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Thomas Heams, Philippe Huneman, Guillaume Lecointre & Marc Silberstein (dir.), Les Mondes darwiniens. L’évolution de l’évolution,Paris, Éditions Matériologiques [materiologiques.com]
JeanGayon Préface
uelle qu’ait été son importance, le livre publié par Darwin sous e treDe l’origine des espècesn’a probablement pas eu un suc-vneontedudseQèduojesevbm4on58,9er1sorrdee2e,Dame:«urnansosnojwrndnaLa.ésmprmserapmeXe0521 cès aussi foudroyant que ce qu’on lit dans d’innombrables livres ou arces sur Darwn. La égende veut en eet que a totaté des eXempares mprmés pour a premère édon aent été comme e suggère une premère édon est parue e 24 novembre, et tous es eXempares se sont vendus e premer jour. » En fat, ’édteur, John Murray, ît parr es ouvrages en drecon des brares e 22 novembre dans tout e pays ; mas nu ne sat 1 quand s furent eecvement achetés dans es magasns . Quo qu’ en sot, ’ouvrage que nous avons e pasr de préfacer paratra e seon toute probabté au vosnage du 150anniversaire deL’Origine des espècesvouu ans. C’est cet ouvrage qu est. Les édteurs scenîques ’ont e ans commémoré, putôt (ou davantage) que e 200anniversaire de la nais-sance de Darwn (12 févrer 1809), abondamment fêté dans e monde tout au ong de ’année 2009. Is ont rason : par-deà ’homme, c’est une contr-buon théorque mmensément féconde qu mérte d’être sauée, et surtout réléche, à ’aune des quesons et des connassances d’aujourd’hu. Comme ’écrt Pasca Tassy dans ce voume : « L’hértage de Darwn est un formda-be édîce de controverses jamas étentes, toujours revvîées, augmentées, compeXîées. » I n’est de meeure manère de présenter ce vre passonnant et sans concesson que de dre d’abord queques mots des mofs conjonctures qu ont été à son orgne. Nous eXamnerons seuement ensute ses objecfs nteec-
1.a mse au pont donnée dans a présentaon de Cf. On the Origin of Speciessur le ste The Compete Work of Chares Darwn Onne@.
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tues. Ce n’est en fat que dans a dernère pare de ’ouvrage que e conteXte qu a mové ’ouvrage se dévoe, après me pages de débats théorques. Ce conteXte ent en tros formues. D’abord, ’ouvrage vent dans une conjoncture de regan spectacuare de tensons entre scence de ’évouon et regon ; quoque a contrbuon d’Over Brosseau & Marc Sbersten sur es formes varées que revêt e créaonnsme aujourd’hu sot a seue de ce genre dans ’ouvrage, ee eXprme sans aucun doute une nquétude nteectuee et po-que argement partagée par ’ensembe des auteurs. Un deuXème enjeu, ben concret u auss, est ceu de ’ensegnement. À mesure que es scences de ’évouon s’aïrment dans es programmes scoares, es ensegnants, comme e sougne Cornne Forn, sont parcuèrement ma à ’ase. En eet, outre qu’s ont e senment de ne pas toujours matrser es connassances néces-sares, s redoutent d’aronter e quesonnement des éèves sur un sujet qu n’est pas socaement neutre. Le derner enjeu de ’ouvrage est ponté par Pasca Pcq :  concerne es rapports tendus eXstant aujourd’hu entre es scences naturees, notamment boogques, et es scences humanes. Ces tros enjeuX constuent e décor putôt que e sujet du vre. Horms es tros chaptres termnauX que nous venons de menonner, ’ouvrage n’est pas une enquête sur es rapports entre évouon et regon, n sur ’ensegnement de ’évouon, n même sur e statut des scences humanes, quoque ce thème sot présent en îgrane dans une pare sgnîcave de ’ouvrage. Putôt que d’aborder de front ces quesons à fort mpact cuture, poque