronomie ne saurait exister sans l’aide de la
linguistique, de l’archéologie et de l’ethnologie.
Ce livre s’adresse au profane en la matière comme au
spécialiste de la culture polynésienne. Notre pédagogie
s’est efforcée de proscrire toute forme littéraire susceptible
de nuire à la clarté de nos propos. Plutôt que de passer sous
silence certaines zones d’ombre, nous avons préféré
exposer un certain nombre d’hypothèses aux lecteurs, au
risque parfois de faire quelques avancées hardies.
Soulignons, en revanche, que nos travaux ne font pas le lit
des théories ésotériques, comme parfois il en existe sur ce
sujet, et qu’ils sont fondés sur des sources fiables,
contrairement à ces théories fantaisistes.Remerciements
Toutes nos pensées vont à Jean-Claude Teriierooiterai,
Edgar Tetahiotupa et Yves Doudoute, pour leurs
encouragements et leurs aides si précieuses.Autorisation de publication
Tous nos remerciements vont à toutes-celles et tous-ceux
qui ont eu la gentillesse de nous autoriser à publier :
– « Les Pléiades », dans le codex de Madrid, paru dans
l’ouvrage de Milbrath, Star gods of the Maya (1997), avec
l’aimable autorisation de l’Akademische Druck u
Verlagsanstalt ;
– notre fig. 7 : « Maui attrapant le Soleil » de Bobby
Holcomb, avec l’aimable autorisation de Dorothy Levis ;
– notre fig.10 représentant le pétroglyphe aux tortues aux
« 28 lignes incurvées », paru dans l’ouvrage de Georgia
Lee, The rock art of Easter Island, Los Angeles (1992), et
l’illustration de « Hina dans la Lune », de Neil Passey, avec
l’aimable autorisation de Georgia Lee de l’Easter Island
Foundation ;
– notre fig. 5 représentant la constellation "Deux côtés
d’oiseau" et la fig. 6 de "La pirogue de la première bonite",
avec l’aimable autorisation de l’auteur Grégory Gontier ;
– notre fig. 12 illustrant les « différences entre les levers
d’étoiles dans les différentes latitudes » et celle montrant
le « mouvement vertical des étoiles », avec l’aimable
autorisation de l’auteur Henri Python ;
– les photographies (3 et 4) illustrant les deux
pétroglyphes aux tortues, parus dans Borabora, Carte
toponymique et historique (2001), encadré n°2 (Te pua
matari’i), avec l’aimable autorisation du photographe
Danee Hazama ;
– la fig.8 illustrant « Hina et Ru », dans les Légendes
polynésiennes (1991), avec l’aimable autorisation de
l’auteur Jean-François Favre ;
– le dessin du Marae Tota, de K.P. Emory, paru dans
Encyclopédie de la Polynésie, vol.4 (1986), p.133, avec
l’aimable autorisation du Bernice P. Bishop Museum
(Honolulu, Hawai’i) ;
– l’illustration du « Palo volador », paru dans
Calendriers lunaires (2005), avec l’aimable autorisation de
l’auteur René-André Lombard ;
– notre fig. 8, illustration les « rongo rongo évoquant les
étoiles », paru dans La parole perdue, avec l’aimable
autorisation de l’auteur Lorena Bettocchi ;
– notre fig. 10, représentant « La migration des âmes »,
paru dans La perception de l’insularité de Christine Pérez
(2005), avec l’aimable autorisation de l’auteur Philippe
Bachimon.Préface
Lorsqu’on atterrit sur une des îles du Pacifique, on a
véritablement conscience de débarquer sur un monde
exceptionnel, aussi lointain que perdu dans l’immensité de
l’océan, tout en étant accueilli à la descente d’avion en
recevant un collier de fleurs autour du cou en signe de
bienvenue. Cette impression est d’autant plus forte que les
Polynésiens ont développé pendant plusieurs siècles une
civilisation totalement isolée du reste du monde, comme
perdue sur des astéroïdes, et pour laquelle les cycles du
Soleil, de la Lune, des planètes et des étoiles étaient les
seuls points de repère tangibles, notamment pour naviguer
d’une île à l’autre. Les travaux des archéologues et des
astronomes sont donc tout particulièrement riches
d’enseignements afin d’appréhender les connaissances
astronomiques, et simultanément archéologiques,
linguistiques et ethnologiques.