et déoog-que, es drecteurs de ’ouvrage ont préféré montrer a scence de ’évouon à ’œuvre tee qu’ee est aujourd’hu, avec sa prodgeuse fécondté, mas auss avec es nterrogaons et es débats nternes qu a traversent. Eu égard au conteXte qu’on vent de dre, e vre asse donc une mpresson aérenne. À ceuX qu voudraent en découdre, au nom de a regon, de a poque ou de a guerre des scences humanes,  répond par me pages d’études denses, où ’on est nvté à découvrr une raonaté à ’œuvre. Le vre est dïce, car  entre sans concesson dans des probèmes théorques décats, sur esques  n’y a souvent pas de consensus. Mas c’est justement à ce qu e rend éger, et e pace auX anpodes de ce que Bacheard appeat es pensées ourdes – les pensées qui ne sont pas des pensées, mais des opinions fondées sur ’ou-dre et e préjugé. On nous aura donc comprs : regon, nstrucon et scences humanes constuent e décor de ’ouvrage, au sens que ce mot revêt au théâtre. Le décor pourrat être dérent, e teXte de a pèce resterat e même. Là est a grande
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quaté de ce vre : on de ’hagographe darwnenne et a commémoraon autojusîcatrce,  nvte e ecteur à pénétrer dans a forêt contemporane de a théore de ’évouon, de ses fondements, et de ses eets dans a connas-sanceby and large. Qu’on nous permee d’ajouter un mot sur e eu et sur es acteurs avant d’en venr au sujet de a pèce. Ce vre est pubé en franças, et par des auteurs qu sont, à ’eXcepon de tros (sur un tota de cnquante), des francophones. C’est à auss un aspect réjoussant. Le mode de pensée darwnen n’est pus en France queque chose de s ncongru qu’ fae, sot convoquer des cher-cheurs franças pour e mere en cause, sot recourr à des pumes étrangères. C’est à sans doute e résutat d’une évouon dont es prémces remontent à ’après-guerre. C’est à cee époque, en eet, qu’ont commencé à se déveop-per dans notre pays de pussantes tradons scenîques, d’abord en booge des popuaons, pus en paéontooge théorque, aujourd’hu représentées par des cohortes mpressonnantes de jeunes chercheurs. Nous ne manquons d’ailleurs pas d’observer que les trois cinquièmes au moins des auteurs qui ont parcpé au présent ouvrage sont ce qu’ est convenu d’appeer des « junors », et en fat assez souvent des très jeunes chercheurs. Venons-en à a substance du vre. Son but est, seon ’eXpresson usée dans ’ntroducon, de « couvrr e darwnsme sous toutes ses formes ». I convent toutefos de précser que ’objet du vre n’est pas hstorque : c’est du darwnsme en tant qu’ anme des recherches scenîques présentes qu’ s’agt, pas du darwnsme dans tous es états scenîques et cutures qu’ a revêtus dans ’hstore. Les « mondes darwnens » dont  est queson dans e tre sont des espaces de recherche rées, dont es auteurs eXporent es concepts fondamentauX, es programmes de recherche, es controverses, es quesons rrésoues et, e cas échéant, des voes d’nvesgaon possbes. Ben que es auteurs aent eu son de précser e sens de a référence à Darwn dans le domaine qu’ils ont examiné, il est clair que c’est l’actualité et l’avenir des recherches communément caractérsées comme « darwnennes » qu a compté pour chacun d’entre euX. La rchesse, a franchse et a pausbté du vre dovent sans doute beaucoup au tre ouvert qu a été retenu,Les Mondes 2 darwiniens, au pure. La quaté des drecteurs du voume (deuX boogstes, un phosophe, un édteur) est en pen accord avec a voonté de baser, putôt que de déînr, ce qu’est e « darwnsme » dans a connassance contempo-
2.trouvae de Thomas Heams. Bee (Ndé.)
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rane. On eur sat gré de ne pas avor produt une synthèse autortare de a vérté darwnenne. Le « darwnsme » de chacun des auteurs ne fat aucun doute, mas  s’agt d’un ar de fame pus que d’une doctrne. Qu’il nous soit permis d’esquisser une taxinomie des modalités du darwi-nsme théorque dépoyé dansLes Mondes darwiniens. DeuX dstnctons suïront. La premère a trat auX deuX voets de a théore que Darwn a pro-posée dans sonOrIgIne des espèces: « descendance avec modîcaon » et « séecon naturee ». La seconde concerne ce qu’en ont fat ceuX qu, après Darwn, se sont récamés de u en tant qu’évouonnstes. Nous proposons de dsnguer deuX régmes de déveoppement des prncpes fondamentauX darwnens : ’un consste à révser ou refonder ces prncpes, ’autre consste à en étendre e champ d’appcaon. Nous désgnerons respecvement ces deuX régmes de déveoppement du darwnsme comme « eXpanson » et « eXten-3 son » . Ces deuX régmes ne sont d’aeurs nuement eXcusfs ’un de ’autre, ben au contrare. Au regard de ces deuX dsncons, es ntenons théorques du voume apparassent carement. En premer eu nous observons que ’ouvrage a prs son d’accorder une égae mportance auX deuX voets de « a théore » org-nee de Darwn, à savor ’hypothèse de « descendance avec modîcaon » (idée d’unnexusgénéaogque de toutes es êtres vvants dans toute ’m-mensté du temps et des espaces de eurs transformaons), et es hypothèses
3.reprenons ces termes au regreé Stephen J. Goud, quoque dans un but Nous dérent. Dans son testament scenîque (The Structure of Evoluîonary Theory, Harvard Unversty Press, 2002@; trad. fr. par M. Banc,La Structure de la théorie de l’évoluîon, Gamard, 2006@),  souent que a théore contemporane de ’évouon ne se asse nterpréter n comme une « eXtenson » du cadre théorque darwnen (es prncpes darwnens étant appqués à un spectre de phénomènes pus arges), n comme un nouveau cadre théorque qu aurat « rempacé » e pré-cédent, en vertu d’un changement drasque de paradgme (ce qu mpquerat que es prncpes seraent radcaement dérents). Goud préfère parer d’« eXpanson » du cadre théorque darwnen, au sens où es mêmes prncpes demeurent centrauX, mas sont « reformués » de manère à donner à ’édîce ener une apparence tota-ement dérente (pour pus de détas sur cee dsncon nsote entre « eXten-son » et « eXpanson », cf. Gayon, 2009, « Mort ou persstance du darwnsme ? Regard d’un épstémoogue »,C. R. Palevol, 8@). Nous reprenons c a dsncon « eXtenson »/« eXpanson » en nous aranchssant de ’usage parcuer qu’en fat Goud, et nous soutenons que es deuX prncpes fondamentauX du darwnsme (descendance avec modîcaon et séecon) ont été à a fos étendus dans eur usage, et révsés dans eurs fondements.
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de varaon et de séecon naturee (es processus qu, de manère ume, eXpquent et contrôent de manère prédomnante e changement évouf pour Darwn). Cee égae aenon accordée auX deuX prncpes darwnens est nusuee : on a en eet trop souvent tendance, dans es céébraons darw-nennes, à négger es redoutabes dïcutés théorques souevées par es reconstrucons phyogénéques, et à ne s’ntéresser qu’à a séecon. Sans doute es dïcutés souevées par ’nférence phyogénéque n’ont-ees été e penement comprses que dans a seconde moé du xx sèce. Mas c’est à une dmenson essenee du darwnsme contemporan, que relète ben a dsncon aujourd’hu banae entre es « patrons » (en angas espaerns, c’est-à-dre fondamentaement es reconstrucons phyogénéques), et es « processus » de ’évouon (par eXempe a varaon et a séecon). Cee dsncon entre processus et patrons habte ’ouvrage ener. Ee est eXpcte dans a premère pare, dont ee structure ’anayse des