Le rédacteur de cette préface ne connait de la Polynésie
que l’île de Pâques, située à mi-chemin entre le Chili et
Tahiti et légèrement au sud du Tropique du Capricorne, où
il a séjourné une dizaine de fois pour participer aux
recherches archéoastronomiques, et observer la
remarquable éclipse totale de Soleil du 11 juillet 2010.
Malgré cette approche très incomplète pour connaître
l’ensemble de la culture polynésienne, c’est un honneur et
une joie de préfacer tout un ensemble de recherches, dont
le sérieux tranche enfin avec toutes les élucubrations qui
ont inondé les librairies, notamment dans les années 1960,
à une époque où l’Île de Pâques, par exemple, était
considérée comme une ancienne base d’extraterrestres !

Un des aspects les plus remarquables de ce livre met en
lumière les aspects unitaires de l’astronomie sur des
dizaines d’îles, par les méthodes d’observations sur des
autels (ahu), par le rôle des étoiles brillantes comme Sirius,
Canopus, Antarès, Arcturus etc. ainsi que les deux Nuages
de Magellan, par les techniques de navigation à l’aide du
repérage de ces étoiles, et aussi par l’importance de
configurations comme les Pléiades (Matari’i) dans le
rythme des activités économiques et cultuelles, tout au
long d’une année définie par le cycle lunaire. Bien entendu,
de nombreux autres thèmes astronomiques sont évoqués,
rendant la lecture de ce livre d’autant plus passionnante.

Un autre aspect particulièrement intéressant souligne
aussi les diversités qui se sont manifestées au cours du
temps, au cours de la longue migration des polynésiens
d’ouest en est. Ainsi on note avec étonnement les écarts qui
se sont creusés d’une île distante à l’autre ; par exemple si
à Tahiti ana indique une étoile, à l’Île de Pâques, il s’agit
d’une caverne ! Néanmoins, l’origine commune des
différents groupes peuplant la Polynésie ne fait aucun
doute, malgré les influences occidentales, nord-
américaines concernant Hawai’i et latines pour la
Polynésie Française et l’Île de Pâques.

Il est rassurant qu’un petit tahitien ne soit plus obligé de
réciter : nos ancêtres les Gaulois, mais qu’il puisse enfin
connaître ses racines profondes et ses traditions
ancestrales. En cela, le livre de Louis Cruchet est unprécieux document.

Dominique Proust
(UMR 8111 du CNRS et Observatoire de Paris-Meudon)Introduction
Ce livre présente les résultats des recherches menées par
le Cercle d’Initiation à l’Ethnoastronomie Locale
(C.I.E.L.), une association à but non lucratif fondée en
1998 à Tahiti. Le but de cette association étant la
préservation, la diffusion et la promotion de l’ancienne
culture astronomique des Polynésiens d’avant le contact. A
cet effet, le C.I.E.L. produit un bulletin « Matari’i »,
devenu une revue en 2010, qui rend compte des différents
domaines d’investigation de nos recherches et donne la
parole aux chercheurs universitaires ou indépendants.
Depuis 2001, ces recherches pluridisciplinaires se sont
orientées vers la linguistique, l’archéologie,
l’anthropologie et l’ethnologie. Dès 2006, de nombreux
résultats ont été obtenus dans ces matières et ont permis de
valider l’hypothèse de l’existence d’une connaissance
approfondie de l’astronomie dans le monde polynésien.

Peu connues du grand public, les anciennes traditions
polynésiennes font état de connaissances, de croyances, de
mythes et de systèmes d’observation astronomiques que ce
livre tente de restituer pour faire passer à la postérité
l’élaboration, souvent subtile, des représentations
astronomiques des anciens Polynésiens.

Nous avons établi des relations inédites entre
l’archéologie, l’ethnologie et l’astronomie, notamment en
ce qui concerne l’orientation astronomique des lieux
cérémoniels polynésiens et les données ethno-
archéologiques et linguistiques. Dans ce sens, notre
ouvrage est novateur.