noons fondamenta-es, mas on a retrouve auss dans es deuX pares suvantes, où ’engagement darwnen ne sgnîe pas seuement, et pas eXcusvement ’eXpcaon de ’évouon par a séecon naturee. En second eu, ’ouvrage eXamne avec une eXceponnee systémacté es modatés d’eXpanson et d’eXtenson des deuX prncpes darwnens. Comme on ’a dt pus haut, nous entendons par « eXpanson » un approfondssement des fondements, qu peut se tradure par des révsons mportantes. C’est à un caractère nsuïsamment sougné des grandes théores scenîques : ees ne durent que parce qu’ees sont pérodquement refondées. Par « eXtenson », nous entendons ’accrossement du domane phénoména auque es prncpes darwnens ont été appqués. I serat c dépacé de dscuter en déta ces deuX régmes de vtaté du darwnsme contemporan. Le ecteur voudra ben pardonner e schémasme du propos. L’eXpanson (ou révson) du cadre théo-rque darwnen est parcuèrement spectacuare dans es cas suvants : (1) Puseurs auteurs (y comprs e posacer, Rchard Lewonn) se deman-dent s a reproducon et ’hérédté sont des ngrédents essenes du concept de séecon naturee. L’ampeur des désaccords est sur ce pont mpresson-nant. Certans (Frédérc Bouchard) padent pour un éargssement du concept, en fasant du succès reproducf dérene une modaté facutave des df-férences enitness, et donc du processus de séecon naturee ; d’autres (a majorté) padent pour a vson orthodoXe cassque, et se méîent de a perte d’opéraonnaté que représente ’éson de toute référence à a reproduc-on et à ’hérédté dans e prncpe de séecon naturee (vor en parcuer
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a posace de Lewonn, auteur abondamment cté dans ce voume par de nombreuX auteurs pour sa reformuaon abstrate et générae du prncpe de séecon naturee). Cee queson est étrotement ée à cee des untés et nveauX de séecon, qu a tant occupé es évouonnstes depus tros ou quatre décennes. I est car que s ’on aabt e postuat d’hértabté de a itness(et donc ’eXgence seon aquee e prncpe de séecon naturee ne peut s’appquer qu’à des entés capabes de se reprodure), e spectre des entés (naturees, cuturees ou arîcees) auXquees a séecon naturee peut s’appquer s’éargt consdérabement. On peut rappeer c que ce débat a eXsté depus es débuts mêmes du darwnsme. C’état en pare déjà ’enjeu du débat entre Darwn et Spencer sur e caractèrea prioriou non du principe de séecon naturee. (2) Depus es années 1970, e débat sur es untés de séecon a condut à donner une grande mportance à a noon de « répcaon ». Un répcateur est une enté dont a structure peut être copée dans une autre. Le gène est par eXempe un répcateur paradgmaque. Un organsme, en revanche, n’est pas un répcateur :  se reprodut (c’est-à-dre engendre un être de a même sorte que u-même), mas ’être ans engendré n’est pas une « cope ». Cee noon de répcaon a prs e pas sur cee de reproducon chez de nombreuX auteurs, boogstes et phosophes. Dans une communcaon parcuèrement org-nae, Antone Danchn dénonce ce qu’ pense être une erreur fondamentae : ce n’est pas a répcaon, mas a reproducon qu est premère. En eet, toute répcaon d’une enté boogque présuppose un système capabe d’abord de « se reprodure ». Mas surtout, seon Danchn, tands que a répcaon est un processus qu s’accompagne d’une dégradaon de ’nformaon (car  y a des erreurs), a reproducon est e fat de systèmes compeXes qu sont capabes de récupérer, vore même de créer de ’nformaon, va des processus nternes qu mpquent un crbage, et donc queque forme de séecon ntraorganque. Cee proposon ouvre, croyons-nous, des voes de recherche poteneement fécondes, quoque peu ntuves. (3) Nous voudrons enîn sougner ’mportance que puseurs auteurs (notamment Chrstophe Maaterre & Francesca Mern) accordent auX facteurs stochasques et pus généraement au hasard. Sans doute cee thémaque e n’est-ee pas nouvee. Depus a în du xix sèce, es luctuaons d’échan-onnage et e hasard ont été consdérées de manère récurrente comme un mportant facteur d’évouon possbe. Ce qu est nouveau, c’est e débat contemporan sur a prse de conscence de a grande dïcuté, vore ’mposs-