L’astronomie occupait une grande place chez les
Océaniens qui peuplèrent le « triangle » polynésien
(compris entre la Nouvelle-Zélande, Hawai’i et l’île de
Pâques) où la Polynésie Française est actuellement située
au centre. Mais en quoi le ciel polynésien était un « don » ?
Tout d’abord, en raison des nécessités de la navigation
traditionnelle dont les Polynésiens sont, au cours de leurs
migrations de l’Asie du Sud-Est jusqu’aux îles vierges de
l’Océanie, passés maîtres dans l’art des « chemins
d’étoiles » qu’ils devaient suivre pour arriver à bon port.
Ensuite, parce que le ciel était utile à leur calendrier rituel
et festif comme à la pêche et à l’horticulture qu’ils
pratiquaient depuis des siècles. Enfin, les anciens
Polynésiens croyaient fermement que c’étaient les étoiles
qui apportaient l’abondance. Est-ce à dire que leurs
connaissances et leurs croyances astronomiques étaient à
l’égal de celles des grandes civilisations ? Les Polynésiens
auraient-ils laissé derrière eux, comme les Mayas ou les
Egyptiens, des témoignages matériels de leurs
préoccupations astronomiques ? Sans écriture, ni
mathématiques élaborées, comment auraient-ils fait pour
nourrir et transmettre ces connaissances ?
L’archéoastronomie, l’ethnologie et les études de terrain
effectuées en Polynésie répondent dans cet ouvrage à ces
questions.I
La Polynésie et les enjeux de
l’archéoastronomie1) Sociétés polynésiennes et maîtrise de la
navigation aux étoiles
D’où viennent les Polynésiens ? Certaines légendes
océaniennes font état de héros magnifiques qui peuplèrent
les îles. Encore récemment, on pensait qu’un continent,
dénommé « Mu » et désormais enfoui à la suite d’un
cataclysme, ne laissait émerger que ses points culminants
qui constituent les îles actuelles de Polynésie. De ce
continent enfoui sous les eaux aurait subsisté une
civilisation très ancienne. Une autre théorie moins connue
consistait à croire que les vents avaient poussé les habitants
des îles du Pacifique en Afrique occidentale, où ils auraient
établi une autre civilisation : la civilisation de l’Atlantide !
En général, l’énigme des origines polynésiennes était donc
résolue par des théories extrêmement fantaisistes. De plus,
d’autres énigmes renforçaient la croyance en phénomènes
extraordinaires pour expliquer la nature des habitants et
l’origine de certains mystères des îles perdues dans le
Pacifique. Ainsi, les habitants de l’île de Pâques auraient
acquis l’art de tailler des statues géantes et de les dresser
très loin de leur carrière grâce à l’intervention
d’extraterrestres !
Il aurait été pourtant naturel d’interroger les habitants
eux-mêmes à propos de leur origine. Certains témoignages
donnent à penser que les Polynésiens venaient de l’ouest.
Selon les mythes polynésiens, l’origine de ces peuples est
l’île sacrée, Hawaiki, autrement dit Ra’iatea. Ainsi les
pierres du marae de Taputapuatea à Ra’iatea symbolisent
les liens sacrés entre les îles polynésiennes. La mer n’est
pas un obstacle pour ce peuple, mais un réseau de
communication. Selon un ethnologue d’origine métissée,
c’est de Ra’iatea qu’aurait rayonné la culture polynésienne
et le peuplement des îles. Mais d’où venait le peuple
polynésien, s’il n’était pas issu des rescapés d’un continent
immergé ?
Polémiques sur les migrations polynésiennes
Figure 1 : sens des migrations polynésiennes
C’est l’aspect physique des Polynésiens et quelques
outils ainsi qu’un de leurs légumes, la patate douce, qui
laissèrent alors penser que ce peuple venait d’Amérique.
En effet, la patate douce est originaire d’Amérique du Sud.
De plus, les alizés, qui soufflent d’est en ouest, confirment
l’hypothèse qu’ils aient pu naviguer dans ce sens. Dans les
années cinquante, Thor Heyerdhal a tenté la traversée
depuis le Pérou jusqu’à l’Ile de Pâques à bord du Kon-Tiki
afin de prouver cette hypothèse. Effectivement il a réussisa traversée, cependant, excepté la patate douce, toutes les
autres plantes cultivées en Polynésie, les langues et la
plupart des outillages ressemblent à ceux que l’on trouve
en Asie du Sud-Est. Ainsi, les Polynésiens élevaient des
porcs, des chiens et des poulets qu’on ne pouvait trouver
avant l’arrivée des blancs sur le continent américain.
L’archéologie elle aussi contredisait l’hypothèse de Thor
eHeyerdhal. Au cours de la seconde partie du XX siècle,
des poteries ont été mises à jour en Nouvelle-Calédonie,
sur le site Lapita. D’autres poteries similaires ont été
trouvées dans toute la Polynésie et, grâce aux techniques
modernes de datation, il a été possible de savoir si les plus
anciennes poteries se trouvèrent dans la région occidentale
du Pacifique ou dans la partie orientale. C’est la première
hypothèse qui était la bonne. Ainsi on peut en conclure que
la Polynésie a été peuplée de l’ouest vers l’est (fig. 1).
Cependant, certains scientifiques restèrent réticents à l’idée
que les Polynésiens aient pu coloniser le Pacifique. On
préférait penser à des dérives accidentelles plutôt qu’à des
expéditions programmées. L’archéologie put néanmoins
prouver, une nouvelle fois, que ces migrations se faisaient
sous la forme de va-et-vient continuels. Puis quand les îles
étaient trop petites, quand il y avait trop de monde ou
quand des personnes ou des clans se brouillaient, certains
devaient quitter l’île. C’est ainsi que l’est se serait petit à
petit peuplé.
Ce qui est certain, c’est que les Polynésiens ont parcouru
de grandes distances sur la mer. Ils voyageaient à bord
d’immenses pirogues doubles appelées pahi. Ils ont pu
voyager d’ouest en est en profitant des courants marins qui,
deux mois par an, se dirigent dans ce sens. S’ils ne
trouvaient pas de terres, ils pouvaient ainsi revenir dans le
sens contraire en profitant des courants des dix autres mois
de l’année. Ils furent les seuls « découvreurs » de la
Polynésie, puisque qu’ils furent les premiers à pénétrer les
mers et les îles vierges du Pacifique Sud au-delà des îles
mélanésiennes déjà peuplées (fig. 1). Certains scientifiques
estiment aujourd’hui que les ancêtres des Polynésiens
auraient quitté l’Asie du Sud-Est pour l’Océan Pacifique
3500 ans avant notre ère. Ils auraient alors peuplé, d’une
part, la Mélanésie, les îles Fidji, les îles vierges toujours
plus à l’ouest dans le Pacifique et, d’autre part, la grande
île de Madagascar en traversant l’Océan indien. Cela
signifie que l’expansion des Polynésiens s’est effectuée sur
des distances extrêmement grandes et que leurs exploits
maritimes relevèrent du génie et d’un sens aigu du sens de
l’exploration maritime (fig.2).