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bté théorque, de dérencer opératorement es eets stochasques et es eets séecfs. Puseurs auteurs (notamment Juen Deord, Arnaud Pocheve) s’nterrogent auss sur a montée en pussance des modèes stochasques dans ’écooge évouve. (4) C’est cependant dans e tratement moderne de ’nférence phyogéné-que (donc e versant « descendance avec modîcaon » de a théore darw-nenne) que es révsons es pus mpressonnantes se sont produtes au cours du dem-sèce écoué. Comme e montrent ben es contrbuons de Guaume Lecontre et de Pasca Tassy, ’nférence phyogénéque n’est pus aujourd’hu un « art » fondé sur a seue eXperse ndvduee ; c’est aujourd’hu une scence pourvue de procédures opératores et reproducbes. Dans ce cas,  ne s’agt sans doute pas à proprement parer d’une « révson » du prncpe darwnen de « descendance avec modîcaon » ;  s’agt putôt d’un secteur ener de scence qu a enîn déveoppé des méthodes à où Darwn et ses successeurs n’avaent proposé qu’une ntuon. Les chaptres consacrés à ce sujet sont parcuèrement mpressonnants. L’ouvrage eXamne d’autres voes de révson des prncpes fondamentauX de Darwn, que nous ne pouvons c dscuter. I est car que a booge eXpér-mentae contemporane, notamment a booge moécuare, a génomque, a booge déveoppement, ouvrent des perspecves mportantes sur a queson des contrantes pesant sur es sources de varaon, et donc sur e pouvor même de a séecon naturee. Quant à ’eXtenson du cadre théorque darwnen à de nouveauX objets, Les Mondes darwiniensnous en présentent une mosson tout à fat mpres-sonnante. Nous amerons c en dsnguer deuX modatés. L’une consste à appquer ’un ou ’autre des prncpes darwnens à des objets boogques nouveauX ; ’autre consste à es transposer dans des champs phénoménauX non spécîquement boogques, ou tout au mons non donnés de manère évdente comme des objets boogques. Dans a premère catégore, on peut menonner ’appcaon du prncpe de descendance auX voes de synthèse ou de dégradaon bochmques (vor a très bee étude ponnère de Guaume Lecontre & Chomn Cunchos). Cee eXtenson du darwnsme état ntuvement évdente depus qu’ a eXsté une théore de ’évouon et une bochme métaboque, mas ee n’est devenu envsageabe que sur a base des méthodes modernes d’nférence phyogénéque. L’ouvrage eXamne par aeurs de nombreuX eXempes d’eX-tenson du prncpe de séecon naturee à des nveauX d’organsaon ou des
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phénomènes boogques autres que ceuX consdérés par Darwn ou a syn-thèse moderne : système mmuntare (Thomas Pradeu), comportement (Henr Cap), embryooge et systèmes déveoppementauX (Jean-Jacques Kupec, H.C. Barre), orgne et manen du seXe (Perre-Henr Gouyon & Taana Graud), médecne (Perre-Over Méthot), écooge (Frédérc Bouchard, Juen Deord, Arnaud Pocheve). L’ensembe des chaptres consacrés à a psychooge évo-uonnste (H.C. Barre, Stephen Downes, Perre Porer & Luc Faucher), à ’éthque évouonnste (Chrsne Caven, Jérôme Ravat), à ’orgne du angage (Jean-Lous Dessaes) et à a tééosémanque (Françose Longy), vont auss dans ce sens. Cependant, sur ces sujets qu touchent à ’homme, et auXques le volume consacre des développements importants, l’extension suscite en ’état actue des choses peut-être davantage de débats eXporatores que de résutats avérés. C’est pourquo e