Figure 2Une société hiérarchisée

La société était divisée en classes sociales :
• L’ari’i était le chef d’un ou plusieurs districts. Il avait
de nombreux privilèges et tout ce qu’il touchait devenait
interdit (tapu). Son pouvoir été tel qu’il devait toujours être
placé plus haut que les autres : soit on le portait, soit il
s’asseyait et les gens s’allongeaient alors pour qu’il
domine encore. La naissance d’un enfant d’ari’i était
l’occasion d’un rahui : pendant quelques jours, il était
interdit de manger certains mets et les étrangers n’étaient
pas admis.
• En dessous du ari’i, les raatira étaient des propriétaires
fonciers. Ils organisaient la vie du peuple et avaient
quelques responsabilités. Malgré leur haut rang, ils
devaient se soumettre au ari’i.
• Enfin les manahune étaient en bas de la pyramide
sociale : cette classe était composée des serviteurs, des
prisonniers, des pêcheurs et des agriculteurs. Il était
impossible d’en sortir, sauf pour faire partie de la secte des
‘arioi.

Les ‘arioi formaient une secte qui tournait dans toute
l’île pour faire des spectacles de théâtre et de danse. La vie
d ’ u n ‘arioi était rythmée de fêtes, de festins et de
baignades dans les rivières. Mais ils étaient soumis à des
rites stricts et pour accéder à ce statut, il ne fallait pas avoir
d’enfants (ils étaient donc tués à la naissance) et il fallait
passer des épreuves qui transformaient les membres en de
redoutables guerriers.
Enfin les autres membres de la société étaient les prêtres
(tahu’a) qui étaient les personnages les plus importants
après le ari’i qui le sacraient lors des cérémonies.
La société polynésienne était une société d’échange. Dès
que des chefs se rencontraient, ils échangeaient des
cadeaux, comme de la nourriture (fruits, légumes, cochons
et poulets) ou du tapa (tissus d’écorce d’arbre). Les
premiers navigateurs étaient impressionnés par
l’importance des cadeaux. En fait, la coutume était de
donner le plus possible pour montrer sa puissance, mais
aussi pour recevoir encore plus. En effet la règle obligeait
celui qui donnait à recevoir, sans quoi la guerre était
presque déclarée.
Les guerres étaient fréquentes à Tahiti. En général, elles
se faisaient dans le but de posséder plus de terres, mais très
souvent, elles étaient la conséquence d’une dispute entre
des ari’i ou bien elles avaient lieu tout simplement dans le
but d’acquérir des victimes humaines pour les sacrifices.
Elles pouvaient se passer soit sur mer (dans ce cas les
pirogues étaient collées, bord à bord), soit sur terre, dans
des affrontements au corps à corps.
La société polynésienne était patrilinéaire et seul le
premier fils du chef avait droit au titre et aux privilèges de
ce dernier. Le cadet avait la possibilité de devenir prêtre ou
d’essayer de se valoriser par ses prouesses guerrières ou
ses conquêtes maritimes.
Navigation et conquête des cadets
Les Polynésiens pouvaient rester plusieurs mois en haute
mer, ils savaient naviguer face aux vents et pouvaient ainsi
remonter les alizés. Le capitaine Cook, le premier
Européen à avoir sérieusement étudié leurs coutumes, a
rendu hommage à leurs connaissances ancestrales de la
navigation. La construction d’une pirogue était l’objet de
prières et d’invocations aux dieux.
Les pirogues étaient entièrement fabriquées à partird’éléments végétaux (fig.3) : les troncs d’arbres que l’on
évidait formaient la coque (B), on tressait les feuilles de
pandanus (D) et la bourre de coco (E) pour en faire des
voiles ou des cordages. La coque pouvait aussi être
constituée de pièces de bois jointes les unes aux autres par
des fibres végétales (C), puis le calfatage était réalisé à
l’aide de la sève du fruit de l’arbre à pain (uru) mêlée à de
la fibre de noix de coco. Le perçage (A) des trous était
réalisé avec une pointe de coquillage montée sur un bâton
pivotant, grâce à un système de cordage très simple.

Figure 3 : confection traditionnelle d’une pirogue
Les Polynésiens furent de grands navigateurs très
expérimentés. Afin de s’orienter, ils n’avaient ni boussole,
ni compas. Ils utilisaient donc leurs connaissances de la
nature : ainsi les étoiles leur indiquaient les directions à
suivre pour rejoindre les îles découvertes, les nuages aux
formes et aux couleurs différentes les renseignaient sur le
type d’île dont ils s’approchaient, île haute ou île basse, et
les différentes variétés d’oiseaux et de poissons les
informaient sur la distance qui les séparait de la terre la
plus proche. Les voyages étaient parfois très longs, et dans
ce cas, les pirogues étaient immenses : on pouvait y
entasser jusqu’à soixante personnes avec les cochons, les
poulets, les chiens et d’importantes réserves de nourriture.
L’évolution de la société patrilinéaire passait par la
nécessité de faire de nouvelles conquêtes dans les îles
vierges du Pacifique. Selon le professeur Finney, dans les
sociétés polynésiennes, où prédomine l’apanage des aînés
par primogéniture, « les cadets ambitieux avaient (outre le
meurtre de l’aîné) une autre option des plus aventureuses :
ils pouvaient organiser une expédition en mer avec l’espoir
de découvrir et peupler une terre nouvelle dont, en tant
qu’homme du rang le plus élevé, il deviendrait le chef »
(Finney, 1985, p.169). Sans remettre en cause les autres
facteurs qui ont pu participer des mouvements migratoires
des peuples proto-polynésiens, le peuplement des îles a dû
composer, dans le cas des colonies polynésiennes, avec la
nécessité qu’avaient les cadets d’aller chercher de
nouvelles terres et de nouveaux pouvoirs toujours plus loin
à l’est de leur terre natale.
Dès lors on comprend mieux que les fils cadets avaient
tout avantage à faire de nouvelles découvertes insulairesafin d’asseoir leur pouvoir grâce aux colonies nouvelles.
Aujourd’hui, on assiste à un renouveau des pratiques de
la navigation ancestrale. Ainsi, les voyages expérimentaux
(Lewis, 1972), l’expédition de la pirogue hawaïenne
Hokule’a (le nom de la pirogue, Hokule’a, a été choisi
parce qu’elle désigne, en hawaïen, l’étoile Arcturus qui
passe juste au-dessus des îles hawaïennes), en 1976 puis en
1980, et le grand rassemblement des pirogues dans la passe
sacrée de Ra’iatea, en 1995, ont réanimé un goût très
ancien chez les jeunes Polynésiens pour la navigation
traditionnelle. Très récemment, un nouveau projet d’école
de navigation sans instrument a vu le jour à Tahiti avec les
expéditions interinsulaires de l’association Faafaite.2) L’espace-temps polynésien
Le ciel s’inscrit dans l’espace polynésien et était vécu
par les anciens Polynésiens comme un des éléments de leur
environnement, au même titre que le sont les arbres, les
montagnes et des îles.
Les différents noms tahitiens donnés au firmament (ra’i,
ana, reva…) pouvaient être utilisés dans le nom des
chefferies ou des rois pour rehausser leur prestige, ils
pouvaient composer le nom des îles ou des lieux de culte et
entrer dans toute sorte de toponymie.
Les étoiles faisaient donc partie intégrante de l’espace
polynésien.
Toponymie des îles et des lieux de culte évoquant le
ciel
Voyons tout d’abord les noms des îles.
Le nom de l’Ahu Ra’ia qui avait éveillé l’attention des
chercheurs à l’île de Pâques est un exemple de toponymie
qui trouve de nombreux équivalents en Polynésie française.
Le suffixe hiti de Tahiti signifie « se lever », alors que
tähiti signifie « être en-dehors », « dépasser les limites » au
sens propre comme au sens figuré, c’est-à-dire : « franchir
une frontière » comme « être hors de soi ». Au sens propre
d e tähiti, le nom de l’île peut donc se traduire par
« Franchir la limite de l’horizon » comme le soleil qui se
lève à l’horizon. A noter qu’en hawaïen kahiki (tahiti en
tahitien) est le nom donné aux strates qui supportent les
cieux les uns au-dessus des autres et que Kahiki nui est le
nom d’une étoile guidant les navigateurs.
L’île sœur de Tahiti dans les îles sous le vent, Ra’iatea,
est composée du préfixe « ciel » (ra’i) et de la racine ätea
qui est le nom du ciel et de l’espace, Ätea étant aussi un
dieu de l’empyrée équivalent à Watea, à Hawai’i, qui
signifie « Soleil de midi », Ra’iatea peut donc aussi se
traduire par « Ciel de l’empyrée » ou « Ciel du Soleil de
midi ».
Le nom de l’île mythique du tourisme polynésien, Bora
Bora, est, toujours à Hawai’i, le nom donnée à une planète,
probablement Vénus, ou à une étoile de la constellation du
Centaure. Anciennement, le nom de cette île était Pora-