débat prend souvent sur ces sujets une tournure phosophque ouverte. La seconde forme d’eXtenson consste en une transposon des prnc-pes darwnens dans des domanes qu se prêtent à ’anaoge. Tros eXempes spectacuares sont eXamnés. Le premer est ceu de a ngusque hstor-que, où es méthodes quantaves d’nférence phyogénéque sont depus peu transposées et appquées à a queson des reaons de îaon entre es angues (Mahé Ben Hamed). Le second eXempe est ceu de ’économe évouonnste, qu use un prncpe de « séecon naturee économque » (Eva Debray). Le derner eXempe de transposon est ceu de a roboque, qu a trouvé dans es « agorthmes évouonnares » un ou de concepon remarquabement eïcace, à a faveur de moyens de cacu de pus en pus pussants (Marc Schoenauer, Ncoas Bredèche). Ben entendu, es deuX formes d’eXtenson du darwnsme, érae et ana-ogque, ne sont pas étanches. L’éthque évouonnste, par eXempe, osce entre ’une et ’autre, de même que a tééosémanque évouonnste. Dans e cas de ’évouon cuturee (Chrstophe Hentz & Ncoas Cadère), ’entre-acement des deuX approches est neXtrcabe. La taXnome des modes d’eXpanson (théorque) et d’eXtenson (phénomé-nae) du darwnsme n’épuse pas a maère de ce vre, qu s’nterroge auss sur es reaons souvent dïces que a booge de ’évouon entreent avec a booge du fonconnement. Même s a majorté des boogstes sont d’accord avec a formue de Dobzhansky seon aquee « ren n’a de sens en booge s ce n’est à a umère de ’évouon »,  reste que de vastes pans de a recherche boogque (en fat a majorté) suvent eur cours sans entretenr
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de reaons fortes avec ’évouon. Nous avons été frappé par es réleXons scepques des auteurs qu, dans ce voume, ont réléch sur es rapports entre booge moécuare et évouon (Mche Morange), entre booge du déve-oppement et évouon (Guaume Baavone), entre booge des systèmes et évouon (Perre-Aan Braard), ou encore entre booge synthéque et évouon (Thomas Heams). Quant à a recherche bomédcae,  est car qu’en dépt de ’ntérêt suscté par a « médecne évouonnste », ee demeure en grande pare hors du champ évouonnste. Ce beau vre, unque dans a érature, se dsngue donc par son méange de systémacté et d’ouverture. Au sorr de sa ecture, on est persuadé de ’nanté de a queson de savor s’ faut être darwnen ou non-darwnen. Les prncpes darwnens ont eu et ont, de fat, une fécondté eXceponnee dans de nombreuX champs de savor boogque, anthropoogque et techno-ogque. Mas  est car auss que e darwnsme ne saurat avor réponse à tout. I n’épuse n a booge, n es scences de ’homme et de a socété, n évdemment a technooge. I serat pourtant ben aventureuX, et sans doute rresponsabe d’un pont de vue cognf, de vouor s’en passer. Cec nous ramène auX enjeuX conteXtues menonnés au début de cee préface. Parm ceuX-c, nous avons menonné ’ensegnement. Ce voume ne manque pas d’ambon à cet égard. Nous n’avons pas vouu anayser c es neuf chaptres de « noons » qu ouvrent e vre. Is orent une réleXon méthodoogque et phosophque sur des concepts tes que ceuX de varaon, d’hérédté, de séecon naturee, de foncon, de îaon. Mas  faut sou-gner e nveau d’eXgence crque qu eur est assocé. Le ecteur ne devra pas être surprs : ces chaptres mnares sont probabement es pus ardus, car ce sont ceuX qu s’eorcent de cerner e sens et es mtes des termes fonda-mentauX sans esques  n’y a pas de théore de ’évouon possbe. Ce n’est pas une mondre quaté de ce vre que d’avor pacé en tête de ’ouvrage ces chaptres dïces, qu touchent à ’appare termnoogque et conceptue de ’évouon. Pour quconque penserat que ’approche darwnenne de ’évo-uon est trvae,  y a à de quo se convancre de ’eort de pensée qu’ee eXge, dès qu’on veut a mere en œuvre.