Pora, nom qui peut être traduit par « Soleil de la nuit », pö
signifiant « nuit », Ra signifiant « Soleil ».
Dans les îles Australes, Ra’iavavae signifie, en tahitien :
« ciel » (ra’i ou ra’ia) « qui se fraye un chemin » (vavae).
Rurutu, toujours dans les îles Australes, était nommé
autrefois « Eteroa » ou « Hitiroa », ce dernier terme se
traduisant par « Lever-haut » ou « Grand lever ».
Aux Tuamotu, le grand atoll Rangiroa veut dire, en
pa’umotu : « Grandciel ».
Aux Marquises, l’île Ua Pou signifie « Trou du Pilier »,
mais le terme désigne aussi une voie de communication et
le « pilier » en question, qui se situe entre ciel et terre,
désigne aussi le pilier d’une maison aussi bien que celui
d’une étoile. Alors qu’à l’Île de Pâque « Te Pu » (« Le
Pilier ») désigne l’étoile Sirius. Toujours aux Marquises,
notons que le préfixe fatu, de l’île marquisienne Fatu Hiva,
a souvent été comparé par les linguistes à fetü qui signifie
« étoile ».
Il y aurait ainsi beaucoup d’exemples à donner pour
montrer, comme l’ont déjà fait Constant Gehennec (1988)
et Marie-Françoise Peteuil (2008), les relations étroitesentre toponymie insulaire et nom d’étoile. Cela se
comprend fort bien, lorsque l’on sait que les étoiles
servaient de guide aux navigateurs en quête de nouvelles
terres vierges. Ainsi, si les étoiles indiquaient la position
des îles, le moins que l’on puisse faire fut de donner aux
îles des noms d’étoiles.
En ce qui concerne les lieux de culte (marae), il peut
s’agir du nom même de la structure ou du nom de la terre
où il a été construit qui est en rapport avec le ciel. Les
noms des montagnes environnantes ou des vallées ne sont
pas non plus à négliger.
A Ra’iatea, le marae « international » Taputapuatea
comme le nom de l’île évoquent le dieu Ätea qui, comme
nous l’avons vu, est en rapport avec l’empyrée et le Soleil.
Notons que le complexe cérémoniel de Ra’iatea a été bâti
sur le lieu-dit « Mata iva i te ra’i », autrement dit
« Neuvième face dans le ciel » ou « Début du neuvième
dans le ciel ». Le mont avoisinant est le Rohotu noanoa ou
Röhutu no’a no’a, le « Paradis », la partie la plus plaisante
et odorante du séjour des morts. Les marae sont du reste
souvent orientés vers des Monts conduisant dans l’au-delà,
tel le Mont Rotui, à Mo’orea, vers lequel les marae
Afareaito et Ahu o Mahine sont dirigés.
A Tautira, la vallée Vaitepiha, qui comprend un marae
orienté sur le lever des équinoxes, signifie « Eau des
sphères ». De plus, le marae de Vaitepiha est orienté vers
un petit pic de montagne, comme le sont le marae Ta’ata, à
Paea, le marae Tefaahuhu et la plate-forme d’archer de
Fare Hape, dans la vallée de la Papeno’o. Enfin, le marae
Manunu, à Huahine, est orienté vers le Mt Tapu. Lorsque
l’on sait que c’est au sommet des monts et des pics que les
Polynésiens voyaient les âmes des défunts s’envoler pour
l’au-delà céleste, on comprend la signification en
connexion avec le ciel des marae orientés sur les hauteurs
avoisinantes.
Habitat et cosmologie à Tahiti et aux Marquises
Nous avons vu que les étoiles faisaient partie intégrante
de l’espace polynésien. De l’espace le plus sacré (marae),
mais aussi jusqu’au plus profane (fare), à tel point que l’on
peut dire que le ciel était à l’image de l’habitat polynésien,
au sens propre comme au figuré. Ainsi, l’habitat polynésien
(fare) représente symboliquement le ciel, mais par ailleurs
certaines étoiles dessinent dans le ciel une … maison !
Pour nous faire comprendre, voyons les étoiles dont le
nom commence par ‘ana. Selon les sources de Teuira
Henry, elles représentent les étoiles de la cosmologie
tahitiennes, c’est-à-dire qu’elles ont présidées à la
naissance du monde. Ces étoiles reçoivent toutes un
« pilier » (pou) correspondant. Le terme « pou » signifie
« pilier » ou « colonne », ce qui vaut dire que le mot
désigne une structure verticale susceptible de supporter un
poids, une charge. C’est le cas des maisons (fare)
traditionnelles par exemple, les seules structures munies
d’un toit, les places publiques (paepae) ou les lieux de
culte (marae) en étant dépourvus.
D’autre part, les noms des pou, que Jean-Claude
Terrierooterai (Teriierooterai, 2010) a traduit (voir
tableau), soit font référence à une action exercée dans un
endroit particulier de l’habitat (entrer, sortir, se lever,
s’asseoir, monter la garde), soit évoquent des fonctions
socioculturelles exercées au sein d’un habitat « spécialisé »
(tatouer, parler ou instruire) ou « sacré » (invoquer les
dieux : Rio, Tu ou Ta’atoa).

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